samedi 23 juin 2018

La première fois que j'ai été deux

Auteur : Bertrand Jullien-Nogarède
Editions : Flammarion Jeunesse (juin 2018)
Nbre de pages : 392


Présentation de l'éditeur :

«Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu'à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu'un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J'étais vraiment folle amoureuse.»


Mon avis :

Bon, sur ce coup, je n'avais pas prévu de tomber sur cette petite pépite jeunesse et la surprise a été grande.

Karen a 17 ans et vit seule avec sa mère. Elle n'a jamais connu son père. Karen est un accident de parcours. Avec une mère dépressive et un sentiment de ne pas avoir été voulue, ni vraiment aimée, Karen est une gamine très directe dans ses propos. Elle a aussi une vision de l'amour et du couple qui font qu'elle est toujours célibataire. Karen ne fait pas confiance et ne veut pas s'investir dans des relations vouées à l'échec avant même de démarrer. Mais c'était sans compter sur l'arrivée de Tom, un anglais dont la mère vient de s'installer en France après la mort de son mari. Si dans un premier temps Karen reste de marbre face à ce garçon, le rapprochement va se faire petit à petit...

Si je savais que c'était un roman young adult avec deux ados qui allaient vivre leur histoire, je ne pensais pas qu'elle serait aussi belle et touchante.

Karen est une jeune qui se refuse beaucoup de choses et avec Tom, elle va apprendre à s'extérioriser et ne plus juger au premier regard.

Mais elle va surtout apprendre à s'aimer elle-même et voir au-delà de ce que sa mère peut lui dire.

La relation entre Tom et Karen va être bénéfique pour les deux personnages. Ce n'est pas juste une histoire d'ados comme il en existe tant parce que les réflexions de Karen sur ce qu'elle attend de sa vie et le couple en lui-même sont très matures.

Du coup, le côté jeunesse du roman ne se ressent pas du tout et c'est très appréciable.

J'ai adoré cette lecture qui m'a mise dans un état lamentable vers la fin et à ce moment là, j'ai eu envie de dire à l'auteur qu'il ne pouvait pas laisser son lectorat avec une telle fin et qu'il nous devait une suite.

J'ai détesté Bertrand Jullien-Nogarède pour ce qu'il m'infligeait à 22 heures, avant d'aller dormir.

Le coeur gros et les larmes aux yeux, je me suis dit que ce n'était pas possible, qu'il allait y avoir un twist, un évènement qui allait rendre les choses plus légères.

Et là, quelques pages avant la toute fin... bing... deuxième couperet !

J'ai halluciné et j'ai même traité l'auteur de sadique, de méchant et tout ce que vous voulez...

Qui aurait pu penser, au départ, qu'en acceptant de faire cette lecture, je tomberai sur un roman aussi adulte, aussi magnifique et touchant ?

J'ai eu cependant un petit bémol au début de ma lecture avec Karen que je trouvais un brin trop grossière, directe... Ca façon de parler avec sa meilleure amie notamment, qui n'est pas facile elle non plus, me gênait un peu. Mais mais mais... cela s'arrange bien sûr par la suite ou en tout cas je me suis fait à se façon de réagir.

Mais là, maintenant, je suis obligée de sommer l'auteur d'écrire cette suite qu'il nous doit indubitablement vu les propos de Karen. Il ne peut pas nous laisser avec une telle fin et des mots et des passages aussi tristes.

Vous l'aurez compris, ce roman a été une magnifique surprise. Moi qui lis rarement des romans jeunesses, je peux vous assurer qu'il est l'une des pépites de la littérature jeunesse 2018. Alors si j'ai un conseil à vous donner : foncez le découvrir à votre tour !

vendredi 22 juin 2018

Les immortalistes

Auteur : Chloé Benjamin
Editions : Stéphane Marsan (2018)
Nbre de pages : 404


Présentation de l'éditeur :

New York, été 1969.
Pour tromper l'ennui, les enfants Gold ne trouvent rien de mieux à faire que d'aller consulter une voyante capable de prédire avec exactitude la date de leur mort. Si Varya, Daniel, Klara et Simon veulent tous savoir de quoi demain sera fait, ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Des années plus tard, hantés par la prophétie, ils vont faire des choix de vie radicalement opposés. Simon, le petit dernier censé reprendre l'entreprise de confection familiale, s'enfuit sur la côte ouest, en quête d'amour à San Francisco. Klara, la rêveuse, devient magicienne à Las Vegas, obsédée par l'idée de brouiller les pistes entre la réalité et l'imagination. Épris de justice, Daniel s'engage comme médecin dans l'armée après les attentats du 11 septembre. Quant à la studieuse Varya, elle se jette dans des travaux de recherche liés à la longévité, tentant désespérément de percer le secret de l'immortalité. Lorsque le premier d'entre eux trouve la mort à la date annoncée par la voyante, les trois autres craignent le pire. Doivent-ils prendre au sérieux cette prémonition ? N'est-ce la puissance de l'autosuggestion qui pousse les Gold à faire des choix qui les conduisent irrémédiablement vers leur mort ? 

Fresque de grande envergure, à l'ambition et à la profondeur remarquables, Les Immortalistes se situe entre le destin et le libre arbitre, le réel et l'illusion, l'ici-bas et l'au-delà. Une ode magnifique à ce qui nous échappe et à la force implacable des liens familiaux.


Mon avis :

Voilà un roman dont le résumé me tentait beaucoup et qui, jusque là, faisait l'unanimité sur les réseaux sociaux. C'était sans compter sur le vilain petit canard que je suis...

J'avoue que les avis très positifs m'ont encore plus motivée pour le découvrir et voir ce qu'il en était et pourquoi on en parlait tant. On disait aussi que la fin était exceptionnelle.

Je crois que j'ai dû passer complètement à côté de ce roman parce que, dans l'ensemble, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire qui pourtant partait très bien.

Seule la première partie consacrée au plus jeune de la fratrie, Simon, m'a plu et a été lue dans la journée.

Pour les trois autres parties qui nous font connaître Klara, Daniel puis Varya, je dois dire que j'ai ramé pour avancer un peu chaque jour.

Je n'ai ni accroché au personnage proprement dit, ni à son histoire. Et encore aujourd'hui, alors que j'ai fini ce livre il y a maintenant plusieurs jours, je ne sais toujours pas pourquoi la sauce n'a pas prise avec moi.

Le rythme est assez lent alors que je pensais que ce serait plus dynamique. C'est très certainement une des raisons qui a fait que je n'étais pas plus prise par les histoires de ces frères et soeurs.

J'attendais autre chose après leur rencontre avec cette voyante qui leur annonce à chacun la date exacte de leur mort.

Alors oui, je l'avoue, je n'ai pas abandonné ce livre parce que je ne le pouvais pas. Je suis toujours restée optimiste, me disant que l'histoire suivante me plairait peut-être davantage mais surtout je voulais connaître cette fameuse fin.

Je reconnais aussi que le lecteur va forcément se demander si les choix de vie de ces enfants/adultes n'ont pas été guidés par cette voyante et ses révélations.

Ne chercherions nous pas, nous aussi, à changer la donne si on nous disait à quel moment nous allions mourir ? Mais du fait de changer le futur, n'est-ce pas là l'erreur ?

J'admets également que l'on suit une famille dans laquelle on attend beaucoup des enfants et que, là encore, les choix qu'ils font sont influencés par père et mère. Qu'il est donc difficile de faire sa place et de prendre certaines décisions. Mais cela ne m'a pas suffi à apprécier ce roman à sa juste valeur.

J'ai mis plus d'une semaine pour le finir et j'en aurai mis presque autant pour vous en parler parce que je ne sais pas ce qui a coincé avec cette histoire.

Pour autant, je ne vous le déconseillerai pas puisqu'il mérite sa chance et que mon avis est personnel et ne fait pas l'unanimité.

mardi 19 juin 2018

Quelques minutes après minuit

Auteur : Patrick Ness
Editions : Folio Junior
Nbre de pages : 


Présentation de l'éditeur :
Depuis que sa mère est malade, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. Chaque fois, quelques minutes après minuit, un monstre apparaît sous la forme d'un arbre gigantesque qui apporte avec lui l'obscurité, le vent, les cris. Le monstre vient chercher quelque chose de très ancien et de sauvage. Il veut connaître la vérité...


Mon avis :

J'ai mis du temps avant de lire ce roman qui parle de la maladie parce que je savais qu'il ne serait pas facile à lire.

Je m'étais pourtant blindée, m'interdisant de me voir à la place de cette maman malade et à travers les yeux de ce fils de 13 ans qui refuse de voir les choses en face parce que sa mère garde espoir et a toujours les mots réconfortants pour lui.

La situation familiale est d'autant plus touchante car les parents sont divorcés et que le père vit aux Etats-Unis avec sa nouvelle femme et leur bébé. Il est donc peu présent et il se préoccupe peu de son fils, Conor.

Tout est mis en place pour que la lecture soit poignante et au final, cet arbre qui fait peur au début parce qu'on ne connaît pas ses intentions, finira par être une bouée de sauvetage pour Conor.

Quant à Conor, on ressent depuis le début cette rage qu'il porte en lui et qu'il essaie de cacher mais surtout de contenir. C'est un personnage que l'on sent à la limite de l'explosion vu ce qu'il vit : non seulement la maladie de sa mère mais également les moqueries qu'il subit au collège.

Malgré sa situation, il ne veut pas qu'on le protège, qu'on ait pitié de lui.

Conor souhaite vivre une existence normale dans un contexte familial chaotique.

Patrick Ness a écrit un récit magnifique sur la maladie et comment y faire face, comment accepter ce coup du sort.

C'est superbement abordé et bien sûr la fin est douloureuse. Mais en même temps, elle apaise autant Conor que le lecteur.

C'est un genre de roman que j'évite de lire parce qu'il me met dans un état épouvantable mais je voulais, malgré tout, le découvrir et je ne regrette pas de l'avoir enfin fait. C'est court mais intense du début à la fin.

jeudi 14 juin 2018

Les jumeaux de Piolenc

Auteur : Sandrine Destombes
Editions : Hugo Thriller (mai 2018)
Nbre de pages : 397


Présentation de l'éditeur :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l'ail. Trois mois plus tard, seul l'un d'eux est retrouvé. Mort. 

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L'histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s'installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c'est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.


Mon avis :

Je ne m'attendais pas à accrocher aussi bien à ce thriller psychologique. Lu en un peu plus d'une journée, j'ai eu du mal à le lâcher tant j'étais prise dans l'engrenage de l'enquête suite à la disparition d'enfants rappelant celle des jumeaux Lessage, 30 ans auparavant.

Les chapitres sont courts ce qui donne bien sur une dynamique au récit et le suspense est omniprésent. On se pose tout un tas de questions sur les personnages que l'on rencontre mais les réponses sont difficiles à trouver.

On va aussi apprendre à connaître les jumeaux, Solène et Raphaël, disparus en 1998 et je dois bien dire que l'autrice sait surprendre son lectorat.

Le thème de la gémellité m'a toujours fascinée et avec ce roman de Sandrine Destombes et ce que j'y ai trouvé dedans, j'ai été conquise.

L'intrigue est maîtrisée de bout en bout; l'autrice nous fait découvrir un pan de la gémellité fascinant et hallucinant. J'ai adoré progresser dans ce livre et voir tout ce qui se mettait en place.

C'est exactement ce genre de livre qui me plaît et qui m'accroche.

Sandrine Destombes a su magnifiquement mettre en exergue l'une des questions importantes sur les jumeaux. Celle qui m'interpelle le plus et elle en a fait une histoire hors du commun et un brin malsaine, soyons honnête de le reconnaître aussi, mais qui a le mérite de nous interroger encore plus mais surtout de garder son lecteur en haleine du début à la fin !

D'ailleurs, je dois préciser qu'au moment où je lisais le roman de Sandrine Destombes j'étais tombée sur un documentaire à la télévision portant justement sur les jumeaux. C'était fascinant à suivre et entendre parler les jumeaux de ce qu'ils sont l'un pour l'autre...

J'ai aussi pu constater que l'autrice touchait un point essentiel et sensible dans la vie des jumeaux.

C'est un roman que j'ai dévoré, qui m'a gardé en haleine et que j'ai regretté d'avoir lu trop vite tant il était prenant, même si je me suis doutée de certaines choses à la fin.

Il restera l'une de mes excellentes lectures pour cette année 2018 et forcément je ne peux que vous le recommander fortement.

mercredi 13 juin 2018

Des jours et des vies

Auteur : Gill Paul
Editions : Charleston (Mai 2018)
Nbre de pages : 430


Présentation de l'éditeur :
2016
Confrontée à l'infidélité de son mari, Kitty Fisher quitte Londres pour se réfugier dans le chalet de son arrière-grandpère, aux États-Unis. Là, sur les rives du lac Akanabee, elle découvre un magnifique bijou qui va lui permettre de révéler un secret de famille longtemps caché...

1914
La Russie est au bord de la rébellion, et la famille impériale, les Romanov, fait face à un futur tout aussi terrifiant qu'incertain. La grande-duchesse Tatiana est tombée amoureuse d'un officier de cavalerie, Dimitri, mais les événements vont mettre à mal leur relation naissante ainsi que leurs vies...

Des jours et des vies est un roman qui traverse les siècles, offrant à ses lecteurs une inoubliable histoire d'amour, de perte et de résilience, dans la lignée des romans de Kate Morton et Lucinda Riley.


Mon avis :

C'est une des parutions que j'attendais le plus et je n'ai pas été déçue par cette lecture que je recommande chaudement.

Si la narration de 2016 sur les états d'âme de Kitty vis-à-vis de son couple ne m'a pas plus accrochée que ça, celle de 1914 a été succulente à suivre avec une histoire riche et des personnages que je ne suis pas prête d'oublier.

J'ai adoré vivre aux côtés de Tatiana et Dimitri, leur idylle alors que la famille Romanov vit des instants compliqués.

On va voir cet amour fleurir dans un climat hostile contre la famille impériale mais on va également voir ceux qui leur sont attachés les soutenir comme ils le pourront.

Ne vous attendez pas à un amour physique car nous sommes au-delà de ça. Tatiana est une grand-duchesse, Dimitri un simple soldat et le respect qu'il lui porte est à la hauteur de son amour.

Là où je m'attendais à avoir des scènes un peu osées, je me suis retrouvée avec une relation très différente mais ô combien magnifique.

Si cela manque un peu de piquant par cet aspect là, j'ai trouvé aussi que c'était très beau parce que l'on dépasse la simple relation physique qui, aujourd'hui, va trop vite dans les couples et, d'une certaine façon, j'ai été apaisée de constater que rien ne pourrait détruire ce couple qui n'a jamais été uni dans un lit !

Je suis une férue d'Histoire et la rumeur sur une éventuelle rescapée des Romanov m'a fait rêver pendant très longtemps.

Avec la double narration, Gill Paul va permettre au lecteur de vivre les dernières années de la famille impériale tout en levant le voile sur d'éventuels rescapés.

Les recherches de Kitty, en 2016 donc, sont passionnantes à suivre. Ainsi, entre ces moments avec Kitty et ceux débutants en 1914, nous vivons une histoire fascinante, magnifique et tragique durant de nombreuses années.

Malgré un petit couac vécu à un moment donné avec Dimitri, j'ai vraiment adoré cette découverte que je ne peux que vous recommander si vous aimez les belles romances historiques et secrets de famille.

Le gros plus de ce roman, c'est qu'il est basé sur des personnages et des relations entre eux qui ont véritablement existé (hormis ceux de 2016 bien sûr). Cela donne une dimension encore plus profonde au livre, même s'il reste un côté fictionnel sur pas mal de points.

mardi 12 juin 2018

Dôme (T2)

Auteur : Stephen King
Editions : Albin Michel (2013)
Nbre de pages : 851


Présentation de l'éditeur (tome 1) :
Le Dôme : personne n'y entre, personne n'en sort.À la fin de l'automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu'est ce dôme transparent, d'où il vient et quand ' ou si ' il partira. L'armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l'intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu'à l'os, voit tout de suite le bénéfice qu'il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s'installe et la résistance s'organise autour de Dale Barbara, vétéran de l'Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville...Stephen King, l'« Edgar Poe du XXe siècle », est un mythe vivant de la littérature américaine: plus de 50 romans, tous best-sellers et plus de 200 nouvelles.



Mon avis :

J'avais bien accroché au premier tome et vu la fin, il me tardait de lire la suite pour comprendre d'où venait ce dôme et comment cela allait se dérouler dans cette ville totalement bloquée du reste du monde et dans laquelle Jim Rennie règne en dictateur.

J'ai eu du mal à me remettre dans le bain et me souvenir de certains personnages secondaires. Le livre fait plus de 800 pages et il m'en a bien fallu 200 pour reprendre le rythme.

On voit assez peu Dale Barbara vu sa situation en fin de tome 1. Ce sont surtout les femmes (Linda, Julia...) qui vont prendre le relais.

Si ce second opus est intéressant et se lit finalement assez vite vu son épaisseur, j'ai aussi trouvé qu'il tirait en longueur et notamment concernant Junior, le fils de Jim. Son évolution est détestable mais cela se comprend vu le père qu'il a et ce dont il est atteint...

J'ai aimé suivre la révolte qui se met en place contre Jim Rennie et que l'on sentait monter dans le tome 1 mais là encore, le King aurait pu aller plus vite sur certains passages car trop de longueurs pour mettre du suspense tue la patience du lecteur et les ficelles finissent par casser.

S'agissant de l'explication sur le dôme, je reste très perplexe. C'est, de ce côté là, trop SF pour moi et je n'ai pas du tout adhéré.

Par contre, voir comment l'Homme réagit dans la situation qui est celle des habitants de Chester Mill a été très prenant à découvrir.

L'âme humaine reste imprévisible quoi que l'on puisse en dire et j'aime beaucoup ces romans dans lesquels on nous met face à nos éventuelles réactions dans des situations critiques.

D'ailleurs, dans le même genre, il me faudrait finir la série Gone de Mickaël Grant qui traîne dans ma liseuse...

lundi 11 juin 2018

Rose

Auteur : Sylvie Etient
Editions : Carnets nord (15 juin 2018)
Nbre de pages : 158

A paraître le 15 juin 2018


Présentation de l'éditeur :
Rose aime Milo, mais elle s’aime aussi au point de prendre des risques. Risque de changer radicalement de vie et d’oser devenir, à cinquante-deux ans, une femme indépendante dans tous les domaines : amour, profession, sociabilité. C’est du moins son projet qu’un burn out rendra encore plus évident. Énergique, lucide, sentimentale, audacieuse, voici quelques-unes des qualités de Rose. Il faut y ajouter l’humour, le goût de la vie évidemment. Mais ce n’est pas si facile. L’indépendance a un prix. Par exemple que fait Milo tandis qu’elle se débat, sans argent, avec la vie quotidienne ?

Voici un roman qui sous des apparences légères aborde des sujets profonds : rôle de la femme dans la société, considération sur l’autre et amour de soi, estime de soi et estime de l’autre.


Mon avis :

Voilà un petit roman que l'on m'a proposé de découvrir et que j'ai lu il y a maintenant quelques semaines. Il est temps de vous en parler vu que sa sortie est prévue prochainement.

On va suivre Rose qui a une cinquantaine d'années et qui, un beau jour, fait un burn out total. Exit son métier d'avocat. Adieu son mari, même si la séparation se fait plutôt en bons termes et qu'aucun divorce n'est vraiment envisagé. Rose a juste besoin de prendre le large et faire un peu le point sur sa vie et ce qu'elle a envie à cet instant.

Avec une plume agréable et fluide, Sylvie Etient va nous basculer dans cette existence de Rose à laquelle j'ai plus ou moins adhéré.

Si j'ai pu la comprendre au départ (qui n'a pas eu envie à un moment donné de tout plaquer pour se retrouver tranquille ?!), plus j'avançais et plus je me posais quand même des questions sur la finalité de tout ce qu'elle entreprend.

Le roman est très court et pourtant Rose va se lancer dans beaucoup de choses.

On ne voit pas le temps passer; on la suit dans sa "dérive", son coup de tête. Mais est-ce un réel coup de folie qui l'a atteinte ?

Parce que si le couple évolue durant ces à peine 160 pages, les personnages eux aussi vont changer personnellement. Voir les choses autrement...

Est-ce que le fait de vivre séparément d'avec son époux ne permettrait pas justement d'avoir de meilleurs échanges, de mieux se supporter et s'apprécier ?

C'est une des questions qui fait réfléchir, même si elle met à mal le terme de "couple". Peut-on être un couple en vivant chacun de son côté ? Est-ce là, aujourd'hui, la nouvelle version du couple ? Est-ce que cela peut apporter réellement quelque chose de vivre séparément tout en se voyant très régulièrement ?

J'avoue que je suis très rigide sur certaines choses et j'ai du mal à me voir en Rose, être capable de quitter mon mari tout en me disant que ce n'est pas une parenthèse mais une façon de vivre notre couple différemment. Etre avec lui tout en vivant chacun de notre côté. Est-ce possible après avoir vécu tant d'années ensemble ?

Alors au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce roman qui m'a prise au dépourvu et que j'ai cependant apprécié même si la fin m'a finalement fait pousser un soupir de "tout ça pour ça !"

Ce qui est certain c'est que Rose nous fait nous poser pas mal de questions sur le couple et nous-même, ce que nous voulons vraiment ou non. Sachant que chez moi il n'y a pas de demi-mesure, je ne suis pas sûre qu'en vivant ce que fait Rose ici, ma conclusion aurait été la même que la sienne. Et cela m'interpelle. Faire des changements c'est bien mais on sait aussi que le naturel revient, que les efforts ne se font qu'un temps. Ce serait bien de voir ce que donnerait une suite mais les histoires ne sont pas la vie réelle. Chaque personne forge sa propre histoire comme l'auteur forge celui de ses personnages. Je n'aurais jamais mes réponses mais le roman de Sylvie Etient m'aura fait réfléchir sur pas mal de choses.

jeudi 7 juin 2018

Les brumes de Key West

Auteur : Vanessa Lafaye
Editions : Belfond (2018)
Collection : Le cercle
Nbre de pages : 406


Présentation de l'éditeur :

Puisant dans l'histoire mouvementée du sud des États-Unis, Vanessa Lafaye livre, avec finesse et élégance, le récit d'une passion interdite, sur fond de ségrégation, de fanatisme et de violence.

1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan. 
1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l'Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl's, l'une des maisons closes les plus fréquentées de Key West. 
Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d'un bar voisin, Alicia va jusqu'à organiser la contrebande d'alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance. 
Mais la menace du Klan gronde dans l'archipel... Et le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré. 
Dans les brumes de Key West, un drame se prépare...


Mon avis :

Ce roman a été un véritable calvaire à finir. Si le résumé m'a beaucoup tenté, j'ai eu aussi énormément de mal à accrocher au rythme imposé par l'intrigue. Ce n'est pas qu'il ne se passe rien, ni que les personnages ne sont pas intéressants mais j'attendais plus de profondeur sur l'ensemble surtout lorsque l'on traite du Ku Klux Klan !

Vanessa Lafaye va pendre le tableau de deux personnages qui vont se rencontrer et s'aimer dans une époque où la ségrégation faisait loi à Key West.

Elle est partie d'une histoire vraie pour poser la trame de son récit.

Mais pour moi, l'histoire de John et Alicia n'est traitée que dans les grandes lignes, tout comme les personnages faisant partie du Klan. Ce sont les gentils contre les méchants.

J'aurais aimé que l'auteure creuse davantage et entre plus en détails les évènements de Key West.

Son point de départ est bon mais la fin ne m'a pas ébranlée, étant donné que je m'y attendais depuis un bout.

Les personnages ne sont pas extraordinaires et je les dirai plutôt classiques dans le genre, sans réelle attirance ni profondeur : elle, la métisse. Lui, le Blanc revenu glorieux de la guerre.

Ils portent biens sûr chacun leur fardeau du passé et ont un avenir difficile mais cela n'a pas suffi à me convaincre.

J'ai traîné cette lecture pendant une semaine et je me demande encore pourquoi je ne l'ai pas abandonné avant la fin.

Je pense, tout simplement, parce que j'attends et j'espère toujours dans un roman qui ne m'accroche pas, un twist qui me fera changer d'avis.

Avec ce roman, ce n'est malheureusement pas arrivé...

mercredi 6 juin 2018

La symphonie du hasard (livre 2)

Auteur : Douglas Kennedy
Editions : Belfond (mars 2018)
Nbre de pages : 336


Présentation de l'éditeur :
Fresque à l'ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d'histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l'Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Pas évident d'échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande. 
D'abord déstabilisée par l'accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d'une autre vie. 
Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l'IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu'Alice aurait préféré oublier à jamais...


Mon avis :

Un deuxième volet que j'ai aimé découvrir, même si j'ai trouvé que le début était un peu long à se mettre en place. Il faut le temps qu'Alice s'adapte à son nouvel environnement et qu'elle se lie avec de nouveaux personnages.

Le plus intéressant reste le côté historique, politique et social de l'histoire irlandaise, même si on n'entre pas trop dans les détails.

Je m'attendais à ce que l'IRA fasse son apparition et la façon dont l'auteur amène ce sujet est parfait.

Le rythme est lent sur les 100 premières pages et mon intérêt s'est vraiment accru lorsqu'une vieille connaissance d'Alice fait son apparition.

Cela met littéralement du pep's à l'histoire, même si j'ai totalement détesté ce personnage.

Il y a alors beaucoup de tension, au point que l'on ne sait pas trop si cela va entraîner encore plus difficultés à notre chère Alice.

La fin est un peu attendue surtout par rapport au tout début du tome 1, vu que l'on connaît la situation personnelle d'Alice. Mais, pour autant, je me suis demandée si c'était parce qu'un évènement majeur allait se produire ou non.

Je ne me suis pas trompée et même si cela m'a mis un coup au coeur, j'ai été un peu déçue que ce soit trop simple.

Malgré tout, cela ne m'empêchera pas de lire le tome 3 de cette trilogie pour connaître le fin de l'histoire.

vendredi 1 juin 2018

Une journée exceptionnelle

Auteur : Kaira Rouda
Editions : Charleston (avril 2018)
Collection : Charleston Noir
Nbre de pages : 384


Présentation de l'éditeur :
Paul Strom a une vie parfaite. Et il est lui-même un mari parfait. C'est pour cette raison qu'il planifie un week-end romantique pour sa femme, Mia, dans leur maison de campagne, juste tous les deux. Et il promet que cette journée sera exceptionnelle.
Mais alors qu'ils sont en voiture, en train de rallier leur lieu de villégiature, la tension commence à monter et minute après minute, le doute s'installe. Leur mariage est-il aussi parfait que Paul le dit ? Se font-ils réellement entièrement confiance ? Paul est-il vraiment la personne qu'il semble être ? Et quels sont ses projets pour ce week-end ?
Une journée exceptionnelle nous force à nous demander à quel point nous connaissons ou non nos proches... Méfiez-vous des mariages trop parfaits...


Mon avis :

C'est l'un des premiers titres de cette nouvelle collection et je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Si le début est plutôt long et lent à se mettre en place, une fois lancée mais surtout Mia mise en scène, ce livre est exaltant.

Paul est un personnage détestable dès les premières pages et ce que je ressentais pour lui n'a fait que s'exacerber au fur à mesure que j'avançais.

J'ai haï ce personnage du début à la fin. C'est un être égoïste, égocentrique, manipulateur, calculateur, sexiste, antipathique...

J'arrivais à ne plus le supporter au bout de 50 pages...

Mais j'ai persévéré et j'ai bien fait !

A partir du moment où Mia prend enfin la voix, on ne voit plus les choses uniquement par Paul (qui est le narrateur de cette histoire) et cela fait une énorme différence.

Avec elle, on va encore plus réaliser que Paul est un être abjecte et contrairement à d'autres livres où je peux revoir mon jugement sur un personnage lorsque j'apprends ce qui lui est arrivé dans son passé, ici cela n'a pas eu gain de cause à mes yeux. Je ne lui donnais aucune circonstance atténuante face à ce qu'il racontait ou faisait.

Je jubilais devant les révélations de Mia mais je craignais aussi le pire et j'ai vécu cette lecture pleinement dès la seconde moitié que j'ai dévorée.

L'intrigue est parfaitement maîtrisée. Les personnages cachent parfaitement leur jeu. L'ensemble est excellent malgré un début un peu lent et chaotique avec des détails qui ne servent pas du tout l'intrigue.

En bref, il ne faut pas passer à côté de cette lecture qu'au final j'ai adorée.