dimanche 27 mai 2018

Un karma (presque) parfait

Auteur : Roxane Dambre
Editions : Calmann Levy (avril 2018)
Nbre de pages : 342

Présentation de l'éditeur :
C’est décidé. Demain, Siloé, jolie brune parisienne
un peu toquée et accro aux granules d’homéopathie, change de job !
Elle convoque ses meilleurs amis pour un conseil de guerre
dans leur bar préféré. La jeune femme est déterminée.
Mais aussi très maladroite, voire carrément gaffeuse.
Et certaines choses n’arrivent qu’à elle… Comme le fait de passer
un entretien d’embauche avec le psychopathe beaucoup
trop charmant qui l’a menacée deux jours plus tôt
(tout ça parce qu’elle l’a vaguement insulté au volant…).
Valérien, le psychopathe en question, un grand brun aux yeux bleus,
affublé d’une petite soeur tout aussi gaffeuse que Siloé,
expert en recrutement, lui propose un étrange marché.
Que va trouver Siloé au bout de son chemin ?
Un job ou un amoureux, ou les deux, ou rien du tout ?


Mon avis :

Voilà un roman chick-lit qui m'a fait beaucoup de bien au moment où je l'ai lu. Et pour parfaire le bien-être ressenti, c'est avec Amandine que j'ai fait cette lecture commune.

Comme dans n'importe quel roman de ce genre, nous allons suivre une quasi-trentenaire, Siloé, qui va du jour au lendemain perdre son boulot.

Ses recherches d'emploi trouvent réponse un peu trop vite à mon goût, surtout du côté des entretiens, et procurent donc peu de crédibilité par rapport à la vie réelle mais Siloé est tellement agréable qu'on s'attache très vite à elle et qu'on passe facilement sur les "défauts" du roman.

Sa rencontre avec Valérien fait rire et, là encore, on voit très vite ce qui va se profiler entre eux mais le jeu de la séduction est plaisant à suivre et je n'ai pas ressenti de longueurs ou d'ennui durant ma lecture.

L'écriture est agréable à lire. C'est fluide, facile de se voir à la place de Siloé.

Par contre, je n'ai pas accroché à la soeur de Valérien qui s'attire les ennuis comme les abeilles courent après le pot de miel. Sans compter qu'elle ne réfléchit pas aux conséquences de ses actes et même si elle a 16 ans, j'ai regretté qu'elle n'ait pas plus jugeote que ça.

Sinon, pour tout le reste, on est vraiment dans le roman détente, parfait pour la période estivale, avec une histoire, certes cousue de fil blanc, qui permet au lecteur de passer un bon moment sans surchauffe de son cerveau ni prise de tête.

En bref, une jolie découverte bien sympathique que je vous conseille.

vendredi 25 mai 2018

Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Editions : Gallmeister
Nbre de pages : 283


Présentation de l'éditeur :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer. Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie. Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.


Mon avis :

Ma découverte de Pete Fromm s'est avérée excellente et j'ai passé un très beau moment de lecture aux côtés des personnages.

Ce roman est écrit avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.

Je pensais suivre Maddy sur seulement quelques années, compte tenu de sa maladie, mais au final on va vire aux côtés de ce couple durant 40 ans.

Quarante ans où on va apprendre réellement ce qu'est la sclérose en plaques et comment les malades vivent au quotidien. On va voir ce couple s'aimer, se battre, fonder une famille malgré les doutes et les angoisses et se déchirer également.

Certains passages sont poignants mais l'histoire n'est pas larmoyante comme je le redoutais.

L'auteur a su magnifiquement mettre en scène un couple attachant qui fait face à l'adversité avec une maîtrise parfaite de la situation, même si on sent les non-dits entre eux, les émotions cachées pour ne pas sombrer.

Il n'y a aucun pathos alors que la thématique s'y prêtait.

L'auteur a fait de cette histoire une ode à l'amour et au combat contre la maladie avec un style épuré et des personnages soudés que je n'oublierai pas.

lundi 21 mai 2018

Première lumière

Auteur : Paul François Husson
Auto-édition
Nbre de pages : 215


Présentation de l'ouvrage :
Tout le monde a peur du noir. Pas moi. J'ai peur de la lumière. Aveugle depuis la mort de maman, je ne voulais pas de leur greffe de cornée. Revir ne ressuscitera pas son visage. Ils attendent un miracle, mais qui est le monstre lumière ? Personne ne me croit. Pourtant, les vacances basculent dans un cauchemar, une traque dont je suis la proie...


Mon avis :

L'auteur m'a fait parvenir son tout dernier titre, m'indiquant que je devrais l'apprécier davantage que son précédent, La mort est dans l'pré.

J'avoue que j'ai été réticente à le commencer et que j'ai eu beaucoup de réserves sur l'intrigue que j'allais découvrir et les personnages.

Et malheureusement, cette fois-ci encore, la sauce n'a pas pris avec moi.

Pourtant, la présentation me laissait présager un suspense qui allait me tenir en haleine et j'étais curieuse de voir ce qu'allait donner ce roman.

J'ai découvert un prologue poignant dans lequel un enfant de 18 mois subi un grave accident de voiture avec sa maman au volant. Le papa n'avait pas voulu les accompagner... A la suite de cet accident, l'enfant, Mattieu, perd sa maman et se retrouve aveugle. Et on le retrouve, onze ans plus tard, alors qu'il vient d'avoir une greffe de la cornée. Cette greffe est l'espoir de la famille pour qu'il retrouve la vue. Cette greffe, pour Mattieu, est davantage subie que voulue. Pour lui, la nuit fait partie de sa vie. La lumière lui fait peur et on comprend pourquoi dès le prologue...

Je me suis assez vite attachée à ce gamin qui n'a jamais cherché à vouloir retrouver la vue. Sa condition d'aveugle le satisfait et j'ai été très sensible au fait que les adultes ne l'écoutent pas.

Le problème de Mattieu c'est qu'il est un peu "bizarre" dans ses mots, son comportement et que les adultes ne le prennent pas toujours au sérieux. Il se passe des choses étonnantes autour de lui et lors du voyage familial devant les conduire au bord d'un lac, toutes les bizarreries vont se faire interroger le lecteur.

J'ai été curieuse de savoir ce qu'il en était et sur la première moitié du roman j'ai été assez prise par l'intrigue, même si j'étais gênée par une narration à double perspective.

En effet, l'auteur a choisi de mélanger la narration en "je" racontée par Mattieu et celle à la 3ème personne du singulier. C'est assez déconcertant et plus d'une fois j'ai eu du mal à suivre l'enchaînement des événements parce que j'étais focalisée sur ce que racontait Mattieu, par exemple, et que le paragraphe d'après on passait totalement à autre chose et vice versa.

Ce n'est pas du tout le genre de narration qui me convient et qui me convainc. Je suis une lectrice qui peut parfaitement s'adapter à un changement de narrateur mais certainement pas dans un même chapitre. Un paragraphe pour l'un puis pour l'autre. Au bout d'un moment, j'ai saturé.

A cela s'ajoute le côté un peu fantastique ? étrange ? de l'intrigue que tisse l'auteur autour de Mattieu.

Si cela est intéressant au départ, je dois bien vous révéler que petit à petit la façon dont il parlait du monstre lumière me perdait totalement. Je n'y comprenais que tchi. Là encore, j'étais perdue...

Cela a fini par me déstabiliser et ne plus vraiment me donner envie de le continuer, surtout que tout ce qui se passe durant ce voyage est quand même un peu gros.

Il y a bien de la tension, des disputes, des incompréhensions, du doute... donc tout ce qu'il aurait fallu pour me mettre de la pression mais au final je suis restée très extérieure à tout ça et je me doutais bien que les choses allaient se terminer... comme elles se sont finies.

De plus, la dernière scène m'a totalement énervée et malheureusement je ne peux pas vous en parler mais la finalité de cette scène m'a vraiment fait soupirer de "ben voyons. Ce serait dommage sinon..." 

Bref, je n'ai pas du tout été convaincue par l'intrigue, les personnages, la forme narrative et la fin. Ce fut encore une déconvenue et je ne compte pas renouveler l'expérience avec les récits de cet auteur qui ne me conviennent pas et c'est bien dommage.

mercredi 16 mai 2018

Nuit sans fin

Auteurs : Preston & Child
Editions : L'Archipel (avril 2018)
Nbre de pages : 362


Présentation de l'éditeur :

À FORCE DE TROUVER DES CADAVRES SANS TÊTE...

Quel point commun entre la fille d’un milliardaire, un ancien avocat véreux, un oligarque russe... ?
Tous ont été assassinés à New York, la cité des ténèbres, la ville de la nuit sans fin.
Tous ont été décapités et leur tête a disparu, comme si l’assassin était une sorte de collectionneur morbide...

... PENDERGAST POURRAIT BIEN Y PERDRE LA SIENNE !

Selon quels critères le criminel choisit-il ses victimes ? Vincent d’Agosta, du NYPD, et l’agent spécial Pendergast, du FBI, sont sur les dents. D’autant que ce dernier pourrait bien être la prochaine cible du tueur.
Une enquête constellée de fausses pistes où intelligence et sens de la déduction seront des atouts capitaux !


Mon avis :

J'ai enfin lu le dernier opus consacré aux enquêtes de Pendergast, personnage que j'ai découvert il y a quelques années en arrière avec La chambre des curiosités et je n'ai plus jamais arrêter de lire ces auteurs.

Je gardais un souvenir génial du précédent opus, Noir sanctuaire, et j'avais hâte de retrouver Aloysius mais également Constance...

Or, dans cet opus, Constance n'apparaîtra pas, si ce n'est un peu à la fin. Autant vous dire qu'elle m'a cruellement manqué.

Pendergast va être rudement mené avec une enquête sur des personnages hauts placés que l'on décapite. Aucune pitié pour ces gens. Le tueur serait-il un vengeur de la Société ? Celui qui remet les choses à leur place ? Qu'on pu faire ces personnalités pour terminer leur vie de telle manière ?

Autant j'ai été emportée d'emblée par ce qui se passait et j'ai dévoré la première moitié du bouquin, autant lorsque j'ai commencé à me douter du coupable, j'ai commencé à trouver un peu le temps long.

Si Pendergast et D'Agosta sont toujours aussi plaisants à suivre, le mobile des meurtres et le personnage qui les perpétue ne m'ont pas convaincue. Et c'est bien la première fois que je sors un brin déçu par une enquête de Pendergast.

Pourtant, les auteurs ont mis ce qu'il fallait dans ce tome pour que le lecteur reste en haleine du début à la fin, avec pas de mal difficultés du côté de Pendergast pour trouver le coupable et ses motivations, sans compter sur son arrestation, mais cela n'a pas suffit pour me convaincre que ce tome là était à l'égal des précédents.

L'écriture est toujours aussi fluide et Preston & Child forment un duo que j'aime toujours autant mais cette fois-ci la sauce n'a prise qu'à moitié et c'est dommage.

Cela dit, la fin me donne quand même envie de continuer à les suivre et à retrouver Pendergast mais également Constance. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir la concernant et je suis déjà très curieuse de voir ce que les auteurs vont faire dans le prochain ouvrage.

mardi 15 mai 2018

La symphonie du hasard (livre 1)

Auteur : Douglas Kennedy
Editions : Belfond (novembre 2017)
Nbre de pages : 362


Présentation de l'éditeur :
Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s'apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Décide à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.
Et Alice de replonger dans l'histoire ses siens, celle d'un clan à l'image de l'Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat...


Mon avis :

Voilà un bon moment que je voulais lire cette trilogie de Douglas Kennedy. J'ai attendu d'avoir tous les tomes dans ma monstrueuses PAL pour enfin la commencer parce que je me doutais bien qu'en la démarrant, je serais obligée d'enchaîner les tomes.

Alors, non je n'ai pas encore commencé le tome 2 mais cela ne va pas tarder parce que je me suis régalée à suivre l'histoire de la famille Burns avec ses secrets et ses personnages qui la composent, tous autant mystérieux que particuliers.

Alice est une jeune trentaine qui va apprendre le secret porté par son frère pendant de nombreuses années et dans lequel son père fait partie. A partir de là, elle va nous raconter comment elle vivait et percevait sa famille depuis son adolescence. On va donc les suivre dans les années 70, dans une Amérique en pleine évolution sociale mais aussi politiquement douloureuse.

Je ne sais pas vraiment comment vous parler de ce premier tome sans vous spoiler sur Alice (la benjamine), Adam, Brenda (la mère), Brendan (le père) et Peter (le frère aîné).

Les membres de cette famille s'aiment et en même temps il y a tellement de tension avec un père raciste mais qui le nie, s'étant marié avec une femme juive, une mère qui ne montre pas ses sentiments à l'égard de sa fille et qui malgré tout n'hésitera pas à la soutenir dans certaines circonstances face à un père très/trop rigide.

Les parents sont systématiquement en conflit. Les frères tentent de mener la vie qu'ils souhaitent sans vraiment réaliser qu'ils font peut-être ce que le père attend d'eux.

Alice est celle qui va aller au bout de ce qu'elle pense être bon pour elle, quitte à contrer ses parents.

Je n'ai pas pu lâcher ce roman tant j'étais prise dans l'engrenage de cette famille si commune. Et parce que le contexte politique et social sont difficiles, on se demande comment cela va se finir pour chacun de ces membres.

J'ai aussi beaucoup aimer voir évoluer Alice dans le contexte étudiant lorsqu'elle arrive en fac. Les années 70 sont riches sur beaucoup de points que l'on voit dans ce premier volet et c'est une lecture exaltante qui en résulte.

La plume de Douglas Kennedy est toujours aussi exquise. Il a forgé là une trilogie qui excelle tout ses autres romans, même si pour l'instant je n'ai lu que le tome 1.

Ce livre c'est le livre de chaque famille, américaine ou non. Parce que chaque famille a ses secrets. Parce que chacun de ses membres essaie de faire pour le mieux mais les personnalités sont là, certaines plus fortes que d'autres, prenant alors l'ascendant. Comment arriver à vivre dans une atmosphère pesante, étouffante où l'on risque de se perdre ?

J'ai hâte de retrouver Alice dans le tome 2 que je compte bien lire très rapidement.

jeudi 10 mai 2018

Mes intimes étrangers

Auteur : Luc Duwig
Editions : Carnets Nord (mai 2018)
Nbre de pages : 167


Présentation de l'éditeur :
«Je veux prendre la parole au nom de tes victimes, au nom de chacune d’elles, même si je suis mort, moi aussi, le 10 juin 1944. »

Enfant, adolescent, puis adulte, Luc s’interroge : Pourquoi, dans sa famille, ne lui parle-t-on jamais de son grand-père, ce grand-père qu’il n’a pas connu ? Même sa merveilleuse et tant aimée grand-mère lui oppose un implacable silence. Comme si celui-ci, Jean-Ferdinand, n’avait pas existé. Luc va enquêter et trouver des réponses. La vérité sera encore plus terrible qu’il ne l’imagine.

Un récit bouleversant qui plonge au plus profond de l’âme humaine. Les mots de Luc Duwig sont forts et justes. Comment vivre avec un tel héritage ? Peut-être en révélant le secret de famille ? L’amour est-il encore possible dans de telles conditions ? Si oui, à quel prix !


Mon avis :

Nouvelle parution des éditions Carnets Nord, Mes intimes étrangers est un récit qui me tentait beaucoup puisque l'auteur va tenter de comprendre pourquoi sa famille refusait de lui parler de son grand-père maternel.

Avec lui, nous allons apprendre ce qu'il en est de cette famille dont le silence avait la primeur sur une vérité difficile à avouer.

Je savais que j'allais entrer dans un récit parlant de la Seconde Guerre Mondiale. Vous le savez, j'aime beaucoup cette période difficile et les romans ou récits qui me permettent de mieux la comprendre me tentent terriblement.

Ici, l'impact que va avoir ce silence autour d'un grand-père dont tout le monde veut taire l'existence va être énorme tant pour Luc Duwig que pour son entourage.

En tant que lectrice, on ne peut que s'imaginer les difficultés de vivre avec un passé chargé comme le fut celui du grand-père de l'auteur.

Si je n'ai pas été marquée par les agissements de ce grand-père, je l'ai été énormément sur l'ampleur du désastre que cela va engendrer au sein de la famille mais surtout du côté de Luc.

Si le jeune garçon de l'époque va se rendre compte que le sujet du grand-père est tabou, les révélations qui lui seront faites de-ci de-là par son oncle, notamment, ne le seront que lorsqu'il sera un homme mais les dégâts psychologiques vont être importantes.

Comment arriver à se construire avec un tel passé mais surtout l'ombre de cet homme dont personne ne veut parler ? Comment ne pas lui en vouloir pour ses agissements ? Et sa grand-mère ? Pourquoi n'a-t-elle rien dit ? Où est-il ? Est-il toujours de ce monde ? Regrette-t-il ce qu'il a fait ?

Je ne pensais pas que ce serait un héritage aussi lourd à porter, alors même que les années d'après guerre seront terribles pour les familles des collaborateurs.

Même si je sentais qu'on tournait un peu en rond sur le devenir de ce grand-père après sa disparition mystérieuse, j'ai été surprise de réaliser que Luc Duwig, à cause de lui et de sa grand-mère, vivait très mal, se rendant responsable des victimes que son grand-père avait causé.

Je trouve compliqué de prendre pour soi les fautes de ses aïeux. Nous ne sommes nullement responsables de ce que font ou ne font pas nos parents, grand-parents...

Du coup, j'ai eu du mal à comprendre l'auteur sur son mal-être, même si je pouvais admettre qu'un tel passé était difficile à accepter.

Il aura des mots très durs envers cet homme qu'il ne connaît pas mais surtout envers sa grand-mère qu'il aimait tout particulièrement.

Et c'est vraiment sur cette relation que j'ai ressenti de l'empathie pour l'auteur parce que comment peut-on accepter qu'un être que l'on aime plus que tout puisse rester taisante et faire comme si de rien était alors même que l'histoire est là, dans des livres écrits après d'énormes recherches faites par des historiens ?

Je crois que c'est ce qui fait le plus de mal dans ce roman et les dernières lignes sont très difficiles à lire parce que Luc Duwig va apprendre à faire le deuil de ce couple mais surtout de cette grand-mère à laquelle il était très attaché.

Mes intimes étrangers n'a pas été un récit poignant comme je le pensais. Il est dramatique parce que l'on se rend compte que le passé finit toujours pas nous rattraper et qu'il est extrêmement difficile de l'accepter si on n'y est pas préparé.

Luc Duwig nous démontre dans son livre à quel point le silence de l'ensemble de sa famille l'a brisé et le temps qu'il lui a fallu pour accepter mais surtout se reconstruire pour surmonter cette vérité qu'on lui avait cachée. C'est un récit touchant sans être larmoyant que j'ai beaucoup aimé découvrir.

mercredi 9 mai 2018

Les sages de Sion : Vérité (T1)

Auteur : Hervé Gagnon
Editions : Hugo Roman (avril 2018)
Nbre de pages : 376


Présentation de l'éditeur :

Mars 1939. La guerre est sur le point déclater et le Troisième Reich prépare la solution finale. Heinrich Himmler et ses SS rêvent de restaurer la mythique civilisation aryenne. Pour y arriver, ils suivent la piste d'une légende centenaire qui, l'espèrent-ils, leur permettra de détruire la chrétienté. sur ses ruines, ils reconstruiront l'antique religion nordique.
Dans un petit village du sud de la France, Roland Sentenac, né damné, est lancé bien malgré lui sur les traces de Gondemar de Rossal. Sa mission : protéger la Vérité jusqu'au jour de sa révélation. Mais la Vérité est encore plus sombre qu'on ne le croyait et les factions qui la convoitent ne reculeront devant rien pour s'en emparer. Au-delà du salut de son âme, c'est le cours de l'Histoire que Roland tient entre les mains.


Mon avis :

J'ai eu une très belle surprise en trouvant ce nouveau roman de Hervé Gagnon dans ma boîte aux lettres. J'avais adoré ses deux précédentes sagas (Damné et Maléfica). Du coup, je n'ai pas trop traîné pour découvrir ce nouvel opus, surtout que nous nous retrouvons 700 ans après la fin de la saga Damné.

Si vous vous demandez s'il faut avoir lu la précédente saga avant cette série là, je vous répondrai que cela va dépendre de vos envies. L'auteur va ici reprendre l'essentiel de ce qu'est la Vérité pour que le lecteur ne soit pas perdu et sache de suite de ce qu'il en est.

Du coup, pour le lecteur qui a lu la précédente saga il y a longtemps, cela remet les pendules à l'heure et pour les nouveaux qui ne veulent pas lire 4 tomes avant ce titre là, cela fait une économie de lecture... Mais oserais-je parler d'économie quand on parle de lecture ??? Mmmmmhh...

En ce qui me concerne, j'ai été plus que ravie d'avoir d'abord découvert Damné parce que ce nouvel opus fait réellement office de tome d'introduction pur et dur.

Les SS sont présents et on nous parle de l'Ahnenerbe qui est un institut de recherches créé par Himmler et plus précisément de la "Schutzstaffel, sorte de Vatican païen" (p 35), qui va orienter ses recherches sur la religion nordique. Son but sera d'éradiquer le christianisme et d'asseoir la nouvelle religion vénérée par les nazis. Mais pour ce faire, Himmler doit récupérer des documents anciens mettant à mal la religion catholique...

Et là je n'en dirai pas plus au risque de trop vous en dévoiler...

Roland va donc se voir confier par Métatron le rôle de gardien de la Vérité et il sera épaulé par Gondemar dans des "visions".

J'ai adoré ce côté fantastique lié à l'historique, comme ce fut déjà le cas dans Damné.

Par contre, il y aura finalement peu d'action puisque l'auteur place vraiment ses pions et l'intrigue durant ces 300 pages. C'est ce qui, au final, m'a un peu déçue, moi qui m'attendais à un roman plein de sauvagerie comme j'avais pu l'avoir avec la précédente saga qui se déroule au Moyen-Age.

Je n'ai pas non plus réussi à ressentir quoi que ce soit pour le nouveau personnage de Roland, même si ce que l'on apprend de lui, dès le prologue, le rendait plutôt attachant. Mais ce sera, en réalité, loin d'être le cas.

Le personnage évolue au fur et à mesure que l'on avance et je pense que le tome 2 sera bien meilleur que ce tome d'introduction là.

J'ai trouvé aussi des similitudes avec Damné dans certains passages que j'ai trouvés, du coup, un peu longs. J'avais surtout hâte d'arriver à l'essentiel et me trouver dans une saga beaucoup plus agressive compte tenu de la période historique concernée. Ce qui ne sera pas vraiment le cas ici.

Du coup, j'attends beaucoup du tome suivant que je compte bien découvrir parce que si ce tome 1 m'a un peu déçue, la plume de l'auteur, elle, est toujours aussi prenante et agréable à lire.

Avis donc aux amateurs de roman historique à connotation ésotérique.

dimanche 6 mai 2018

Power

Auteur : Michaël Mention
Editions : Stéphane Marsan (Avril 2018)
Nbre de pages : 453


Présentation de l'éditeur :
Ici, comme dans les autres ghettos, pas d'artifice à la Marilyn, ni de mythe à la Kennedy. Ici, c'est la réalité. Celle qui macère, mendie et crève.

1965. Enlisés au Vietnam, les Etats-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d'Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l'assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l'organisation défie l'Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l'image du pays, happé par le chaos des sixties. 
Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d'actualité.


Mon avis :

Voilà un ouvrage que je souhaitais découvrir pour mieux connaître le parti des Black Panthers dont j'avais seulement entendu parler voilà de nombreuses années.

De mémoire, je savais que ce groupe plaidait la cause noire américaine et qu'il était plutôt violent mais grâce à Power, je suis vraiment entrée dans le vif du sujet et je ne le regrette pas.

L'ouvrage est formé de deux parties dont la première (What we want) va expliquer comment le parti prend vie. Avec la seconde (What we believe), on va vivre l'ascension puis la chute des Black Panthers à travers trois personnages très différents.

Globalement, j'ai beaucoup aimé cet ouvrage qui forme un récit extraordinaire et très complet sur ce que fut les Black Panthers.

Il est indéniable que Michael Mention a fait des recherches époustouflantes pour donner à Power ce qu'il est aujourd'hui : un roman documentaire très précis qui met le lecteur dans l'ambiance des années sixties-seventies  avec des personnages très charismatiques.

J'ai lu la première moitié très rapidement non seulement parce que l'on y rencontre les plus grands noms de la cause noire américaine comme Malcom X, Martin Luther King et les discours qu'ils ont pu faire avant leur assassinat respectif mais aussi parce que cela crée une dynamique extraordinaire en revivant ces moments forts de l'Histoire de ce pays. C'était comme si j'étais plongée dans cette époque et non plus au XXIème siècle.

De plus, les personnages avec lesquels nous allons vivre la seconde partie sont très bien dépeints et ils vont prendre une tournure à laquelle on ne s'attend pas forcément. Je parle notamment pour Neil O'Brien, un policier blanc auquel je me suis très vite attachée.

Il y aura aussi Charlene et Tyronne, deux afro-américain, qui verront leur avenir totalement bouleversé...

Je n'en dirai pas davantage sur ces trois personnages alors qu'il y aurait tellement à expliquer et à commenter leurs agissements mais surtout leur évolution.

Si j'ai pu adhérer au fondement de ce parti qui se battait non seulement pour la cause noire mais également pour les autres ethnies qui vivaient les mêmes persécutions qu'eux, j'ai commencé à ressentir une certaine "overdose" arrivée à la moitié du roman.

Je savais que le parti des Black Panthers n'était pas un monde de Bisounours mais la violence est omniprésente, tout comme la drogue et, à un moment donné, j'ai commencé à décrocher.

J'ai aussi commencé à me demander si ce parti aurait pu survivre à notre époque en agissant de la même façon qu'en 1970 et honnêtement, j'en doute beaucoup. C'est aussi une des raisons qui a fait que j'ai décroché.

Quoi qu'il en soit, Power est un roman phénomène qu'il faut absolument découvrir si vous aimez l'Histoire et encore plus l'Histoire américaine. C'est un livre complet sur ce que fut les Black Panthers de leur création, à leur ascension puis leur chute.

C'est vraiment un roman magistral que je ne suis pas prête d'oublier avec une fin qui laisse pantoise mais surtout en apnée parce que certains personnages tournent d'une façon inattendue.

Même si j'ai eu quelques décrochés avec ce titre, je ne suis pas prête de l'oublier et je ne peux que vous le recommander.

mercredi 2 mai 2018

Le brasier

Auteur : Vincent Hauuy
Editions : Hugo Thriller (avril 2018)
Nbre de pages : 525


Présentation de l'éditeur :
Quand le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profiler refuse de croire à sa mort. 
Persuadé que la jeune blogueuse est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l'enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte que les ramifications de cette disparition sont beaucoup plus vastes qu'il n'y paraît et pourraient être liées à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l'ensemble du territoire américain. 
Hanté par les visions d'un petit garçon sans visage et d'un brasier d'où s'échappent des cris d'effroi, Noah va se retrouver au coeur d'une investigation menée tambour battant mais qui le mènera aux portes de la folie.


Mon avis :

Deuxième roman de Vincent Hauuy, deuxième réussite. Je me suis régalée pendant cette lecture que je vous recommande fortement.

Toutefois, il vous faudra d'abord lire Le tricycle rouge pour bien appréhender l'intrigue mais aussi l'évolution des personnages.

Nous retrouvons Noah mais également Clémence qui vont mener une enquête pour tenter de retrouver les meurtriers de Sophie Lavallée, elle aussi personnage du Tricycle rouge.

J'ai eu un peu de mal à me rappeler des détails du livre précédent mais heureusement l'auteur fait quelques rappels bienvenus.

Et si on pensait connaître Noah et Clémence dès la fin du premier roman de l'auteur, nous nous sommes totalement fait léser par Vincent Hauuy.

Avec Le brasier, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Le roman est scindé en quatre parties dont chacune d'entre elles est appelée par un nom de carte de tarot...

La plume est addictive; l'action omniprésente et les personnages prennent tellement de profondeur, surtout celui de Noah que j'ai a-do-ré, qu'il est difficile de lâcher ce roman.

Nous allons en apprendre davantage sur le passé de Noah et je suis restée de plus en plus ébahie face à ce que j'apprenais. Arrivée à la moitié du livre, j'ai fait une supposition sans vraiment y croire et pourtant...

La fin laisse encore planer du mystère mais c'est aussi le lien qui se fait de plus en plus fort entre Noah et Clémence que j'ai beaucoup aimé voir arriver. Alors autant vous dire que lorsque l'auteur nous fait une ultime révélation dans l'épilogue, j'ai été frustrée de me dire qu'il me fallait attendre un an avant d'avoir la suite et de retrouver tout ce beau monde pour savoir ce qu'il va se passer...

Vincent Hauuy est un auteur qui a largement mérité le Prix VSD-RTL du meilleur thriller français 2017 avec Le tricycle rouge et il confirme avec Le brasier que l'on peut désormais compter sur lui pour nous mettre les nerfs à rude épreuve et passer de longs nuits blanches tant ses intrigues sont magnifiquement ficelées et ses personnages attachants.

En bref, si vous ne l'avez pas encore lu, vous faite une terrible erreur qu'il faut absolument réparer, d'autant que Le tricycle rouge est paru en format poche. Maintenant, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas le lire...

lundi 30 avril 2018

Tuez-les tous... mais pas ici

Auteur : Pierre Pouchairet
Editions : Plon (Janvier 2017)
Collection : Sang neuf
Nbre de pages : 462


Présentation de l'éditeur :
Julie Loubriac a disparu. Âgée de 17 ans, la lycéenne se volatilise, et ce n'est pas la première fois. Ses parents sont pourtant persuadés que, cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une simple fugue. Face à l'immobilisme de la police, Martine et Louis Loubrias, divorcés, vont se lancer à sa recherche. La mère tient un magasin de vêtements plutôt haut de gamme. Quant à Louis, il a presque près tout raté dans sa vie. Ex-flic, ex-journaliste, ex-époux... Parfois, il parvient à être père de famille. Il lui reste cependant une chose, sa guitare pour jouer du blues dans le bar de sa nouvelle compagne, Jenifer. 
L'affaire se corse quand il est approché par un agent de la DGSI, qui va le mettre sur une piste surprenante. Une enquête qui mène le couple de Quimper à Istanbul, en passant par la Syrie. Entre drame familial, vengeance et manipulation des services de renseignements, il va se retrouver au coeur d'un secret d'Etat, sur fond de guerre contre le terrorisme...


Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l'auteur et j'ai été surprise de trouver ce titre dans ma boîte aux lettres mais je remercie vraiment les Editions Plon pour cette découverte.

Un père. Une mère. Eplorés. Une fille disparue. Une police qui est incapable de savoir ce qui a pu se passer. Trois semaine d'attente. Trois semaines de stress. Pour les parents, c'est beaucoup trop.

Alors Louis va aller fouiner. On va l'aider et là le couperet va tomber : Julie est partie en Syrie.

J'ai plongé au coeur d'une intrigue aussi crédible qu'effroyable puisque l'on entre dans le cadre de l'embrigadement de la jeunesse par les filières djihadistes. Autant vous dire que cela fut intéressant à suivre mais aussi très angoissant.

On vit également en parallèle les manipulations qui se font dans les hautes sphères politiques sans que pour autant on ne sache réellement ce qu'elles comptent faire et pourquoi. Quelles sont leur motivation ? 

L'auteur va attendre bien sagement la fin du livre pour nous dévoiler tout ça et cela fait froid dans le dos parce que l'on se doute bien que, malgré ce que l'on peut nous raconter aux informations, on ne nous dit pas tout ce qui se déroule dans les cabinets politiques et de renseignements. Du coup, on croise les doigts pour que ce roman ne soit, finalement et réellement, qu'une fiction parce qu'il est difficile de faire la limite entre le vrai (ce qui se passe notamment à la frontière turco-syrienne) et le faux.

J'ai vécu la souffrance de ces parents, leurs doutes, leur désespoir mais surtout leur combat pour savoir qui et pourquoi est derrière ce départ inopiné de leur fille.

Leur incompréhension face aux agissements de Julie est ce qui m'a le plus ébranlée, le plus marquée parce que, en tant que parents, nous restons dépités face à ces actes si improbables.

L'auteur a parfaitement su gérer son intrigue comme il le fallait pour mettre de la tension au bon moment, des scènes touchantes à d'autres, de la violence, de l'effondrement de l'être humain aussi.

Tout est mis en place pour que le lecteur puisse s'identifier à cet homme et cette femme qui cherchent des réponses et qui ne lâcheront pas cette affaire tant qu'ils ne sauront pas comment cela a pu arriver.

Louis est un anti-héros qui n'a plus rien à perdre. Il n'hésitera pas à faire ce qu'il faut pour obtenir des réponses. Et son ex-femme ne sera pas en reste. Julie était toute leur vie.

Voilà un roman d'actualité que j'ai beaucoup aimé découvrir tant l'auteur nous sert une intrigue au dénouement juste improbable qui bouscule et met à mal nos convictions. On ferme ce roman le souffle coupé en se disant : "Et si..."

dimanche 29 avril 2018

Le cri de la terre

Auteur : Sarah Lark
Editions : L'Archipel (2015)
Nbre de pages : 606


Présentation de l'éditeur :
Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira McKenzie (la jeune Anglaise qui débarquait sur les côtes de la Nouvelle-Zélande dans Le Pays du Nuage blanc), a joui d’une enfance et d’une adolescence idylliques à Kiward Station, la ferme familiale.
Mais tout s’effondre quand ses parents – pourtant absents car pris par la carrière de cantatrice de sa mère – lui font savoir qu’il est temps pour elle de devenir une véritable lady.
Gloria doit alors tout quitter et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier son cousin Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat !
Contrainte de se plier aux règles strictes de l’établissement, incapable de s’intégrer, Gloria se retrouve plus seule et démunie que jamais.
Aussi décide-t-elle de rentrer coûte que coûte dans son pays, celui du nuage blanc, et, qui sait, d’y retrouver Jack…


Mon avis :

Dernier tome de la saga commencée avec Le pays du nuage blanc que j'avais adoré, Le cri de la terre clôt magnifiquement cette série.

Il m'aura fallu 3 ans pour me décider à finir cette trilogie qui avait démarré avec un tome époustouflant et des personnages auxquels je m'étais très vite attachée.

J'ai eu du mal à m'y remettre parce que le tome 2 m'avait laissé un petit goût d'amertume vu que l'on suivait les générations futures à celles d'Hélène et Gwyneira que l'on découvre dans le tome 1 et que je ne suis pas prête d'oublier.

Ici, ce sera avec les arrières petites-filles que nous aurons affaire.

J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à me remettre à flot avec des personnages et des intrigues dont je ne gardais en mémoire que les très grandes lignes. Mais petit à petit, j'ai repris mes marques et je me suis laissée emporter par leurs histoires, même si je n'ai pas ressenti autant d'émotions qu'avec le tome 1.

Les personnages de Gloria et de Lilian ne m'ont pas particulièrement plu surtout à cause de leur caractère. Gloria est trop introvertie et son départ pour l'Angleterre ne va pas arranger les choses. Elle a du mal à tenir tête à sa mère pour lui exposer ses points de vue, ses envies.

Quant à Lilian c'est une jeune fille qui ne voit sa vie que comme un roman d'amour. Elle cherche le garçon qui lui ravira le coeur et lui fera vivre une existence pleine d'aventure.

C'était un peu too much pour moi et ce n'est pas avec elles que j'ai passé les meilleurs moments de ma lecture.

Nous sommes, dans ce tome, dans une période couvrant les années 1907 à 1918-1919 environ. Nous allons donc vivre la Première Guerre Mondiale au travers du personnage de Jack, dont je ne me rappelle plus vraiment le lien avec Gwyneira vu que Gloria le surnomme son demi-oncle, et ce fut l'un des aspects du livre qui m'a le plus touchée.

C'est un homme qui va avoir des moments difficiles avant et après la guerre et j'étais impatiente de le retrouver. J'avoue que j'ai eu un faible pour lui.

Concernant Gloria, je n'ai pas adhéré à sa façon de faire pour retourner en Nouvelle-Zélande. Cela m'a terriblement choquée, me disant qu'elle aurait pu trouver une autre solution que celle qu'elle prend pour arriver à ses fins...

Alors certes, cela va lui forger son caractère mais franchement cela ne collait pas vraiment au personnage que l'on nous présentait au départ.

Mais je me doutais bien que de toute façon tout finirait bien pour tout le monde. Nous sommes après tout dans une romance et je ne voyais pas une fin désastreuse.

L'écriture quant à elle m'a encore conquise et je suis ravie d'avoir déjà dans ma PAL les deux premiers tomes de sa nouvelle saga que je compte bien commencer d'ici cet été, en espérant que cela ne se ressemblera pas trop.

Quant à vous, si vous ne connaissez pas la trilogie du pays du nuage blanc, je vous la conseille fortement, surtout que le tome 1 reste à ce jour mon plus beau souvenir de lecture avec la trilogie du bout du monde de Tamara McKinley. Si vous avez aimé cette dernière saga, il n'y a aucun doute à ce que vous aimiez celle de Sarah Lark.

Avis sur le tome 1 : Le pays du nuage blanc
Avis sur le tome 2 : Le chant des esprits

vendredi 27 avril 2018

La vallée des oranges

Auteur : Béatrice Courtot
Editions : Charleston (10 avril 2018)
Nbre de pages : 230


Présentation de l'éditeur :
Marseille, 2016
En démontant le faux plafond d'un hôtel, un ouvrier tombe sur une boîte contenant les souvenirs d'une vieille dame, Magdalena. Son arrière-petite-fille, Anaïs, tenancière du Café de l'Ensaïmada, une institution culinaire à Paris, décide alors de partir à la recherche de ses origines majorquines…

Majorque, 1935
Magdalena, jeune pâtissière, confectionne chaque jour des ensaïmadas, ces brioches majorquines entortillées et saupoudrées de sucre glace. Mais très vite, la guerre civile espagnole frappe aux portes de son village. Au péril de sa vie, Magdalena s'engage alors dans la résistance.

Entre Majorque et Marseille, deux destins de femmes bousculées par la Guerre d'Espagne et un secret de famille, mais unies par une même passion : la pâtisserie.


Mon avis :

Ce qui m'a donné envie de découvrir ce roman c'est avant tout les secrets de famille, le côté historique avec l'arrière grand-mère et le fait que cela se déroule à Majorque. Qui n'a pas envie, en cette période printanière, de s'imaginer sur cette île paradisiaque ?

C'est donc avec Amandine que j'ai lu ce titre en lecture commune. On s'est plongées l'une et l'autre dans cette romance avec l'espoir de passer un excellent moment de lecture.

D'une certaine façon, cela fut le cas parce que l'écriture de Béatrice Courtot est agréable et très fluide. Si je peux d'ailleurs vous conseiller un roman pour cet été, n'hésitez pas à lire celui là. Il sera idéal.

Oui mais voilà, nous ne sommes pas encore en été et la lectrice que je suis reste encore très pointilleuse sur les romans qui passent entre ses mains.

Si j'ai aimé découvrir l'histoire de la famille d'Anaïs avec les secrets de cette arrière grand-mère, Magdalena, j'ai trouvé que malheureusement l'ensemble allait beaucoup trop vite.

Le roman est vraiment trop court pour moi et j'aurais aimé que l'auteure prenne davantage de temps pour détailler la période majorquine sous Franco.

Vous savez que je suis une férue d'Histoire et je connais très mal celle de l'Espagne... alors que je n'habite pas très loin. Mouais... Va falloir que je remédie à cela...

Mais, dans tous les cas, La vallée des oranges apporte cette envie de détails sur la guerre civile espagnole de 1936 et il est cruellement navrant que Béatrice Courtot ne s'y soit pas attardée davantage. Tout comme, d'ailleurs, l'histoire que Magdalena va vivre avec Jaime, son amoureux de l'époque...

Si Anaïs fait des découvertes, j'avoue que la facilité qui lui est donnée de les trouver m'a aussi empêcher d'apprécier réellement ce livre. C'est beaucoup trop simple. Tout lui tombe dessus comme par magie. Elle a beau indiqué qu'il lui a fallu des mois de recherches pour trouver certaines choses, le lecteur ne le ressent absolument pas...

Sa rencontre avec Miquel va bien sûr se transformer en romance mais là encore je n'ai pas été ébranlée par leur histoire.

En fait, s'agissant de la romance en elle-même, j'y suis restée très extérieure.

Par contre, le roman donne très envie de partir en vacances. C'est une véritable ode à la découverte de cette région du globe avec des paysages fantastiques et des saveurs et des odeurs que j'ai pu ressentir à travers les mots de l'auteure.

A cela s'ajoutent des petites recettes majorquines en tête de certains chapitres qui donnent bien envie de les tester eux-aussi. Dommage que les ingrédients ne soient pas dosés...

En bref, La vallée des oranges n'a pas été une lecture désagréable parce qu'elle a été lu rapidement et agréablement. Mais je regrette vraiment le côté trop facile et rapide de l'ensemble qui ne permet pas au lecteur de s'imprégner d'une Histoire de l'île difficile et d'une romance qui aurait mérité beaucoup plus de temps pour être appréciée. Je sors déçue et c'est dommage. Peut-être aurais-je dû le lire pendant les vacances estivales où là mon cerveau se laisse purement et simplement porter sans chercher les détails qui aujourd'hui me manquent... ?!

mardi 24 avril 2018

Toutes blessent, la dernière tue

Auteur : Karine Giebel
Editions : Belfond (mars 2018)
Nbre de pages : 735


Présentation de l'éditeur :

Maman disait de moi que j'étais un ange. 
Un ange tombé du ciel. 
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...

Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler...

Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin... 

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. 
Un homme dangereux. 
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. 
Qui est-elle ? D'où vient-elle ? 

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte


Mon avis :

Avec moi, les romans de Karine Giebel, ça passe ou ça casse. Il n'y a pas de demi-mesure. J'avais sur-kiffé Juste une ombre qui était ma découverte de l'auteure qui m'avait embarquée dans un thriller psychologique que je ne suis pas prête d'oublier. Par contre, je n'avais pas du tout aimé Jusqu'à ce que la mort nous unisse ni Meurtres pour rédemption qui est un roman très violent sur le monde carcéral.

Avec Toutes blessent, la dernière tue, j'avais une chance sur deux d'accrocher. Une chance sur deux de m'en vouloir si ça ne passait pas parce que, soyons honnête, sur trois titres lus, un seul m'avait plu.

Le prologue m'a mise direct dans l'ambiance avec une gamine de neuf ans, Tama, qui vit dans une grande maison, aux côtés d'une famille de cinq personnes : le père, la mère et les trois enfants. Mais Tama ne fait pas partie de cette famille. Tama "s'occupe des enfants, du ménage, de la lessive, du repassage, de la cuisine et fait aussi de la couture". Tama dort sur "un matelas aussi fin qu'étroit, posé par terre dans la buanderie (...) Elle dort entre les provisions et la machine à laver (...) Il n'y a pas de radiateur." Tama "a l'interdiction formelle de sortir." Tama est une esclave.

Cette petite description de ce qu'est la vie de Tama dans sa nouvelle famille est déjà bouleversante mais surtout révoltante et le lecteur ne sera pas en peine de ressentir autant de souffrance et de révolte que Tama au fur et à mesure que nous la découvrirons dans son quotidien.

Tama est en fait une petite fille qui a été vendue par son père à l'âge de huit ans à une marocaine habitant en France. Cette femme a promis à ce papa que sa fille allait vivre dans une famille qui lui apporterait tout ce que Tama n'avait pas chez sa tante, au Maroc : la possibilité d'aller à l'école, d'avoir un travail décent et une vie meilleure...

Karine Giebel nous plonge donc dans l'enfer de l'esclavage moderne avec ce personnage de Tama et comment ne pas arriver à ressentir de l'empathie pour cette petite fille qui vit des heures très sombres pendant des années ? Comment ne pas souhaiter qu'elle se révolte pour sortir de cet enfer ?

J'avoue que j'ai trouvé le début un peu long et redondant surtout dans les passages de violence parce que, soyons honnête, Karine Giebel n'y met absolument pas de réserve dans ce qui se passe dans cette maison. Elle va vraiment à l'extrême et c'est là où en général ça pêche pour moi.

Si j'adhère aux romans violents, il faut aussi que cela reste plausible et si j'ai parfaitement accroché à ce roman qui a été une vraie claque et que j'ai dévoré en un peu plus de deux jours, je dois quand même préciser que cette violence était aussi un peu trop poussée et qu'au fil du livre je me disais que Tama était une super woman pour ne pas succomber à tout ce qu'elle subissait.

Parallèlement au récit sur Tama, Karine Giebel va aussi nous faire découvrir un homme, qui vit seul, dans un endroit reculé des Cévennes, du côté de Florac : Gabriel.

Cet homme a lui aussi une histoire à raconter et ce sera chose faite avec une jeune femme qui entre inopinément chez lui et le menace d'une arme. Malheureusement pour elle, cette dernière est blessée et s'évanouit sitôt après avoir menacé Gabriel et lorsqu'elle reprend conscience, elle est allongée sur le lit, les mains menottées. Gabriel n'est pas l'ange auquel elle aurait pu penser. Et lorsqu'il la menace de la tuer si elle ne lui dit pas qui elle est, cette femme est incapable de répondre. Cette femme est amnésique. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle menacé Gabriel ? Et lui ? Qui est-il vraiment ? Que cache cette colère, cette haine qu'il voue à certaines personnes ?

Là encore, je me suis vite attachée à cette jeune femme, faisant d'ailleurs très vite un rapprochement avec Tama. Est-il possible que ce soit elle ? Plus tard ? Est-elle arrivée à s'enfuir ? Et ce Gabriel alors ? Quelles sont ses motivations pour agir comme il le fait avec cette femme ? Pourquoi va-t-il tuer certaines personnes ? Fait-il partie du Milieu ? Un ancien flic ripou qui se cache pour ne pas être flingué... mais par qui ?

Je me suis posée vraiment pas mal de questions durant cette lecture ce qui me donnait envie de continuer sans relâche ma lecture. Malgré l'extrême violence qui s'acharne entre ces pages, j'étais à la fois imprégnée par l'espoir de voir Tama s'en sortir, voir cette femme retrouver la mémoire et nous dire qui elle était mais j'ai eu aussi un grand froid qui m'a prise vers la moitié du livre.

J'ai eu besoin de faire des pauses pour me reprendre parce que je finissais les mains gelées par le stress. J'ai vécu ma lecture à fond et je sais que je n'oublierai pas de si tôt ce roman qui n'est certes pas un coup de coeur parce qu'il est hors de question pour moi de lui donner ce privilège vu les thématiques qu'il aborde. Il y a bien sûr celle de l'esclavage mais il va y en avoir d'autres que je vous laisserai le soin de découvrir si toutefois vous vous sentez capable de le lire.

Quant à la fin, elle m'a percutée de plein fouet. Je la voyais venir mais  je me disais que cela ne pouvait pas se finir de cette façon. Je suis d'un tempérament plutôt optimiste ou en tout cas j'essaie de l'être un maximum. Alors cette fin...

Ce que je peux dire, en tout cas, c'est que Toutes blessent, la dernière tue m'a totalement chamboulée, pénétrée jusqu'au plus profond de moi, me faisant ressentir des émotions très fortes, quitte à en trembler parfois. Je ne dirai pas qu'il faut le lire absolument parce que, je le répète, la violence est omniprésente et parfois l'est même un peu trop au risque de donner des improbabilités à l'histoire. Du coup, il faut vraiment être préparé pour le lire. Ce roman n'est pas un coup de coeur c'est un véritable coup de poing. C'est un roman que j'ai vécu totalement et que je ne suis pas prête d'oublier.

lundi 23 avril 2018

Ne prononcez jamais leurs noms

Auteur : Jacques Saussey
Editions : Le livre de poche (janvier 2018)
Nbre de pages : 541


Présentation de l'éditeur :
« Le train roulait de plus en plus vite. Il passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d'un chenal agité par le vent.
Les yeux écarquillés de Karine s'abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s'accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l'oreille.
Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement.
Et puis le monde s'éteignit dans un grand éclair blanc. »

Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du capitaine Daniel Magne et du lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse...


Mon avis :

Je me suis lancée dans cette lecture avec la certitude que Jacques Saussey ne me décevrait pas et que j'allais passer un excellent moment auprès de Daniel et Lisa. C'est exactement ce qu'il s'est passé et j'en suis ravie, même si j'ai haï l'auteur pour ce qu'il fait subir à mes personnages chouchous.

Dès le début, nous avons une scène qui met dans l'ambiance dans laquelle nous allons vivre une histoire explosive...

J'ai adoré être mise sous tension par l'auteur une fois que la bombe explose, que Daniel se retrouve blessé, enlevé et séquestré par l'auteur de cet "attentat" et voir comment il allait pouvoir se sortir de cette situation.

J'ai été aux côtés de Lisa qui va être rappelée par son supérieur du 36 pour la mettre au courant de la situation de Daniel. Elle est la seule à peut-être pouvoir le retrouver...

On va suivre une histoire qui va se dérouler à Hendaye, dans le pays basque.

On va non seulement découvrir l'histoire de cette région avec notamment l'ETA mais on va aussi apprendre à connaître celui qui a organisé cet "attentat", séquestré Daniel et qui compte faire encore plus de victimes avec une ultime explosion hors norme.

Le compte à rebours est lancé et l'on tremble avec ces personnages que nous aimons et auxquels nous nous sommes attachés au fil du temps.

Durant toute ma lecture, je me suis posée un tas de questions sur Daniel, Lisa et leurs éventuelles retrouvailles.

Pour moi, il était impossible que l'un ou l'autre ne meurt durant cette enquête et pourtant j'étais totalement refroidie de l'intérieur tant je doutais de ce que l'auteur était capable de leur faire subir.

Et je peux vous assurer qu'il leur en fait vivre des choses affreuses.

Je me suis mise à la place de Daniel, puis dans celle de Lisa...

Et j'ai détesté Jacques Saussey !!! Jamais, ô grand jamais, je n'aurais pu imaginer qu'un jour il les mettrait dans de telles conditions de souffrance.

Ce fut une torture pour eux mais ce le fut également pour moi.

C'est encore un excellent tome que nous offre là Jacques Saussey et même si je lui en veux pour tout ce qu'il leur fait subir ici et je n'ai qu'une hâte : pouvoir lire son dernier roman sorti aux Editions Toucan Noir, 7/13.

Je me pose beaucoup de questions sur Daniel, sur Lisa et leur couple. Comment vont-ils faire pour se relever ? Comment vont-ils pouvoir survivre après une telle enquête qui les a amenés au bord du précipice ?

J'attendrai bien sûr la sortie poche pour me l'acheter mais je vais compter les jours jusqu'à cette future parution qui, à mon avis, ne devrait pas intervenir avant 2019... 

jeudi 19 avril 2018

Les retournants

Auteur : Michel Moatti
Editions : HC Editions (22 mars 2018)
Nbre de pages : 269


Présentation de l'éditeur :
Août 1918, deux soldats décident de fuir le front.
Sur le front de la Somme, la guerre n'en finit plus de finir. Vasseur et Jansen, deux lieutenants français terrorisés par l'imminence d'une dernière grande offensive qu'on annonce terriblement meurtrière, décident de fuir le front. Les voilà déserteurs, et bientôt, pour préserver leur retraite, assassins. 
Sous de fausses identités, ils trouvent refuge à l'Arrière, dans une étrange propriété forestière, à l'abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel anobli désormais ruiné par la suspension des activités économiques, et sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule. 
Mais François Delestre, dit " le Chien de sang ", un capitaine de gendarmerie, traqueur de déserteurs, est déjà sur leur piste. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie...


Mon avis :

J'attendais le dernier Michel Moatti comme on attend le Messie : avec impatience. J'ai adoré tous ses romans précédents et j'étais hyper curieuse de découvrir Les retournants, d'autant que cela se déroule à la fin de la Première Guerre Mondiale. Férue d'Histoire, ce titre ne pouvait que me plaire...

Malheureusement, et très rapidement puis le roman est court, je me suis rendue compte que l'auteur n'allait pas me donner ce que j'avais envisagé en lisant la présentation de l'éditeur à savoir une traque implacable qui me mettrait sur les dents, tout comme les soldats en fuite.

J'ai trouvé ce titre totalement différent de ce que fait Michel Moatti et cela m'a déconcertée. Je n'arrivais pas à retrouver ce qui m'avait tant plu dans ses autres ouvrages : une enquête passionnante et des personnages détestables ou attachants.

Ici, le rythme est plutôt lent et les personnages sont assez bizarres.

Bien sûr, on va suivre Vasseur et Jansen avant, pendant et après leur désertion, tout comme ce gendarme traqueur que l'on surnomme "le chien de sang".

Mais j'attendais vraiment beaucoup plus de stress et de pression durant ma lecture.

Si certaines scènes mettent effectivement le lecteur en haleine avec un peu de montée d'adrénaline, surtout lorsque l'on se retrouve avec Vasseur qui est le personnage qui va le plus évoluer durant l'ouvrage, le soufflet retombe aussi assez vite.

Je me suis retrouvée, durant quelques passages, dans une certaine langueur qui me faisait piquer du nez. Je n'arrivais pas à m'intéresser suffisamment à l'ensemble de l'intrigue alors même qu'il y avait matière à faire quelque chose de très bon, de très prenant.

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux uns et aux autres, pas même à cette famille chez laquelle Vasseur et Jansen vont passer du temps pendant leur fuite.

En fait, j'ai trouvé l'ensemble très étrange avec une atmosphère semi-pesante. Suffisamment pour que l'on ressente un peu d'oppression par moment mais pas assez pour en faire le livre exceptionnel que j'attendais.

Si l'ensemble ne m'a pas convaincue, j'avoue néanmoins que j'ai adoré la plume de l'auteur dont je ne me lasse pas. Michel Moatti est un écrivain que j'apprécie beaucoup par cette écriture qui vous emporte à l'époque où l'intrigue se déroule. C'est un excellent conteur que je n'arrêterai pas de lire malgré la déception que j'ai ressenti en fermant ce roman là.

Les retournants n'a donc pas été l'histoire tant attendue parce que les personnages ne m'ont pas vraiment convaincue, si ce n'est de leur folie et d'une époque tortueuse où l'on se perd facilement, et étaient trop étranges pour que je m'y attache vraiment. Je suis déçue de ne pas avoir ressenti les mêmes choses qu'avec ses titres précédents mais je ne regrette pas de l'avoir découvert.

lundi 16 avril 2018

Si c'est pour l'éternité

Auteur : Tommy Wallach
Editions : Nathan (février 2018)
Nbre de pages : 314


Présentation de l'éditeur :
Enchanté. Moi, c'est Parker.
J'ai 17 ans, je suis moyennement mignon et j'aime sécher les cours pour traîner dans les halls des hôtels chics de San Francisco. J'en profite pour perfectionner mes techniques de pickpocket. 
Ah et je n'ai pas prononcé un mot depuis la mort de mon père, il y a 5 ans. 
Voilà, vous savez (presque) tout. 
Mais laissez-moi vous raconter l'évènement le plus marquant de ma vie : ma rencontre avec Zelda Toth et ce jour où j'ai décidé de tout faire pour lui redonner le goût à la vie.


Mon avis :

Le pitch me tentait pas mal et même si je ne l'avais pas sollicité, je me suis dit qu'il valait peut-être le coup d'être découvert. Que ce serait dommage de passer à côté...

Bon, ben encore une fois, c'est un coup à côté parce que je n'ai pas adhéré ni à l'histoire ni à l'écriture de l'auteur et cela commence à faire un peu beaucoup ces temps-ci...

Lorsque Parker rencontre pour la première fois Zelda, il est assis sur le banc d'un grand hôtel dont il espère pouvoir effectuer quelques menus larcins. Zelda, elle, est à une table et sort une liasse de billets pour pouvoir payer son repas. Ni une ni deux, Parker décide de voler cet argent lorsqu'elle quitte sa table en laissant son sac ouvert sur le divan... Mais lorsqu'il part avec cette somme, Parker a un petit remord et se retourne. Il voit alors Zelda penchée sur le carnet d'écriture qu'il a oublié de récupérer avant de procéder à son vol...

Voilà le point de départ de cette rencontre qui va amener ces deux personnages dans une petite aventure qui va durer le temps d'un week-end. Cette liasse de billets va être l'élément qui va permettre à nos deux acolytes d'apprendre à se connaître.

Zelda n'a qu'une envie : se donner la mort en sautant du Golden Gate Bridge après avoir dépensé les 5000 $ qu'elle a en liquide. Et Parker, depuis la mort de son père, ne parle plus et est en perdition totale, ne souhaitant rien faire de sa vie d'adolescent.

Zelda va tout faire pour que Parker s'inscrive à l'université et continue ses études dans le domaine de l'écriture et Parker va tenter de faire changer d'avis Zelda sur son prochain suicide.

Si le fond du roman était plutôt bien trouvé et semblait intéressant, je n'ai jamais réussi à entrer dedans. J'ai été de suite "traumatisée" par l'écriture et la vulgarité employée dès le départ dans ce roman.

Je pars du principe que pour user de mots grossiers, il faut que le contexte s'y prête. Or, ce n'était pas forcément le cas avec ce livre là. J'estime que l'on est largement agressé dans la vie de tous les jours sans qu'on le soit aussi dans des livres destinés à la jeunesse.

J'ai bien compris que Parker avait une certaine rage mais, je ne sais pas, je n'ai pas adhéré à sa façon de parler et cela m'a poursuivi tout au long de ma lecture.

S'agissant de Zelda, je l'ai bien aimée au départ et j'avais envie de savoir pourquoi elle voulait en finir avec sa vie. Lorsque le couperet tombe et que le lecteur apprend la vérité sur elle, j'ai été sidérée !

Euh... je me suis demandée si c'était un jeunesse contemporain ou si on était dans un fantastique ?! J'ai fait des yeux de merlan frit tant je tombais des nues.

De plus, cette fameuse liasse de billets me semblait éternelle vu les prix exorbitants que Parker et Zelda dépensent. A coup de 700 ou 900$, cela aurait dû vite s'épuiser mais non. Ils continuent à dépenser à outrance...

Pas mal de détails ont fait que j'ai totalement décroché parce qu'il n'y avait plus du tout de crédibilité sur l'ensemble.

Alors oui, Zelda va quand même aider notre pauvre Parker et on va voir les choses évoluer mais cela n'a pas suffi à m'accrocher vraiment et j'ai fini ce roman avec un gros souffle de dépit et de soulagement parce que j'allais pouvoir passer à autre chose.

Du coup, je ne sais pas si je lirai l'autre roman de l'auteur que j'ai dans ma PAL, Si c'est la fin du monde, que j'ai d'ailleurs en VF et en VO. Les avis ne sont pas exceptionnels et j'en ai un peu marre des romans jeunesse qui me blasent au final. Donc... ce sera sans moi pour cet autre titre. Quant à celui là, je n'ai pas accroché et je ne peux même pas dire qu'il m'a fait passer un bon moment parce que, globalement, je me suis ennuyée. Ce fut un fiasco auquel je ne m'attendais pas.

jeudi 12 avril 2018

Les secrets

Auteure : Amélie Antoine
Editions : Michel Lafon (Mars 2018)
Nbre de pages : 391


Présentation de l'éditeur :
Et si le mensonge était, parfois, une ultime preuve d'amour ? 

Vous l'aimez plus que tout au monde. Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d'une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu. 
Jusqu'où iriez-vous pour éviter de tout perdre ? 

Une histoire racontée à rebours, car il n'y a qu'en démêlant les fils du passé que l'on peut comprendre le présent.


Mon avis :

A ce qu'il paraît, la curiosité est un vilain défaut. Mais, parfois, cette même curiosité peut nous permettre de faire de belles découvertes et on se dit que ce serait grandement dommage de passer à côté d'une éventuelle pépite.

Doooooonc, j'ai postulé pour obtenir le dernier Amélie Antoine qui avait la particularité de commencer par la fin.

C'est aussi ce changement de pagination et de chapitrage qui m'avait plu et j'étais, là encore, curieuse de voir ce que cela allait donner et si j'allais adhérer à cette nouvelle façon de construire un roman...

* Je sifflote... *

Bon... euh...

Ca ne l'a pas fait pour moi. Mouais... je suis sortie déçue de cette lecture qui avait une thématique très forte et très intéressante puisque l'on va toucher au problème de l'infertilité dans le couple.

On sait dès le chapitre 20 qui en fait le 1er que Mathilde et Adrien tentent depuis des années d'avoir un enfant. Chaque fois, lorsque le cycle menstruel revient, c'est la déception, la grosse déception et puis arrive les questionnements...

J'ai beaucoup aimé suivre ce couple dans les premiers chapitres, n'essayant pas de me mettre à la place de Mathilde parce que je suis maman de deux grands enfants. Mais je pouvais la comprendre dans son désir de porter la vie, de sentir bouger ce petit être dans ses entrailles.

Je me suis alors très vite attachée à eux et puis...

Les chapitres se succèdent et on en apprend de plus en plus sur ce couple mais surtout sur Mathilde et son obsession d'enfanter qui ne date pas d'hier.

On découvre aussi un autre personnage tout aussi important que le couple que nous suivons et qui m'a fait me poser beaucoup de questions.

Mais, malheureusement, plus j'avançais dans le roman et plus je commençais à le trouver long parce que finalement cette façon de commencer par la fin n'a pas été une bonne idée pour la lectrice que je suis.

Il me fallait me rappeler que les chapitres qui suivaient les précédents se déroulaient antérieurement et non pas postérieurement.

Pfiou c'est hard à expliquer et j'espère que je n'ai perdu personne...

S'ajoute à cela pas mal de redondances sur l'état psychologique de Mathilde qui ne supporte pas, bien sûr, de voir des femmes enceintes ou d'entendre parler bébé...

Par ailleurs, s'agissant de ce fameux 3ème personnage, je n'ai pas réussi à l'apprécier et j'ai trouvé les chapitres le concernant encore plus longs que ceux sur Mathilde et Adrien.

D'ailleurs, ce mari m'a fait de la peine face à son épouse qui se retranche dans son mal-être mais qui ne veut pas que cet obstacle gâche son couple et le mette en péril.

Et là, encore une fois, j'ai zappé certains passages pour aller à l'essentiel et arriver plus rapidement à la fin. Seul l'épilogue m'a plu et m'a touchée, un peu.

Le problème avec ce genre de chapitrage c'est que je reste sur ma faim quand à l'après du fameux chapitre 20 qui nous donne le départ mais c'est tout. Parce que bien sûr on va savoir ou en tout cas trouver peut-être une cause au problème de l'infertilité dans le couple mais par la suite, il se passe quoi ?

Je n'aime pas les romans qui se terminent de cette façon, même lorsque la pagination est classique et cette interrogation ne m'a pas lâchée durant toute ma lecture.

Je n'ai malheureusement pas vraiment adhéré à cet opus parce qu'il reste trop de choses en suspens, que les personnages qui gravitent autour de ce couple ne m'ont fait ni chaud ni froid (à l'exception de Catherine, la mère de Mathilde, que j'ai détestée dès le départ) et les humeurs de Mathilde sont trop redondantes.

C'est dommage parce qu'il y avait matière à faire un magnifique roman sur un sujet délicat. J'en sors déçue mais je crois que je suis dans une passe où j'ai bien du mal à trouver LE roman qui me convient...