vendredi 6 juillet 2018

Toi plus que tout

Auteur : Mia Sheridan
Editions : Hugo Roman (2018)
Collection : New romance
Nbre de pages : 400


Présentation de l'éditeur :
Crystal a souvent perdu ceux qu'elle aimait et n'a jamais pu compter sur personne. En grandissant, elle s'est forgé une carapace de défiance et elle a appris à ne plus croire en rien. 
Lorsque Gabriel Dalton vient la voir dans le club de strip-tease où elle danse, elle croit qu'il est un homme comme elle en a croisé beaucoup. Il lui fait une proposition déconcertante qu'elle refuse aussitôt ; elle est déterminée à ne plus se laisser abuser par les hommes. 

Gabriel a traversé une épreuve terrible, mais il a appris à se reconstruire morceau par morceau, à goûter tout ce que la vie peut lui offrir, à aimer son existence pourtant si tourmentée. Il a tout de suite remarqué Crystal, sa fragilité et sa méfiance. Lui qui garde de son passé une grande difficulté à vivre avec les autres, pourrait bien se rapprocher de Crystal. Si elle le lui permet et si elle commence à s'aimer elle-même.


Mon avis :

Dernier roman de l'auteure, j'ai passé un très bon moment de lecture avec ces personnages heurtés par la vie.

Cette fois-ci, Mia Sheridan va faire se rencontrer Gabriel qui a vécu un évènement terrible dans sa jeunesse et Ellie, surnommée aussi Crystal dans le club où elle travaille, qui, elle, a été abandonnée par sa mère malade chez un père qui ne l'avais jamais voulue.

On va donc suivre une histoire très touchante entre deux êtres qui ne font confiance à quasi personne et qui ont du mal à avoir des relations normales avec les hommes et les femmes qu'ils rencontrent chacun de leur côté.

Forcément, le début va être compliqué entre ces deux là et j'ai été un peu exaspérée par l'attitude d'Ellie qui ne sait pas vraiment ce qu'elle doit faire avec Gabriel et accepter ou pas la proposition qu'il lui fait.

Son manque de confiance en elle y est pour beaucoup et je la comprenais vu tout ce qu'elle avait pu subir et subissait encore (choses que l'on apprend petit à petit) mais j'avais hâte également que cela s'apaise un peu pour voir cette relation enfin se lancer.

Gabriel est aussi intéressant à découvrir, même si certaines des explications qu'il fournit sur la façon dont il a réussi à remonter la pente de sa mauvaise expérience ne m'ont pas totalement convaincue. Je reste un peu sceptique face à ça parce que, sur plusieurs points, cela semble quand même un peu facile.

Mais malgré quelques petits bémols qui ponctuent la lecture par-ci par-là, j'ai beaucoup aimé suivre l'histoire de ce couple qui a tout à apprendre sur les relations homme/femme.

Même si on sait déjà comment tout cela va finir, ça se lit très bien et c'est toujours agréable de découvrir un roman de cette auteure.

En cette période estivale où l'on a surtout envie de belles histoires qui se lisent facilement et qui font chavirer notre petit coeur, celui là est tout indiqué.

lundi 2 juillet 2018

L'essence des ténèbres

Auteur : Tom Clearlake
Editions : Moonlight (mai 2018)
Nbre de pages : 316


Présentation de l'éditeur :
La petite ville de St. Marys est frappée par des disparitions d'enfants inexpliquées. Cinq au total, en l'espace de quatre mois. Bien qu'aucun indice formel n'ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu'il s'agit d'enlèvements. Le FBI est chargé du dossier.
L'agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter. 
Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d'agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s'être emparé des forêts alentour de la ville... et ça n'est que le début de son enquête.


Mon avis :

Voilà un thriller fantastique auquel je ne m'attendais absolument pas. Quand on me parle de ce genre, je pense aussitôt à Sire Cédric et pour le roman de Thomas Clearlake c'est une très grosse erreur à ne pas faire. Vous ne retrouverez pas ici les mêmes codes que dans les romans de Sire Cédric, même s'il y a une part d'occulte.

En ce qui me concerne, je le classe dans un SF comme j'en lis très peu mais j'ai passé, malgré tout, un bon moment de lecture.

Ici, on va avoir affaire à des disparitions d'enfants, âgés de 3 à 5 ans. C'est le FBI qui s'occupe de l'enquête et plus particulièrement Eliott Cooper. Il est célibataire, la trentaine et efficace dans ses recherches. Mais Eliott va être le témoin d'une scène qui va bousculer ses convictions pragmatiques et changer sa vie en cauchemar.

J'ai plutôt bien accroché à ce titre qui m'a sortie de ma zone de confort et je dois bien dire qu'il s'en est très bien sorti.

Si j'ai eu du mal à adhérer à certaines scènes trop SF pour moi, j'avoue quand même que durant ma semaine passée avec ce roman, je le prenais toujours avec envie pour savoir ce qui allait arriver.

Eliott, dans son malheur, va être épaulé par Lauren, qui est aussi agent au FBI.

Les découvertes qu'ils vont faire sont très intéressantes à suivre et j'ai aussi beaucoup aimé le fait de ne pas stagner sur le sol américain pour l'enquête. On va voyager en France, en Allemagne et même jusqu'en Sibérie.

Les personnages ont beaucoup de choses à régler et cela donne une dynamique très agréable.

L'action ajoutée aux explications sur ce qui se passe rendent la lecture accrocheuse voire même passionnante par moment.

Je me suis doutée de certaines choses sur la fin mais cela ne m'a pas dérangée et j'ai beaucoup aimé découvrir Matthew...

Par contre, la toute fin ne m'a pas apportée ce que j'attendais, même si l'auteur répond à une des questions que va forcément se poser son lectorat. Mais, pour moi, ce n'est qu'une réponse partielle qui ne satisfait pas totalement ma curiosité et je me demande, du coup, si suite il y aura.

Très honnêtement, il n'y en a pas forcément besoin mais l'auteur a mis une fin suffisamment ouverte pour se donner la possibilité d'en faire une.

Côté écriture, c'est simple et agréable à lire tout en étant bien documenté. L'auteur ne perd pas son lecteur avec des explications longues et indigestes et ce n'est pas négligeable.

En bref, j'ai passé un bon moment de lecture aux côtés d'Eliott et Lauren et, d'un certain côté, j'ai été triste de les quitter.

vendredi 29 juin 2018

Hunter

Auteur : Roy Braverman
Editions : Hugo Thriller (Mai 2018)
Nbre de pages : 351


Présentation de l'éditeur :
Plus personne ne s'arrête à Pilgrim's Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l'obsédant souvenir d'une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamné pour ces crimes, s'évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre ? 
Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim's Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. Et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues. 
Pilgrim's Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c'est qu'il n'est pas le seul à vouloir se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle et plus perverse encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.


Mon avis :

J'ai fini ce roman en début de semaine et j'avoue que je pensais accrocher davantage...

Déjà, j'ai trouvé le début un peu brouillon avec des personnages dont on ne connait pas les noms et qui se retrouvent dans une situation délicate.

Je n'ai jamais réussi à savoir ou en tout cas à avoir la certitude de l'identité de cet homme. Je reste encore interrogative alors que j'ai fini ce livre il y a maintenant plusieurs jours.

Vient ensuite le moment où l'on rencontre Freeman, un black de 60 ans, ancien flic à la retraite, qui compte bien traquer celui qui a été jugé et condamné à la peine capitale pour le meurtre de cinq hommes et l'enlèvement de leurs épouses respectives, sans que l'on sache où les corps sont cachés : Hunter.

Car Hunter s'est fait la malle de la prison dans laquelle il était retenu, pendant un transfert...

Ensuite, nous allons bien sûr découvrir ce fameux Hunter mais également les habitants de Pilgrim's Rest où plus personne n'ose s'arrêter depuis les faits survenus quelques années auparavant. C'est un peu une ville fantôme avec des habitants qui suspectent tout et tout le monde.

J'ai eu du mal à m'habituer au style de l'auteur et honnêtement je ne me suis attachée à aucun personnage en particulier.

Seul Freeman, à la rigueur, est intéressant à suivre dans sa quête de vengeance (puisque Hunter a enlevé sa fille à l'époque) et avec Denise (la soeur d'une autre victime), le duo formé n'est pas mal du tout. Ils vont faire des rapprochements, des déductions et la vérité ne fera pas du tout plaisir...

Les flics de cette petite ville et surtout leur chef sont étranges et nous apprenons trop rapidement le coupable des meurtres et des enlèvements.

Cela se déroule à 100 pages du livre et franchement cela m'a déconcertée. Mais l'auteur a de la réserve et nous concocte un retour de situation qui ne m'a malheureusement pas plus accrochée que ça.

L'auteur va mettre en avant un deuxième meurtrier mais cela ne m'a pas suffi à adhérer à l'intrigue globale et encore moins à Hunter ou à ces fameux enlèvements.

C'est plein d'action, de scènes horribles et de quelques rebondissements mais dans la globalité j'ai trouvé l'intrigue assez basique et plutôt prévisible.

Mais ce qui m'a le plus ébranlé est là fin ! Je ne l'ai pas comprise dans le sens où je n'y pas adhéré. L'auteur aurait pu largement partir sur autre chose et là encore j'ai été sidérée.

En bref, j'ai eu une trop grosse attente sur ce roman et je ressors déçue de cette lecture. J'en voulais tellement autre chose que je suis restée toujours dans l'attente de quelque chose qui n'arrivait pas. C'est dommage que l'auteur ne me l'ait pas donné.

mardi 26 juin 2018

Le secret de Lomé (T1)

Auteur : Alexiane de Lys
Editions : Michel Lafon (Mai 2018)
Nbre de pages : 381


Présentation de l'éditeur :
Lomé mène une vie parfaite, jusqu'au jour où, lors d'une excursion, elle tombe au fond d'une grotte et resurgit dans une contrée inhospitalière et terriblement dangereuse : Bâl'Shanta. Dans ce monde peuplé de créatures extraordinaires, la jeune fille, qui a toujours obtenu ce qu'elle voulait, découvre une civilisation organisée en castes et se retrouve assimilée à celle des esclaves. 
Pour survivre et espérer rentrer chez elle, Lomé devra faire preuve d'une grande force de caractère et se battre. Heureusement elle pourra compter sur le soutien d'alliés inattendus...


Mon avis :

Nouvelle série de cette jeune auteure, j'étais curieuse de voir ce que cela allait donner vu que je n'ai pas lu sa précédente trilogie, Les ailes d'émeraude.

Le début m'a fait grincer des dents avec une adolescente de dix-sept ans, Lomé, qui est insupportable à cause de son caractère intenable, son égoïsme, son égocentrisme et j'en passe.

Cela partait très mal et j'ai vraiment espéré que cela allait s'arrangeait sinon je me voyais déjà purement et simplement l'abandonner...

Heureusement, petit à petit Lomé réalise comment elle se comporte mais cela ne se produit pas non plus par un simple coup de baguette magique et j'avoue que je garde quand même des réserves la concernant. Mais arrivée à la moitié du livre (il était temps me direz-vous !), je la suivais dans son aventure sans trop grincer des dents.

Dans cette nouvelle série, après être tombée dans une rivière au fond d'une grotte qu'elle visitait avec sa classe, Lomé va atterrir dans un pays totalement étranger avec des créatures hors normes et des conditions de vie qui vont fortement la changer...

J'ai trouvé que l'arrivée de Lomé dans ce nouvel univers se faisait un peu trop rapidement, tout comme la capacité de cette jeune fille à s'y adapter.

Elle se fait la réflexion que c'est une contrée inhospitalière, qu'il y a des bêbêtes pas sympathiques et tutti quanti et que l'ensemble l'effraie et pourtant on ne ressent aucune difficulté de sa part pour régler les problèmes qui lui tombent dessus. On ne la sent pas non plus si stressée que ça à cause de sa peur...

Cette facilité m'a gâché ma lecture par ce côté trop sûre d'elle et gagnante à tous les coups mais l'univers que propose Alexiane de Lys est intéressant à découvrir, tout comme les habitants et les coutumes qui sont instaurés depuis des siècles.

Les animaux quant à eux sont fortement fantastiques voire même un peu trop par moment. Garder un peu de crédibilité ce ne serait pas mal non plus, surtout pour le lectorat adulte.

Lomé va faire des rencontres, bonnes et mauvaises, ce qui va entraîner beaucoup de changement dans son existence et dans son comportement. Son côté rebelle va lui créer des soucis mais grâce aussi à cela l'action sera toujours présente.

Si j'ai eu du mal avec le personnage de Lomé, je dois bien avouer que l'auteure a su organiser son roman de telle sorte que le lecteur ne s'ennuie pas.

Il y a malgré tout quelques bémols comme un personnage qui aide Lomé au tout début et qui disparait au bout de quelques pages. La réaction de Lomé est certes la cause de ce départ mais pourquoi l'auteure ne le fait pas revenir par la suite ? C'est comme si elle était passée à autre chose... et en quelque sorte c'est ce qui se passe...

Ce roman est clairement destiné à du lectorat jeunesse avec des codes déjà vus et des personnages qui leur plairont par l'attirance qu'ils vont avoir ou le fameux triangle amoureux dont on voit poindre le bout du nez à un moment donné.

Mais, fort heureusement pour moi, l'auteure arrive à sortir une intrigue qui intéresse et qui donne donc envie de continuer malgré une Lomé agaçante sur la première moitié du livre.

La fin, quant à elle, rend le lecteur curieux de la suite car suite il y aura et malheureusement personne n'y a été préparé.

Le secret de Lomé est donc une lecture divertissante avec un personnage principal qu'il faut arriver à appréhender pour ne pas la détester. C'est un premier tome d'une série dont on ne connaît pas le nombre de tomes et c'est bien dommage. Une petite précision indiquant qu'il s'agit d'un tome 1 serait agréable. Quant à savoir si je lirai la suite, je ne dis pas non mais tout dépendra du moment de sa parution et si j'en ai envie. Ce tome 1 m'a plu mais ne m'a pas transcendée non plus. Il faut dire que je ne suis pas le lectorat visé par l'auteure mais je ne regrette pas d'avoir mis les pieds dans le monde d'Alexiane de Lys qui, ma foi, n'a pas été désagréable.

samedi 23 juin 2018

La première fois que j'ai été deux

Auteur : Bertrand Jullien-Nogarède
Editions : Flammarion Jeunesse (juin 2018)
Nbre de pages : 392


Présentation de l'éditeur :

«Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissai ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu'à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffi qu'un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J'étais vraiment folle amoureuse.»


Mon avis :

Bon, sur ce coup, je n'avais pas prévu de tomber sur cette petite pépite jeunesse et la surprise a été grande.

Karen a 17 ans et vit seule avec sa mère. Elle n'a jamais connu son père. Karen est un accident de parcours. Avec une mère dépressive et un sentiment de ne pas avoir été voulue, ni vraiment aimée, Karen est une gamine très directe dans ses propos. Elle a aussi une vision de l'amour et du couple qui font qu'elle est toujours célibataire. Karen ne fait pas confiance et ne veut pas s'investir dans des relations vouées à l'échec avant même de démarrer. Mais c'était sans compter sur l'arrivée de Tom, un anglais dont la mère vient de s'installer en France après la mort de son mari. Si dans un premier temps Karen reste de marbre face à ce garçon, le rapprochement va se faire petit à petit...

Si je savais que c'était un roman young adult avec deux ados qui allaient vivre leur histoire, je ne pensais pas qu'elle serait aussi belle et touchante.

Karen est une jeune qui se refuse beaucoup de choses et avec Tom, elle va apprendre à s'extérioriser et ne plus juger au premier regard.

Mais elle va surtout apprendre à s'aimer elle-même et voir au-delà de ce que sa mère peut lui dire.

La relation entre Tom et Karen va être bénéfique pour les deux personnages. Ce n'est pas juste une histoire d'ados comme il en existe tant parce que les réflexions de Karen sur ce qu'elle attend de sa vie et le couple en lui-même sont très matures.

Du coup, le côté jeunesse du roman ne se ressent pas du tout et c'est très appréciable.

J'ai adoré cette lecture qui m'a mise dans un état lamentable vers la fin et à ce moment là, j'ai eu envie de dire à l'auteur qu'il ne pouvait pas laisser son lectorat avec une telle fin et qu'il nous devait une suite.

J'ai détesté Bertrand Jullien-Nogarède pour ce qu'il m'infligeait à 22 heures, avant d'aller dormir.

Le coeur gros et les larmes aux yeux, je me suis dit que ce n'était pas possible, qu'il allait y avoir un twist, un évènement qui allait rendre les choses plus légères.

Et là, quelques pages avant la toute fin... bing... deuxième couperet !

J'ai halluciné et j'ai même traité l'auteur de sadique, de méchant et tout ce que vous voulez...

Qui aurait pu penser, au départ, qu'en acceptant de faire cette lecture, je tomberai sur un roman aussi adulte, aussi magnifique et touchant ?

J'ai eu cependant un petit bémol au début de ma lecture avec Karen que je trouvais un brin trop grossière, directe... Ca façon de parler avec sa meilleure amie notamment, qui n'est pas facile elle non plus, me gênait un peu. Mais mais mais... cela s'arrange bien sûr par la suite ou en tout cas je me suis fait à se façon de réagir.

Mais là, maintenant, je suis obligée de sommer l'auteur d'écrire cette suite qu'il nous doit indubitablement vu les propos de Karen. Il ne peut pas nous laisser avec une telle fin et des mots et des passages aussi tristes.

Vous l'aurez compris, ce roman a été une magnifique surprise. Moi qui lis rarement des romans jeunesses, je peux vous assurer qu'il est l'une des pépites de la littérature jeunesse 2018. Alors si j'ai un conseil à vous donner : foncez le découvrir à votre tour !

vendredi 22 juin 2018

Les immortalistes

Auteur : Chloé Benjamin
Editions : Stéphane Marsan (2018)
Nbre de pages : 404


Présentation de l'éditeur :

New York, été 1969.
Pour tromper l'ennui, les enfants Gold ne trouvent rien de mieux à faire que d'aller consulter une voyante capable de prédire avec exactitude la date de leur mort. Si Varya, Daniel, Klara et Simon veulent tous savoir de quoi demain sera fait, ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Des années plus tard, hantés par la prophétie, ils vont faire des choix de vie radicalement opposés. Simon, le petit dernier censé reprendre l'entreprise de confection familiale, s'enfuit sur la côte ouest, en quête d'amour à San Francisco. Klara, la rêveuse, devient magicienne à Las Vegas, obsédée par l'idée de brouiller les pistes entre la réalité et l'imagination. Épris de justice, Daniel s'engage comme médecin dans l'armée après les attentats du 11 septembre. Quant à la studieuse Varya, elle se jette dans des travaux de recherche liés à la longévité, tentant désespérément de percer le secret de l'immortalité. Lorsque le premier d'entre eux trouve la mort à la date annoncée par la voyante, les trois autres craignent le pire. Doivent-ils prendre au sérieux cette prémonition ? N'est-ce la puissance de l'autosuggestion qui pousse les Gold à faire des choix qui les conduisent irrémédiablement vers leur mort ? 

Fresque de grande envergure, à l'ambition et à la profondeur remarquables, Les Immortalistes se situe entre le destin et le libre arbitre, le réel et l'illusion, l'ici-bas et l'au-delà. Une ode magnifique à ce qui nous échappe et à la force implacable des liens familiaux.


Mon avis :

Voilà un roman dont le résumé me tentait beaucoup et qui, jusque là, faisait l'unanimité sur les réseaux sociaux. C'était sans compter sur le vilain petit canard que je suis...

J'avoue que les avis très positifs m'ont encore plus motivée pour le découvrir et voir ce qu'il en était et pourquoi on en parlait tant. On disait aussi que la fin était exceptionnelle.

Je crois que j'ai dû passer complètement à côté de ce roman parce que, dans l'ensemble, je n'ai pas du tout accroché à cette histoire qui pourtant partait très bien.

Seule la première partie consacrée au plus jeune de la fratrie, Simon, m'a plu et a été lue dans la journée.

Pour les trois autres parties qui nous font connaître Klara, Daniel puis Varya, je dois dire que j'ai ramé pour avancer un peu chaque jour.

Je n'ai ni accroché au personnage proprement dit, ni à son histoire. Et encore aujourd'hui, alors que j'ai fini ce livre il y a maintenant plusieurs jours, je ne sais toujours pas pourquoi la sauce n'a pas prise avec moi.

Le rythme est assez lent alors que je pensais que ce serait plus dynamique. C'est très certainement une des raisons qui a fait que je n'étais pas plus prise par les histoires de ces frères et soeurs.

J'attendais autre chose après leur rencontre avec cette voyante qui leur annonce à chacun la date exacte de leur mort.

Alors oui, je l'avoue, je n'ai pas abandonné ce livre parce que je ne le pouvais pas. Je suis toujours restée optimiste, me disant que l'histoire suivante me plairait peut-être davantage mais surtout je voulais connaître cette fameuse fin.

Je reconnais aussi que le lecteur va forcément se demander si les choix de vie de ces enfants/adultes n'ont pas été guidés par cette voyante et ses révélations.

Ne chercherions nous pas, nous aussi, à changer la donne si on nous disait à quel moment nous allions mourir ? Mais du fait de changer le futur, n'est-ce pas là l'erreur ?

J'admets également que l'on suit une famille dans laquelle on attend beaucoup des enfants et que, là encore, les choix qu'ils font sont influencés par père et mère. Qu'il est donc difficile de faire sa place et de prendre certaines décisions. Mais cela ne m'a pas suffi à apprécier ce roman à sa juste valeur.

J'ai mis plus d'une semaine pour le finir et j'en aurai mis presque autant pour vous en parler parce que je ne sais pas ce qui a coincé avec cette histoire.

Pour autant, je ne vous le déconseillerai pas puisqu'il mérite sa chance et que mon avis est personnel et ne fait pas l'unanimité.

mardi 19 juin 2018

Quelques minutes après minuit

Auteur : Patrick Ness
Editions : Folio Junior
Nbre de pages : 


Présentation de l'éditeur :
Depuis que sa mère est malade, Conor, treize ans, redoute la nuit et ses cauchemars. Chaque fois, quelques minutes après minuit, un monstre apparaît sous la forme d'un arbre gigantesque qui apporte avec lui l'obscurité, le vent, les cris. Le monstre vient chercher quelque chose de très ancien et de sauvage. Il veut connaître la vérité...


Mon avis :

J'ai mis du temps avant de lire ce roman qui parle de la maladie parce que je savais qu'il ne serait pas facile à lire.

Je m'étais pourtant blindée, m'interdisant de me voir à la place de cette maman malade et à travers les yeux de ce fils de 13 ans qui refuse de voir les choses en face parce que sa mère garde espoir et a toujours les mots réconfortants pour lui.

La situation familiale est d'autant plus touchante car les parents sont divorcés et que le père vit aux Etats-Unis avec sa nouvelle femme et leur bébé. Il est donc peu présent et il se préoccupe peu de son fils, Conor.

Tout est mis en place pour que la lecture soit poignante et au final, cet arbre qui fait peur au début parce qu'on ne connaît pas ses intentions, finira par être une bouée de sauvetage pour Conor.

Quant à Conor, on ressent depuis le début cette rage qu'il porte en lui et qu'il essaie de cacher mais surtout de contenir. C'est un personnage que l'on sent à la limite de l'explosion vu ce qu'il vit : non seulement la maladie de sa mère mais également les moqueries qu'il subit au collège.

Malgré sa situation, il ne veut pas qu'on le protège, qu'on ait pitié de lui.

Conor souhaite vivre une existence normale dans un contexte familial chaotique.

Patrick Ness a écrit un récit magnifique sur la maladie et comment y faire face, comment accepter ce coup du sort.

C'est superbement abordé et bien sûr la fin est douloureuse. Mais en même temps, elle apaise autant Conor que le lecteur.

C'est un genre de roman que j'évite de lire parce qu'il me met dans un état épouvantable mais je voulais, malgré tout, le découvrir et je ne regrette pas de l'avoir enfin fait. C'est court mais intense du début à la fin.

jeudi 14 juin 2018

Les jumeaux de Piolenc

Auteur : Sandrine Destombes
Editions : Hugo Thriller (mai 2018)
Nbre de pages : 397


Présentation de l'éditeur :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l'ail. Trois mois plus tard, seul l'un d'eux est retrouvé. Mort. 

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L'histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s'installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c'est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.


Mon avis :

Je ne m'attendais pas à accrocher aussi bien à ce thriller psychologique. Lu en un peu plus d'une journée, j'ai eu du mal à le lâcher tant j'étais prise dans l'engrenage de l'enquête suite à la disparition d'enfants rappelant celle des jumeaux Lessage, 30 ans auparavant.

Les chapitres sont courts ce qui donne bien sur une dynamique au récit et le suspense est omniprésent. On se pose tout un tas de questions sur les personnages que l'on rencontre mais les réponses sont difficiles à trouver.

On va aussi apprendre à connaître les jumeaux, Solène et Raphaël, disparus en 1998 et je dois bien dire que l'autrice sait surprendre son lectorat.

Le thème de la gémellité m'a toujours fascinée et avec ce roman de Sandrine Destombes et ce que j'y ai trouvé dedans, j'ai été conquise.

L'intrigue est maîtrisée de bout en bout; l'autrice nous fait découvrir un pan de la gémellité fascinant et hallucinant. J'ai adoré progresser dans ce livre et voir tout ce qui se mettait en place.

C'est exactement ce genre de livre qui me plaît et qui m'accroche.

Sandrine Destombes a su magnifiquement mettre en exergue l'une des questions importantes sur les jumeaux. Celle qui m'interpelle le plus et elle en a fait une histoire hors du commun et un brin malsaine, soyons honnête de le reconnaître aussi, mais qui a le mérite de nous interroger encore plus mais surtout de garder son lecteur en haleine du début à la fin !

D'ailleurs, je dois préciser qu'au moment où je lisais le roman de Sandrine Destombes j'étais tombée sur un documentaire à la télévision portant justement sur les jumeaux. C'était fascinant à suivre et entendre parler les jumeaux de ce qu'ils sont l'un pour l'autre...

J'ai aussi pu constater que l'autrice touchait un point essentiel et sensible dans la vie des jumeaux.

C'est un roman que j'ai dévoré, qui m'a gardé en haleine et que j'ai regretté d'avoir lu trop vite tant il était prenant, même si je me suis doutée de certaines choses à la fin.

Il restera l'une de mes excellentes lectures pour cette année 2018 et forcément je ne peux que vous le recommander fortement.

mercredi 13 juin 2018

Des jours et des vies

Auteur : Gill Paul
Editions : Charleston (Mai 2018)
Nbre de pages : 430


Présentation de l'éditeur :
2016
Confrontée à l'infidélité de son mari, Kitty Fisher quitte Londres pour se réfugier dans le chalet de son arrière-grandpère, aux États-Unis. Là, sur les rives du lac Akanabee, elle découvre un magnifique bijou qui va lui permettre de révéler un secret de famille longtemps caché...

1914
La Russie est au bord de la rébellion, et la famille impériale, les Romanov, fait face à un futur tout aussi terrifiant qu'incertain. La grande-duchesse Tatiana est tombée amoureuse d'un officier de cavalerie, Dimitri, mais les événements vont mettre à mal leur relation naissante ainsi que leurs vies...

Des jours et des vies est un roman qui traverse les siècles, offrant à ses lecteurs une inoubliable histoire d'amour, de perte et de résilience, dans la lignée des romans de Kate Morton et Lucinda Riley.


Mon avis :

C'est une des parutions que j'attendais le plus et je n'ai pas été déçue par cette lecture que je recommande chaudement.

Si la narration de 2016 sur les états d'âme de Kitty vis-à-vis de son couple ne m'a pas plus accrochée que ça, celle de 1914 a été succulente à suivre avec une histoire riche et des personnages que je ne suis pas prête d'oublier.

J'ai adoré vivre aux côtés de Tatiana et Dimitri, leur idylle alors que la famille Romanov vit des instants compliqués.

On va voir cet amour fleurir dans un climat hostile contre la famille impériale mais on va également voir ceux qui leur sont attachés les soutenir comme ils le pourront.

Ne vous attendez pas à un amour physique car nous sommes au-delà de ça. Tatiana est une grand-duchesse, Dimitri un simple soldat et le respect qu'il lui porte est à la hauteur de son amour.

Là où je m'attendais à avoir des scènes un peu osées, je me suis retrouvée avec une relation très différente mais ô combien magnifique.

Si cela manque un peu de piquant par cet aspect là, j'ai trouvé aussi que c'était très beau parce que l'on dépasse la simple relation physique qui, aujourd'hui, va trop vite dans les couples et, d'une certaine façon, j'ai été apaisée de constater que rien ne pourrait détruire ce couple qui n'a jamais été uni dans un lit !

Je suis une férue d'Histoire et la rumeur sur une éventuelle rescapée des Romanov m'a fait rêver pendant très longtemps.

Avec la double narration, Gill Paul va permettre au lecteur de vivre les dernières années de la famille impériale tout en levant le voile sur d'éventuels rescapés.

Les recherches de Kitty, en 2016 donc, sont passionnantes à suivre. Ainsi, entre ces moments avec Kitty et ceux débutants en 1914, nous vivons une histoire fascinante, magnifique et tragique durant de nombreuses années.

Malgré un petit couac vécu à un moment donné avec Dimitri, j'ai vraiment adoré cette découverte que je ne peux que vous recommander si vous aimez les belles romances historiques et secrets de famille.

Le gros plus de ce roman, c'est qu'il est basé sur des personnages et des relations entre eux qui ont véritablement existé (hormis ceux de 2016 bien sûr). Cela donne une dimension encore plus profonde au livre, même s'il reste un côté fictionnel sur pas mal de points.

mardi 12 juin 2018

Dôme (T2)

Auteur : Stephen King
Editions : Albin Michel (2013)
Nbre de pages : 851


Présentation de l'éditeur (tome 1) :
Le Dôme : personne n'y entre, personne n'en sort.À la fin de l'automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu'est ce dôme transparent, d'où il vient et quand ' ou si ' il partira. L'armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l'intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu'à l'os, voit tout de suite le bénéfice qu'il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s'installe et la résistance s'organise autour de Dale Barbara, vétéran de l'Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville...Stephen King, l'« Edgar Poe du XXe siècle », est un mythe vivant de la littérature américaine: plus de 50 romans, tous best-sellers et plus de 200 nouvelles.



Mon avis :

J'avais bien accroché au premier tome et vu la fin, il me tardait de lire la suite pour comprendre d'où venait ce dôme et comment cela allait se dérouler dans cette ville totalement bloquée du reste du monde et dans laquelle Jim Rennie règne en dictateur.

J'ai eu du mal à me remettre dans le bain et me souvenir de certains personnages secondaires. Le livre fait plus de 800 pages et il m'en a bien fallu 200 pour reprendre le rythme.

On voit assez peu Dale Barbara vu sa situation en fin de tome 1. Ce sont surtout les femmes (Linda, Julia...) qui vont prendre le relais.

Si ce second opus est intéressant et se lit finalement assez vite vu son épaisseur, j'ai aussi trouvé qu'il tirait en longueur et notamment concernant Junior, le fils de Jim. Son évolution est détestable mais cela se comprend vu le père qu'il a et ce dont il est atteint...

J'ai aimé suivre la révolte qui se met en place contre Jim Rennie et que l'on sentait monter dans le tome 1 mais là encore, le King aurait pu aller plus vite sur certains passages car trop de longueurs pour mettre du suspense tue la patience du lecteur et les ficelles finissent par casser.

S'agissant de l'explication sur le dôme, je reste très perplexe. C'est, de ce côté là, trop SF pour moi et je n'ai pas du tout adhéré.

Par contre, voir comment l'Homme réagit dans la situation qui est celle des habitants de Chester Mill a été très prenant à découvrir.

L'âme humaine reste imprévisible quoi que l'on puisse en dire et j'aime beaucoup ces romans dans lesquels on nous met face à nos éventuelles réactions dans des situations critiques.

D'ailleurs, dans le même genre, il me faudrait finir la série Gone de Mickaël Grant qui traîne dans ma liseuse...

lundi 11 juin 2018

Rose

Auteur : Sylvie Etient
Editions : Carnets nord (15 juin 2018)
Nbre de pages : 158

A paraître le 15 juin 2018


Présentation de l'éditeur :
Rose aime Milo, mais elle s’aime aussi au point de prendre des risques. Risque de changer radicalement de vie et d’oser devenir, à cinquante-deux ans, une femme indépendante dans tous les domaines : amour, profession, sociabilité. C’est du moins son projet qu’un burn out rendra encore plus évident. Énergique, lucide, sentimentale, audacieuse, voici quelques-unes des qualités de Rose. Il faut y ajouter l’humour, le goût de la vie évidemment. Mais ce n’est pas si facile. L’indépendance a un prix. Par exemple que fait Milo tandis qu’elle se débat, sans argent, avec la vie quotidienne ?

Voici un roman qui sous des apparences légères aborde des sujets profonds : rôle de la femme dans la société, considération sur l’autre et amour de soi, estime de soi et estime de l’autre.


Mon avis :

Voilà un petit roman que l'on m'a proposé de découvrir et que j'ai lu il y a maintenant quelques semaines. Il est temps de vous en parler vu que sa sortie est prévue prochainement.

On va suivre Rose qui a une cinquantaine d'années et qui, un beau jour, fait un burn out total. Exit son métier d'avocat. Adieu son mari, même si la séparation se fait plutôt en bons termes et qu'aucun divorce n'est vraiment envisagé. Rose a juste besoin de prendre le large et faire un peu le point sur sa vie et ce qu'elle a envie à cet instant.

Avec une plume agréable et fluide, Sylvie Etient va nous basculer dans cette existence de Rose à laquelle j'ai plus ou moins adhéré.

Si j'ai pu la comprendre au départ (qui n'a pas eu envie à un moment donné de tout plaquer pour se retrouver tranquille ?!), plus j'avançais et plus je me posais quand même des questions sur la finalité de tout ce qu'elle entreprend.

Le roman est très court et pourtant Rose va se lancer dans beaucoup de choses.

On ne voit pas le temps passer; on la suit dans sa "dérive", son coup de tête. Mais est-ce un réel coup de folie qui l'a atteinte ?

Parce que si le couple évolue durant ces à peine 160 pages, les personnages eux aussi vont changer personnellement. Voir les choses autrement...

Est-ce que le fait de vivre séparément d'avec son époux ne permettrait pas justement d'avoir de meilleurs échanges, de mieux se supporter et s'apprécier ?

C'est une des questions qui fait réfléchir, même si elle met à mal le terme de "couple". Peut-on être un couple en vivant chacun de son côté ? Est-ce là, aujourd'hui, la nouvelle version du couple ? Est-ce que cela peut apporter réellement quelque chose de vivre séparément tout en se voyant très régulièrement ?

J'avoue que je suis très rigide sur certaines choses et j'ai du mal à me voir en Rose, être capable de quitter mon mari tout en me disant que ce n'est pas une parenthèse mais une façon de vivre notre couple différemment. Etre avec lui tout en vivant chacun de notre côté. Est-ce possible après avoir vécu tant d'années ensemble ?

Alors au final, je ne sais pas trop quoi penser de ce roman qui m'a prise au dépourvu et que j'ai cependant apprécié même si la fin m'a finalement fait pousser un soupir de "tout ça pour ça !"

Ce qui est certain c'est que Rose nous fait nous poser pas mal de questions sur le couple et nous-même, ce que nous voulons vraiment ou non. Sachant que chez moi il n'y a pas de demi-mesure, je ne suis pas sûre qu'en vivant ce que fait Rose ici, ma conclusion aurait été la même que la sienne. Et cela m'interpelle. Faire des changements c'est bien mais on sait aussi que le naturel revient, que les efforts ne se font qu'un temps. Ce serait bien de voir ce que donnerait une suite mais les histoires ne sont pas la vie réelle. Chaque personne forge sa propre histoire comme l'auteur forge celui de ses personnages. Je n'aurais jamais mes réponses mais le roman de Sylvie Etient m'aura fait réfléchir sur pas mal de choses.

jeudi 7 juin 2018

Les brumes de Key West

Auteur : Vanessa Lafaye
Editions : Belfond (2018)
Collection : Le cercle
Nbre de pages : 406


Présentation de l'éditeur :

Puisant dans l'histoire mouvementée du sud des États-Unis, Vanessa Lafaye livre, avec finesse et élégance, le récit d'une passion interdite, sur fond de ségrégation, de fanatisme et de violence.

1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan. 
1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l'Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl's, l'une des maisons closes les plus fréquentées de Key West. 
Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire d'un bar voisin, Alicia va jusqu'à organiser la contrebande d'alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance. 
Mais la menace du Klan gronde dans l'archipel... Et le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré. 
Dans les brumes de Key West, un drame se prépare...


Mon avis :

Ce roman a été un véritable calvaire à finir. Si le résumé m'a beaucoup tenté, j'ai eu aussi énormément de mal à accrocher au rythme imposé par l'intrigue. Ce n'est pas qu'il ne se passe rien, ni que les personnages ne sont pas intéressants mais j'attendais plus de profondeur sur l'ensemble surtout lorsque l'on traite du Ku Klux Klan !

Vanessa Lafaye va pendre le tableau de deux personnages qui vont se rencontrer et s'aimer dans une époque où la ségrégation faisait loi à Key West.

Elle est partie d'une histoire vraie pour poser la trame de son récit.

Mais pour moi, l'histoire de John et Alicia n'est traitée que dans les grandes lignes, tout comme les personnages faisant partie du Klan. Ce sont les gentils contre les méchants.

J'aurais aimé que l'auteure creuse davantage et entre plus en détails les évènements de Key West.

Son point de départ est bon mais la fin ne m'a pas ébranlée, étant donné que je m'y attendais depuis un bout.

Les personnages ne sont pas extraordinaires et je les dirai plutôt classiques dans le genre, sans réelle attirance ni profondeur : elle, la métisse. Lui, le Blanc revenu glorieux de la guerre.

Ils portent biens sûr chacun leur fardeau du passé et ont un avenir difficile mais cela n'a pas suffi à me convaincre.

J'ai traîné cette lecture pendant une semaine et je me demande encore pourquoi je ne l'ai pas abandonné avant la fin.

Je pense, tout simplement, parce que j'attends et j'espère toujours dans un roman qui ne m'accroche pas, un twist qui me fera changer d'avis.

Avec ce roman, ce n'est malheureusement pas arrivé...

mercredi 6 juin 2018

La symphonie du hasard (livre 2)

Auteur : Douglas Kennedy
Editions : Belfond (mars 2018)
Nbre de pages : 336


Présentation de l'éditeur :
Fresque à l'ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d'histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l'Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant.

Pas évident d'échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande. 
D'abord déstabilisée par l'accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d'une autre vie. 
Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l'IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu'Alice aurait préféré oublier à jamais...


Mon avis :

Un deuxième volet que j'ai aimé découvrir, même si j'ai trouvé que le début était un peu long à se mettre en place. Il faut le temps qu'Alice s'adapte à son nouvel environnement et qu'elle se lie avec de nouveaux personnages.

Le plus intéressant reste le côté historique, politique et social de l'histoire irlandaise, même si on n'entre pas trop dans les détails.

Je m'attendais à ce que l'IRA fasse son apparition et la façon dont l'auteur amène ce sujet est parfait.

Le rythme est lent sur les 100 premières pages et mon intérêt s'est vraiment accru lorsqu'une vieille connaissance d'Alice fait son apparition.

Cela met littéralement du pep's à l'histoire, même si j'ai totalement détesté ce personnage.

Il y a alors beaucoup de tension, au point que l'on ne sait pas trop si cela va entraîner encore plus difficultés à notre chère Alice.

La fin est un peu attendue surtout par rapport au tout début du tome 1, vu que l'on connaît la situation personnelle d'Alice. Mais, pour autant, je me suis demandée si c'était parce qu'un évènement majeur allait se produire ou non.

Je ne me suis pas trompée et même si cela m'a mis un coup au coeur, j'ai été un peu déçue que ce soit trop simple.

Malgré tout, cela ne m'empêchera pas de lire le tome 3 de cette trilogie pour connaître le fin de l'histoire.

vendredi 1 juin 2018

Une journée exceptionnelle

Auteur : Kaira Rouda
Editions : Charleston (avril 2018)
Collection : Charleston Noir
Nbre de pages : 384


Présentation de l'éditeur :
Paul Strom a une vie parfaite. Et il est lui-même un mari parfait. C'est pour cette raison qu'il planifie un week-end romantique pour sa femme, Mia, dans leur maison de campagne, juste tous les deux. Et il promet que cette journée sera exceptionnelle.
Mais alors qu'ils sont en voiture, en train de rallier leur lieu de villégiature, la tension commence à monter et minute après minute, le doute s'installe. Leur mariage est-il aussi parfait que Paul le dit ? Se font-ils réellement entièrement confiance ? Paul est-il vraiment la personne qu'il semble être ? Et quels sont ses projets pour ce week-end ?
Une journée exceptionnelle nous force à nous demander à quel point nous connaissons ou non nos proches... Méfiez-vous des mariages trop parfaits...


Mon avis :

C'est l'un des premiers titres de cette nouvelle collection et je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Si le début est plutôt long et lent à se mettre en place, une fois lancée mais surtout Mia mise en scène, ce livre est exaltant.

Paul est un personnage détestable dès les premières pages et ce que je ressentais pour lui n'a fait que s'exacerber au fur à mesure que j'avançais.

J'ai haï ce personnage du début à la fin. C'est un être égoïste, égocentrique, manipulateur, calculateur, sexiste, antipathique...

J'arrivais à ne plus le supporter au bout de 50 pages...

Mais j'ai persévéré et j'ai bien fait !

A partir du moment où Mia prend enfin la voix, on ne voit plus les choses uniquement par Paul (qui est le narrateur de cette histoire) et cela fait une énorme différence.

Avec elle, on va encore plus réaliser que Paul est un être abjecte et contrairement à d'autres livres où je peux revoir mon jugement sur un personnage lorsque j'apprends ce qui lui est arrivé dans son passé, ici cela n'a pas eu gain de cause à mes yeux. Je ne lui donnais aucune circonstance atténuante face à ce qu'il racontait ou faisait.

Je jubilais devant les révélations de Mia mais je craignais aussi le pire et j'ai vécu cette lecture pleinement dès la seconde moitié que j'ai dévorée.

L'intrigue est parfaitement maîtrisée. Les personnages cachent parfaitement leur jeu. L'ensemble est excellent malgré un début un peu lent et chaotique avec des détails qui ne servent pas du tout l'intrigue.

En bref, il ne faut pas passer à côté de cette lecture qu'au final j'ai adorée.

mardi 29 mai 2018

Innocente

Auteur : Amy Lloyd
Editions : Hugo Thriller (mai 2018)
Nbre de pages : 390


Présentation de l'éditeur :
Il y a vingt ans, Dennis Danson était arrêté et emprisonné pour le meurtre d'une jeune fille à Red River, une petite ville de Floride. Alors qu'il est dans le couloir de la mort, Netflix prépare un documentaire sur son histoire pour obtenir la révision de son procès. Les nombreuses erreurs judiciaires commises en attestent : l'arrestation de Danson ressemble à un coup monté. 
À des milliers de kilomètres de là, en Angleterre, Samantha, une jeune enseignante, suit le dossier de Dennis avec obsession. Ils commencent une relation épistolaire puis, très vite, Samantha laisse sa vie et ses démons derrière elle pour rejoindre Dennis, l'épouser et œuvrer à sa libération. Lorsque Dennis est finalement libéré, leur retour à Red River va plonger Samantha dans les eaux troubles d'une communauté recluse, pétrifiée par la haine et hantée par les fantômes de son passé. Mais qui croire et vers qui se tourner, lorsque chacun semble mentir pour protéger ses propres secrets ?


Mon avis :

La présentation de l'éditeur m'a donné très envie de découvrir ce roman qui a reçu, cette année, le Prix Douglas Kennedy.

J'ai fait la connaissance de Dennis, arrêté à l'âge de 18 ans pour le meurtre de Holly Michaels, que nous retrouvons 20 ans plus tard.

C'est avec Samantha (Sam) que nous allons vivre cette histoire. Elle est anglaise et prof. Son métier ne lui convient pas. Elle est oppressée et son obsession pour Dennis, qu'elle croit innocent,  va la pousser à correspondre avec lui. Au fil du temps, la relation épistolaire devient plus intime, jusqu'au jour où Sam quitte boulot et maison pour aller retrouver Dennis et l'épouser. De fil en aiguille, et avec des nouveaux témoignages, Dennis est libéré et le couple qu'il forme avec Samantha va pouvoir vivre cette histoire d'amour au grand jour. Sauf que Dennis n'est pas entouré que de gens qui le soutiennent. Il y aussi la majorité qui continue de penser que Dennis est coupable et que sa libération est une grosse erreur...

Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est la façon dont l'auteur va mettre en place cette relation si improbable et étrange entre Sam et Dennis. J'ai beaucoup aimé suivre cette évolution, même si j'émettais des réserves. Quelque chose me gênait tant sur Dennis que sur Sam.

En effet, si on garde un énorme doute sur l'innocence ou non de Dennis face aux meurtres et aux corps non retrouvés (hormis celui de Holly), Sam n'est pas en reste non plus.

Le personnage est assez énigmatique parce que son passé n'est pas dévoilé et qu'on en apprend plus sur elle au fur et à mesure que l'on avance.

Du coup, jusqu'à la moitié du roman, je me suis demandée si ce n'était pas par elle que le twist que j'attendais aller se produire.

Je me suis vraiment posé beaucoup de questions et Sam est un personnage trop crédule. Donc, à un moment donné, je me suis ravisée et focalisée sur Dennis.

On apprend donc du passé de l'un et de l'autre et un autre personnage, proche de Dennis, ne va pas être en reste.

Même si j'ai lu rapidement cet opus et s'il m'a trituré les méninges sur la majorité de l'ouvrage parce que je ne savais pas quoi penser des personnages et que c'est tout bonnement stressant, j'ai trouvé la fin un peu surprenante mais surtout très/trop rapide. De plus, je n'ai pas eu le twist tant attendu.

Les personnages ont été très bizarres, du début à la fin, et cela perd le lecteur mais pas dans le mauvais sens du terme puisque l'on reste concentré, du coup, sur ce qu'il se passe. Et en même temps, je l'ai trouvés plutôt communs à n'importe quels autres dans ce genre d'intrigue. Rien ne m'a vraiment frappé sur l'un ou l'autre.

Lorsque j'ai fermé ce roman, je me suis demandée si j'avais aimé ou pas cette histoire. Si j'ai été déçue parce que tout se précipite dans les cinquante dernières pages et qu'au final il n'y a pas de grande surprise, je ne peux non plus que je n'ai pas aimé ce que j'ai découvert et notamment à cause de ce lien, très fort, qui unit Sam à Dennis.

Je ne regrette pas ma découverte, même si la fin ne m'a pas apportée ce que j'aurais pu en attendre. Malgré tout, je trouve qu'il vaut la peine d'être découvert.

lundi 28 mai 2018

Le petit Lebanski

Auteur : Stéphane Chamak
AUTO-EDITION
Nbre de pages : 328


Présentation de l'ouvrage :
Je me trouvais devant la porte. Au centre, une vieille poignée argentée avait l’allure d’un gros poing américain. Comme me l’avait indiqué le chauffeur black, le battant était légèrement entrebâillé. Je suis resté quelques secondes figé, les mains dans les poches, nerveux comme une pucelle à sa première sauterie. Dans ma poitrine, mon cœur distribuait des battements en rab. D’un côté, j’étais impatient de savoir de quoi il en retournait. De l’autre, j’étais quasi certain qu’une fois passé cette foutue porte, mon existence - déjà de magnitude 8 sur l’Échelle des Emmerdes - allait franchir un palier supplémentaire. 
J’avais pas tort.


Mon avis :

Voilà un roman auto-édité auquel je ne pensais pas totalement accrocher parce que mon expérience avec l'auto-édition n'a jamais été vraiment convaincante jusque là.

Avec Victor Lebanski, petit homme d'1m47 qui refuse d'être traité de nain et qui à 40 ans se fout dans les emmerdes inopinément, l'accroche a été immédiate.

C'est un homme qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui a un humour bien corsé. Son cynisme est au-delà de sa taille et cela colle parfaitement avec ce qu'il est.

Il est entouré d'une équipe qui bosse pour lui dans son bar, le Fender, et dont chaque membre est aussi atypique qu'étonnant.

Entre Farid (et son perroquet) qui dégote des boulots improbables la journée, Imani, une jeune kenyane qui fait tourner la tête de notre cher Victor et qui tente de parler argot sans y parvenir et Milos, le yougoslave surnommé "La Trique", nous voilà bien armé pour vivre une histoire hors norme.

Pourtant, l'intrigue est assez simple : Victor, recruté par un "fleuron de l'aéronautique", Paul Brochet, va avoir quatre jours pour retrouver le fils de cet homme. Victor sera accompagné de Zola qui lui servira à la fois de chauffeur et de garde du corps...

J'avais à peine commencé ce roman que j'étais pliée de rire par le naturel et le sarcasme de Victor mais aussi sa façon de vivre sa situation et sa perception des choses. C'est un personnage auquel on s'attache très vite et les comparaisons qu'il fait donnent une légèreté dans une histoire qui ne l'est pas.

Tout est mis en oeuvre pour que le lecteur ne lâche pas le roman, au point que j'ai lu ce livre très rapidement.

Cet engouement est dû aussi au style de l'auteur, certes corrosif dans l'humour presenté, mais qui sert parfaitement l'intrigue mise en place par Stéphane Chamak.

C'est aussi très fluide et les scènes d'action sont suffisamment décrites pour que l'on vive virtuellement ce qui se passe.

Il y a du dynamisme, du début à la fin, et voyant tout ce qui se arrive à Victor, on vit la situation sous tension permanente, espérant qu'il ne lui arrive rien de très fâcheux...

Dès les premières lignes, j'ai été conquise tant par le personnage de Victor que par la narration.

J'ai juste été ébranlée, au début, par les négations incomplètes mais je m'y suis faite rapidement notamment parce que je ne voyais pas Victor parler autrement.

En bref, je suis conquise par cet opus que je vous recommande chaudement et avec lequel j'ai passé un super moment de lecture.

J'espère retrouver Victor dans une prochaine histoire mais je croise surtout les doigts pour que Stéphane Chamak trouve un éditeur pour ses écrits car "Le petit Lebanski" a un énorme potentiel et l'auteur un très grand talent.

En fait, et pour être complète et honnête, j'ai eu les mêmes ressentis lorsque j'avais lu mon premier roman de Jacques Saussey : une écriture maîtrisée, une intrigue qui tient la route et un personnage que j'ai envie de retrouver rapidement. Quand je vois où Jacques Saussey en est aujourd'hui, je ne peux qu'espèrer la même chose à Stéphane Chamak.

dimanche 27 mai 2018

Un karma (presque) parfait

Auteur : Roxane Dambre
Editions : Calmann Levy (avril 2018)
Nbre de pages : 342

Présentation de l'éditeur :
C’est décidé. Demain, Siloé, jolie brune parisienne
un peu toquée et accro aux granules d’homéopathie, change de job !
Elle convoque ses meilleurs amis pour un conseil de guerre
dans leur bar préféré. La jeune femme est déterminée.
Mais aussi très maladroite, voire carrément gaffeuse.
Et certaines choses n’arrivent qu’à elle… Comme le fait de passer
un entretien d’embauche avec le psychopathe beaucoup
trop charmant qui l’a menacée deux jours plus tôt
(tout ça parce qu’elle l’a vaguement insulté au volant…).
Valérien, le psychopathe en question, un grand brun aux yeux bleus,
affublé d’une petite soeur tout aussi gaffeuse que Siloé,
expert en recrutement, lui propose un étrange marché.
Que va trouver Siloé au bout de son chemin ?
Un job ou un amoureux, ou les deux, ou rien du tout ?


Mon avis :

Voilà un roman chick-lit qui m'a fait beaucoup de bien au moment où je l'ai lu. Et pour parfaire le bien-être ressenti, c'est avec Amandine que j'ai fait cette lecture commune.

Comme dans n'importe quel roman de ce genre, nous allons suivre une quasi-trentenaire, Siloé, qui va du jour au lendemain perdre son boulot.

Ses recherches d'emploi trouvent réponse un peu trop vite à mon goût, surtout du côté des entretiens, et procurent donc peu de crédibilité par rapport à la vie réelle mais Siloé est tellement agréable qu'on s'attache très vite à elle et qu'on passe facilement sur les "défauts" du roman.

Sa rencontre avec Valérien fait rire et, là encore, on voit très vite ce qui va se profiler entre eux mais le jeu de la séduction est plaisant à suivre et je n'ai pas ressenti de longueurs ou d'ennui durant ma lecture.

L'écriture est agréable à lire. C'est fluide, facile de se voir à la place de Siloé.

Par contre, je n'ai pas accroché à la soeur de Valérien qui s'attire les ennuis comme les abeilles courent après le pot de miel. Sans compter qu'elle ne réfléchit pas aux conséquences de ses actes et même si elle a 16 ans, j'ai regretté qu'elle n'ait pas plus jugeote que ça.

Sinon, pour tout le reste, on est vraiment dans le roman détente, parfait pour la période estivale, avec une histoire, certes cousue de fil blanc, qui permet au lecteur de passer un bon moment sans surchauffe de son cerveau ni prise de tête.

En bref, une jolie découverte bien sympathique que je vous conseille.

vendredi 25 mai 2018

Mon désir le plus ardent

Auteur : Pete Fromm
Editions : Gallmeister
Nbre de pages : 283


Présentation de l'éditeur :
Maddy s’était juré de ne jamais sortir avec un garçon du même âge qu’elle, encore moins avec un guide de rivière. Mais voilà Dalt, et il est parfait. À vingt ans, Maddy et Dalt s’embarquent dans une histoire d’amour qui durera toute leur vie. Mariés sur les berges de la Buffalo Fork, dans le Wyoming, devenus tous deux guides de pêche, ils vivent leur passion à cent à l’heure et fondent leur entreprise de rafting dans l’Oregon. Mais lorsque Maddy, frappée de vertiges, apprend qu’elle est enceinte et se voit en même temps diagnostiquer une sclérose en plaques, le couple se rend compte que l’aventure ne fait que commencer. Mon désir le plus ardent est le portrait d’un couple ancré dans le temps présent qui affronte avec courage et humour les épreuves de la vie. Avec sa voix pleine d’énergie, tout à la fois drôle et romantique, Pete Fromm nous offre une histoire d’amour inoubliable.


Mon avis :

Ma découverte de Pete Fromm s'est avérée excellente et j'ai passé un très beau moment de lecture aux côtés des personnages.

Ce roman est écrit avec beaucoup de pudeur et de délicatesse.

Je pensais suivre Maddy sur seulement quelques années, compte tenu de sa maladie, mais au final on va vire aux côtés de ce couple durant 40 ans.

Quarante ans où on va apprendre réellement ce qu'est la sclérose en plaques et comment les malades vivent au quotidien. On va voir ce couple s'aimer, se battre, fonder une famille malgré les doutes et les angoisses et se déchirer également.

Certains passages sont poignants mais l'histoire n'est pas larmoyante comme je le redoutais.

L'auteur a su magnifiquement mettre en scène un couple attachant qui fait face à l'adversité avec une maîtrise parfaite de la situation, même si on sent les non-dits entre eux, les émotions cachées pour ne pas sombrer.

Il n'y a aucun pathos alors que la thématique s'y prêtait.

L'auteur a fait de cette histoire une ode à l'amour et au combat contre la maladie avec un style épuré et des personnages soudés que je n'oublierai pas.

lundi 21 mai 2018

Première lumière

Auteur : Paul François Husson
Auto-édition
Nbre de pages : 215


Présentation de l'ouvrage :
Tout le monde a peur du noir. Pas moi. J'ai peur de la lumière. Aveugle depuis la mort de maman, je ne voulais pas de leur greffe de cornée. Revir ne ressuscitera pas son visage. Ils attendent un miracle, mais qui est le monstre lumière ? Personne ne me croit. Pourtant, les vacances basculent dans un cauchemar, une traque dont je suis la proie...


Mon avis :

L'auteur m'a fait parvenir son tout dernier titre, m'indiquant que je devrais l'apprécier davantage que son précédent, La mort est dans l'pré.

J'avoue que j'ai été réticente à le commencer et que j'ai eu beaucoup de réserves sur l'intrigue que j'allais découvrir et les personnages.

Et malheureusement, cette fois-ci encore, la sauce n'a pas pris avec moi.

Pourtant, la présentation me laissait présager un suspense qui allait me tenir en haleine et j'étais curieuse de voir ce qu'allait donner ce roman.

J'ai découvert un prologue poignant dans lequel un enfant de 18 mois subi un grave accident de voiture avec sa maman au volant. Le papa n'avait pas voulu les accompagner... A la suite de cet accident, l'enfant, Mattieu, perd sa maman et se retrouve aveugle. Et on le retrouve, onze ans plus tard, alors qu'il vient d'avoir une greffe de la cornée. Cette greffe est l'espoir de la famille pour qu'il retrouve la vue. Cette greffe, pour Mattieu, est davantage subie que voulue. Pour lui, la nuit fait partie de sa vie. La lumière lui fait peur et on comprend pourquoi dès le prologue...

Je me suis assez vite attachée à ce gamin qui n'a jamais cherché à vouloir retrouver la vue. Sa condition d'aveugle le satisfait et j'ai été très sensible au fait que les adultes ne l'écoutent pas.

Le problème de Mattieu c'est qu'il est un peu "bizarre" dans ses mots, son comportement et que les adultes ne le prennent pas toujours au sérieux. Il se passe des choses étonnantes autour de lui et lors du voyage familial devant les conduire au bord d'un lac, toutes les bizarreries vont se faire interroger le lecteur.

J'ai été curieuse de savoir ce qu'il en était et sur la première moitié du roman j'ai été assez prise par l'intrigue, même si j'étais gênée par une narration à double perspective.

En effet, l'auteur a choisi de mélanger la narration en "je" racontée par Mattieu et celle à la 3ème personne du singulier. C'est assez déconcertant et plus d'une fois j'ai eu du mal à suivre l'enchaînement des événements parce que j'étais focalisée sur ce que racontait Mattieu, par exemple, et que le paragraphe d'après on passait totalement à autre chose et vice versa.

Ce n'est pas du tout le genre de narration qui me convient et qui me convainc. Je suis une lectrice qui peut parfaitement s'adapter à un changement de narrateur mais certainement pas dans un même chapitre. Un paragraphe pour l'un puis pour l'autre. Au bout d'un moment, j'ai saturé.

A cela s'ajoute le côté un peu fantastique ? étrange ? de l'intrigue que tisse l'auteur autour de Mattieu.

Si cela est intéressant au départ, je dois bien vous révéler que petit à petit la façon dont il parlait du monstre lumière me perdait totalement. Je n'y comprenais que tchi. Là encore, j'étais perdue...

Cela a fini par me déstabiliser et ne plus vraiment me donner envie de le continuer, surtout que tout ce qui se passe durant ce voyage est quand même un peu gros.

Il y a bien de la tension, des disputes, des incompréhensions, du doute... donc tout ce qu'il aurait fallu pour me mettre de la pression mais au final je suis restée très extérieure à tout ça et je me doutais bien que les choses allaient se terminer... comme elles se sont finies.

De plus, la dernière scène m'a totalement énervée et malheureusement je ne peux pas vous en parler mais la finalité de cette scène m'a vraiment fait soupirer de "ben voyons. Ce serait dommage sinon..." 

Bref, je n'ai pas du tout été convaincue par l'intrigue, les personnages, la forme narrative et la fin. Ce fut encore une déconvenue et je ne compte pas renouveler l'expérience avec les récits de cet auteur qui ne me conviennent pas et c'est bien dommage.

mercredi 16 mai 2018

Nuit sans fin

Auteurs : Preston & Child
Editions : L'Archipel (avril 2018)
Nbre de pages : 362


Présentation de l'éditeur :

À FORCE DE TROUVER DES CADAVRES SANS TÊTE...

Quel point commun entre la fille d’un milliardaire, un ancien avocat véreux, un oligarque russe... ?
Tous ont été assassinés à New York, la cité des ténèbres, la ville de la nuit sans fin.
Tous ont été décapités et leur tête a disparu, comme si l’assassin était une sorte de collectionneur morbide...

... PENDERGAST POURRAIT BIEN Y PERDRE LA SIENNE !

Selon quels critères le criminel choisit-il ses victimes ? Vincent d’Agosta, du NYPD, et l’agent spécial Pendergast, du FBI, sont sur les dents. D’autant que ce dernier pourrait bien être la prochaine cible du tueur.
Une enquête constellée de fausses pistes où intelligence et sens de la déduction seront des atouts capitaux !


Mon avis :

J'ai enfin lu le dernier opus consacré aux enquêtes de Pendergast, personnage que j'ai découvert il y a quelques années en arrière avec La chambre des curiosités et je n'ai plus jamais arrêter de lire ces auteurs.

Je gardais un souvenir génial du précédent opus, Noir sanctuaire, et j'avais hâte de retrouver Aloysius mais également Constance...

Or, dans cet opus, Constance n'apparaîtra pas, si ce n'est un peu à la fin. Autant vous dire qu'elle m'a cruellement manqué.

Pendergast va être rudement mené avec une enquête sur des personnages hauts placés que l'on décapite. Aucune pitié pour ces gens. Le tueur serait-il un vengeur de la Société ? Celui qui remet les choses à leur place ? Qu'on pu faire ces personnalités pour terminer leur vie de telle manière ?

Autant j'ai été emportée d'emblée par ce qui se passait et j'ai dévoré la première moitié du bouquin, autant lorsque j'ai commencé à me douter du coupable, j'ai commencé à trouver un peu le temps long.

Si Pendergast et D'Agosta sont toujours aussi plaisants à suivre, le mobile des meurtres et le personnage qui les perpétue ne m'ont pas convaincue. Et c'est bien la première fois que je sors un brin déçu par une enquête de Pendergast.

Pourtant, les auteurs ont mis ce qu'il fallait dans ce tome pour que le lecteur reste en haleine du début à la fin, avec pas de mal difficultés du côté de Pendergast pour trouver le coupable et ses motivations, sans compter sur son arrestation, mais cela n'a pas suffit pour me convaincre que ce tome là était à l'égal des précédents.

L'écriture est toujours aussi fluide et Preston & Child forment un duo que j'aime toujours autant mais cette fois-ci la sauce n'a prise qu'à moitié et c'est dommage.

Cela dit, la fin me donne quand même envie de continuer à les suivre et à retrouver Pendergast mais également Constance. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir la concernant et je suis déjà très curieuse de voir ce que les auteurs vont faire dans le prochain ouvrage.

mardi 15 mai 2018

La symphonie du hasard (livre 1)

Auteur : Douglas Kennedy
Editions : Belfond (novembre 2017)
Nbre de pages : 362


Présentation de l'éditeur :
Toutes les familles sont des sociétés secrètes. Des royaumes d’intrigues et de guerres intestines, gouvernés par leurs propres lois, leurs propres normes, leurs limites et leurs frontières, à l’extérieur desquelles toutes ces règles paraissent souvent insensées.

Comme chaque semaine, Alice Burns, éditrice new-yorkaise, s'apprête à rendre visite à son jeune frère Adam. Jadis jeune loup de Wall Street en pleine ascension, ce dernier croupit désormais en prison.
Mais cette rencontre hebdomadaire va prendre un tour inattendu. Décide à soulager sa conscience, Adam révèle un secret qui pourrait bien venir rompre les derniers liens qui unissent encore leur famille.
Et Alice de replonger dans l'histoire ses siens, celle d'un clan à l'image de l'Amérique : volontaire, ambitieux, assoiffé de réussite, souvent attaqué, blessé parfois en butte à ses propres démons, mais inlassablement en quête de rachat...


Mon avis :

Voilà un bon moment que je voulais lire cette trilogie de Douglas Kennedy. J'ai attendu d'avoir tous les tomes dans ma monstrueuses PAL pour enfin la commencer parce que je me doutais bien qu'en la démarrant, je serais obligée d'enchaîner les tomes.

Alors, non je n'ai pas encore commencé le tome 2 mais cela ne va pas tarder parce que je me suis régalée à suivre l'histoire de la famille Burns avec ses secrets et ses personnages qui la composent, tous autant mystérieux que particuliers.

Alice est une jeune trentaine qui va apprendre le secret porté par son frère pendant de nombreuses années et dans lequel son père fait partie. A partir de là, elle va nous raconter comment elle vivait et percevait sa famille depuis son adolescence. On va donc les suivre dans les années 70, dans une Amérique en pleine évolution sociale mais aussi politiquement douloureuse.

Je ne sais pas vraiment comment vous parler de ce premier tome sans vous spoiler sur Alice (la benjamine), Adam, Brenda (la mère), Brendan (le père) et Peter (le frère aîné).

Les membres de cette famille s'aiment et en même temps il y a tellement de tension avec un père raciste mais qui le nie, s'étant marié avec une femme juive, une mère qui ne montre pas ses sentiments à l'égard de sa fille et qui malgré tout n'hésitera pas à la soutenir dans certaines circonstances face à un père très/trop rigide.

Les parents sont systématiquement en conflit. Les frères tentent de mener la vie qu'ils souhaitent sans vraiment réaliser qu'ils font peut-être ce que le père attend d'eux.

Alice est celle qui va aller au bout de ce qu'elle pense être bon pour elle, quitte à contrer ses parents.

Je n'ai pas pu lâcher ce roman tant j'étais prise dans l'engrenage de cette famille si commune. Et parce que le contexte politique et social sont difficiles, on se demande comment cela va se finir pour chacun de ces membres.

J'ai aussi beaucoup aimer voir évoluer Alice dans le contexte étudiant lorsqu'elle arrive en fac. Les années 70 sont riches sur beaucoup de points que l'on voit dans ce premier volet et c'est une lecture exaltante qui en résulte.

La plume de Douglas Kennedy est toujours aussi exquise. Il a forgé là une trilogie qui excelle tout ses autres romans, même si pour l'instant je n'ai lu que le tome 1.

Ce livre c'est le livre de chaque famille, américaine ou non. Parce que chaque famille a ses secrets. Parce que chacun de ses membres essaie de faire pour le mieux mais les personnalités sont là, certaines plus fortes que d'autres, prenant alors l'ascendant. Comment arriver à vivre dans une atmosphère pesante, étouffante où l'on risque de se perdre ?

J'ai hâte de retrouver Alice dans le tome 2 que je compte bien lire très rapidement.