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mercredi 26 janvier 2022

Changer l'eau des fleurs


 



Auteure : Valérie Perrin
Interprété par : Françoise Cadol
Editions : Audiolib (décembre 2021)
Editions papier : Albin Michel (2018)
Durée de lecture : 14h 43 min


Présentation de l'ouvrage :
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.
Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.


Mon avis :

Cela fait très très longtemps que j'entends parler de ce roman sans que j'ai réellement l'envie de franchir le pas pour le découvrir à mon tour. C'est grâce à Audiolib et Netgalley que c'est maintenant chose faite et quelle merveille !

Violette Toussaint est garde-cimetière et elle va, tout au long de ce livre, nous raconter ce qu'a été sa vie. Celle de son enfance, de son passage à l'âge adulte, de sa rencontre avec son mari, comment elle est devenue garde-barrière puis garde-cimetière et enfin la naissance de sa fille, Léonine.

Je crois que sans l'interprétation de Françoise Cadol, j'aurais trouvé ce roman touchant et intéressant à lire mais sans plus. La voix de Françoise Cadol donnant vie au personnage de Violette, notamment, m'a littéralement transportée dans cette histoire.

C'est un roman qui pourrait être basique puisqu'on suit une femme totalement banale et qui fait un métier que peu de gens envient.

Et pourtant, à travers elle, on va découvrir le beau, le touchant, le rigolo mais aussi des secrets, des tragédies.

Et c'est avec une voix qui vous emporte que Françoise Cadol a su merveilleusement m'accrocher à cette histoire.

L'histoire d'une vie qui pourrait être la mienne, la vôtre.

On aime Violette dès le départ. On rejette très vite son mari, Philippe.

Mais Valérie Perrin n'a pas dit son dernier mot.

Tout est très bien mené. Tout est très bien dosé. Tout est surprenant.

J'ai eu des moments d'euphorie, de franches rigolades avec Nono, l'un des fossoyeurs. J'ai terminé les larmes aux yeux.

Ce livre regorge de beaucoup d'émotions qui ne laissent pas insensible. Il est beau, triste, cruel mais aussi plein d'espoir. En bref, tout ce qui fait une vie.

Pour moi, Violette Toussaint vivra à travers la voix de son interprète, Françoise Cadol, qui l'a merveilleusement jouée et l'a rendue si vivante, si réelle. J'avais d'ailleurs l'envie de la rejoindre. Boire un thé avec Violette en échangeant quelques mots.

Si le roman en tant que tel est très beau à découvrir, je dirai que la version audio est l'une de mes plus belles découvertes. J'ai rarement des coups de coeur mais je dois bien avouer que Changer l'eau des fleurs sera le premier de l'année. Alors, merci à Valérie Perrin. Merci à Albin Michel. Merci à Audiolib et merci à Netgalley de m'avoir permis cette belle aventure.



mercredi 5 janvier 2022

Le sang des bêtes

 



Auteur : Thomas Gunzig
Editions : Au Diable Vauvert (Janvier 2022)
Nbre de pages : 222


Présentation de l'éditeur :

Vendeur dans une boutique de compléments alimentaires hyperprotéinés, Tom est en dépression depuis le cap de la cinquantaine. Un jour, il sauve une femme sans-papiers des mains d'une brute et décide de l'accueillir chez lui. Elle doit cohabiter avec Jérémie, le fils de Tom, et son père, un survivant de la Shoah atteint d'un cancer, tous deux de retour à la maison.


Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l'auteur et je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman mais je me disais que j'avais là l'opportunité de faire une nouvelle rencontre. Et c'est avec plaisir que je m'y suis plongée dedans.

La première chose que je peux dire c'est que ce court roman est, malheureusement pour moi, trop court.

L'auteur aborde beaucoup de thématiques que j'aurais aimé voir développer.

De plus, j'ai été très ébranlée, un brin choquée, perdue... par l'apparition de cette femme dans la vie de Tom lorsqu'elle dit ce qu'elle est.

Ai-je bien compris ? Suis tombée dans une dimension parallèle à la nôtre ?

Hummm... J'étais sceptique. Un peu désorientée mais je me disais que l'auteur allait prendre certains chemins et je les attendais...

Bon je les attends encore un peu mais comme j'ai fini ce roman depuis quelques jours je me dis que Thomas Gunzig tenait juste à nous rappeler qui nous sommes et ce que nous sommes dans cette Société de consommation (surconsommation ?!).

Si je n'ai pas adhéré à 100% à ce qui est dit dans ce roman, mon côté pragmatique a eu du mal à se faire à l'histoire qui part un peu dans tous les sens, j'avoue avoir beaucoup aimé l'écriture et avoir envie de poursuivre ma découverte de cet auteur.

J'espère juste que ces autres romans sont un peu plus longs et m'apporteront davantage d'émotions que ce titre là dont je suis restée très extérieure. Je ne me suis d'ailleurs attachée à aucun personnage.

Tout cela est peut-être aussi dû à mon âge vu que j'approche également de la cinquantaine et que j'ai eu du mal à me mettre à la place de Tom ou de son entourage, d'ailleurs.

A mon sens, ce texte est trop court pour m'apporter tout ce que j'attends d'un tel roman : de la réflexion et surtout des réponses. Mais peut-être devons-nous nous-même faire nos propres réponses ?! Peut-être...

lundi 6 décembre 2021

American rust

 



Auteur : Philipp Meyer
Editions : Albin Michel (2021)
Nbre de pages : 483



Présentation de l'éditeur :

Buell, petite ville sidérurgique de Pennsylvanie, autrefois prospère, est aujourd'hui à l'agonie : les usines abandonnées et les villages fantômes ont remplacé les hauts-fourneaux. Les adolescents du coin essaient d'échapper à la désolation ambiante pour s'inventer un avenir... Avec l'aide de Billy, son meilleur ami, Isaac décide de s'enfuir en Californie. Mais très vite l'aventure tourne mal et les deux garçons se retrouvent avec le cadavre d'un vagabond sur les bras. L'espoir a parfois un arrière-goût de rouille...


Mon avis :

Je ne connaissais pas cet auteur qui a écrit Le fils, roman ayant d'excellents retours que je compte bien découvrir. Lorsque les Editions Albin Michel m'ont proposé de lire American rust, je n'ai pas réfléchi longtemps et j'ai accepté avec plaisir.

J'ai découvert un univers étouffant, prenant, vous faisant poser mille et une questions sur la Société d'aujourd'hui, sur ce que nous serions capables de faire par amitié ou amour.

L'ouvrage de Philipp Meyer est tout simplement exceptionnel par les personnages dépeints et l'histoire qui nous est contée par l'auteur.

J'ai été emportée dans cette Amérique en crise où deux jeunes de 20 ans, Isaac et Billy, vont vivre des moments juste hallucinants.

Une simple "erreur" et la vie bascule.

C'est indéniablement beau et absolument impensable d'en arriver à de telles extrémités mais Philipp Meyer mène tambour battant cette ronde entre ces deux jeunes hommes de façon magnifique.

On est entre la culpabilité, l'envie d'en découdre mais aussi cette loyauté qui va primer jusqu'au bout. On vit des moments durs mais aussi des moments poignants.

American rust est un roman d'aujourd'hui avec des personnages forts. Déjà sorti en 2010 sous le titre Un arrière-goût de rouille, cette nouvelle traduction est excellente. Je me suis laissée porter tout au long de ces presque 500 pages sans ressentir d'ennui car, au contraire, j'ai eu du mal à quitter Isaac et Billy. Et aujourd'hui encore, plus d'une semaine après avoir fermé ce roman, ils me parlent, me rappellent ces moments avec eux. Isaac et Billy font partie des inoubliables.

dimanche 24 octobre 2021

Les lendemains

 


Autrice : Mélissa Da Costa
Editions : Albin Michel (2020)
Nbre de pages : 258






Présentation de l'éditeur :
Amande ne pensait pas que l'on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l'ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s'attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s'ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d'avenir.


Mon avis :

Après avoir lu, l'année dernière, Tout le bleu du ciel que j'avais beaucoup aimé, je ne pouvais pas passer à côté des autres romans de Mélissa Da Costa. Je me suis tout naturellement penchée sur celui qu'elle avait publié en 2020 et dont le thème du deuil est, encore une fois, magnifiquement maîtrisé.

On suit Amande, âgée de 30 ans, qui le même jour va perdre son mari et sa petite fille. Douleurs atroces que de voir partir les deux êtres qui lui sont le plus chers. Comment arriver à vivre ? Survivre ? Comment gérer l'absence, le vide ? Comment avoir envie de continuer ?

Mélissa Da Costa propose ici un roman qui est subjuguant par sa façon qu'elle a de parler d'un thème tellement difficile.

Lorsque j'ai lu le premier chapitre, j'ai dit à mon mari : "Bon bon bon... à mon avis, il ne va pas être facile à lire...". Car ce premier chapitre vous place toute l'horreur que va vivre Amande en quelques heures. C'est dur. C'est poignant. C'est inimaginable.

Et pourtant...

Là encore, l'autrice écrit avec merveille l'histoire d'Amande, de sa reconstruction dans une maison isolée au coeur de l'Auvergne.

J'ai cru que j'allais beaucoup pleurer. Que ce roman allait me tirailler jusqu'au plus profond de mes tripes.

Il n'est pas forcément facile à lire par la douleur d'Amande que l'on vit avec elle à chaque page mais il n'est pas larmoyant non plus. Et c'est là toute la force d'écriture de Mélissa Da Costa : parler de choses difficiles avec une plume délicate et un ton qui vous oblige, malgré vous, à garder l'espoir et un petit sourire au coin des lèvres.

Les moments d'émotion sont bien présents mais le petit brin de soleil n'est pas loin non plus.

La reconstruction d'Amande se fait en notre présence et on se reconstruit avec elle.

Un très beau roman que je conseille. N'ayez aucune crainte. Il se lit bien. Il se lit avec douceur, en prenant son temps, comme Amande sait le prendre de son côté. Pour mieux revenir. Pour mieux vivre des lendemains plus sereins.

mercredi 1 septembre 2021

Le Chat, le Général et la Corneille

 



Autrice : Nino Haratischwili
Editions : Belfond (2021)
Nbre de pages : 588

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s'est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d'autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée - mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au cœur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d'extorsion et de chantage, il parvient à s'enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu'à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l'affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire. Lorsqu'il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l'occasion de se venger de ses anciens complices... Et peut-être de soulager sa conscience ?


Mon avis : 

Nouvelle découverte d'une autrice dont je n'avais jamais entendu parler et avec ce premier titre que je lis, j'avoue que j'en sors un peu perturbée...

On va suivre 3 personnages essentiels (le Chat qui est une jeune actrice, le Général qui est un ancien militaire et la Corneille qui est un journaliste) et autour d'eux vont graviter plusieurs autres personnages dont certains ont tenu un rôle primordial en 1995 lors de la guerre en Tchétchénie... Le Général va avoir un objectif que devront atteindre le Chat et la Corneille.

Ce roman n'a pas été facile à lire et il m'a fallu un peu plus de dix jours pour en venir à bout. Il est scindé en plusieurs parties et il y aura des chapitres alternés entre passé (1995) et présent (2016).

Je me suis laissée porter par la plume et l'histoire de l'autrice même si j'avoue que j'ai trouvé des longueurs et des passages pour lesquels je me disais qu'ils ne servaient à rien.

C'est vrai et faux à la fois car l'autrice va nous plonger dans la vie personnelle de chaque personnage principal et leurs familles mais également nous faire comprendre pourquoi le Général se donne un objectif très particulier.

En fait, c'est un roman puzzle où l'on pense que chaque pièce ne sert à rien alors même qu'elle est essentielle pour saisir l'ensemble.

Mais ça, je ne l'ai compris qu'au bout de la 3ème partie qui est celle qui lance véritablement un peu d'action dans ce roman plutôt narratif et introspectif.

L'autre chose qui m'a perturbée durant ma lecture c'est cette impression de flotter au début du XXème siècle et non pas en 2016. Peut-être est-ce dû à l'écriture ou alors à la situation géographique de l'histoire et des détails de cette Tchétchénie d'aujourd'hui ou de la Russie ? Honnêtement, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai situé le roman beaucoup plus tôt dans le temps mais cela me perturbait et j'étais tout le temps en train de me dire : non Laure on est bien en 2016...

Il n'empêche que je suis allée au bout de cette lecture avec parfois un sentiment de frustration de ne pas pouvoir le lire plus vite. Je ne lisais que 60 pages par jour environ et cela me suffisait. Cela m'a aussi permis de mieux appréhender les personnages, de mieux m'y attacher.

Ce que je peux vous dire en l'ayant fini c'est que ce n'est pas un coup de coeur et je ne pourrai pas vous dire que c'est un roman magnifique vu ce qu'il renferme. Ce serait déplacé, je trouve.

Non, je vous dirai simplement que c'est un roman émouvant et avec tout ce qui s'y trouve on ne peut que ressentir révolte, tristesse mais aussi espoir. 

Il y a des passages magnifiques et d'autres révoltants, répugnants.

L'ensemble a fait que je n'ai pas pu le lâcher avant d'arriver à cette fin qui m'a, là encore, perturbée. Elle est trop ouverte pour la lectrice que je suis alors même que j'aurais tellement aimé savoir comment tout cela allait se terminer.

C'est un roman contemporain que je ne regrette pas d'avoir découvert et qui j'espère trouvera ses lecteurs parce qu'il en vaut la peine par ces personnages si particuliers et si humains.

jeudi 19 août 2021

4 heure 22 minutes 18 secondes

 



Autrice : Lionel Shriver
Editions : Belfond (août 2021)
Nbre de pages : 382


RENTREE LITTERAIRE 2021


Présentation de l'éditeur :

Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l’exercice s’est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D’autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu’à ce que des problèmes de genoux ne l’obligent à la sédentarité.
Qu’à cela ne tienne, c’est certainement juste une passade.
Sauf que contre toute attente, Remington s’accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l’entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?


Mon avis :

Après Big brother et Les Mandible, voilà le nouveau roman de Lionel Shriver que j'ai eu la chance de découvrir pour sa sortie aujourd'hui. Et encore une fois, ce fut une lecture incroyable.

Avec un résumé qui me tentait beaucoup, je me doutais aussi que l'autrice n'allait pas rester sur le postulat d'un soixantenaire qui, du jour au lendemain, décide de faire un marathon alors même qu'il n'a jamais fait de sport de sa vie, contrairement à sa femme.

Ici, elle va creuser cette Société dans laquelle on vit, pour laquelle on donnerait presque notre dernier souffle pour être en forme et appartenir à un groupe prêt à affronter leurs limites mais aussi cette Société qui ne nous épargne en rien tant dans le privé que dans notre vie professionnelle.

C'est en cela que j'adore Lionel Shriver parce qu'elle scrute la moindre brindille que ses personnages vont pouvoir se balancer à la figure pour vous lancer des pistes de réflexion auxquelles on ne s'attendait pas.

Si l'ensemble est extrêmement bien construit, bien mené et m'a apporté ce que j'avais envie à savoir un excellent roman contemporain exigeant dans ce qu'il analyse, j'avoue que cette autrice a un style ou en tout cas une façon de faire qui pourra peut-être pas plaire à tout le monde.

En effet, la narration est lente; Lionel Shriver prend son temps. Elle décortique tout ce qu'elle peut à travers la vie de Remington et Serenata. Et j'ai a-do-ré !

D'ailleurs, des trois romans que j'ai pu lire maintenant, c'est celui qui m'a le plus parlé. Peut-être parce qu'aujourd'hui, à 45 ans, je vois les choses différemment. Peut-être parce que je me voyais un peu dans le personnage de Remington qui veut s'entretenir, garder un peu la forme, éviter que sa santé décline trop rapidement et adopter un sport qui peut lui convenir. Mais dans un autre temps, je comprenais Serenata qui a toujours fait du sport mais qui ne peut plus en faire et qui ne comprend pas que son mari veuille se lancer dans un marathon. Car on parle de 42,192 kms ! 

J'ai beaucoup aimé leurs échanges, leurs points de vue respectifs qui sont aussi intéressants que justes. Je n'ai jamais pu me placer plus d'un côté que de l'autre.

J'ai suivi jusqu'au bout cet homme qui se bat jour après jour pour parvenir à ses objectifs et cette femme qui, avec ses problèmes médicaux et ses doutes quant à la capacité de son époux de parvenir ses fins, va tenter de changer la donne.

J'ai adoré la fin et je n'en dirai pas plus de peur de trop en dire et ce serait vraiment dommage. On s'attend au pire. On vit le pire dans ces pages qui filent assez vite mais au vit aussi de très beaux moments.

Je suis vraiment ravie d'avoir pu découvrir ce nouveau titre de Lionel Shriver et j'espère que vous en ferez autant.

lundi 9 août 2021

Il était une lettre

 



Autrice : Kathryn Hughes
Editions : Le livre de poche (2017)
Nbre de pages : 412


Présentation de l'éditeur :

Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle y découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.

Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible… Celui de Chrissie, jeune sage femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.

Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.


Mon avis :

J'ai lu en 2017, Il était un secret, qui avait été une très belle lecture et il m'avait donné envie de continuer à découvrir cette autrice. C'est donc avec envie que je me suis lancée dans Il était une lettre.

Malheureusement, cette fois-ci, la magie n'a pas opéré comme je l'aurais escompté.

Même si j'ai été touchée par l'histoire de Tina, violentée par son mari pour n'importe quel menu prétexte, je n'ai pas été convaincue par certains passages et notamment celui où elle le quitte (désolé pour le petit spoil). D'autant qu'en fin de roman, lorsqu'elle explique certaines choses, je n'avais pas du tout la même impression qu'elle sur la situation, la façon dont elle a été gérée...

Je suis donc restée assez extérieure à cette narration et je me suis un peu plus impliquée dans celle de Chrissie en 1939... Mais là encore, il y a eu des moments que je voyais venir à des kilomètres et je n'ai donc eu aucune surprise lorsque les choses se produisaient enfin.

Même si la lecture reste agréable par l'écriture fluide de Kathryn Hughes, cela ne m'a pas suffi à m'imprégner véritablement de tout ce qui se passait dans le roman et on ne peut pas dire que les recherches effectuées par Tina soient vraiment au centre du roman... D'ailleurs, dans la 3ème partie, ce personnage s'efface un peu au profit d'un nouveau qui tombe comme un cheveu dans la soupe qui vous fait dire "mais pourquoi tu n'en as pas parlé avant ??".

Forcément, tout est bien qui fini bien comme n'importe quel livre de ce genre et même si l'ensemble ne m'a pas vraiment convaincue et que je l'ai trouvé finalement assez moyen, alors même qu'il fait l'unanimité sur la blogosphère et autres réseaux (je vais encore paraître comme le mauvais petit canard mais j'assume), je lirai encore cette autrice surtout pour sa façon de narrer les histoires.

Je me suis demandée si je n'allais pas abandonner ma lecture à un moment donné mais finalement un petit quelque chose me poussait quand même à aller au bout et même si je me doutais de tout, je ne regrette pas de l'avoir terminé.

Alors dois-je vous le conseiller ? Bien sûr parce qu'il faut toujours se faire son propre avis sur un roman surtout s'il vous tentait au départ. Certes, l'histoire n'est pas affriolante (à l'exception d'une seule scène sur les 400 pages qui m'a brisé le coeur de maman) mais Kathryn Hughes écrit magnifiquement bien. Rien que pour ça, elle vaut qu'on la découvre si ce n'est pas encore fait.

lundi 2 août 2021

Les promesses de l'innocence

 


Auteur : Eric Le Nabour
Editions : Presses de la Cité (2021)
Nbre de pages : 411


Présentation de l'éditeur :

Novembre 1954. Sous le soleil tranquille d'Alger, trois amies célèbrent leurs vingt ans le même jour. Dans cette Algérie aux beautés enchanteresses, chacune vit sa jeunesse traversée par des doutes et des espoirs. Entre ses parents et l'officier auquel on veut la marier, Clotilde sent le contrôle de sa vie lui échapper. Naïma a dû renoncer à devenir infirmière pour veiller sur son père malade et ses frères. Judith, étouffant dans le cocon familial traditionnel, vit une passion secrète avec son amant arabe.

Trois destins que tout, en apparence et dans la précipitation des événements, doit vouer à la rupture sinon à l'affrontement. Et pourtant...

Un roman choral sur la force sacrée de l'amitié et les choix courageux de trois femmes qui ne cesseront de se chercher, de part et d'autre de la Méditerranée.


Mon avis :

Je remercie d'abord les Editions Presses de la Cité pour cet envoi spontané qui m'a permis de découvrir un nouvel auteur et une histoire vers laquelle je ne serais pas allée de moi-même parce que ce n'est pas une période que je maîtrise et qui m'intéresse forcément.

Pour autant, j'ai pris plaisir à découvrir cette amitié entre ces trois jeunes femmes de religion différente qui va être mise à rude épreuve au fur et à mesure que l'on va progresser et que l'Histoire va se mettre en place et entraîner des évènements graves.

Petit à petit on va basculer dans la guerre d'Algérie avec la mise en place et l'essor du FLN et des autres groupes qui vont se former.

On va suivre Clotilde (chrétienne), Naïma (mulsumane) et Judith (juive) dans les méandres d'un pays qui va souffrir des complots et actes meurtriers alors même que jusque là les membres des différentes communautés vivaient ensemble sans animosité.

Comme je le disais, je ne maîtrise pas cette période de l'Histoire et je ne m'y suis jamais vraiment penchée dessus mais j'ai trouvé justement que le roman de Eric Le Nabour était très bien fait parce qu'avec des mots simples, un style fluide et facile à lire, on apprend ce qu'il s'est passé, comment cela s'est produit, même si certains évènements restent un peu flou pour moi.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés de Clotilde et Naïma notamment que j'ai trouvées plus intéressantes à suivre que Judith. Les deux premières vont vraiment vivre des évènements terribles et tenter de garder cette amitié si durement menée avec ce qu'il se passe.

Au contraire, j'ai trouvé Judith plus égoïste et elle s'efface d'ailleurs à un moment donné du récit. Du coup, je ne me suis pas forcément attachée à elle et son histoire avec cet homme qu'elle n'aurait jamais dû aimer, aux yeux de son père...

Pour autant, elle n'est pas inintéressante parce qu'elle marque cette volonté féminine de sortir du joug paternel et fraternel. Elle veut ce qu'aucune femme n'a pu obtenir jusque là : vivre la vie qu'elle s'est elle-même choisie.

Naïma ne sera pas en reste et c'est vraiment celle qui m'a le plus touchée par tout ce qui lui arrive. J'ai vraiment eu un coup au coeur la concernant et j'étais toujours en attente de la retrouver.

Quant à Clotilde, c'est celle qui va bousculer beaucoup de choses dans la vie de ses parents. Son père, militaire de carrière, sera aussi un élément important dans cette histoire au coeur de l'Histoire.

C'est un roman qui ne peut pas laisser indifférent, même si je ne suis pas sûre de creuser cette période. Elle est compliquée tant du point de vue militaire, religieuse que politique mais l'auteur sait parfaitement se mettre au niveau du lecteur lambda pour en faire une lecture adaptée et que l'on puisse suivre ses personnages sans ambages.

Cela m'a donné d'ailleurs envie de lire d'autres romans de Eric Le Nabour et vu sa bibliographie j'ai de quoi faire.

lundi 29 mars 2021

Fantômes

 



Auteur : Christian Kiefer
Editions : Albin Michel (2020)
Collection : Terres d'Amérique
Nbre de pages : 288



Présentation de l'éditeur :

Été 1945 : lorsque le soldat américain d'origine japonaise Ray Takahashi rentre du front, personne n'est là pour l'accueillir en héros sur les terres de son enfance, dans le nord de la Californie. Ses parents, après avoir été expulsés et enfermés au camp de Tule Lake, vivent désormais à Oakland. Mais Ray veut comprendre pourquoi leurs anciens voisins et amis ont coupé les ponts avec eux, et surtout revoir leur fille Helen, sa petite amie. C'est à ce moment-là qu'il disparaît sans laisser de traces.
Printemps 1969: de retour du Vietnam, et hanté par les fantômes de la guerre, John Frazier cherche son salut à travers l'écriture d'un roman. En s'emparant accidentellement du destin de Ray, le jeune écrivain ignore tout des douloureux secrets qu'il s'apprête à exhumer.
En revenant sur l'histoire méconnue de dizaines de milliers de Nippo-Américains internés dans des camps après l'attaque de Pearl Harbor en 1941, Christian Kiefer tisse un drame familial poignant et lumineux, qui interroge notre rapport intime à la mémoire et au passé.



Mon avis :

Ce roman met en avant l'histoire méconnue de l'internement de dizaines de milliers de japonais dans des camps après l'attaque de Pearl Harbor.

Le récit se fait par john Frazier, vétéran de la guerre du Vietnam, qui va, par hasard, découvrir l'histoire de Ray Takahashi, mystérieusement disparu à son retour de la guerre de 1945. Il va alors enquêter pour savoir ce qu'il est advenu de cet homme...

J'ai littéralement dévoré ce roman de moins de 300 pages, souhaitant connaître le sort de Ray. On apprend au fur et à mesure ce qu'il en était entre les Takahashi et les Wilson (propriétaires qui leur louait une petite maison sur leur terrain).

Dès les premières pages, on ressent la haine contre les "Japs". L'atmosphère est lourde, pesante mais l'écriture est si fluide qu'elle donne au lecteur cet allant pour continuer quoi qu'il lui en coûte.

J'ai eu un pincement au coeur à maintes reprises. J'ai détesté un personnage féminin et je me suis demandée comment on pouvait réagir de telle façon.

Les secrets sont terriblement bien gardés, même si on se doute de certaines choses.

C'est un roman court mais d'une intensité époustouflante, touchant et émotionnellement marquant par tout ce qu'il dévoile tant du côté de Ray mais également lorsque l'on apprend à connaître John qui lui aussi a été marquée par une guerre détestable.

En bref, et en peu de mots : il est à lire d'urgence !

jeudi 25 mars 2021

Le fabuleux voyage du carnet des silences

 




Auteure : Clara Pooley
Editions : Fleuve (2021)
Nbre de pages : 469



Présentation de l'éditeur :

Monica a abandonné sa carrière d’avocate pour réaliser son rêve : ouvrir un café sur Fulham Road. Le jour où un de ses clients oublie son carnet sur une table, elle ne peut s’empêcher de le lire. Les premières pages lui révèlent la confession de Julian Jessop, un artiste excentrique, âgé de soixante-dix-neuf ans qui exprime toute sa tristesse et sa solitude depuis la mort de sa femme.
Touchée par cette idée de révéler des sentiments intimes à des inconnus, Monica décide de continuer le carnet avant de le déposer dans un bar à vin.

Au risque de voir son destin bouleversé de manière inattendue…



Mon avis :

Après avoir lu le résumé de cet ouvrage, j'ai eu très envie de le découvrir en me plongeant dans un récit que je pensais feel-good. Hors ce n'est pas le cas.

Ici, on est dans du contemporain dans lequel l'autrice va faire succéder des personnages qui écriront des révélations intimes dans un carnet.

Si j'ai aimé l'idée de départ et les différentes rencontres, j'avoue que je pensais que le roman aurait été tourné différemment et en l'occurrence que l'on lirait mot pour mot ces fameuses révélations et non qu'on les apprendrait via les personnages par moment.

Du coup, je suis restée extérieure à leurs histoires et je ne me suis attachée à aucun d'entre eux.

Pour autant, j'ai toujours voulu savoir comment cela allait se terminer pour les uns et les autres puisque des liens se tissent au fur et à mesure que l'on avance. Et, finalement, je suis arrivée à la fin, qui m'a un brin déçue concernant un personnage que je ne pensais pas être "menteur" mais qui m'a aussi touchée.

C'est un roman choral qui se lit bien et qui aborde des thématiques diverses comme la maternité, les réseaux sociaux, les addictions... C'est un roman qui plaira par son style fluide mais qui, sur le fond, ne m'a pas totalement convaincue.

dimanche 3 janvier 2021

L'écho des promesses

 



Auteure : Mélanie Levensohn
Editions : Fleuve (2020)
Nbre de pages : 400



Présentation de l'éditeur :

Paris 1940 : Dans la Ville lumière, sous l’occupation allemande, Christian, le fils d’un banquier est amoureux de Judith, une jeune étudiante juive. Le jeune couple envisage de fuir, mais soudain Judith disparaît sans laisser aucune trace...
Montréal, 1982 : peu avant sa mort, Lica Grunberg confesse à sa fille, Jacobina, qu’elle a une demi-sœur issue d’une relation précédente. Dans les tumultes de la guerre, Lica a cependant perdu tout contact avec sa fille aînée, un abandon qu’il a regretté toute sa vie. Sa dernière volonté : que Jacobina retrouve sa demi-sœur et récrée ce lien que son père a brisé à jamais.
Washington DC, 2006 : Béatrice, la quarantaine, en poste à la banque mondiale, cherche de plus en plus un sens à sa vie. Quand elle rencontre une vieille dame, grâce à une association qui vient en aide aux personnes démunies, elle n’imagine pas combien sa vie va changer. Car elle va être confrontée à une demande particulière : aider à tenir une promesse…



Mon avis :

J'attendais autre chose de ce roman qui, au final, m'a laissé de marbre. Bien que le récit se fasse en alternance entre le passé (1940) et le présent (2006), il ne m'a pas apporté les émotions que ce type de livre sur la 2nde guerre mondiale peuvent engendrer. Autant le récit sur 1940 est poignant et intéressant, autant celui de 2006 m'a lassée parce qu'il part dans une romance que je n'attendais pas.

L'histoire se lit bien et est plutôt agréable mais les problèmes de Béatrice (en 2006) prennent le dessus sur les recherches qu'elle effectue pour une vieille dame ayant fait une promesse a son père sur son lit de mort : savoir ce qu'il est advenu de sa demi-soeur...

J'ai eu du mal à entrer dans cette lecture et je n'ai jamais été emportée par la narration de 2006 qui me coupait le rythme sur ce qu'il se passait en 1940.

Bizarrement, cette fois-ci, la sauce n'a pas vraiment pris et je ne me suis pas du tout attaché aux personnages. Dommage !

jeudi 6 août 2020

La fille de l'océan


Auteur : Alexis Aubenque
Editions : Hugo Poche (2020)
Nbre de pages : 355



Présentation de l'éditeur :

Au début de l’été, Jason Zimmer, enseigne de vaisseau des gardes-côtes du district de Santa Barbara, sauve in extremis de l’océan déchaîné une jeune femme. Vicky Lance, une chanteuse célèbre, connue pour ses frasques et sa vie dissolue. Mais Jason est persuadé que derrière cette image, se cache une personnalité bien plus complexe et touchante. Quels terribles secrets peut-elle bien cacher ? De son côté, Keith Morrison, journaliste au Santa Barbara News, écrit des articles où il dresse le portrait de citoyens ordinaires. Il vient de porter son choix sur une mère de famille, danseuse dans un club privé. Le parcours exemplaire d’une femme modèle, farouchement déterminée à s’en sortir. Mais est-elle vraiment prête à tout ? Enfin, un cadavre a été retrouvé dans la campagne environnante. Sandy Dawson, sergent au commissariat de la ville, est appelée sur place. La piste criminelle est aussitôt envisagée.

Qui est innocent, qui est coupable ? Méfiez-vous des apparences…




Mon avis :

Après l'abandon de La fille de la plage l'année dernière, je partais peu rassurée sur cette lecture.

On retrouve les personnages du précédent titre mais 8 ans plus tard et je pense que c'est ce qui a fait la différence, puisque les personnages étant devenus adultes (ils ont 26-27 ans environ) ils sont plus matures.

C'est une lecture estivale qui passe bien, sans prise de tête.

Je ne me suis pas attachée aux personnages et j'ai vu certaines choses arriver avant leur révélation mais je suis contente d'avoir suivi les soucis des uns et des autres et les liens qui les unissent malgré les divergences qui se dressent entre eux.

Les personnages principaux qui m'avaient horripilée dans La fille de la plage m'ont bien plu ici. Qu'il s'agisse de Jason (garde-côte), Keith (journaliste) ou Sandy (sergent de police), ils apportent tous une pierre à l'édifice.

Alors que cela avait plutôt mal commencé l'année dernière, j'avoue que je me demande comment les personnages et leur entourage vont évoluer et cela me donne envie de lire le prochain roman de l'auteur.

lundi 15 juin 2020

Isabelle, l'après-midi

Auteur : Douglas Kennedy
Editions : Belfond (2020)
Nbre de pages : 307



Présentation de l'éditeur :

Avant Isabelle, je ne savais rien du sexe.
Avant Isabelle, je ne savais rien de la liberté.
Avant Isabelle, je ne savais rien de la vie.

Paris, début des années 1970.

Dans une librairie de la rive gauche, un jeune homme rencontre une femme. Il est américain, étudiant, sans le sou, et a tout quitté pour assouvir ses fantasmes de la Ville Lumière ; elle est française, un peu plus âgée, sophistiquée, mystérieuse et… mariée.

Entre Sam et Isabelle, c’est le coup de foudre.

Commence alors une liaison tumultueuse, des cinq à sept fiévreux, des rendez-vous furtifs, des moments volés. Mais Sam veut plus. Isabelle lui a ouvert les portes d’une autre vie mais est-elle prête à tout lui sacrifier ? La passion saura-t-elle résister au quotidien, aux épreuves et au temps qui passe ?



Mon avis :

Le moins que je puisse dire du dernier roman de Douglas Kennedy, c'est qu'il ne m'aura pas laissée de marbre. C'est la première fois que je mets des post-it dans un livre et celui-là en est farci jusqu'aux 3/4.

On vit l'histoire de Sam, jeune américain de 22 ans venu à Paris le temps d'un mois de vacances à Paris, histoire de parfaire son français, et d'Isabelle, traductrice de 36 ans. Entre eux, le courant va passer immédiatement. Mais si Sam tombe très vite amoureux, c'est Isabelle qui va mener leur relation comme elle l'entend car elle est mariée et ne compte pas perdre de ce qu'elle a.

Je n'ai pas du tout aimé Isabelle que j'ai trouvée très égoïste. J'ai trouvé qu'elle jouait avec ce jeune homme, un brin perdu, esseulé et cela m'a dérangée, mise mal à l'aise. J'étais désolée pour Sam qui attendait tellement plus de cette relation. Je ne suis pas férue de ce genre de roman aux relations toxiques mais je voulais voir comment Sam allait évoluer et quelle allait être sa vie. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle ne sera pas un long fleuve tranquille... Il ne fera pas toujours les bons choix alors qu'il ne recherche qu'une seule chose : le bonheur avec l'être aimé.

N'est-ce pas ce que nous recherchons tous ?

Les personnages vont évoluer, bien entendu. Ils vont vivre leurs vies mais le premier vrai amour est celui que l'on n'oublie jamais. Celui pour lequel on serait peut-être prêt à faire n'importe quelle concession, sortir un brin des rangs, quitte à avoir le coeur encore brisé.

C'est un roman comme Douglas Kennedy sait les écrire. Il fait réagir son lecteur. Difficile ne rester sans réaction que ce soit avec la relation Sam/Isabelle que celles que Sam aura par la suite...

Je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce roman et je ne me suis pas spécialement attachée à Sam si ce n'est dans les moments difficiles qu'il devra combattre pour Ethan...

Quoi qu'il en soit, c'est un roman auquel on ne peut pas rester insensible et qui est à découvrir.

mercredi 6 mai 2020

Le gang des rêves

Auteur : Luca di Fulvio
Editions : Pocket (2017)
Nbre de pages : 945


Présentation de l'éditeur :

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt... L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s'achève quelques heures plus tard sans qu'on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio. Roman de l'enfance volée, Le Gang des rêves brûle d'une ardeur rédemptrice : chacun s'y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l'illusion de la pureté.


Mon avis :

Plébiscité par bon nombre de lecteurs dès sa sortie, il me tardait de lire ce roman pour comprendre cet engouement. Je l'ai lu en LC avec @celinelecture et le moins que je puisse dire c'est que je suis encore à côté de la plaque.

Tout commence avec un prologue auquel je ne m'attendais pas tant il est violent sur une gamine de 13 ans. Cela continue sur 80 pages que j'ai eu bien du mal à lire. Viols à répétition, prostitution juvénile, agressions horribles... voilà le début du roman. J'ai du énormément de mal avec le début et encore plus avec le chapitre 8 qui m'a carrément traumatisée. A ce moment là, j'étais en plein doute. Allais-je continuer ? En quoi ce roman pouvait-il être magnifique avec un début aussi terrible ?

J'ai continué parce que je le lisais avec Céline et qu'elle était autant sidérée que moi. Nous nous sommes soutenues jusqu'au bout.

Je n'ai jamais réussi à m'attacher aux personnages. Je ne me suis pas intéressée totalement à ce qui leur arrivait. Que ce soit Cetta, Christmas ou Ruth, je suis restée extérieure à leurs vies.

J'ai attendu les guerres entre gangs qui ne sont jamais venues comme je l'entendais. L'auteur décrit New-York de 1920 de façon un peu trop survolée. J'aurais aimé plus de détails, de profondeur.

On reste sur une histoire classique d'un personnage qui veut sortir de sa condition pour s'élever dans la société. On y trouve l'amour compliqué, la difficulté de se reconstruire après un événement tragique mais l'ensemble est déjà vu.

Si l'auteur écrit magnifiquement et plonge son lecteur dans son roman malgré lui, il n'empêche que le tout ne sort pas du lot. Je n'ai pas trouvé tout ce qui en fait une pépite ou le rend exceptionnel.

Je ne suis pas sortie conquise de cette lecture, loin de là même, mais j'admets que Luca di Fulvio est un excellent romancier à la plume agréable que je relirai un jour.

dimanche 3 mai 2020

Tout le bleu du ciel


Auteure : Mélissa Da Costa
Editions : Le livre de Poche (2020)
Nbre de pages : 838



Présentation de l'éditeur :


Petiteannonce.fr : Émile, 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.

Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, avec le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme, qui a pour seul bagage un sac à dos, un grand chapeau noir, et aucune explication sur sa présence. Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naît, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.


Mon avis :

J'ai lu ce titre un peu par hasard et je remercie vraiment les éditions Le livre de poche et Netgalleyfrance pour avoir accepté de me transmettre ce roman.

Je n'avais eu que quelques retours, très positifs cela dit, et cela m'avait rendu curieuse. Mais le thème de la maladie m'angoissait aussi. Ici, je peux vous assurer que si vous redoutez comme moi ce genre d'ouvrage par peur d'y laisser trop d'émotions, vous pouvez y aller franco.

Mélissa Da Costa a écrit une magnifique histoire entre Emile, 26 ans, condamné par un Alzheimer précoce, et Joanne, 29 ans, qui répond à son annonce de voyage. Tous les deux vont vivre une belle aventure sur les routes de France et nous embarquons avec eux, d'abord avec un peu de réticence puis avec plaisir et envie.

L'écriture de Mélissa Da Costa est très agréable, fluide, bourrée d'émotions (du rire au pincement au cœur) mais sans que ce soit triste et larmoyant. Elle réussit à faire un roman plutôt léger avec une maladie qui n'est jamais très loin.

C'est une histoire magnifiquement écrite et très bien construite. J'ai adoré suivre Emile et Joanne dans leur voyage et apprendre à les connaître au fil des kilomètres parcourus. Tout est splendide et la fin arrive inexorablement alors que l'on aurait bien poursuivi ce voyage. Une fin belle, comme tout le reste, avec un choix fin par Joanne qui m'a émue aux larmes.

C'est une jolie découverte. Une pépite à lire sans attendre. Pour un 1er roman, c'est une très belle réussite qui me donne envie de découvrir le prochain titre de l'autrice.


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jeudi 9 avril 2020

Sang famille

Auteur : Michel Bussi
Editions : Presses de la Cité (2018)
Nbre de pages : 420


Présentation de l'éditeur :

"Tel un soleil brutal, la lumière du phare des Enchaînés inonde la pièce. Une seconde à peine. Puis l'obscurité reprend le dessus, simplement percée du halo des lampes torches. Je vais mourir ici. C'est une certitude. Une seule question me hante, la dernière : jusqu'où sont-ils prêts à aller pour me faire avouer ? A fouiller ma mémoire, comme s'ils pouvaient en arracher les souvenirs qu'ils convoitent ? Tout est allé si vite, à peine quatre jours.
Je n'étais alors qu'un adolescent parmi d'autres. Un orphelin. C'est du moins ce qu'on avait toujours voulu me faire croire..."


Mon avis :

J'ai lu ce roman dans le cadre de la LC organisée par @mes_carnets_litteraires. Il fallait lire en mars un roman de Michel Bussi et j'ai jeté mon dévolu sur son tout premier roman.

Si l'écriture de l'auteur reste toujours aussi agréable et fluide, je n'ai pas totalement accroché à l'histoire de Colin. On est sur une enquête familiale qu'il va mener sur l'île de Mornesey, là où son père, 10 ans plus tôt, a trouvé la mort.

On va être plongé dans le passé trouble de cette famille et j'ai trouvé l'ensemble assez long.

Je ne peux pas dire non plus que j'ai eu de véritables surprises avec. Même s'il se lit facilement, je n'arrivais pas à retrouver les émotions que Michel Bussi arrive à me faire ressentir avec ses autres romans.

J'ai été, par contre, plus intriguée par l'histoire voire le mythe de cette île que par tout le reste.

La couverture donne un air de vacances à ce bouquin et c'est ce que j'ai ressenti la plupart du temps. Une petite enquête par un ado de 16 ans, hors ces heures de cours de voile dans la colo où il s'est inscrite. C'est gentillet mais pas exceptionnel et j'en sors un peu déçue.

jeudi 2 avril 2020

Les murmures du lac

Auteure : Karine Lebert
Editions : Presses de la Cité (2020)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 344


Présentation de l'éditeur :
20 ans après son départ soudain, Isaure est de retour en Vendée. Mais au moment de retrouver sa sœur jumelle Lucille, elle assiste impuissante à l’accident de moto qui propulse celle-ci dans le lac du Jaunay. Incapable de la sauver, Isaure prend une folle décision : prendre la place de sa sœur, le temps de récupérer sa fortune. Mais une surprise attend Isaure dans la demeure familiale de l’île d’Yeu : Lucille laisse derrière elle Noé, un nourrisson…
Malgré la crainte d’être à tout moment démasquée, Isaure se fond dans la vie de sa jumelle. Le destin n’a pas toujours été tendre avec elle, lui offrirait-il une seconde chance ?


Mon avis :

Après avoir eu un coup de cœur pour le dyptique "Les amants de l'été 44", j'étais ravie de pouvoir découvrir le nouvel opus de l'auteure dans lequel on va suivre Isaure qui va prendre la place de sa sœur jumelle, Lucille, décédée dans un accident.

Lu en LC avec @labelettestephanoise, nous avons été emportées, dès les premières pages, par une histoire intéressante, des personnages énigmatiques et une écriture fluide et toujours aussi agréable.

Ces jumelles sont très différentes l'une de l'autre. On est loin des jumeaux fusionnels et il y a beaucoup de secrets gardés tant par Isaure que par sa soeur défunte...

Si la 1ère moitié du roman rend la lecture interrogative et prenante, j'ai trouvé que dans la 2nde on tombait dans la facilité. Et cela ne s'arrange pas vraiment à la fin...

Je m'attendais à plus de difficultés pour Isaure. Que les proches de Lucille lui mettraient un peu plus de bâtons dans les roues. Hors c'est trop peu le cas au point que cela n'en devient pas forcément crédible et je n'ai pas adhéré à la 2ème moitié du livre.

Cela n'enlève pas le style agréable qui m'a fait du bien en cette période de confinement mais si vous vous lancez dedans, ne vous attendez pas à un énorme suspense. Et c'est dommage.

Le titre n'égale pas le dyptique que j'ai lu précédemment et que, par contre, je vous recommande fortement 😁

samedi 26 octobre 2019

Laurie

Auteur : Stephen King
Editions : Albin Michel (2019)
Nbre de pages : 40


Présentation de l'éditeur :
Lloyd vient de perdre sa femme. Pour l'aider à surmonter son deuil, sa soeur Beth lui rend visite et lui offre un adorable chiot baptisé Laurie dont il ne veut pas. Mais avec le temps, un lien se crée entre l'homme et l'animal...


Livre numérique gratuit disponible sur le site de l'éditeur ou site marchand


Mon avis :

Cette nouvelle de Stephen King parle de la relation entre un homme et son chien.

Pas d'horreur ni de fantastique ici mais un récit touchant que tous les amoureux de chiens devraient lire.

On voit la relation s'installer petit à petit, tout comme l'attachement de cet homme envers ce toutou qu'il ne voulait pas au départ.

J'avoue que si c'est effectivement beau à lire, le format est trop court pour moi. J'aurais aimé continuer à suivre ces deux là pendant encore plusieurs pages.

Cependant, Stephen King montre avec cette nouvelle qu'il peut écrire autre chose que des romans à sensation qui nous font frissonner d'horreur ou d'angoisse.

Ici, nous sommes pris aux tripes d'une façon très différente que j'ai beaucoup aimé.

Chapeau à lui, encore une fois !

vendredi 13 septembre 2019

L'envers de l'espoir

Auteur : Mechtild Borrmann
Editions : Le livre de poche (Octobre 2018)
Nbre de pages : 352


Présentation de l'éditeur :
Valentina vit dans la zone interdite de Tchernobyl. Les seuls habitants de cet endroit maudit sont ceux qui n’ont pas d’autre choix ou qui cherchent à se cacher. Cette femme usée par la vie attend désespérément le retour de sa fille dont elle n’a plus de nouvelles depuis des mois. Elle semble avoir disparu, comme beaucoup d’autres étudiantes parties pour l’Allemagne avec une bourse en 2009. Pour combler le vide et garder l’espoir de la retrouver, Valentina consigne dans un cahier ses souvenirs, avant et après la catastrophe. Dans le même temps, en Allemagne, Matthias Lessmann cache une jeune Ukrainienne qu’il a recueillie un matin d’hiver. En lui venant en aide, il est loin d’imaginer à quel point sa vie va basculer...


Mon avis :

Il est difficile de classifier ce roman car on n'a pas vraiment d'enquête officielle sur la disparition d'une jeune ukrainienne de 17 ans et le côté historique sur la catastrophe de Tchernobyl se fait à travers le récit de Valentina, une mère qui recherche sa fille.

Lorsque j'ai pris ce roman au boulot, je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais le mot Tchernobyl m'avait accrochée.

D'ailleurs, c'est la narration de Valentina qui m'a le plus intéressée. Elle écrit à sa fille dans un cahier retraçant sa vie avant et après la catastrophe. C'est à la fois intéressant, bouleversant et émouvant comme récit.

Ensuite, nous avons les personnages de Matthias Lessmann, fermier en Allemagne, qui va recueillir chez lui une jeune fille totalement perdue et apeurée. Qui est-elle ? Que ou qui fuit-elle ? Il va tout faire pour l'aider.

Puis, il y a Leonid qui est flic et qui tente de retrouver la fille de Valentina qui serait partie étudier en Allemagne pour une période de six mois.

On se doute que la jeune fille recueillie par Matthias et celle recherchée par Leonid auront un lien mais lequel ? On voit aussi rapidement venir la thématique de la prostitution et de la traite des êtres humains. Du coup, je n'ai pas été vraiment surprise et pas vraiment emballée par ce que je lisais.

L'enquête est cependant difficile pour Leonid car on lui met les bâtons dans les roues et on se demande s'il va réussir à localiser la jeune fille.

J'avoue que ces passages étaient intéressants mais j'étais surtout obnubilée par l'histoire de Valentina.

Du coup, j'ai trouvé le livre plaisant à lire mais avec deux histoires que l'on vit en parallèle et qui n'ont pas eu le même intérêt pour moi, j'en garderai le souvenir d'un bon livre mais pas forcément exaltant et éprouvant.

La construction est cependant très bien faite et si j'ai l'occasion de relire l'auteur avec un de ses autres titres, ce sera avec plaisir que je le ferai.

mardi 20 août 2019

A pile ou face

Auteur : Jeffrey Archer
Editions : Les Escales (Juin 2019)
Nbre de pages : 484 (version papier)


Présentation de l'éditeur :
Leningrad, 1968. Depuis sa plus tendre enfance, Aleksandr Karpenko est destiné à de grandes choses. Mais lorsque son père est assassiné par le KGB pour avoir défié l'État, lui et sa mère doivent fuir l'URSS. Sur les quais d'un port, ils sont confrontés à une décision irrévocable : faut-il 
embarquer pour les États-Unis ou pour la Grande-Bretagne ? Aleksandr joue son destin à pile ou face... 
Les deux vies parallèles d'Aleksandr nous sont alors dévoilées. À Londres, il poursuit de brillantes études. À New York, il se lance tout de suite dans les affaires. Se déploie ainsi une épopée de plus de trente ans entre deux continents, durant laquelle Aleksandr va devoir traverser de nombreuses épreuves pour conquérir ces nouveaux mondes qui s'offrent à lui.


Merci aux Editions Les Escales et à Netgalley pour cette lecture


Mon avis :

Jeffrey Archer est un auteur que j'avais très envie de découvrir, sans forcément débuter avec sa série "Chronique des Clifton" qui compte 7 tomes. Sa nouvelle parution était donc toute indiquée.

Avec "A pile ou face", on va suivre deux destinées probables proposées à Elena et son fils Alexandre, lord de leur fuite de l'URSS, après que le père ait été tué par le KGB. Ils auront le choix entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

Jeffrey Archer va nous faire suivre deux existences possibles par des chapitres alternés et j'ai tout simplement adoré ce qu'il a fait avec Elena et Alexandre.

Tout ne sera pas facile pour ces immigrés russes, surtout que le roman débute en 1968, en pleine guerre froide.

Alexandre est alors un adolescent qui devra faire des choix pour lui mais aussi pour sa mère. Le KGB n'est jamais loin non plus, ce qui met une certaine tension, surtout lorsque nous sommes dans la narration américaine.

Le roman est vraiment très bien conçu et l'intrigue est maîtrisée à la perfection, avec des personnages très attachants.

J'ai pris mon temps pour le livre (environ 10 jours) parce que je me sentais bien et que la plume était vraiment très agréable. Il n'y a aucune longueur; il se passe énormément de choses qui rendent le lecteur accroché à son livre et la fin est excellente. Je ne l'avais pas vu venir et j'ai été bluffée.

Par contre, le format numérique est une catastrophe.

Je ne sais pas si c'est un ebook mal conçu parce qu'il s'agit d'un SP numérique (certains éditeurs proposant des épreuves non corrigées) ou si c'est parce que c'était en format kindle et non epub mais il a été très désagréable à lire : mots scindés sans logique, notes en plein milieu de la narration (au lieu d'une fin de chapitre); aucun saut de page pour marquer les chapitres et les remerciements en fin d'ouvrage sont collés à la fin du roman.

C'est du brut de décoffrage. Tout est mis en bloc comme si on se moquait totalement du lecteur qui est devant sa liseuse et c'est horrible à lire.

Sur les premières pages, je me suis demandée si j'allais continuer ou arrêter tant c'était vraiment désagréable. Mais au final, je me suis laissée emporter par l'histoire qui méritait d'être découverte et j'ai fait l'impasse sur cet ebook franchement très mal foutu.

Si je vous recommande fortement la lecture de ce roman parce que je me suis régalée du début à la fin, je ne conseille absolument pas le format ebook (ne sachant pas si la version payante sera mieux que la mienne...). Dans tous les cas, et c'est fort dommage pour eux, je ne compte plus solliciter de roman des Escales via Netgalley si c'est pour avoir le même genre de problème avec l'ebook. Comme on le dit : "chat échaudé craint l'eau froide"...