mercredi 24 janvier 2018

Le vol du gerfaut

Auteur : Jean Contrucci
Editions : HC Editions (janvier 2018)
Nbre de pages : 235


Présentation de l'éditeur :
Jean-Gabriel Lesparres est l'un des plus grands auteurs de son temps. Prix Goncourt, directeur littéraire, membre des plus grands jurys parisiens, il n'a plus rien à prouver à personne... Si ce n'est peut-être à lui-même. Depuis dix ans, il peine à achever son dernier roman, que lui réclame à cor et à cris son éditeur et vieil ami. L'écrivain sait que son texte n'est pas à la hauteur des précédents et refuse de céder à la machine éditoriale. Une idée lui vient alors, qui va modifier le cours de son existence : se faire voler son manuscrit et enterrer définitivement ce projet. Tout se passe à peu près comme prévu, jusqu'au jour où il découvre que son texte va être publié sous le nom d'une jeune auteure inconnue... et par son propre éditeur.


Mon avis :

Je ne connaissais pas Jean Contrucci et c'est avec son dernier titre que j'ai fait sa connaissance. Autant vous dire d'emblée que ce roman m'a donné très envie de continuer ma rencontre avec cet auteur.

Je ne referai pas de résumé vu que celui de l'éditeur est suffisant explicite pour vous donner l'envie (en tout cas, je l'espère) de découvrir "Le vol du gerfaut".

Ce que j'ai beaucoup aimé dans ce roman, et ce dès le début, c'est ce septuagénaire qui, après plus de 40 ans de carrière, refuse que son dernier roman soit publié parce qu'il ne lui convient pas et qu'il va planifier le vol de ce manuscrit pour que son éditeur lâche l'affaire.

Parce que Jean-Gabriel Lesparres a signé un contrat avec cet éditeur et qu'il lui est impossible de passer outre cet engagement.

On va suivre tout le cheminement que Jean-Gabriel Lesparres a mis en place pour ce fameux vol mais on va aussi se rendre compte que cet homme va se retrouver dans les rets de son propre piège. Et là, autant le lecteur que l'auteur fictif vont chercher à savoir qui est derrière cette machination infernale.

J'avoue que j'ai suspecté chaque personnage qu'il s'agisse de l'éditeur qu'il a un réel intérêt à faire publier un roman qui va se vendre, puis la femme de Jean-Gabriel ou son meilleur ami mais également le propre voleur...

La construction du roman est magnifiquement organisée et il est délicat de prendre une réelle décision sur le vrai coupable.

A un moment donné, je me suis dit que tout le monde se liguait contre Jean-Gabriel et qu'ils s'étaient tous donnés le mot pour récupérer le manuscrit qu'il ne voulait pas publier et qu'ils étaient donc tous coupables.

Que nenni ! L'auteur est allé plus loin que cela...

La fin m'a ébranlée et beaucoup touchée mais ce qui est juste remarquable avec ce titre là c'est la façon dont Jean Contrucci montre l'envers du décor de l'édition et de ces auteurs qui ne souhaitent plus écrire, qui ne sont plus satisfaits de leurs écrits mais qui sont contraints de publier pour l'éditeur auprès duquel ils sont engagés.

J'ai adoré la façon dont l'auteur fait parler Jean-Gabriel avec cet humour cynique qui va tellement bien à la thématique abordée ici.

Les amoureux de la littérature ne s'y tromperont pas. Jean Contrucci a écrit un magnifique roman sur les doutes, les envies d'un auteur qui arrive à la fin de sa carrière. Lui-même est un auteur très prolifique que j'ai hâte de découvrir avec d'autres titres et si, comme moi, vous aimez les romans contemporains avec une plume tant poétique qu'incisive dans les réflexions d'un personnage auquel on s'attache très rapidement, je ne peux que vous conseiller de lire "Le vol du gerfaut". C'est un très bel ouvrage sur lequel il ne faut pas passer à côté.

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