dimanche 1 août 2010

L'enfant de tous les silences

Auteur : Kim Edward
Editions : Le livre de poche (2010)
Nbre de pages : 533

Quatrième de couverture :
1964. Une terrible tempête de neige paralyse le Kentucky. Le Dr David Henry n'a pas le choix : il doit accoucher lui-même sa jeune épouse, Norah, qui met au monde un magnifique garçon, puis une petite fille trisomique. En un instant, David, persuadé d'agir pour le mieux, va prendre une décision tragique : il confie la petite à Caroline, son infirmière, qui doit l'emmener dans une institution spécialisée. À Norah, il annonce que le bébé n'a pas survécu. Mais Caroline choisit de sauver la petite et de l'élever comme sa propre fille... Des années plus tard, la vérité refait surface, et, avec elle, des conséquences dramatiques pour cette famille déchirée.

Mon avis :

J'ai fini ce livre hier matin et soyons direct je n'ai pas vraiment accroché à la tournure que prenaient les évènements. Du coup, j'ai voulu prendre un peu de recul avant de rédiger mon avis pour tenter d'arriver à vous expliquer ce qui ne m'a pas plu dans ce livre.

Alors que la 4ème de couverture avait attiré mon attention, je crois que ce sont essentiellement les personnages de David et Norah, les parents de l'enfant trisomique, qui ont fini par m'exaspérer.

Tout d'abord, David. C'est un homme dans la trentaine quand l'histoire débute; il est chirurgien orthopédiste et il a une volonté telle que lorsqu'il rencontre Norah il SAIT que c'est la femme de sa vie et trois mois après leur rencontre il lui passe la bague au doigt. On peut dire qu'il est rapide et qu'il sait effectivement ce qu'il veut !

Lorsque Norah tombe enceinte un an plus tard et que l'accouchement a lieu, on sent en lui médecin : prévenant, sûr de lui et prenant les décisions qui s'imposent. Forcément, c'est ce qu'on attend d'un médecin, sauf que son passé va lui faire prendre une décision qui le hantera tout au long de sa vie. Et là, on a droit tout au long des 533 pages qui composent ce roman à un incessant ressassement de ce que fût sa vie, de pourquoi il a agi ainsi, de pourquoi il ne veut plus souffrir...

Là où j'aurais dû ressentir de la sympathie pour cet homme, là où j'aurais dû le comprendre, je n'ai eu que de l'exaspération. C'est bien simple : sur certains passages, j'ai sauté des pages !

Du coup, je me suis dit que j'arriverai à m'attacher à Norah, cette épouse à qui l'on ment effrontément et ce pendant plus de 20 ans ! (Parce que le livre court de 1964 à 1989 !).

Et là, patatra ! C'est la même chose mais pour des raisons différentes.

Au départ, Norah est présentée comme une jeune femme qui a tout eu dans sa vie, qui est épanouie, pleine de vie, aimant son mari et l'enfant qu'elle porte (elle ne sait pas qu'elle attend des jumeaux). Elle a tout pour être heureuse.

Bien entendu, lorsque son époux lui apprend que sa fille est mort-née, l'amertume la prend pour ne plus la quitter.

J'ai eu, là encore, du mal à comprendre cette femme. Même si la douleur de la perte d'un enfant est incommensurable, je pense que l'auteur aurait dû faire réagir son personnage bien avant la moitié de l'ouvrage passé !

D'ailleurs, j'ai préféré la Norah de la fin que du début. Elle se prend enfin en main et elle devient une femme qui se bat.

On voit dans cet ouvrage la destruction d'un couple par petit feu. Les non-dits se succèdent; le mensonge devient de plus en plus pesant avec les années qui passent. Ca s'enlise et ça se déchire. Là où j'aurais cru que l'ouvrage ce serait orienté vers la recherche de l'enfant lâchement abandonnée, j'ai eu droit à des lamentations, à des pleurs et des cris d'une mère que personne ne comprend. Norah ne sait que 50 pages avant la fin (soit au bout de 24 ans !) que son enfant est en vie ! Honnêtement, ça fait très long.

Heureusement quand même, chaque période de ces vies sera organisée par des chapitres alternant l'existence des parents et de cette petite fille recueillie par une infirmière qui refusera de la laisser dans une institution et n'hésitera pas à changer de vie et à se battre pour elle.

Et je peux dire que ces passages là étaient intéressants et émouvants. J'étais beaucoup plus intéressée par leur sort à elles que par celui des parents. On voit les difficultés de l'époque pour élever un enfant mongolien puisqu'à ce moment là ils étaient "réputés" pour ne pas vivre longtemps. Rien n'était fait pour tenter de les sauver d'une manière ou d'une autre. Du coup, non seulement Caroline (l'infirmière) va devoir s'occuper de cette enfant mais en plus elle devra faire face à un tas de problèmes liés aux soins médicaux, à la scolarité (aucune structure spécialisée n'étant encore en place), ...

C'est le combat d'une mère pour que son enfant mène une vie des plus normales. J'ai beaucoup aimé ces chapitres là.

Là où donc l'histoire aurait dû m'émouvoir, il ne se passait rien en moi alors qu'à d'autres ma lecture coulait toute seule. Je ne suis pas conquise par le livre mais je ne regrette pas de l'avoir lu. C'est plus l'orientation de l'histoire qui ne m'a pas convaincue.

Je remercie Le livre de poche et le forum "A travers les mots... une histoire" pour la découverte de ce livre dans le cadre d'un partenariat.

14 commentaires:

  1. Pas du tout tentée par ce roman, surtout après ce que tu en dis.

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  2. @ Manu : Pourtant pas mal de ceux qui l'ont lu ont aimé ou on eut un coup de coeur.

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  3. Le thème ne m'attire pas . Je passe;)

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  4. J'avais très envie de lire ce livre. Mais j'ai un peur d'avoir les mêmes ressentis que toi, et de m'ennuyer une partie du roman. Je pense cependant que je le lirais, mais pas tout de suite. Bel avis en tous cas !

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  5. @ Zorane & Anne Sophie : Bah voilà pourquoi je n'aime pas faire d'avis négatif. J'ai toujours l'impression que ceux qui passent ici risquent de passer à côté d'un ouvrage qui aurait pu leur plaire.

    @ Ellcrys : J'espère bien que tu le liras. J'ai besoin d'avoir ton avis dessus ;)

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  6. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  7. Quant à moi, sans être un coup de coeur (encore que quand je lis ma critique, j'étais un peu dithyrambique !!!), le ressenti que j'ai de ce bouquin , dans l'ensemble, c'est quand même quelque chose d'un peu "gentillet", je dirais, allez une lecture de vacances....

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  8. @ Clochette : Oui c'est vrai, c'est gentillet. Ca aurait pu être pire dans le genre. Pour une lecture de vacances, je ne sais pas. Je ne me suis même pas régalée avec. Ca ne m'a pas du tout détendue !

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  9. C'est marrant, en lisant ton billet, je m'aperçois que j'ai eu le même ressenti en visionnant le téléfilm inspiré de ce livre. Je me disais que c'était peut-être dû au fait que le réalisateur avait pris un parti différent de l'auteur et je m'aperçois que non. J'ai donc désormais ma réponse : je ne lirai pas le livre ou pas tout de suite (suis curieuse quand même, ça me perdra...).

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  10. Moi il me tentait bien ce livre mais ton avis me fait réfléchir !

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  11. @ Alexielle : je ne connais pas le film et je ne pense pas le regarder un jour. J'espère que si tu ouvres le livre un jour tu ne seras pas trop déçue (même si tu connais déjà l'histoire).

    @ Liyah : je sais que pas mal de blogueurs l'ont aimé. Tu peux toujours le tenter notamment si ta bibliothèque municipale le possède.

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  12. Pour moi ce fut un coup de coeur, j'ai justement aimé l'ambiance lourde de la culpabilité de David sur ce mensonge terrible vis à vis de sa femme. Je comprend néanmoins Norah dans son deuil un peu long d'un nouveau-né qu'elle n'a jamais vu... C'est vrai que c'est dommage que la partie parallèle de l'infirmière et de la petite mongolienne n'est pas été plus développée car très touchant dans son combat! Une belle revanche sur la vie!

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  13. Malgré ton avis, je vais me laisser tenter. J'espère ne pas être déçue quand je le lirai !

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