mercredi 19 juillet 2017

Filles du désert

Auteur : Chris Bohjalian
Editions : Charleston (2017)
Nbre de pages : 411

Présentation de l'éditeur :
Alep (Syrie), 1915. Kyoto, 1904
Elizabeth Endicott, une jeune Américaine, arrive en Syrie durant le génocide arménien. Elle se lie d'amitié avec Armen, un ingénieur arménien qui a perdu sa femme et sa fille. Mais très vite, Armen quitte Alep pour s'engager dans l'armée anglaise. Il entame alors une correspondance avec Elizabeth et comprend qu'il est tombé amoureux de la riche Américaine, si différente de la femme qu'il a perdue.

Bronxville, banlieue de New York, 2012.
Laura Petrosian, romancière, n'a jamais accordé beaucoup d'importance à ses origines arméniennes. Jusqu'au jour où une amie l'appelle : elle croit avoir reconnu la grand-mère de Laura sur une photo tirée d'une exposition au musée de Boston. Laura entreprend alors un voyage à travers son histoire familiale et découvre un terrible secret enfoui depuis des générations…

Une histoire d'amour et de perte envoûtante.


Mon avis :

Après avoir découvert Chris Bohjalian avec L'imprévu, que j'avais vraiment beaucoup aimé tant par l'écriture que par l'intrigue qui met le lecteur en émoi, j'ai pu continuer à lire cet auteur avec Filles du désert publié par les Editions Charleston.

J'ai dégusté ce roman durant plusieurs jours, pour mon plus grand plaisir, même si, soyons honnête, le thème abordé par l'auteur ici est loin d'être amusant.

En effet, à travers une double narration, Chris Bohjalian va nous permettre de découvrir l'une des tragédies historiques de la Première Guerre Mondiale que peu de monde, finalement, a entendu parler : le génocide arménien de 1915.

Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez à quel point j'aime les romans historiques et ce titre m'interpellait fortement par l'histoire dans laquelle j'allais être très vite emportée en 1915.

L'auteur va nous raconter, de façon bien sûr romancée et donc fictive pour partie, l'histoire de ces arméniens qui vont se voir arracher à leur terre, leurs maisons, leur famille.

Tout débute par la petite-fille d'une bonne famille, Laura Petrosian, qui va vouloir connaître la zone d'ombre de sa famille. En voulant recueillir des informations pour écrire son prochain roman, elle va se remémorer certaines choses que son père, son grand-père ou sa grand-mère lui auront dites. Mais Laura va aussi se rendre compte que des détails lui sont cachés et elle va fouiller la vie de ses grands-parents pour savoir de quoi il s'agit.

Chaque chapitre va donc nous permettre de suivre Laura dans ses recherches (nous seront donc en 2015) puis on basculera à la période concernée et vécue en 1915. Et là, je ne suis pas sûre d'être très claire.

En fait, dès que Laura va nous éclairer sur un pan de l'histoire de ses grand-parents, la partie en 1915 lui sera consacrée, nous permettant ainsi de suivre exactement la façon dont tout s'est fait en Turquie.

Mehmed Talat Pasha
Si les personnages de la famille Petrosian sont fictifs, l'auteur mettra en exergue des personnages historiques réels et notamment l'organisateur de ce génocide arménien, Mehmed Talat Pasha.

Le bilan de ce génocide est exhorbitant alors même que l'on n'en a peu entendu parler, contrairement au génocide juif de la 2nde Guerre Mondiale, puisque ce ne sont pas moins de plus d'un million d'arméniens qui périront sur une période allant d'avril 1915 à juillet 1916 !!

Du coup, vous vous doutez bien que c'était cette période là qui m'intéressait le plus dans le roman pour voir comment la grand-mère de Laura, américaine blanche, allait réagir face à ces horreurs de déportation, massacres et famine.

Déportation de la population arménienne
de la ville de Kharpout par les soldats
ottomans, avril 1915
Elle, une jeune fille de grande famille, qui n'a connu que le luxe, comment allait-elle faire face aux conséquences de ce que Talat Pasha avait organisé dans son pays ?

Bien sûr, les recherches de Laura ne sont pas en reste et j'ai été aussi très touchée par ce personnage qui cherche à tout prix à connaître la vérité sur un personnage bien précis que je ne citerai pas ici et qui m'a ébranlée à la fin de ma lecture.

Ce type de roman ne se dévore pas, même si la plume de l'auteur est accrocheuse, fluide et tellement prenante par tous les aspects historiques qu'il nous dévoile.

Il m'a fallu une petite semaine pour le terminer et sur les dernières pages, je ralentissais encore mon rythme pour rester encore un peu plus avec Laura et sa famille mais aussi tous ceux qui ont croisé le chemin de ses grands-parents.

Vous remarquerez que je n'indique aucun nom, aucun prénom dans mon article. C'est bien entendu sciemment que je le fais pour vous laisser toute latitude de plonger dans ce roman bouleversant sur un couple très uni malgré tout ce qui les sépare, une petite-fille en quête de vérité et découvrir par vous-même tous ceux qui gravitent autour d'eux avec leurs espoirs et leurs doutes.

En bref, Filles du désert a été une lecture qui m'a beaucoup touchée, qui m'a donné envie d'en savoir plus sur cette période noire pour ce peuple arménien, avec une très belle histoire d'amour et que je ne peux que vous conseiller.




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