mercredi 15 juin 2016

Je suis de celles qui restent

Auteur : Bernadette Pécassou
Editions : Flammarion (2016)
Nbre de pages : 274


Présentation de l'éditeur :
Alors qu'elle vient de perdre brutalement son mari, Alice reçoit un mystérieux colis à l'attention de celui-ci : un magnifique briquet. Or Michel ne fumait pas. Que lui cachait cet homme dont elle partageait la vie et qui avait coupé les ponts avec sa famille ? Subitement seule et dévastée, Alice va mener l'enquête sur ses terres du Sud-Ouest que le couple avait abandonnées pour la trépidante région parisienne. Et c'est peut-être là, dans ce pays lumineux aux valeurs éternelles, qu'elle trouvera non seulement des réponses, mais aussi la paix. A l'heure d'Internet et de la mondialisation, Bernadette Pécassou nous entraîne de sa plume vive et authentique sur le chemin des origines pour nous réconcilier avec ce besoin d'ancrage, plus que jamais essentiel.
 
 
Mon avis :
 
J'ai reçu ce roman par surprise et je remercie sincèrement les Editions Flammarion pour cet envoi même si, malheureusement, j'en suis sortie déçue.
 
En effet, alors même que le résumé nous "vend" un roman dans lequel il est question de savoir pourquoi Alice, veuve de 60 ans, reçoit un briquet alors que son mari ne fume pas, j'ai ressenti que l'auteur ne voulait pas vraiment nous faire partir réellement dans ce secret de famille qui est plutôt un prétexte pour peindre la société d'avant et d'aujourd'hui, même si on finit par avoir le fin mot de l'histoire du fameux briquet...
 
En effet, on apprend qu'Alice et Michel étaient enfants de paysans dans l'Ouest de la France et que son mari décide de quitter sa région pour monter sur Paris afin de faire quelque chose de sa vie !
 
Pour lui, travailler la terre n'est pas un réel travail. Il ne veut pas trimer chaque jour pour gagner un minimum d'argent. D'ailleurs, cela se ressentira dans l'éducation qu'il donnera à ses propres enfants.
 
Alice, elle, est la femme soumise de l'époque et à aucun moment elle ne se rebellera face à cet époux râleur à outrance mais ô combien bosseur et aimant.
 
Le jour où Alice reçoit ce fameux briquet, le lecteur se dit qu'il va partir à la recherche de ce secret si bien caché et que les pages vont se tourner aussi vite que si on était à la place d'Alice devant son écran d'ordinateur, sur un site de vente d'occasion, pour rechercher la vérité.
 
Malheureusement, cette femme devenue solitaire du jour au lendemain par la perte de son mari va d'autant plus partir dans les réflexions personnelles de sa vie d'avant et de maintenant pour se rendre compte qu'elle aurait peut-être dû agir différemment.
 
Elle fait tout simplement le constat que sa vie, même si elle l'a très bien menée, aurait pu être tout autre si elle avait eu la force de dire à son époux ce qu'elle voulait pour elle-même puis sa famille.
 
Du coup, j'ai trouvé qu'il y avait trop de digressions et cela entache d'ailleurs le récit soi-disant principal de la recherche de la vérité sur le briquet. Alice, elle-même, se perd dans le présent parce qu'elle est trop dans le passé.
 
Ma lecture était beaucoup plus prenante et intéressante lorsque je revenais à la narration principale que lorsque Alice faisait ses constats de ce qui aurait pu, aurait dû si elle avait eu le courage de...
 
Par ailleurs, j'ai noté une discordance avec le temps qui passe dans le roman et cela m'a pas mal perturbée et fait m'interroger pour savoir comment l'auteur situait sa narration.
 
En effet, en page 20, il est noté "Recevoir un paquet pour lui, à peine une semaine après son enterrement, était une terrible ironie du sort." pour ensuite lire en page 92, et alors même qu'elle a commencé les recherches sur le fameux briquet donc "une semaine après l'enterrement" si on s'en réfère à ce que l'auteur nous indique en page 20... "Ce flot de larmes et de douleur qui n'avait pas jailli le jour de la mort de Michel ni le lendemain, il jaillissait maintenant, trois jours après"...
 
Il va falloir que l'on m'explique comment ce "flot de larmes" surgit trois jours après la mort de son mari alors même qu'elle fait des recherches sur internet sur le fameux briquet et que donc son époux est enterré depuis près d'une semaine... Mystère et boule de gomme !!!
 
Bref, je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman qui m'a paru finalement long alors qu'il fait à peine 300 pages. Le problème ne vient pas non plus du style de l'auteur mais bien du personnage d'Alice auquel je n'ai pas du tout réussi à m'attacher, alors même que je pouvais comprendre cette femme et sa façon d'agir à l'époque où elle l'a fait.
 


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