jeudi 4 mai 2017

Les Mandible : Une famille, 2029-2047

Auteur : Lionel Shriver
Editions : Belfond (2017)
Nbre de pages : 517


Présentation de l'éditeur :
Aux États-Unis, en 2029. 
Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l'Espagnol est devenu la première langue du pays, l'Indonésie a annexé l'Australie et Poutine est toujours au pouvoir. 
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l'eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l'heure de l'héritage est proche. 
C'est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l'argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s'écroule, comme le reste du monde qui l'entoure ?


Mon avis :

Cela faisait un bon bout de temps que je n'avais pas lu un roman des éditions Belfond mais j'ai eu la surprise de recevoir Les Mandible la semaine dernière et la lecture de son résumé me donnait très envie. Du coup, je me suis laissée tenter par cet ouvrage que j'ai terminé hier matin après une quasi-semaine dessus...

Je le sais, les romans des éditions Belfond et plus particulièrement ceux de Lionel Shriver, me prennent un peu plus de temps que d'ordinaire. Si je mets entre 2 et 3 jours pour finir un livre, ici cela fût difficile de rester plus de 2-3 chapitres consécutifs dans ce roman.

L'ambiance est très sombre puisque les Etats-Unis sont déclarés en faillite par le Président en place Alvarado. Alors même que la famille Mandible a de gros moyens financiers grâce aux arrières-arrières grand-parents et aux générations qui ont suivi, l'année 2029 va marquer leur chute libre dans un monde qui leur était jusque là inconnu. En tout cas, pour certains d'entre eux...

On va donc découvrir chaque membre de cette famille et à leur tête Douglas, le patriarche de 98 ans qui a tout mis en oeuvre pour que la famille garde son héritage... Divorcé de Mimi (90 ans) et remarié à Luella (70 ans et qui perd complètement la boule depuis dix ans déjà), Douglas est une personnage très froid avec son fils, Carter (70 ans). Ce dernier n'a jamais vraiment compris pourquoi son père s'est remarié avec une femme qui pourrait être sa soeur... surtout qu'au final il a bien perdu au change vu comment la santé mentale de Luella a évolué avec les années... Quant à Carter, sa femme Jayne ne vaut pas mieux puisqu'elle est soit disant atteinte de dépression depuis la mort de sa soeur durant son adolescence. Elle ne se trouve bien qu'en se mettant à part dans une pièce pour être tranquille... Quant à Enola (appelée Nollie dans le roman), elle est la soeur de Carter et ne voit plus sa famille depuis pas mal d'années puisqu'elle s'est expatriée en Europe lorsque tout allait encore bien (jusqu'au moment où elle est obligée de revenir au bercail). Elle est ravie de son célibat et elle a un caractère bien trempé.

Viennent ensuite les enfants et petits-enfants de Carter et Jayne :
- Florence, mariée à Esteban et mère de Willing (âgé de 13 ans au début du roman). Elle travaille dans un centre d'hébergement alors qu'Esteban lui est guide.
- Avery est un genre de thérapeute qui a bien du mal à gagner sa vie aujourd'hui et elle est mariée à Lowell qui est un économiste en perte de vitesse. Ils ont trois enfants : Samantha (17 ans), Goog (15 ans) et Bing (12 ans). Une vraie petite famille que l'on apprend à détester... ou aimer selon les situations.
- Jarred, enfin, le frère dont personne ne parle vraiment parce qu'il a fait des choix qui ne conviennent pas forcément à la famille Mandible...

Tout ce petit monde va donc se retrouver à un moment important et indéniablement préoccupant puisque la valeur du dollar s'effondre et ne vaut plus rien. Le gouvernement a donc décidé de prendre les économies de tous les particuliers et surtout les biens en or, seul métal valant encore quelque chose sur le marché.

Le problème qui préoccupe les USA est général puisque les autres pays du monde ont eu aussi des difficultés monétaires et économiques qui ont poussé les dirigeants à créer une monnaie unique mondiale : le bancor.

Mais les Etats-Unis refusent cette monnaie et c'est là que le bât blesse puisque cela va entraîner les américains dans une lutte sans fin pour payer les factures, manger, vivre et surtout survivre.

Le roman est très dense dans sa construction. Raconté comme je l'ai fait, cela va vous paraître très agréable à lire et à découvrir et pourtant, même si j'ai aimé suivre les aléas de cette famille pendant près de 30 ans (le roman est coupé en deux parties, l'une se déroulant entre 2029 et 2032 et la seconde à partir de 2047), il y a eu des moments où je décrochais parce que Lionel Shriver me mettait des explications financières et économiques auxquelles je ne comprenais rien.

Pour autant, j'ai beaucoup aimé voir évoluer notamment Willing, le fils de Florence, qui bien qu'ayant juste 13 ans a une faculté impressionnante de comprendre ce qui se passe dans son pays. A côté de certains adultes qui se bornent à trouver des explications sensées remonter le moral des troupes, Willing est plus clairvoyant et donc plus à même d'anticiper ce qui risque d'arriver...

On est loin du roman basique simple dans lequel l'auteur nous dépeint un futur bien noir de ce qu'il va se produire aux Etats-Unis. Les Mandible parle aussi de ce qu'il s'est passé en Europe, notamment, avec la disparition de l'euro, une monnaie en franc (tiens, tiens, tiens...) mais aussi des tas d'autres choses que je ne compte pas vous dévoiler.

Si le roman m'a un peu perdue parfois, il n'en demeure pas moins qu'il est très foisonnant et que l'étude et les recherches de l'auteur pour dresser un tel ouvrage sont exceptionnelles. Je connaissais Lionel Shriver pour avoir lu Big Brother qui m'avait déjà mise à rude épreuve mais dont je garde un souvenir marquant et j'avoue qu'avec ce nouveau titre, elle va faire en sorte que je n'oublie pas non plus les Mandible.

On évolue dans une société qui perd tout et qui fait payer les consommateurs au prix fort !

Imaginez-vous un simple chou payé 20 dollars pièce !!!

Tout n'est que restriction pour essayer de vivre décemment !!! Les entreprises ferment les unes après les autres; il n'y a plus de boulot pour tout le monde... C'est l'horreur absolue et l'on se demande si l'avenir sera aussi sombre que ce que Lionel Shriver le dépeint ici.

C'est d'une noirceur à laquelle je ne m'attendais pas mais heureusement que Willing est là avec son sarcasme déchirant, tout comme sa grand-tante Nollie que j'ai adorée également.

A eux deux, ils permettent de détendre l'atmosphère et cela fait du bien, même si finalement leurs explications et réflexions ne sont pas à négliger.

En bref, Les Mandible est un roman qui vaut d'être lu même s'il est très exigeant dans sa compréhension sur certains passages. Néanmoins, il dépeint parfaitement un monde très sombre si jamais les monnaies venaient à dévaluer dangereusement au risque de voir le monde économique et financier perdre de la vitesse et créer un chaos sans précédent pour les petites populaces que nous sommes...


mercredi 3 mai 2017

Les demoiselles de Beaune

Auteur : Karine Lebert
Editions : Presses de la Cité (2017)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 396

Présentation de l'éditeur :
Toute petite déjà, Balbine de Joinville aimait se promener dans les venelles de Beaune. Là, elle pouvait observer l'édification des hospices – les plus beaux de toute la Bourgogne ! – et rêver d'y prodiguer, un jour, des soins aux malades.
Mais, en 1454, si la jeune fille choisit de s'enfermer en ces lieux, l'année de ses dix-huit ans, c'est pour enfouir son drame et sa honte. Elle y reste toutefois par passion pour les herbes médicinales. Une passion qui nourrit un talent de thérapeute apprécié du médecin Maric Lambert. Ce dernier, veuf inconsolable, ne cache pas son attirance pour cette soeur hospitalière au lourd secret...

Pendant un demi-siècle, le destin tumultueux de Balbine de Joinville s'entremêle à celui des hospices de Beaune à leur apogée, comme les fils de laine d'une tapisserie chatoyante, tableau fidèle de la vie quotidienne d'alors.


Mon avis :

On pourra dire ce que l'on voudra, les éditions Presses de la Cité ont des romans historiques de qualité dans leur collection Terres de France. En tout cas, dès que j'ouvre un de leurs ouvrages, je sors enchantée voire même parfois bouleversée quand je referme le roman.

J'avais eu une très belle découverte avec Olympe et un coup de coeur avec Le choix de Diane. Autant dire que Les demoiselles de Beaune me faisait très envie et que j'en attendais beaucoup.

Je ressors de ma lecture, encore une fois, enchantée d'avoir découvert un personnage si attachant en Balbine. Au début du roman, elle est âgée de 7 ans et voit la première pierre de l'hospice être posée par ses créateurs : Nicolas Rolin, chancelier du Duc de Bourgogne, et son épouse Guigone de Salin. On la suivra pendant près de 60 ans.

A travers les yeux de cette petite fille, on découvre un monde qui s'ouvre aux malades et aux pauvres et l'envie de Balbine de soigner ces personnes va croître avec le temps.

A travers ces presque 400 pages, nous allons apprendre à connaître Balbine qui ne faillira pas pour assouvir son envie de devenir une dame hospitalière. Mais il y a des concessions à faire et le chemin pour y parvenir ne sera pas si simple.

Elle fera des rencontres plaisantes et d'autres qui le seront beaucoup moins au risque de mettre en péril son avenir de dame hospitalière.

La vie de cette jeune fille va être faite de choix décisifs qu'elle prendra.

J'ai vécu des moments de grande joie, d'espoir et d'envie mais aussi de colère et de tristesse.

Même si mes émotions ont été moins fortes qu'avec Le choix de Diane, et que du coup il ne sera pas un coup de coeur, Les demoiselles de Beaune est tout de même très intéressant par l'évolution des moeurs de l'époque, même si la volonté de Balbine d'aller au-delà d'être une simple dame hospitalière ne peut malheureusement pas se concrétiser...

Ce personnage a de grandes facultés pour les plantes et les soins à apporter. C'est très touchant de la voir évoluer dans son apprentissage mais surtout cette volonté de parvenir à son but malgré les difficultés.

Ecrit avec une plume fluide et simple mais qui dépeint parfaitement l'ambiance de l'époque, Karine Lebert a magnifiquement retracé la vie de ces dames hospitalières qui ont donné leur vie à tous ceux qui avaient besoin de soins gratuits.

Ce roman est très beau à découvrir et je ne peux que vous le conseiller, surtout si vous êtes adeptes de romans régionaux historiques.

lundi 1 mai 2017

C'est lundi... que lisez-vous ? (154)



Ce rendez-vous hebdomadaire a été créé par Mallou et repris par Galleane.
Le principe est simple, répondre à trois questions : Qu'ai-je lu la semaine précédente ? Que suis-je en train de lire ? Que vais-je lire ensuite ?

Ce que j'ai lu la semaine dernière

 

Eh oui ! Juste deux romans terminés et un manga dévoré pour la semaine dernière. Le constat est rude et dure à encaisser.
Le marié de la Saint-Jean a été compliqué à terminer parce que je n'arrivais pas à entrer dans le roman. Pourtant, l'histoire de Zhida est belle, touchante et tragique mais la forme narrative employée par l'auteur ne m'a pas convenu. C'est vraiment dommage parce que j'en attendais quand même beaucoup et notamment plus d'émotions que ce que j'ai pu ressentir...
Quant aux Demoiselles de Beaune, je me suis régalée à suivre Balbine durant près de 60 ans. Cette jeune fille de 13 ans au début du roman, décide de devenir une dame hospitalière mais cela ne va pas se faire sans heurts. Je vous en parle très vite.
Quant à Orange, c'est le premier manga que je lis et si j'ai bien aimé, je dois bien avouer que le manga ne sera pas ma forme préférée de lecture. J'ai eu du mal à lire à l'envers... Quant à l'histoire elle n'est pas mal mais bon ça tournait un peu en rond avec trop de "Et si..." J'ai les tomes 2 et 3 dans ma PAL médiathèque. Je verrai si j'adhère un peu plus... Je vous ferai un article sur cette saga quand elle sera fini, je pense.

Ce que je suis en train de lire

Aux États-Unis, en 2029.
Les États-Unis ont élu leur premier président latino, l'Espagnol est devenu la première langue du pays, l'Indonésie a annexé l'Australie et Poutine est toujours au pouvoir.
Comme toutes les familles américaines, les Mandible subissent la crise économique. La situation est grave mais pas désespérées : certes, les légumes sont devenus hors de prix, l'eau est une denrée rare, même le papier toilette est soumis à la plus grande rigueur, mais les comptes du patriarche sont bien garnis, l'heure de l'héritage est proche.
C'est alors que le Président Alvarado annonce la faillite des États-Unis : l'argent des particuliers est réquisitionné, les seniors sont expulsés de leur maison de retraite, les salaires ne sont plus versés. La maison de Florence Mandible devient le dernier refuge de toute la famille. Mais combien de personnes peuvent vivre en totale promiscuité dans une petite maison de Brooklyn ? Combien de temps avant que la solidarité entre ses habitants ne laisse place à la colère, à la haine ? Avant que la famille Mandible ne s'écroule, comme le reste du monde qui l'entoure ?

Commencé vendredi dernier, j'en suis à la moitié et si l'ouvrage n'est pas mal du tout, j'ai besoin de faire des coupures avec autre chose et notamment du jeunesse. C'est de cette façon que j'ai lu le tome 1 de Orange et que je lis le tome 2 des Fausses bonnes questions de Lemony Snicket. Ca fera baisser ma PAL jeunesse.

Ce que je lirai ensuite

Je ne fais pas de pronostic parce que beaucoup de genres m'attirent en ce moment. Je repartirai très certainement vers le thriller parce que ça me manque mais je veux aussi lire du contemporain et de l'historique et vu que je suis sur ma semaine de marathon dystopie j'aimerais lire le tome 3 des Chroniques Lunaires. Vous verrez donc tout ça la semaine prochaine si vous ne me suivez pas sur ma page FB ou Instagram 😉

Bonne semaine à tous qu'elle soit livresque ou pas 😊

Le marié de la Saint-Jean

Auteur : Yves Viollier
Editions : Presses de la Cité (2017)
Nbre de pages : 298


Présentation de l'éditeur :
1977. Le mariage de Zhida se prépare à la Gallifrère, la belle ferme de ses futurs beaux-parents, près de Luçon. Zhida, jeune Chinois du Cambodge, Français " banane " comme il dit – jaune à l'extérieur – a dû partir, seul, pour la France à l'âge de huit ans avec son petit frère, et aller en pension à Romilly. 
Son père, tout juste arrivé de Hong Kong, et son oncle, qui a pu échapper aux Khmers rouges et émigrer en France, seront là pour son mariage. Au cœur des trois nuits étouffantes de plein été qui précèdent la fête, Zhida revit l'histoire de sa merveilleuse rencontre avec la rousse Gabrielle, qui l'a choisi sur les bancs du lycée. S'invitent aussi dans ses souvenirs l'enfance, que l'exil a rendue douloureuse, l'adolescence et la jeunesse précaires. Et c'est à sa mère, la grande absente, disparue dans les ténèbres de la barbarie, que ses pensées reviennent, elle dont le sourire fragile va l'accompagner jusqu'à l'autel.


Mon avis :

Lorsque l'on m'a proposé de découvrir cet ouvrage, j'ai un peu hésité parce que j'ai du mal, depuis quelque temps, avec les romans contemporains. Mais ici, il y avait une part d'Histoire qui m'interpellait et me donnait envie de le découvrir. J'ai donc accepté de le lire et le chroniquer et... je sors plutôt déçue de cette lecture.

Globalement, le roman a de quoi être superbe et touchant et pourtant c'est la forme qu'a utilisée l'auteur qui ne m'a pas convenu.

Alors même que je pensais suivre une histoire chronologique expliquant comment Zhida était parti du Cambodge pour venir vivre en France, y grandir, poursuivre ses études puis se marier... j'ai eu une narration très différente qui m'a perdue bon nombre de fois.

En fait, on passe d'une époque et de pays à un autre non pas par des chapitres alternés mais à l'intérieur même du chapitre concerné dès que Zhida réfléchit ou que quelque chose lui fait penser à ce qu'il a fait à un moment donné de sa jeunesse.

De ce fait, pendant l'explication qui nous est donnée de comment il a rencontré sa future femme et l'organisation de leur mariage, nous sommes pris dans des souvenirs qui peuvent être ceux de sa petite enfance avant son départ pour la France ou ceux qui se déroulent pendant sa scolarité française.

On va aussi découvrir de nombreux personnages qui ont failli me perdre eux aussi.

Entre la famille chinoise et ceux qui vont s'occuper d'eux en France, nous avons de quoi faire.

D'ailleurs, je serai incapable de me rappeler de tous ceux qui ont croisé la route de Zhida.

Même si dans sa globalité, Le marié de la Saint-Jean ne m'a pas plus convaincue que ça, je dois quand même avouer que le passé concernant sa famille (qu'il s'agisse de ses parents ou de son oncle, il me semble...), ne m'a pas laissée insensible.

Même si je ne suis pas spécialiste des guerres de Corée et autres, j'ai des réminiscences de mes cours d'Histoire de cette époque et vivre certains moments aux côtés des parents de Zhida ont été difficiles.

De ce point de vue là, l'auteur a parfaitement dépeint toute l'horreur de la situation à cette époque mais aussi les conséquences qui en découlent pour Zhida et ses frères.

J'ai aussi réussi à m'attacher un peu à cet homme qui ne sait pas trop qui il est, comment il est perçu, comment il peut arriver à s'intégrer en France. Car là est bien le problème de Zhida : il se sent français puisque éduqué et scolarisé en France depuis l'âge de 8 ans (il ne voyait ses parents restés au Cambodge que très rarement). Il y a ce combat entre le fait d'être chinois de naissance et français par l'éducation. Et Zhida se perd...

Du coup, le fait de ne pas être arrivée à bien entrer dans le roman m'a déçue. La façon dont l'auteur a raconté son histoire ne m'a pas plu. Ces changements d'époque et de lieu de façon un peu intempestive me perdaient trop souvent et ajoutez à cela le nombre importants de personnages ont fait que, finalement, je n'ai pas tant adhéré que ça à ce roman. Je trouve cela dommage.

Il ne s'agit que d'un avis personnel qui ne concerne donc que moi et je pense que ce roman a de quoi trouver ses lecteurs qui l'apprécieront davantage. Un récit chronologique aurait été préférable pour moi. J'ai toujours du mal avec certains romans qui vont et viennent dans les époques à l'intérieur d'un même chapitre sans que l'on soit averti.

En bref, faites-vous votre propre avis sur ce livre si vous en avez l'occasion.

jeudi 27 avril 2017

Djinn : La maudite (T1)

Auteur : Jean-Louis Fetjaine
Editions : Outrefleuve (2017)
Nbre de pages : 285


Présentation de l'éditeur :
1130, Princée d'Antioche – au nord de l'actuelle Syrie. 
Fille du roi Baudouin de Jérusalem, la princesse Alix d'Antioche s'apprête à accoucher en secret de son enfant illégitime, fruit de ses amours avec le connétable Renaud Mazoir. Personne ne doit apprendre cette naissance : sa mère a décidé que l'enfant ne survivrait pas. 
Mais son père, prévenu par ses informateurs, arrive à temps pour le sauver. L'accoucheuse, elle, est sacrifiée, non sans avoir jeté sur Alix une malédiction : l'esprit malin d'un Djinn s'attache désormais à ses pas. 
Mis à l'abri des velléités meurtrières de sa mère, le nouveau-né grandira au sein de la mystérieuse secte des Assassins ; son destin sera lié à celle-ci. Et la princesse maudite, poussée par son ambition dévorante, se voit emportée dans les tourments d'une terre dont l'histoire s'écrit trop souvent dans le sang... 

De Byzance à Jérusalem, d'Alep à Damas, une grande fresque où se côtoient l'histoire et le fantastique, dans le fracas des batailles incessantes entre Turcs, Byzantins et Croisés.


Mon avis :

Je connaissais un peu Jean-Louis Fetjaine pour avoir lu sa trilogie des elfes il y a maintenant quelques années. J'avais passé un bon moment de lecture mais j'avais trouvé que l'ensemble était un peu trop simple et trop rapprochant du Seigneur des Anneaux que je venais de découvrir aussi. A l'époque, je démarrais dans la fantasy et si la trilogie avait été sympa à lire, je n'avais pas trouvé vraiment ce qu'il me fallait pour être totalement surprise.

J'ai voulu réitérer avec cet auteur et voir si, cette fois-ci, j'allais mieux accrocher à sa nouvelle série qui se déroule au Moyen-Orient et plus précisément du côté de la Syrie et de la Turquie.

Même si je suis néophyte dans l'Histoire de ces pays, étant une grande férue d'Histoire, et même si on mêle du fantastique ici, les relations entre la Syrie et la Turquie mais aussi avec les Croisés sont très bien rapportées.

Dans ce premier tome, il sera question d'Alix d'Antioche qui n'a qu'un seul objectif : prendre le pouvoir et gouverner Antioche. Alors qu'elle vient d'accoucher d'un petit garçon qu'elle ne veut garder et souhaite voir mort, le père du petit, Renaud Mazoir, va le récupérer afin de lui donner une cérémonie mortuaire décente. Alix bien sûr sera dupée par Renaud qui ne compte absolument pas tuer son fils... A la suite de son accouchement, Alix va faire l'objet d'une cérémonie bien particulière lors de laquelle un Djinn prendra possession d'elle et là on entre dans un univers fantastique fascinant.

Le roman est assez court pour un genre fantastique et j'ai retrouvé un peu le défaut que j'avais eu avec la trilogie des elfes : le manque peut-être de détails. L'auteur passe assez rapidement sur les années qui s'écoulent et dans lesquelles on voit les trahisons et les complots.

Mais contrairement à ma précédente lecture, ici cela ne m'a pas dérangée outre mesure. Je pense que cela vient du fait que je ne maîtrise pas l'Histoire de ce continent. Du coup, le peu que me donnait Jean-Louis Fetjaine me suffisait.

Mais attention cela ne signifie pas pour autant que le roman n'est pas complet. C'est loin d'être le cas puisque l'essentiel est donné et qu'à travers la volonté de gouverner d'Alix, l'envie des Croisés de garder la mainmise sur les territoires durement conquis et les batailles contre les Turcs pour les reconquêtes, le lecteur a de quoi faire.

Le côté fantastique n'est pas énormément présent. Là, encore l'auteur se cantonne à le faire arriver à des moments bien précis de l'histoire et j'ai beaucoup aimé cette juste mesure.

Certains évènements m'ont surprise et la fin donne très envie d'avoir la suite afin de voir un peu comment tout va se décanter pour les uns et les autres.

En bref, ce premier tome de Djinn est une très bonne découverte que je conseille à ceux et celles qui aiment le fantastique dans les romans historiques. Le lecteur n'est pas perdu dans les querelles pour les conquêtes de territoire et on vit avec toujours plus d'intérêt l'histoire d'Alix qui n'a pas dit son dernier mot. C'est une femme forte et volontaire que j'ai beaucoup aimée, même si cela allait à l'encontre des intérêts de sa fille...

mercredi 26 avril 2017

Meurtres pour rédemption

Auteur : Karine Giebel
Editions : Pocket
Nbre de pages : 852


Présentation de l'éditeur :
Marianne, vingt ans. Les barreaux comme seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. 
Indomptable, incontrôlable, Marianne se dresse contre la haine, la brutalité et les humiliations quotidiennes. 
Aucun espoir de fuir cet enfer, ou seulement en rêve, grâce à la drogue, aux livres, au roulis des trains qui emporte l esprit au-delà des grilles. Grâce à l amitié et à la passion qui portent la lumière au c ur des ténèbres. 
Pourtant, un jour, une porte s ouvre. Une chance de liberté. 
Mais le prix à payer est terrifiant pour Marianne qui n aspire qu à la rédemption...


Mon avis :

Voilà un ouvrage dont j'ai entendu parler de nombreuses fois en bien, voire même en très bien et autre coup de coeur. Et pourtant, il m'a fallu une lecture commune avec @i_faut_lire sur Instagram pour me décider vraiment à me lancer dedans.

Je ne sais pas à quoi je m'attendais avant de lire ce roman mais certainement pas à découvrir des horreurs telles que Karine Giebel les décrit dans Meurtres pour rédemption.

On va vivre aux côtés de Marianne, 21 ans, qui est incarcérée depuis 4 ans dans une prison dont on tait le nom de la ville, pour un triple meurtre.

Et croyez moi que l'on va vivre un véritable cauchemar parce que si Marianne sait se battre comme personne (elle a pris des cours de karaté notamment pour tenter d'endiguer la colère et le trop plein d'énergie qu'elle engrange depuis trop longtemps), elle sait aussi recevoir les coups...

J'avoue que la première moitié du roman qui se déroule en prison m'a mis les nerfs à vifs et il me tardait de sortir de là. Plus je lisais le quotidien de cette jeune femme et moins j'avais envie de poursuivre ma lecture.

Ce roman ne sera jamais qualifié de coup de coeur ou de génial par moi ! Ô grand jamais je ne pourrai le faire tant il regorge de haine, de violence gratuite, voire même de torture à un moment donné.

D'ailleurs, si dans l'ensemble l'auteur décrit très bien ce qui se passe en prison (j'étais secrétaire pour un avocat pénaliste donc je sais à quoi m'attendre quand je lis un roman se déroulant en prison... pas de surprise pour moi...), j'avoue qu'une scène particulièrement dure m'a fait tiquer parce que je ne suis pas sûre du tout que cela puisse arriver dans les murs de nos prisons.

Je ne sais pas si Karine Giebel s'est rapprochée d'un directeur de prison pour prendre des renseignements ou si elle s'est basée sur des articles qui auraient pu paraître pour lui donner les idées de son histoire, mais pour le coup, je n'ai pas adhéré à cette volonté de faire du mal à une personne sans être certaine que cela se produit réellement dans le cadre d'une incarcération...

Cela m'a laissée vraiment perplexe et je me suis dit à ce moment là que l'auteur y allait un peu fort au risque d'enlever de la crédibilité à cette histoire.

Par la suite, la deuxième moitié s'est mieux passée vu que l'on suit Marianne en dehors de prison. Pour autant, sa liberté n'est pas gagnée d'avance...

Ce que j'ai avant tout apprécié dans ce roman, c'est de réaliser que Marianne n'est pas la meurtrière sans coeur que l'on tente de nous faire croire au début du roman.

Oui elle est violente; oui elle fait des coups bas... mais ce n'est jamais pour rien. Tout est parfaitement calculé avec méticulosité et le lecteur finit par l'aimer, s'attacher à elle.

Bien sûr, il y aura l'histoire avec Daniel, le chef des surveillants de la prison dans laquelle Marianne se trouve. J'avoue que je ne m'attendais pas à avoir une telle histoire dans ce roman et cela fait un peu de bien même si les rapports entre ces deux là au départ sont plutôt houleux...

Je m'arrêterai là parce que si je commence à parler de ce roman, je ne vais plus m'arrêter tant il y aurait à en dire.

Meurtres pour rédemption est un roman qui se mérite et attention aux scènes barbares. D'ailleurs, pour les âmes sensibles, il vaut mieux s'abstenir de le lire... L'histoire de Marianne est tragique à un point tel qu'on la suit avec appréhension tout au long des 850 pages qui forgent la version numérique. Le lecteur est souvent en apnée au cours de sa progression parce que l'on ne sait jamais ce que Karine Giebel va réserver à Marianne et même la fin nous met KO parce qu'on ne s'y attend pas vraiment (mis à part pour Marianne... Ce ne fût pas une surprise pour moi...).

En bref, je suis ravie d'avoir enfin lu cet ouvrage dont tout le monde parlait mais je ne pourrai jamais en faire un coup de coeur. C'est un roman percutant et éprouvant car très brutal. Par ailleurs, la fin nous fait bien comprendre qu'en tant que simple petit citoyen nous sommes bien peu de choses...

mardi 25 avril 2017

Le mois de la fantasy

Le mois de mai sera dédié à la fantasy grâce au challenge organisé par Stéphanie de la chaîne Pikiti Bouquine.
J'ai mis un peu de temps pour me décider de participer parce que, chez moi, ce n'est parce qu'il y a des ponts que je lis plus. Bien au contraire...
Je vous présente les ouvrages que j'ai décidés de lire à cette occasion.
Si l'envie vous en dit, n'hésitez pas à nous rejoindre. J'ai mis tous les liens dans la barre d'information de ma vidéo 😊