mercredi 24 novembre 2021

Le second sommeil

 


Auteur : Robert Harris
Editions : Belfond Noir (2021)
Nbre de pages : 361


Présentation de l'éditeur :

1468. Le père Christopher Fairfax est envoyé dans un village isolé du bout de l’Angleterre pour célébrer les funérailles d’un prêtre décédé brutalement. D’abord saisi par l’accueil glacial des habitants, Fairfax est bientôt effrayé lorsqu’il découvre dans la chambre du défunt toute une collection de livres et d’artéfacts anciens, témoins d’un temps préapocalyptique. Des objets qui auraient dû conduire l’homme de Dieu au bûcher. N’y a-t-il pire péché que celui de la connaissance ? Alors qu’il enquête sur ce prêtre hérétique, Fairfax va s’approcher trop près d’une vérité tenue secrète depuis des siècles – le destin d’un monde englouti par le temps, une civilisation disparue que certains cherchent à raviver pour sortir du noir profond de la nuit…


Mon avis :

J'avais lu en 2010 le fameux Fatherland de l'auteur qui m'avait totalement déstabilisée et j'avais envie de renouveler avec cet auteur. Quoi de mieux que de se pencher sur son dernier né qui m'a, là encore, ébranlée.

Je n'avais pas relu la 4ème et je m'attendais à entrer dans un thriller historique dans lequel il faudrait résoudre un meurtre. Alors oui, meurtre il y a mais la période n'est pas du tout celle à laquelle je m'attendais et ce fut ma première surprise. Il s'agit ici d'un thriller post-apocalyptique mais je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher votre moment de lecture.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés du Père Christopher Fairfax, âgé de 24 ans, qui devra célébrer les funérailles du curé d'un village reculé. En fait, si Christopher pensait ne faire qu'un simple aller retour, il va se retrouver dans une histoire à laquelle il ne pourra pas échapper, la curiosité l'emportant sur tout le reste.

Le roman a une intrigue intéressante mais le rythme est plutôt lent et risque de déranger certains lecteurs qui auraient aimé une histoire plus punchy.

Il n'empêche que l'auteur va apporter des raisonnements sur un passé qui nous est propre et qui, irrémédiablement, va nous pousser à nous poser beaucoup de questions.

J'ai beaucoup aimé son point de vue et voir ce que les personnages de ce roman vont en déduire.

Par contre, j'ai été un peu déçue par la fin parce que je m'attendais à avoir certaines réponses qui ne seront pas. Mais, d'un autre côté, vu la tournure du roman, la fin donnée est logique. Tout est parfaitement orchestré et maîtrisé tant du point de vue de l'enquête que de la façon dont les personnages réagissent et agissent.

En bref, ce fut une belle découverte d'un auteur qui me surprend à chaque lecture. Si vous êtes un tantinet curieux, n'hésitez pas à le tenter.

dimanche 14 novembre 2021

Crosroads : La dernière chanson de Robert Johnson

 


Auteur : Hervé Gagnon
Editions : Hugo Roman (2021)
Nbre de pages : 530


Présentation de l'éditeur :

Lorsque l'historien Donald Kane et l'anthropologue Virginia Craft reçoivent la lettre d'une veille dame qui leur offre de venir récupérer les objets ayant appartenu au grand bluesman Robert Johnson, ils n'hésitent pas une seconde. L'histoire du blues pourrait être réécrite ! Mais le contenu de la boîte en fer-blanc les entraîne plutôt dans une spirale infernale aux allures de voyage initiatique. Tandis que le duo de chercheurs suit la piste escarpée que leur indique la mythique trentième chanson de Johnson, recherchée depuis sa mort en 1938, les évènements sordides et les phénomènes inexplicables se multiplient, le surnaturel se trouvant toujours derrière le décor...

Un récit qui se déroule dans l'atmosphère poisseuse du Delta du Mississippi, baigné dans l'ambiance mystérieuse du hoodoo et des vapeurs du bourbon, où le blues résonne à chaque carrefour. On entend le roman autant qu'on le lit.



Mon avis :

J'ai l'habitude de lire Hervé Gagnon dans ses romans historiques que j'adore particulièrement. Lorsque j'ai reçu son dernier roman sans être prévenue, j'ai sauté de joie et j'avais hâte de le découvrir. D'ailleurs, je m'y suis lancée de suite dedans et je l'ai dégusté/dévoré en quelques jours.

La première chose qui m'a changé avec Crossroads c'est la temporalité. Nous sommes ici dans une période contemporaine avec un prologue qui se déroule en 1930 puis la narration passe en juillet 2021. Autant dire que c'était hier...

Robert Johnson
Les personnages, Donald Kane et Virginia Craft, vont se retrouver dans une situation très étonnante puisqu'ils vont se voir remettre par une vieille dame en fin de vie, une boîte en fer qui contient des effets personnels de Robert Johnson, un grand bluesman décédé avant ses 30 ans.

Hervé Gagnon va nous lancer dans une aventure folle et incroyablement prenante.

Parsemé de chansons de blues, nous suivrons Kane et Craft dans une enquête au-delà de la raison et du pragmatisme. Il faut être ouvert d'esprit et croire en certaines choses pour apprécier à sa juste valeur ce que nous allons découvrir.

Le blues est fortement lié à certains mythes et Hervé Gagnon joue magnifiquement avec.


L'intrigue et les personnages sont tellement bien menés et malmenés que l'on a du mal à lâcher le roman.

Nous entendons les chansons; nous avançons avec Donald au coeur de Memphis, sous une chaleur harassante; nous stressons de ce qu'il découvre, lui l'historien, le terre à terre qui ne croit pas en certaines choses. Et pourtant...

Bien que pragmatique comme Donald, j'avoue que je me suis laissée berner par l'auteur parce que je crois en certaines choses. La magie noire en fait partie. L'histoire de Robert Johnson m'était inconnue mais Hervé Gagnon la rend tellement surnaturelle bien que réelle que ça en est flippant.

Que peut-on dire de Virginia qui accompagne Donald et qui a toujours vécu dans le Delta, au coeur de ces mythes et d'une grand-mère qui pratique le hoodoo.

J'ai tout simplement adoré ce que j'ai lu. J'ai voulu y aller doucement pour déguster chaque page, chaque chanson, chaque découverte et pourtant je l'ai terminé beaucoup trop vite à mon goût.

J'aurais aimé que le livre contenue encore et encore pour rester avec Donald et Virginia au coeur de cette ville de Memphis où les plus grands bluesmen se sont rencontrés.

Je ne peux que vous pousser à découvrir à votre tour ce roman sur un grand artiste de son époque qu'était Robert Johnson et dépeint avec tellement de fascination par Hervé Gagnon que vous le serez également au fil des chapitres.

jeudi 11 novembre 2021

Capitale du Nord : Citadins de demain (T1)

 



Autrice : Claire Duvivier
Editions : Aux forges de vulcain (2021)
Nbre de pages : 373


Présentation de l'éditeur :
Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.


Mon avis :

Ce premier tome fait partie d'une saga nommée "La tour de garde" dont la spécificité est qu'elle sera écrite par deux trilogies qui se liront en parallèle. Ici, Claire Duvivier nous fait vivre des évènements se déroulant dans la capitale du Nord, Dehaven alors que les évènements de la capitale du sud seront écrits par Guillaume Chamanadjian dont le tome 1 est paru en avril dernier.

Mais préoccupons nous de ce premier volet écrit d'une plume magnifique par Claire Duvivier.

D'emblée, je préfère vous prévenir que si vous cherchez un roman dans lequel l'action est présente dans toutes les pages avec de la magie à foison, vous sortirez déçu ou en tout cas il vous aura manqué ce que vous y aurez recherché.

Nous vivons cette histoire par la narration faite par Amalia Van Esqwill, jeune aristocrate dont les parents sont progressistes par l'éducation qu'ils ont donné à leur fille mais également à son meilleur ami, Hirion de Vautier. Nous allons apprendre à les connaître, tout comme la ville dans laquelle ils ont grandi, et voir que les choses vont évoluer d'une façon inattendue.
Ils seront accompagnés par Yonas, fils d'un éclusien et ami de toujours.

J'avoue que je ne m'attendais pas à accrocher aussi bien et aussi vite à ce premier volet qui met vraiment tout en place à un rythme plutôt tranquille.

Si certains considèreront que cette lenteur est trop longue à leur goût, je leur répondrai qu'elle est surtout utile pour tout bien comprendre de cette cité et de ce que découvre Hirion en récupérant des objets au cours d'une promenade sur un marché local.

Honnêtement, la surprise est de mise parce qu'on ne voit les choses se profiler qu'un fil des chapitres, sans se rendre vraiment compte de ce qu'elles vont entraîner par la suite.

D'ailleurs, la fin m'a totalement laissée béante parce que je ne m'y attendais pas du tout et cela donne tellement envie d'avoir la suite immédiatement que l'attente va être longue jusqu'à la parution du tome 2, dont je n'ai pas la date malheureusement.

Les personnages sont extrêmement bien rendus. Bien qu'aristocrates, Amalia et Hirion ont des idées plutôt progressistes et voient que les choses changent à Dehaven mais l'histoire ne se concentrera pas uniquement sur le côté social de cette ville. Le côté magique va arriver en milieu de roman et le lecteur se rendra compte de cette fabuleuse découverte en même temps que les personnages ce qui rendra la lecture tellement envoûtante que j'avais envie d'être à leurs côtés et voir les choses par moi-même.

Le seul menu reproche que je pourrai faire à ce livre est l'usage du passé simple qui, dans les dialogues, rend les échanges un peu lourds. Mais cela n'entache aucunement la fluidité de l'intrigue et l'intérêt que l'on va lui porter de bout en bout.

Tout est très bien orchestré; les surprises sont là et à aucun moment je n'ai vu les choses venir.

J'ai dégusté cette lecture plutôt que dévoré parce que j'étais tellement bien dans l'univers créé par Claire Duvivier. Je n'ai qu'une hâte lire la suite bien sûr mais découvrir également la Capitale du Sud car il y a un point commun qui se fait entre ces deux capitales. Je suis curieuse de voir ce que donne le tome 1 de Guillaume Chamanadjian et je compte bien le découvrir très rapidement.

lundi 8 novembre 2021

Le coeur des fileuses

 


Autrice : Aurélie Haderlé
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 437


Présentation de l'éditeur :

1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l'unique héritière d'une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l'ordre social.

Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son voeu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l'entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s'affranchir d'un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?


Mon avis :

Autant les romans contemporains de la collection Terres de France ont du mal à m'accrocher, autant j'adore ceux dans le passé avec un historique régional qui m'emporte à chaque fois.

Pas de mauvaise surprise avec ce roman d'Aurélie Haderlé. Je ne connaissais pas l'autrice mais je me suis laissée emporter par l'histoire d'Eulalie et la voir avancer malgré des secrets cachés et sa condition de femme de début de XXème siècle.

Avec une plume délicate, agréable et fluide, j'ai beaucoup aimé la voir évoluer au coeur de l'usine familiale de ver à soie. C'était comme si j'y étais.

Eulalie est une enfant un peu craintive mais qui a du plomb dans la tête. Elle observe. Elle apprend en silence pour mieux, par la suite, répondre au mieux aux attentes des femmes qui la côtoieront.

Entre l'histoire familiale, celle de l'usine, les diverses relations amicales ou amoureuses, tout nous porte à rester dans ce roman aux mille facettes si bien orchestré.

Je ne me suis jamais ennuyée et j'y retournais avec envie et curiosité. J'ai aimé me balader au coeur des Cévennes mais aussi dans ma ville de Nîmes.

C'est un roman que je conseille pour s'évader mais aussi pour se rendre compte des conditions des femmes dans les filatures à cette époque. C'est extrêmement bien rendu et ce sera avec plaisir et intérêt que je lirai les prochains romans de cette jeune auteure.

vendredi 29 octobre 2021

Cathares 1198

 


Auteur : Olivier Taveau
Editions : Bragelonne (2021)
Nbre de pages : 303




Présentation de l'éditeur :

An 846. La mort de Charlemagne a laissé un empire morcelé, un monde à l'agonie où le pouvoir de Rome ne tient plus qu'au prestige d'un trône. Au coeur d'une curie rongée par les complots, le pape Serge II refuse pourtant de voir périr l'oeuvre de Dieu. Alors que les barbares assiègent la cité, il conclut un pacte avec d'obscurs émissaires et s'engage à protéger un ordre d'élus appelés à restaurer la foi.
Deux siècles plus tard, les premières communautés cathares voient le jour en Languedoc. Par la parole, la volonté et l'exemple, les " Parfaits " redonnent espoir en la parole sacrée et le pays entier, saisi par la ferveur, se détourne bientôt des églises pour embrasser la nouvelle religion. Mais à l'ombre des pouvoirs, des voix appellent déjà au sang.


Mon avis :

Après un roman contemporain touchant, j'avais envie de me replonger dans l'histoire cathare de ma région. Je me suis donc plongée dans le roman de cet auteur que je ne connaissais pas et j'ai passé un très bon moment.

Le prologue est plutôt mystérieux et présente des évènements que l'on a envie de comprendre.

Nous basculons ensuite à la fin du XIIème siècle et nous suivons divers personnages issus du côté cathare avec notamment des Parfaits mais également des catholiques et le Pape Innocent III.

J'ai trouvé l'ensemble très agréable à lire par une écriture simple et fluide tout comme l'intrigue.

A aucun moment, je n'ai été perdue par des détails trop nombreux et nébuleux tenant de la période dans laquelle on se trouve.

J'ai participé aux chutes de Béziers et de Carcassonne avec des scènes historiques très bien décrites sans que cela soit trop lourd.

L'auteur, dans l'ensemble de son roman, reste sur l'essentiel et c'est très agréable.

Du coup, l'histoire se lit bien; on s'attache aux personnages et notamment aux cathares. J'ai adoré certains dialogues et les révélations plongent le lecteur dans un moment de réflexion intéressant.

Connaissant déjà la période cathare, j'aurais juste aimé passer plus de temps aux côtés des Parfaits et que l'auteur prenne plus de temps lors de la chute de Béziers.

Mais j'avoue que pour des lecteurs qui ne connaissent pas cette période voire très peu, le livre se lit très bien. C'est sans fioritures ni excès de violence. Il y a juste ce qu'il faut pour garder le lecteur attaché au roman jusqu'au bout et c'est bien là le principal.

dimanche 24 octobre 2021

Les lendemains

 


Autrice : Mélissa Da Costa
Editions : Albin Michel (2020)
Nbre de pages : 258






Présentation de l'éditeur :
Amande ne pensait pas que l'on pouvait avoir si mal. En se réfugiant dans une maison isolée en Auvergne pour vivre pleinement son chagrin, elle tombe par hasard sur les calendriers horticoles de l'ancienne propriétaire des lieux. Guidée par les annotations manuscrites de Madame Hugues, Amande s'attelle à redonner vie au vieux jardin abandonné. Au fil des saisons, elle va puiser dans ce contact avec la terre la force de renaître et de s'ouvrir à des rencontres uniques. Et chaque lendemain redevient une promesse d'avenir.


Mon avis :

Après avoir lu, l'année dernière, Tout le bleu du ciel que j'avais beaucoup aimé, je ne pouvais pas passer à côté des autres romans de Mélissa Da Costa. Je me suis tout naturellement penchée sur celui qu'elle avait publié en 2020 et dont le thème du deuil est, encore une fois, magnifiquement maîtrisé.

On suit Amande, âgée de 30 ans, qui le même jour va perdre son mari et sa petite fille. Douleurs atroces que de voir partir les deux êtres qui lui sont le plus chers. Comment arriver à vivre ? Survivre ? Comment gérer l'absence, le vide ? Comment avoir envie de continuer ?

Mélissa Da Costa propose ici un roman qui est subjuguant par sa façon qu'elle a de parler d'un thème tellement difficile.

Lorsque j'ai lu le premier chapitre, j'ai dit à mon mari : "Bon bon bon... à mon avis, il ne va pas être facile à lire...". Car ce premier chapitre vous place toute l'horreur que va vivre Amande en quelques heures. C'est dur. C'est poignant. C'est inimaginable.

Et pourtant...

Là encore, l'autrice écrit avec merveille l'histoire d'Amande, de sa reconstruction dans une maison isolée au coeur de l'Auvergne.

J'ai cru que j'allais beaucoup pleurer. Que ce roman allait me tirailler jusqu'au plus profond de mes tripes.

Il n'est pas forcément facile à lire par la douleur d'Amande que l'on vit avec elle à chaque page mais il n'est pas larmoyant non plus. Et c'est là toute la force d'écriture de Mélissa Da Costa : parler de choses difficiles avec une plume délicate et un ton qui vous oblige, malgré vous, à garder l'espoir et un petit sourire au coin des lèvres.

Les moments d'émotion sont bien présents mais le petit brin de soleil n'est pas loin non plus.

La reconstruction d'Amande se fait en notre présence et on se reconstruit avec elle.

Un très beau roman que je conseille. N'ayez aucune crainte. Il se lit bien. Il se lit avec douceur, en prenant son temps, comme Amande sait le prendre de son côté. Pour mieux revenir. Pour mieux vivre des lendemains plus sereins.

lundi 18 octobre 2021

Des vies volées

 


Autrice : Susan Allott
Editions : Belfond (2021)
Collection : Belfond Noir
Nbre de pages : 330


Présentation de l'éditeur :

Intense et noir, un premier roman qui rouvre les plaies d'un chapitre sombre de l'histoire australienne récente : le rapt d'enfants aborigènes organisé par l'Etat. Une rafale d'émotions brutes pour ce texte remarquable, en lice pour le prestigieux Dagger Award de la littérature à suspense britannique.

1997, Londres. Isla Green, trente-cinq ans, reçoit un appel de son père, l'informant d'une étrange nouvelle : la police de Sydney vient de le déclarer suspect potentiel dans une affaire vieille de trente ans. Le sexagénaire aurait été le dernier à avoir vu vivante leur voisine, et amie, Maddie, disparue brutalement en 1967 et dont la mort vient d'être établie.

Secouée par cette enquête qui ravive des souvenirs douloureux, Isla se sent obligée de rentrer chez elle, en Australie, pour aider ses parents dans cette période compliquée. Mais revenir après dix ans d'absence n'est pas simple pour la jeune femme, elle-même fragilisée. Car pour comprendre ce qui est réellement arrivé à Maddie, cette adorable voisine qui la gardait petite, Isla va devoir affronter les fantômes de son passé, ceux de ses parents. Mais aussi percer le silence de cette petite communauté de la banlieue de Sydney qui a traité en bon voisin, pendant de longues années, un ravisseur d'enfants aborigènes...


Mon avis :

J'ai eu envie de découvrir ce roman dès que j'ai lu le 1er paragraphe de la quatrième de couverture. Une histoire sombre s'offrait à moi et j'étais très curieuse de voir et comprendre ce qu'il s'était passé en Australie avec ces enfants aborigènes enlevés à leur famille par la police australienne.

La double temporalité va nous permettre de suivre les évènements en 1967 alors que Isla aura 4 ans et ceux de 1997 lorsque son père lui demande de revenir chez elle, suite à une enquête dont il fait l'objet.

Honnêtement, j'ai préféré les chapitres se référant au passé d'Isla que ceux de 1997 où l'on suit cette fameuse enquête sur la disparition inquiétante de l'ancienne voisine.

On va en apprendre beaucoup sur les uns et les autres mais j'avoue que j'attendais surtout de vivre les évènements qui concernaient ces enfants autochtones enlevés.

J'ai été déçue de me rendre compte que l'accroche de la quatrième n'est qu'un prétexte pour tout autre chose et j'avoue que je n'ai pas apprécié ce livre à sa juste valeur.

Je n'ai accroché à aucun personnage, mis à part Isla enfant. Ils ont tous quelque chose à cacher et même si cela peut mettre une certaine tension, je n'ai pas ressenti cette "rafale d'émotions" ni l'intensité évoqués par l'éditeur.

Je suis restée plutôt extérieure à ce qu'il se passait parce que, au final, cela ne m'intéressait pas vraiment. Ce n'était pas le but que je recherchais dans cette lecture.

Du coup, ne vous attardez pas à cette accroche qui leurre finalement le lecteur parce que les passages où la police agit sont très minces par rapport au reste où deux familles se déchirent, s'émiettent au fil des chapitres.

Je sors déçue parce que ce n'est pas du tout ce que j'en attendais mais il faut admettre une chose c'est que Susan Allott a une écriture plaisante et fluide qui permet quand même d'aller au bout de son premier roman.

mardi 12 octobre 2021

Semiosis

 


Autrice : Sue Burke

Editions : Albin Michel Imaginaire (2019)

Nbre de pages : 434



Présentation de l'éditeur :
Ils sont cinquante – des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d’un voyage interstellaire de cent soixante ans, s’établir sur une planète extrasolaire, qu’ils ont baptisé Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l’argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Retrouver un équilibre définitivement perdu sur Terre. Construire une Utopie.
Mais avant même de fonder leur colonie, des drames mettent à mal leur idéal. Avarie sur une capsule d’hibernation, accident d’une des navettes au moment de l’atterrissage. Du matériel irremplaçable est détruit. Les morts s’accumulent.
La nature est par essence hostile et dangereuse ; celle de Pax, mystérieuse, uniquement végétale, ne fait pas exception à la règle.
Pour survivre, les colons de Pax vont devoir affronter ce qu’ils ne comprennent pas et comprendre ce qu’ils affrontent.

Mon avis :

Voici mon 1er planet opéra lu grâce à l'éditeur que je remercie vivement pour sa proposition de lecture dans le cadre d'un ouvrage réellement adapté aux débutants en SF.

Ici, nous allons vivre la colonisation d'une planète très différente de la Terre par des personnages qui évolueront au fil de chaque chapitre.

C'est un peu ce qui m'a déroutée d'ailleurs. Nous n'aurons pas affaire aux mêmes personnages du début à la fin mais nous allons suivre les différentes générations et voir l'impact de leur colonisation et comment cette planète répond.

Je me suis laissée embarquée facilement dans cette narration plutôt fluide, même si les termes pharmacologiques/scientifiques m'ont un peu perdue parfois. Cependant, étant donné que l'on voit évoluer une faune et surtout une flore riche et intelligente, il est aisé de comprendre de quoi l'on parle.

J'ai aimé découvrir ce rapport hommes/plantes qui arrivent à communiquer et régler les difficultés que les uns et les autres vont rencontrer.

C'est un roman que j'ai pris mon temps à lire. J'ai d'ailleurs eu du mal à en sortir une fois terminé parce que j'avais pris l'habitude, chaque matin, de lire mes 50 pages et m'imprégner encore et encore de cette planète et de la façon dont les humains s'organisent pour l'apprivoiser.

Honnêtement, même si les chapitres sont très longs, l'ensemble se lit extrêmement bien. Je n'ai au aucune difficulté de compréhension majeure et j'ai adoré voir ces humains tenter de comprendre des lieux construits par une autre civilisation disparue... quoi que... et tout organiser avec cette faune et cette flore qui n'est pas sans risque pour eux. Après tout, la planète ne leur est pas connue; les livres n'existent quasiment pas; il n'y a pas de réseau informatique. Tout est à refaire avec un environnement qui peut, à tout moment, devenir hostile.

Si vous voulez vous lancer dans un genre SF sans vous prendre la tête, ce titre est parfaitement dosé et mené avec beaucoup d'intérêt pour nous ouvrir aux problèmes écologiques. Je le conseille à tous, adeptes ou non de science-fiction.

mercredi 6 octobre 2021

Les couleurs du destin

 


Autrice : Mireille Pluchard
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 666


Présentation de l'éditeur :

Cévennes, début XIXe. Petite fille, la douce Sixtine rêve souvent d’être une autre, elle qui ne connaît que les brimades d’un père rustre et cruel. Adolescente, elle trouve du réconfort dans les bras de Jean-Baptiste, le fils des propriétaires du domaine du Souleiadou. Mais il meurt à la guerre et Sixtine, enceinte, n’a d’autre choix que de fuir. Sous les couleurs de la Provence, la jeune fille s’invente un nouveau destin. Plus forte, Sixtine repense au Souleiadou : l’heure de la revanche a sonné…


Mon avis :

Voilà le nouveau Mireille Pluchard que je me suis délectée de découvrir. Sixtine est une petite fille à laquelle on va s'attacher plutôt rapidement et que l'on va suivre durant toute sa vie. On évoluera en même temps qu'elle. On vivra des moments difficiles et d'autres plus agréables aux côtés de personnages qui vont l'aider à se construire après un début de vie plus que compliqué.

Pour moi, les romans de Mireille Pluchard sont des romans doudous. J'aime cette plume fluide, agréable qui vous transporte dans un passé très bien retranscrit avec des personnages qui nous collent à la peau.

Si j'ai trouvé le début un plus long (il m'aura fallu attendre environ 100 pages pour être totalement dedans), je me suis laissée porter ensuite par cette histoire et ce personnage féminin qui m'a conquise tant par sa détermination que par sa douceur et ses faiblesses.

A ses côtés, nous la suivrons dans les Cévennes puis jusqu'en Provence, brûlant de chaud sous le soleil d'été ou frigorifié par ce mistral que l'on connaît tant dans le Sud.

J'ai adoré me retrouver sur les chemins qui mène de Nîmes à Beaucaire ou Tarascon. J'avais l'impression de retrouver un passé de cette région qui est la mienne et j'ai été conquise.

Le roman se déroule sur une période de 40 ans environ. Il y aura des hauts et des bas. On aura de la joie pour Sixtine, de la tristesse, de la colère.

C'est un roman qui apporte beaucoup d'émotions au lecteur et j'avoue que, même si ce n'est pas un coup de coeur, je me suis laissée porter comme je l'avais fait avec Le choix de Diane (mon avis) qui reste, pour moi, le meilleur roman de l'autrice.

Si vous aimez vous promenez au coeur des Cévennes. Si vous aimez le Sud et si voulez découvrir autant une manufacture de tissus provençal que le travail des champs et la culture des oignons doux, ce roman vous plaira très certainement.

Comme pour chacune de mes lectures, j'ai pris le temps de le lire. J'ai pris le temps de m'imprégner de chaque personnage, de chaque passage important de leur vie et j'en suis sortie triste de les quitter mais aussi apaiser.

Il y a beaucoup de doute, de douleurs, de tension au coeur de ce roman mais au travers de l'écriture de Mireille Pluchard tout est subtilement mené et on ne s'ennuie pas un seul instant.

mardi 28 septembre 2021

Duologie "ça"

 




Auteur : Stephen King
Editions : Le livre de poche (2013)
Nbre de pages : 799 (T1) - 638 (T2)



Présentation de l'éditeur (T1) :

Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l’auteur de Sac d’os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses œuvres les plus amples et les plus fortes.



Mon avis :

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu du Stephen King et cette duologie me titillait d'autant qu'un copain de collège (oui je sais ça remonte à loin...) avait adoré le fameux clown. Du coup, je me suis laissée tenter par cette LC organisée sur le groupe Unkingparmoisensemble.

On le sait : Stephen King ne sait pas faire court. Cette duologie est donc quasiment interminable et pourra sembler bien trop longue pour certains.

On va découvrir la ville de Derry, le club des ratés et l'horreur que vit cette ville depuis maintenant de bien trop longues années.

Ce qu'il faut savoir c'est que, dans les deux tomes, nous avons des alternances de temps, entre le moment où les membres du club des ratés ont 11 ans et celui où ils sont devenus adultes et reviennent sur les lieux, 27 ans plus tard...

J'avoue que si dans le 1er tome cette alternance ne m'a pas gênée car elle apporte beaucoup dans la compréhension de ce qu'il se passe, j'ai été lassée dans le tome 2 de constater que cette alternance persistait et qu'elle créait, à mon sens, des longueurs/lenteurs, mais que le fameux clown n'était pas si présent que ça.

Mais ça, c'était avant d'arriver à la 2ème moitié du tome 2.

Du coup, il vous faudra beaucoup de patience avant que l'action arrive enfin... J'ai été tentée par un abandon mais je voulais savoir comment ces enfants/adultes s'y étaient pris pour régler le compte à Grippe-Sou.

Heureusement que la 2ème moitié du tome 2 est donc plus addictif. MAIS j'ai été déçue, en colère, entrant dans une totale incompréhension de deux scènes dans ce même tome que je n'ai toujours pas digérées aujourd'hui.

Je dirai même qu'à l'heure où j'écris ces mots, si les associations de droit de l'enfant mettaient leur nez là-dedans, ils censureraient sûrement ce passage !!

On peut dire que Stephen King est un maître dans l'art de mettre des thématiques fortes dans ces textes et j'adhère totalement la plupart du temps mais là c'est clairement NON ! D'autant que ça n'apporte absolument rien à l'intrigue.

Si je ne regrette pas d'avoir découvert ce dyptique, je reste très en retrait sur ces scènes qui mettent à mal les personnages et le lectorat et qui n'apportent rien.

Cela ne m'empêchera pas de continuer à découvrir les autres titres de l'auteur voire même d'en relire certains (Shining, Le fléau) mais autant dire les choses lorsqu'elles choquent. Ce sera à vous de voir si vous voulez le tenter ou non.

mercredi 22 septembre 2021

La troisième griffe de Dieu

 



Auteur : Adam-Troy Castro
Editions : Albin Michel (2020)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 488





Présentation de l'éditeur :

En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée?: elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements.
Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent.
A peine arrivée au port orbital, des assassins tentent de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.


Mon avis :

Lu en LC sur Instagram, il me tardait de retrouver Andrea Cort dans sa nouvelle enquête qui va se dérouler dans un endroit insolite puisque nous allons plonger dans un huis-clos au coeur d'un ascenseur spatial. Andrea, après avoir échappé une nouvelle fois à un attentat, va devoir trouver le coupable d'un nouveau meurtre qui s'est déroulé dans cet ascenseur peu de temps après l'embarquement des invités de la famille Bettelhine...

Je ne détaillerai rien de plus sur l'univers ou même la famille Bettelhine qu'il convient de découvrir par vous-même. La seule chose que vous pouvez savoir c'est que l'empire de la famille Bettelhine repose sur la fabrication et la vente d'armes diverses à toute population qui le souhaite...

Avec la tentative d'assassinat contre Andrea dès le début du roman, le ton est donné. Andrea n'aura aucun échappatoire encore une fois. Elle va devoir régler cette enquête le plus vite possible. Bon nombre de vies sont en jeu, en plus de la sienne.

Ce qui marque, dès le départ, c'est l'évolution d'Andrea. Elle est désormais "Procureur extraordinaire pour le Corps Diplomatique" est à cet effet c'est elle qui choisit désormais ses missions. Mais elle évolue aussi dans ses relations avec les autres et c'est juste hallucinant à lire. Bien sûr Oscin et Skye y sont pour beaucoup mais Andrea a fait un énorme travail sur elle et rien que pour ça, cela vaut le coup de la lecture.

Vient ensuite l'enquête ou plutôt ces interrogatoires qu'elle va devoir organiser et mener au sein même d'un appareil malmené.

La tension est à son comble; le risque de voir un nouveau meurtre perpétré est au maximum. Il faut aller vite pour différentes raisons...

De fortes thématiques sont abordées et si on devait me demander quel tome j'ai préféré entre le 1 et le 2, je ne vous répondrai pas. Tout simplement parce qu'ils sont différents l'un de l'autre dans la façon d'aborder les choses, de voir évoluer le personnage principal mais tous deux sont très intéressants.

Je dirai juste que le fait d'être dans un huis-clos rend la lecture plus lente car moins d'action dans la majorité du roman. Mais ce "manque" se corrige voire même s'efface parfaitement avec tout ce que l'auteur nous propose de manigances, d'Histoires aussi des différents peuples que nous rencontrons.

En bref, c'est encore un ouvrage de SF qui se lit extrêmement bien, même si vous n'êtes pas habitué à lire ce genre et je tiens vraiment à insister dessus. Je dirai même que le tome 2 est un peu plus abordable puisqu'il n'y est pas question de technologies. On est vraiment dans un thriller plus classique sur fond de SF.

Encore une fois, je le recommande vivement et j'espère avoir l'occasion de continuer à lire les romans de Adam-Troy Castro sans avoir à passer à la VO qui serait beaucoup plus compliqué à lire...

jeudi 16 septembre 2021

Le mal dans la peau

 



Autrice : Mia Sheridan
Editions : Hugo Roman (2021)
Collection : New Romance
Nbre de pages : 452

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Trouvera-t-elle un jour la paix ? Le cauchemar de Josie Stratton remonte à neuf ans. Alors qu'elle n'était qu'une toute jeune femme, elle a été enlevée, retenue prisonnière et torturée durant dix interminables mois avant de parvenir à s'échapper de l'enfer.

Aujourd'hui, elle essaie de se reconstruire, un pas après l'autre. Mais alors qu'elle pensait que son bourreau s'était suicidé, de nouvelles victimes apparaissent. Des jeunes femmes séquestrées et torturées qui, elles, n'ont pas eu la chance de survivre.

Josie est prête à tout pour aider l'inspecteur Zach Copeland dans son enquête. Car elle veut participer à l'arrestation du meurtrier, bien sûr, mais aussi parce que l'incroyable Zach est le premier, après toutes ces années, qui parvient à l'approcher, à l'émouvoir... et à faire renaître en elle le désir, ce trésor qu'elle pensait perdu à tout jamais. Elle lui est infiniment reconnaissante pour ce cadeau inattendu, même si elle sait bien, tout au fond d'elle, qu'elle est trop brisée pour aimer à nouveau.


Mon avis :

Lire un Mia Sheridan, ça ne se refuse pas. J'ai eu l'occasion de découvrir son dernier roman en avant-première et j'en suis sortie émue et plus que ravie. Je remercie d'ailleurs Marie des Editions Hugo pour m'avoir fait ce superbe cadeau.

En règle générale, les romans de Mia Sheridan restent des contemporains dans lesquels on découvre des personnages qui ont/ont eu une vie bousculée par divers évènements et se reconstruisent.

Ici ce sera bien sûr le cas MAIS la nouveauté dans ce titre réside dans le côté policier que l'autrice a décidé de tenter. Et non de non ce que ça lui va bien.

On va suivre, dans le prologue, Josie qui est étudiante et va être enlevée, séquestrée durant un an et violée durant tout ce temps. Puis on la retrouvera neuf ans plus tard. Elle a repris sa vie en main tant bien que mal mais de nouvelles victimes vont l'entraîner dans son passé et c'est aux côtés de Zach Copeland, inspecteur à Cincinnati, qu'elle va devoir affronter tout ce qu'elle a vécu pour résoudre cette enquête.

Force est de constater que Mia Sheridan est une magicienne de l'écriture. Ici, elle démontre à la perfection qu'elle est tout autant capable d'écrire un roman policier que n'importe quel auteur de ce genre. Il est prenant, bien ficelé, émotionnellement fort et les personnages sont très bien travaillés.

On est vraiment loin du cliché des romans new romance gnan-gnan avec le mec hyper beau, barraqué... et la nana hyper sexy et bien roulée qui fait tourner la tête des mecs.

L'histoire de Josie est dure, implacable et marquera bien sûr les mamans que nous sommes.

Mia Sheridan ne nous épargnera en rien. Nous suivrons l'enquête avec des chapitres au présent mais nous vivrons aussi l'enfer aux côtés de Josie durant sa séquestration.

Je suis restée en apnée sur certains passages, me demandant comment elle allait s'en sortir. Et puis LE passage le plus dur, le plus bouleversant que je ne dévoilerai pas mais qui m'a mis les larmes aux yeux, m'a coupé le souffle et ô combien mon coeur de maman a eu mal.

Les personnages sont vrais. Ils ne sont pas caricaturés. Ils sont comme vous et moi : simples et sans fioritures. Cette histoire pourrait être celle de n'importe quelle victime et c'est ce qui est le plus saisissant.

A aucun moment, je ne me suis dit que l'autrice en faisait trop. Tout était très bien calculé et mené.

De plus, avec Mia Sheridan, il n'y a pas de scènes explicites comme vous en trouverez ailleurs. Dans chaque roman qu'elle écrit, tout est très bien dosé. Le sexe sert l'histoire des personnages. Il coule de source. Ici ce sera encore le cas et il n'y aura aucun abus. D'ailleurs, il n'y aura qu'une seule scène qui se passe assez vite.

L'essentiel, pour Mia Sheridan, n'est pas dans ces scènes mais bien dans ses personnages et ce qu'ils vivent au fil des chapitres.

Pour moi, c'est l'autrice par excellence dans la new romance. Je ne suis jamais déçue par ses romans et c'est toujours un vrai plaisir que lire ses livres.

Du coup, je ne peux que vous incitez à découvrir ce livre là qui sort des sentiers battus la concernant.

Certes, Leo, Archer's voice, L'honneur de Preston sont bons et valent le détour. Mais à mes yeux Le mal dans la peau entre, comme Calder et Eden, dans le must que peut écrire Mia Sheridan. Une fois que vous y êtes dedans, vous ne pouvez plus en sortir mais surtout une fois fermé les personnages restent en vous comme un tatouage sur votre peau. Ils nous parlent; ils nous touchent. Impossible de les oublier.

lundi 13 septembre 2021

Des cendres sur nos coeurs

 


Autrice : Annie Degroote
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : terres de France
Nbre de pages : 505


Présentation de l'éditeur :

Flandres, Pays-Bas espagnols, 1563.
Comme il a belle allure, Loup Daredeville, sur son cheval ! Il ignore encore les bouleversements qui l'attendent. Le brillant étudiant de l'école latine d'Armentières est un coeur pur, proche des humbles. Il entre dans l'intimité des grands d'Espagne, en secourant l'épouse du comte d'Egmont, gouverneur de Flandre et d'Artois. Dans les campagnes, les prêches calvinistes séduisent, loin des messes en latin et des indulgences. La foi catholique de Loup est ébranlée par le courage de ceux qui défient l'Inquisition, telles sa soeur ou Ysabel, filleule d'un célèbre imprimeur anversois. Et en ces jours de plus en plus tourmentés, Loup a une promesse à accomplir : réunir les siens qu'un secret a divisés depuis trop d'années...
Une magnifique fresque historique, avec, en lumière, la liberté qui souffla sur ces terres du Nord au xvie siècle.


Mon avis :

J'avais lu, l'année dernière, La kermesse du diable qui m'avait fait passer un très bon moment de lecture et comme j'avais envie de découvrir le dernier roman de l'autrice et un contexte historique important, je me suis laissée tenter par ce titre là.

Si globalement j'ai passé encore un bon moment de détente aux côtés des personnages que nous découvrons et plus précisément Loup qui a 14 ans au début du roman, je dois bien avouer quand même que le nombre de personnages m'a perdue bon nombre de fois.

Ici, nous allons vivre des moments difficiles entre catholiques et protestants. C'est un sujet que je ne maîtrise pas et la complexité politique de l'époque avec tout ce qui entre en ligne de compte avec tout ce monde qui complote ou s'entretue n'est pas du tout évident.

Si la thématique m'intéressait beaucoup, j'ai regretté que l'autrice ne prenne pas plus son temps pour placer les personnages et les intrigues qui se forgeaient. J'avais besoin de temps pour assimiler ce qu'il arrivait, ce que cela entraînait aussi et malheureusement ce temps, je ne l'ai pas eu.

Annie Degroote explique tout. Détaille pas mal de choses mais justement cette énumération est trop importante et le cumul m'a essoufflée à un moment donné.

Mais j'étais attachée à Loup et son histoire me plaisait beaucoup.

Il va faire des rencontres qui va bouleverser sa vie ainsi que celle de sa famille et j'avais très envie de savoir comment cela allait se terminer pour lui.

Dans l'ensemble, le roman est plaisant à lire avec une écriture simple et fluide. J'ai passé, comme je vous l'ai dit, un bon moment de lecture mais j'aurais aimé que l'on se pose davantage pour me permettre de mieux intégrer tout le contexte, les personnages (dont je ne connaissais pas certains), les tenants et les aboutissants.

Du coup, je sors un peu déçue même si je continuerai à lire l'autrice pour des heures de lecture détente qui font du bien.

vendredi 3 septembre 2021

Mirroland

 



Autrice : Carole Johnstone
Editions : Fleuve Noir / 12-21 (2021)
Nbre de pages : 444




Présentation de l'éditeur :
Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Edimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Ecosse.
La police locale l’attend en effet pour l’interroger. Peu après son arrivée, des messages apparaissent en divers endroits de la maison, tels des indices dans une chasse au trésor. Tous font référence à Mirrorland, le pays imaginaire que les deux sœurs s’étaient inventé dans leur enfance, à la fois terrain de jeu et refuge personnel.

Qui sème ces indices?? Qu’est-il véritablement arrivé à El?? Cat comprend alors qu’elle devra déverrouiller sa mémoire pour comprendre le présent.


Mon avis :

Dès qu'un thriller sur le thème de la gémellité paraît, il ne m'en faut pas plus pour avoir envie de le découvrir. La lecture de Mirrorland coulait de source.

J'ai pourtant eu de la difficulté à entrer dans le roman avec un prologue très prometteur et énigmatique puis des chapitres dans lesquels nous allons suivre Cat (Catriona) de retour à Edimbourg suite à la mort tragique de sa soeur jumelle, Ellice (El). Elle sera aux côtés de Ross, devenu un veuf inconsolable. Mais Cat ne croit pas à la mort de sa soeur et dans la maison de leur enfance, les souvenirs vont petit à petit remonter à la surface pour comprendre ce qu'il se passe...

Le problème qui se pose avec ce roman c'est que la réalité se mélange aux souvenirs/rêves que fait Cat. Du coup, il est compliqué de savoir par moment où l'on se situe.

Le livre possède, en début de roman, un plan de la maison dans laquelle tout se déroule. J'avoue que l'ayant lu essentiellement en format numérique ce n'était pas pratique de revenir sur ce plan alors que j'en aurais eu bien besoin.

En effet, mon souci majeur a été d'arriver à me projeter aux côtés de Cat dans cette maison alors même qu'avec ses souvenirs j'avais l'impression d'être à l'extérieur !! C'était déconcertant.

Mais on en vient à être curieux de savoir ce qu'il s'est passé pour El et ce qu'il a pu se produire aussi dans cette maison lors de leur enfance très particulière.

Ce n'est pas un thriller évident à lire mais il est suffisamment prenant pour le garder en main.

Les personnages sont très intéressants à suivre et j'ai même cru que Cat entrait dans une déficience psychologique à un moment donné.

Tout est mis en oeuvre pour dérouter le lecteur et ça marche !

La fin est imprévisible et j'ai adoré me laisser berner par l'autrice.

Quand je disais que j'aimais particulièrement découvrir les premiers romans, ce titre là le confirme encore une fois. Carole Johnstone a su me mener par le bout du nez et me perdre bon nombre de fois mais l'excellence règne dans cette fin qui m'a scotchée.

Si j'avoue avoir eu des doutes sur ce roman lors de la première moitié du roman environ, la suite a été tellement bien orchestrée qu'on ne peut pas douter une seconde que cette autrice ira loin dans le thriller. En ce qui me concerne, je lirai son prochain titre avec plaisir.

Alors ? Vous laisserez-vous tenter à votre tour ?

jeudi 2 septembre 2021

Elantris

 



Auteur : Brandon Sanderson
Editions : Le livre de poche
Nbre de pages : 797





Présentation de l'éditeur :

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…


Mon avis :

J'avais cet ebook dans ma liseuse depuis des lustres, après avoir découvert l'auteur avec le 1er tome de Fils des Brumes en 2012. Je n'ai jamais continué cette saga malgré le fait de l'avoir entièrement dans ma liseuse mais, de ce que j'ai appris il y a quelque temps, le mieux était de commencer par Elantris. C'est aujourd'hui chose faite.

J'ai donc passé près de 800 pages avec des personnages et une histoire qui valent le coup. J'ai d'ailleurs pris mon temps puisque, en ce qui me concerne, j'ai mis près de 15 jours pour en venir à bout.

J'ai trouvé la 1ère partie plutôt longue vu qu'il y a des personnages à appréhender, une histoire et ses termes propres à assimiler. Mais ce que l'on peut considérer comme des lenteurs n'en sont pas totalement puisqu'elles sont nécessaires à la compréhension et c'était surtout les termes religieux qui me posaient problème puisque je ne les comprenais pas, au début en tout cas.

La magie n'est pas forcément très présente puisque une malédiction a frappé Elantris et que les personnages vont tenter de comprendre pourquoi à travers notamment le personnage de Raoden.

Sa recherche et l'évolution de ce personnage sont intéressants à suivre, même si j'ai trouvé la fin le concernant un peu trop rapide.

Pour d'autres, et notamment Sarène, j'ai adoré être à ses côtés parce qu'elle est une femme venant d'une autre contrée qui a des valeurs différentes de celles de l'Arélon. Elle va donc apporter un souffle de nouveautés qui ne sera pas forcément bien perçu mais peu importe. Elle ira au bout de ses convictions. C'est une femme forte et déterminée au milieu d'hommes sans scrupule.

Même si certains personnages sont plutôt manichéens, d'autres en revanche cachent bien leur jeu et Brandon Sanderson que je surnomme pour ma part le Dieu de la Fantasy fait en sorte de nous accrocher à chaque page et nous rendre curieux de ce qu'il va se produire.

Je lisais un peu tous les jours pour mieux m'imprégner de cet univers si complet que l'auteur a su habilement créer et j'avoue qu'en sortir a été un peu difficile. Je n'avais pas envie de quitter tout ce beau monde.

Je suis maintenant prête à reprendre la saga Fils des Brumes qui se déroule dans le même univers et passer de très bons moments aux côtés de Vin.

mercredi 1 septembre 2021

Le Chat, le Général et la Corneille

 



Autrice : Nino Haratischwili
Editions : Belfond (2021)
Nbre de pages : 588

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s'est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d'autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée - mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au cœur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d'extorsion et de chantage, il parvient à s'enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu'à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l'affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire. Lorsqu'il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l'occasion de se venger de ses anciens complices... Et peut-être de soulager sa conscience ?


Mon avis : 

Nouvelle découverte d'une autrice dont je n'avais jamais entendu parler et avec ce premier titre que je lis, j'avoue que j'en sors un peu perturbée...

On va suivre 3 personnages essentiels (le Chat qui est une jeune actrice, le Général qui est un ancien militaire et la Corneille qui est un journaliste) et autour d'eux vont graviter plusieurs autres personnages dont certains ont tenu un rôle primordial en 1995 lors de la guerre en Tchétchénie... Le Général va avoir un objectif que devront atteindre le Chat et la Corneille.

Ce roman n'a pas été facile à lire et il m'a fallu un peu plus de dix jours pour en venir à bout. Il est scindé en plusieurs parties et il y aura des chapitres alternés entre passé (1995) et présent (2016).

Je me suis laissée porter par la plume et l'histoire de l'autrice même si j'avoue que j'ai trouvé des longueurs et des passages pour lesquels je me disais qu'ils ne servaient à rien.

C'est vrai et faux à la fois car l'autrice va nous plonger dans la vie personnelle de chaque personnage principal et leurs familles mais également nous faire comprendre pourquoi le Général se donne un objectif très particulier.

En fait, c'est un roman puzzle où l'on pense que chaque pièce ne sert à rien alors même qu'elle est essentielle pour saisir l'ensemble.

Mais ça, je ne l'ai compris qu'au bout de la 3ème partie qui est celle qui lance véritablement un peu d'action dans ce roman plutôt narratif et introspectif.

L'autre chose qui m'a perturbée durant ma lecture c'est cette impression de flotter au début du XXème siècle et non pas en 2016. Peut-être est-ce dû à l'écriture ou alors à la situation géographique de l'histoire et des détails de cette Tchétchénie d'aujourd'hui ou de la Russie ? Honnêtement, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai situé le roman beaucoup plus tôt dans le temps mais cela me perturbait et j'étais tout le temps en train de me dire : non Laure on est bien en 2016...

Il n'empêche que je suis allée au bout de cette lecture avec parfois un sentiment de frustration de ne pas pouvoir le lire plus vite. Je ne lisais que 60 pages par jour environ et cela me suffisait. Cela m'a aussi permis de mieux appréhender les personnages, de mieux m'y attacher.

Ce que je peux vous dire en l'ayant fini c'est que ce n'est pas un coup de coeur et je ne pourrai pas vous dire que c'est un roman magnifique vu ce qu'il renferme. Ce serait déplacé, je trouve.

Non, je vous dirai simplement que c'est un roman émouvant et avec tout ce qui s'y trouve on ne peut que ressentir révolte, tristesse mais aussi espoir. 

Il y a des passages magnifiques et d'autres révoltants, répugnants.

L'ensemble a fait que je n'ai pas pu le lâcher avant d'arriver à cette fin qui m'a, là encore, perturbée. Elle est trop ouverte pour la lectrice que je suis alors même que j'aurais tellement aimé savoir comment tout cela allait se terminer.

C'est un roman contemporain que je ne regrette pas d'avoir découvert et qui j'espère trouvera ses lecteurs parce qu'il en vaut la peine par ces personnages si particuliers et si humains.

jeudi 26 août 2021

Quelque part entre le bien et le mal

 



Auteur : Christophe Molmy
Editions : Le Cherche Midi (2018)
Nbre de pages : 346


Présentation de l''éditeur :

Coline a toujours rêvé d’intégrer la PJ. Mais elle n’a ni l’allure ni l’audace qu’on prête aux grands flics parisiens. Et puis… c’est une femme. Elle végète dans son commissariat de banlieue, jusqu’au jour où le suicide d’une jeune femme la met sur la piste d’un tueur en série. De son côté, Philippe, vieux routier du 36 quai des Orfèvres, se débat avec une prise d’otage et des braqueurs manouches qu’il rêve de saisir en flagrant délit. Se peut-il que ces affaires soient liées ? Et jusqu’où chacun ira-t-il pour sauver sa peau. Ou risquer la sienne ? Dans les rues de Paris se croisent flics, avocats, voyous et victimes. Au milieu de tout ce monde, le chien noir veille. Celui qui patiente, tapis en chacun de nous. Le maître de nos pulsions. Et qui n’attend qu’un bruit infime, un geste, pour se réveiller et nous emporter dans sa furie.


Mon avis :

J'avais ce roman depuis belle lurette dans ma PAL et comme il était plutôt court et que cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de policier, je m'étais dit que c'était le moment de le sortir...

Bon ben j'ai eu le nez creux sur ce coup là parce que je n'ai pas adhéré à l'histoire, ni aux personnages, ni à l'écriture. La totale !

L'enquête est très classique et les personnages trop caricaturés dans leurs différents genres (les flics très flics, les méchants très manouches puisqu'on va suivre notamment deux frères et leur cousin dans leurs coups foireux) et ce tant dans leur façon d'agir que dans leurs langages.

D'ailleurs, j'ai trouvé l'écriture fluide mais d'une lourdeur effarante avec des expressions et des termes qui certes nous plongent vraiment dans le journalier des flics avec un jargon que l'on ne connaît pas et qui nécessite sans arrêt que l'on regarde les notes mais qui coupent la lecture beaucoup trop souvent à mon goût et la rendent tellement pénible.

Le seul personnage qui est un peu sorti du lot de ceux que je ne supportais pas est sans conteste Coline et une enquête avec elle seule ne m'aurait pas dérangée. Bien au contraire.

Je n'ai pas été saisie par ce que je lisais. Il me tardait vraiment de finir ce bouquin et je suis allée au bout pour être sûre de ne rien manquer mais honnêtement quel boulet j'ai traîné pendant ces 5 jours de lecture.

En bref, je me suis ennuyée voire pire pendant cette découverte d'un auteur que je ne retenterai pas alors même qu'étant chef de la BRI ce titre aurait pu être tellement plus intéressant s'il n'était pas trop lourd par excès de trop en faire.

jeudi 19 août 2021

4 heure 22 minutes 18 secondes

 



Autrice : Lionel Shriver
Editions : Belfond (août 2021)
Nbre de pages : 382


RENTREE LITTERAIRE 2021


Présentation de l'éditeur :

Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l’exercice s’est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D’autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu’à ce que des problèmes de genoux ne l’obligent à la sédentarité.
Qu’à cela ne tienne, c’est certainement juste une passade.
Sauf que contre toute attente, Remington s’accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l’entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?


Mon avis :

Après Big brother et Les Mandible, voilà le nouveau roman de Lionel Shriver que j'ai eu la chance de découvrir pour sa sortie aujourd'hui. Et encore une fois, ce fut une lecture incroyable.

Avec un résumé qui me tentait beaucoup, je me doutais aussi que l'autrice n'allait pas rester sur le postulat d'un soixantenaire qui, du jour au lendemain, décide de faire un marathon alors même qu'il n'a jamais fait de sport de sa vie, contrairement à sa femme.

Ici, elle va creuser cette Société dans laquelle on vit, pour laquelle on donnerait presque notre dernier souffle pour être en forme et appartenir à un groupe prêt à affronter leurs limites mais aussi cette Société qui ne nous épargne en rien tant dans le privé que dans notre vie professionnelle.

C'est en cela que j'adore Lionel Shriver parce qu'elle scrute la moindre brindille que ses personnages vont pouvoir se balancer à la figure pour vous lancer des pistes de réflexion auxquelles on ne s'attendait pas.

Si l'ensemble est extrêmement bien construit, bien mené et m'a apporté ce que j'avais envie à savoir un excellent roman contemporain exigeant dans ce qu'il analyse, j'avoue que cette autrice a un style ou en tout cas une façon de faire qui pourra peut-être pas plaire à tout le monde.

En effet, la narration est lente; Lionel Shriver prend son temps. Elle décortique tout ce qu'elle peut à travers la vie de Remington et Serenata. Et j'ai a-do-ré !

D'ailleurs, des trois romans que j'ai pu lire maintenant, c'est celui qui m'a le plus parlé. Peut-être parce qu'aujourd'hui, à 45 ans, je vois les choses différemment. Peut-être parce que je me voyais un peu dans le personnage de Remington qui veut s'entretenir, garder un peu la forme, éviter que sa santé décline trop rapidement et adopter un sport qui peut lui convenir. Mais dans un autre temps, je comprenais Serenata qui a toujours fait du sport mais qui ne peut plus en faire et qui ne comprend pas que son mari veuille se lancer dans un marathon. Car on parle de 42,192 kms ! 

J'ai beaucoup aimé leurs échanges, leurs points de vue respectifs qui sont aussi intéressants que justes. Je n'ai jamais pu me placer plus d'un côté que de l'autre.

J'ai suivi jusqu'au bout cet homme qui se bat jour après jour pour parvenir à ses objectifs et cette femme qui, avec ses problèmes médicaux et ses doutes quant à la capacité de son époux de parvenir ses fins, va tenter de changer la donne.

J'ai adoré la fin et je n'en dirai pas plus de peur de trop en dire et ce serait vraiment dommage. On s'attend au pire. On vit le pire dans ces pages qui filent assez vite mais au vit aussi de très beaux moments.

Je suis vraiment ravie d'avoir pu découvrir ce nouveau titre de Lionel Shriver et j'espère que vous en ferez autant.