mercredi 22 septembre 2021

La troisième griffe de Dieu

 



Auteur : Adam-Troy Castro
Editions : Albin Michel (2020)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 488





Présentation de l'éditeur :

En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée?: elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements.
Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent.
A peine arrivée au port orbital, des assassins tentent de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.


Mon avis :

Lu en LC sur Instagram, il me tardait de retrouver Andrea Cort dans sa nouvelle enquête qui va se dérouler dans un endroit insolite puisque nous allons plonger dans un huis-clos au coeur d'un ascenseur spatial. Andrea, après avoir échappé une nouvelle fois à un attentat, va devoir trouver le coupable d'un nouveau meurtre qui s'est déroulé dans cet ascenseur peu de temps après l'embarquement des invités de la famille Bettelhine...

Je ne détaillerai rien de plus sur l'univers ou même la famille Bettelhine qu'il convient de découvrir par vous-même. La seule chose que vous pouvez savoir c'est que l'empire de la famille Bettelhine repose sur la fabrication et la vente d'armes diverses à toute population qui le souhaite...

Avec la tentative d'assassinat contre Andrea dès le début du roman, le ton est donné. Andrea n'aura aucun échappatoire encore une fois. Elle va devoir régler cette enquête le plus vite possible. Bon nombre de vies sont en jeu, en plus de la sienne.

Ce qui marque, dès le départ, c'est l'évolution d'Andrea. Elle est désormais "Procureur extraordinaire pour le Corps Diplomatique" est à cet effet c'est elle qui choisit désormais ses missions. Mais elle évolue aussi dans ses relations avec les autres et c'est juste hallucinant à lire. Bien sûr Oscin et Skye y sont pour beaucoup mais Andrea a fait un énorme travail sur elle et rien que pour ça, cela vaut le coup de la lecture.

Vient ensuite l'enquête ou plutôt ces interrogatoires qu'elle va devoir organiser et mener au sein même d'un appareil malmené.

La tension est à son comble; le risque de voir un nouveau meurtre perpétré est au maximum. Il faut aller vite pour différentes raisons...

De fortes thématiques sont abordées et si on devait me demander quel tome j'ai préféré entre le 1 et le 2, je ne vous répondrai pas. Tout simplement parce qu'ils sont différents l'un de l'autre dans la façon d'aborder les choses, de voir évoluer le personnage principal mais tous deux sont très intéressants.

Je dirai juste que le fait d'être dans un huis-clos rend la lecture plus lente car moins d'action dans la majorité du roman. Mais ce "manque" se corrige voire même s'efface parfaitement avec tout ce que l'auteur nous propose de manigances, d'Histoires aussi des différents peuples que nous rencontrons.

En bref, c'est encore un ouvrage de SF qui se lit extrêmement bien, même si vous n'êtes pas habitué à lire ce genre et je tiens vraiment à insister dessus. Je dirai même que le tome 2 est un peu plus abordable puisqu'il n'y est pas question de technologies. On est vraiment dans un thriller plus classique sur fond de SF.

Encore une fois, je le recommande vivement et j'espère avoir l'occasion de continuer à lire les romans de Adam-Troy Castro sans avoir à passer à la VO qui serait beaucoup plus compliqué à lire...

jeudi 16 septembre 2021

Le mal dans la peau

 



Autrice : Mia Sheridan
Editions : Hugo Roman (2021)
Collection : New Romance
Nbre de pages : 452

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Trouvera-t-elle un jour la paix ? Le cauchemar de Josie Stratton remonte à neuf ans. Alors qu'elle n'était qu'une toute jeune femme, elle a été enlevée, retenue prisonnière et torturée durant dix interminables mois avant de parvenir à s'échapper de l'enfer.

Aujourd'hui, elle essaie de se reconstruire, un pas après l'autre. Mais alors qu'elle pensait que son bourreau s'était suicidé, de nouvelles victimes apparaissent. Des jeunes femmes séquestrées et torturées qui, elles, n'ont pas eu la chance de survivre.

Josie est prête à tout pour aider l'inspecteur Zach Copeland dans son enquête. Car elle veut participer à l'arrestation du meurtrier, bien sûr, mais aussi parce que l'incroyable Zach est le premier, après toutes ces années, qui parvient à l'approcher, à l'émouvoir... et à faire renaître en elle le désir, ce trésor qu'elle pensait perdu à tout jamais. Elle lui est infiniment reconnaissante pour ce cadeau inattendu, même si elle sait bien, tout au fond d'elle, qu'elle est trop brisée pour aimer à nouveau.


Mon avis :

Lire un Mia Sheridan, ça ne se refuse pas. J'ai eu l'occasion de découvrir son dernier roman en avant-première et j'en suis sortie émue et plus que ravie. Je remercie d'ailleurs Marie des Editions Hugo pour m'avoir fait ce superbe cadeau.

En règle générale, les romans de Mia Sheridan restent des contemporains dans lesquels on découvre des personnages qui ont/ont eu une vie bousculée par divers évènements et se reconstruisent.

Ici ce sera bien sûr le cas MAIS la nouveauté dans ce titre réside dans le côté policier que l'autrice a décidé de tenter. Et non de non ce que ça lui va bien.

On va suivre, dans le prologue, Josie qui est étudiante et va être enlevée, séquestrée durant un an et violée durant tout ce temps. Puis on la retrouvera neuf ans plus tard. Elle a repris sa vie en main tant bien que mal mais de nouvelles victimes vont l'entraîner dans son passé et c'est aux côtés de Zach Copeland, inspecteur à Cincinnati, qu'elle va devoir affronter tout ce qu'elle a vécu pour résoudre cette enquête.

Force est de constater que Mia Sheridan est une magicienne de l'écriture. Ici, elle démontre à la perfection qu'elle est tout autant capable d'écrire un roman policier que n'importe quel auteur de ce genre. Il est prenant, bien ficelé, émotionnellement fort et les personnages sont très bien travaillés.

On est vraiment loin du cliché des romans new romance gnan-gnan avec le mec hyper beau, barraqué... et la nana hyper sexy et bien roulée qui fait tourner la tête des mecs.

L'histoire de Josie est dure, implacable et marquera bien sûr les mamans que nous sommes.

Mia Sheridan ne nous épargnera en rien. Nous suivrons l'enquête avec des chapitres au présent mais nous vivrons aussi l'enfer aux côtés de Josie durant sa séquestration.

Je suis restée en apnée sur certains passages, me demandant comment elle allait s'en sortir. Et puis LE passage le plus dur, le plus bouleversant que je ne dévoilerai pas mais qui m'a mis les larmes aux yeux, m'a coupé le souffle et ô combien mon coeur de maman a eu mal.

Les personnages sont vrais. Ils ne sont pas caricaturés. Ils sont comme vous et moi : simples et sans fioritures. Cette histoire pourrait être celle de n'importe quelle victime et c'est ce qui est le plus saisissant.

A aucun moment, je ne me suis dit que l'autrice en faisait trop. Tout était très bien calculé et mené.

De plus, avec Mia Sheridan, il n'y a pas de scènes explicites comme vous en trouverez ailleurs. Dans chaque roman qu'elle écrit, tout est très bien dosé. Le sexe sert l'histoire des personnages. Il coule de source. Ici ce sera encore le cas et il n'y aura aucun abus. D'ailleurs, il n'y aura qu'une seule scène qui se passe assez vite.

L'essentiel, pour Mia Sheridan, n'est pas dans ces scènes mais bien dans ses personnages et ce qu'ils vivent au fil des chapitres.

Pour moi, c'est l'autrice par excellence dans la new romance. Je ne suis jamais déçue par ses romans et c'est toujours un vrai plaisir que lire ses livres.

Du coup, je ne peux que vous incitez à découvrir ce livre là qui sort des sentiers battus la concernant.

Certes, Leo, Archer's voice, L'honneur de Preston sont bons et valent le détour. Mais à mes yeux Le mal dans la peau entre, comme Calder et Eden, dans le must que peut écrire Mia Sheridan. Une fois que vous y êtes dedans, vous ne pouvez plus en sortir mais surtout une fois fermé les personnages restent en vous comme un tatouage sur votre peau. Ils nous parlent; ils nous touchent. Impossible de les oublier.

lundi 13 septembre 2021

Des cendres sur nos coeurs

 


Autrice : Annie Degroote
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : terres de France
Nbre de pages : 505


Présentation de l'éditeur :

Flandres, Pays-Bas espagnols, 1563.
Comme il a belle allure, Loup Daredeville, sur son cheval ! Il ignore encore les bouleversements qui l'attendent. Le brillant étudiant de l'école latine d'Armentières est un coeur pur, proche des humbles. Il entre dans l'intimité des grands d'Espagne, en secourant l'épouse du comte d'Egmont, gouverneur de Flandre et d'Artois. Dans les campagnes, les prêches calvinistes séduisent, loin des messes en latin et des indulgences. La foi catholique de Loup est ébranlée par le courage de ceux qui défient l'Inquisition, telles sa soeur ou Ysabel, filleule d'un célèbre imprimeur anversois. Et en ces jours de plus en plus tourmentés, Loup a une promesse à accomplir : réunir les siens qu'un secret a divisés depuis trop d'années...
Une magnifique fresque historique, avec, en lumière, la liberté qui souffla sur ces terres du Nord au xvie siècle.


Mon avis :

J'avais lu, l'année dernière, La kermesse du diable qui m'avait fait passer un très bon moment de lecture et comme j'avais envie de découvrir le dernier roman de l'autrice et un contexte historique important, je me suis laissée tenter par ce titre là.

Si globalement j'ai passé encore un bon moment de détente aux côtés des personnages que nous découvrons et plus précisément Loup qui a 14 ans au début du roman, je dois bien avouer quand même que le nombre de personnages m'a perdue bon nombre de fois.

Ici, nous allons vivre des moments difficiles entre catholiques et protestants. C'est un sujet que je ne maîtrise pas et la complexité politique de l'époque avec tout ce qui entre en ligne de compte avec tout ce monde qui complote ou s'entretue n'est pas du tout évident.

Si la thématique m'intéressait beaucoup, j'ai regretté que l'autrice ne prenne pas plus son temps pour placer les personnages et les intrigues qui se forgeaient. J'avais besoin de temps pour assimiler ce qu'il arrivait, ce que cela entraînait aussi et malheureusement ce temps, je ne l'ai pas eu.

Annie Degroote explique tout. Détaille pas mal de choses mais justement cette énumération est trop importante et le cumul m'a essoufflée à un moment donné.

Mais j'étais attachée à Loup et son histoire me plaisait beaucoup.

Il va faire des rencontres qui va bouleverser sa vie ainsi que celle de sa famille et j'avais très envie de savoir comment cela allait se terminer pour lui.

Dans l'ensemble, le roman est plaisant à lire avec une écriture simple et fluide. J'ai passé, comme je vous l'ai dit, un bon moment de lecture mais j'aurais aimé que l'on se pose davantage pour me permettre de mieux intégrer tout le contexte, les personnages (dont je ne connaissais pas certains), les tenants et les aboutissants.

Du coup, je sors un peu déçue même si je continuerai à lire l'autrice pour des heures de lecture détente qui font du bien.

vendredi 3 septembre 2021

Mirroland

 



Autrice : Carole Johnstone
Editions : Fleuve Noir / 12-21 (2021)
Nbre de pages : 444




Présentation de l'éditeur :
Cat est partie s’installer à Los Angeles, loin de sa ville natale d’Edimbourg, et de sa sœur jumelle, El, dont elle est sans nouvelles depuis de longues années. La première partie de sa vie semble effacée de sa mémoire. Mais le jour où elle apprend la disparition inquiétante de sa sœur, elle décide de rentrer en Ecosse.
La police locale l’attend en effet pour l’interroger. Peu après son arrivée, des messages apparaissent en divers endroits de la maison, tels des indices dans une chasse au trésor. Tous font référence à Mirrorland, le pays imaginaire que les deux sœurs s’étaient inventé dans leur enfance, à la fois terrain de jeu et refuge personnel.

Qui sème ces indices?? Qu’est-il véritablement arrivé à El?? Cat comprend alors qu’elle devra déverrouiller sa mémoire pour comprendre le présent.


Mon avis :

Dès qu'un thriller sur le thème de la gémellité paraît, il ne m'en faut pas plus pour avoir envie de le découvrir. La lecture de Mirrorland coulait de source.

J'ai pourtant eu de la difficulté à entrer dans le roman avec un prologue très prometteur et énigmatique puis des chapitres dans lesquels nous allons suivre Cat (Catriona) de retour à Edimbourg suite à la mort tragique de sa soeur jumelle, Ellice (El). Elle sera aux côtés de Ross, devenu un veuf inconsolable. Mais Cat ne croit pas à la mort de sa soeur et dans la maison de leur enfance, les souvenirs vont petit à petit remonter à la surface pour comprendre ce qu'il se passe...

Le problème qui se pose avec ce roman c'est que la réalité se mélange aux souvenirs/rêves que fait Cat. Du coup, il est compliqué de savoir par moment où l'on se situe.

Le livre possède, en début de roman, un plan de la maison dans laquelle tout se déroule. J'avoue que l'ayant lu essentiellement en format numérique ce n'était pas pratique de revenir sur ce plan alors que j'en aurais eu bien besoin.

En effet, mon souci majeur a été d'arriver à me projeter aux côtés de Cat dans cette maison alors même qu'avec ses souvenirs j'avais l'impression d'être à l'extérieur !! C'était déconcertant.

Mais on en vient à être curieux de savoir ce qu'il s'est passé pour El et ce qu'il a pu se produire aussi dans cette maison lors de leur enfance très particulière.

Ce n'est pas un thriller évident à lire mais il est suffisamment prenant pour le garder en main.

Les personnages sont très intéressants à suivre et j'ai même cru que Cat entrait dans une déficience psychologique à un moment donné.

Tout est mis en oeuvre pour dérouter le lecteur et ça marche !

La fin est imprévisible et j'ai adoré me laisser berner par l'autrice.

Quand je disais que j'aimais particulièrement découvrir les premiers romans, ce titre là le confirme encore une fois. Carole Johnstone a su me mener par le bout du nez et me perdre bon nombre de fois mais l'excellence règne dans cette fin qui m'a scotchée.

Si j'avoue avoir eu des doutes sur ce roman lors de la première moitié du roman environ, la suite a été tellement bien orchestrée qu'on ne peut pas douter une seconde que cette autrice ira loin dans le thriller. En ce qui me concerne, je lirai son prochain titre avec plaisir.

Alors ? Vous laisserez-vous tenter à votre tour ?

jeudi 2 septembre 2021

Elantris

 



Auteur : Brandon Sanderson
Editions : Le livre de poche
Nbre de pages : 797





Présentation de l'éditeur :

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…


Mon avis :

J'avais cet ebook dans ma liseuse depuis des lustres, après avoir découvert l'auteur avec le 1er tome de Fils des Brumes en 2012. Je n'ai jamais continué cette saga malgré le fait de l'avoir entièrement dans ma liseuse mais, de ce que j'ai appris il y a quelque temps, le mieux était de commencer par Elantris. C'est aujourd'hui chose faite.

J'ai donc passé près de 800 pages avec des personnages et une histoire qui valent le coup. J'ai d'ailleurs pris mon temps puisque, en ce qui me concerne, j'ai mis près de 15 jours pour en venir à bout.

J'ai trouvé la 1ère partie plutôt longue vu qu'il y a des personnages à appréhender, une histoire et ses termes propres à assimiler. Mais ce que l'on peut considérer comme des lenteurs n'en sont pas totalement puisqu'elles sont nécessaires à la compréhension et c'était surtout les termes religieux qui me posaient problème puisque je ne les comprenais pas, au début en tout cas.

La magie n'est pas forcément très présente puisque une malédiction a frappé Elantris et que les personnages vont tenter de comprendre pourquoi à travers notamment le personnage de Raoden.

Sa recherche et l'évolution de ce personnage sont intéressants à suivre, même si j'ai trouvé la fin le concernant un peu trop rapide.

Pour d'autres, et notamment Sarène, j'ai adoré être à ses côtés parce qu'elle est une femme venant d'une autre contrée qui a des valeurs différentes de celles de l'Arélon. Elle va donc apporter un souffle de nouveautés qui ne sera pas forcément bien perçu mais peu importe. Elle ira au bout de ses convictions. C'est une femme forte et déterminée au milieu d'hommes sans scrupule.

Même si certains personnages sont plutôt manichéens, d'autres en revanche cachent bien leur jeu et Brandon Sanderson que je surnomme pour ma part le Dieu de la Fantasy fait en sorte de nous accrocher à chaque page et nous rendre curieux de ce qu'il va se produire.

Je lisais un peu tous les jours pour mieux m'imprégner de cet univers si complet que l'auteur a su habilement créer et j'avoue qu'en sortir a été un peu difficile. Je n'avais pas envie de quitter tout ce beau monde.

Je suis maintenant prête à reprendre la saga Fils des Brumes qui se déroule dans le même univers et passer de très bons moments aux côtés de Vin.

mercredi 1 septembre 2021

Le Chat, le Général et la Corneille

 



Autrice : Nino Haratischwili
Editions : Belfond (2021)
Nbre de pages : 588

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Décembre 1994, une troupe des forces armées de la Fédération de Russie est cantonnée dans un petit village musulman du Caucase pour réprimer les séparatistes tchétchènes.
Parmi les soldats se trouve Malisch, jeune homme épris de littérature, qui s'est enrôlé par désespoir amoureux. Très vite, il fait la connaissance de Nura, une adolescente du village dont la beauté et la fierté le fascinent. Mais la jeune fille ne tarde pas à être arrêtée par d'autres soldats, pour un motif fallacieux. Malisch se retrouve alors témoin, et peut-être même complice, des violences commises par ses camarades. Au cours de cette nuit, Nura sera violée et tuée - mais quelle est précisément la part de responsabilité de Malisch ?
Bouleversé par cet événement, le jeune soldat est devenu « le Général », un homme au cœur dur et à la poigne de fer, prêt à tout pour dominer les autres. À force d'extorsion et de chantage, il parvient à s'enrichir et à gravir les échelons de la société russe jusqu'à devenir un oligarque multimillionnaire. Son seul objectif à présent est de protéger sa fille, Ada. Mais depuis vingt ans, et malgré ses efforts pour étouffer l'affaire, les rumeurs les plus sombres continuent de courir au sujet du Général, alimentées par la Corneille, un journaliste tenace et bien décidé à faire la lumière sur cette histoire. Lorsqu'il rencontre le Chat, une jeune comédienne qui, sans le savoir, est le sosie de Nura, le Général voit là l'occasion de se venger de ses anciens complices... Et peut-être de soulager sa conscience ?


Mon avis : 

Nouvelle découverte d'une autrice dont je n'avais jamais entendu parler et avec ce premier titre que je lis, j'avoue que j'en sors un peu perturbée...

On va suivre 3 personnages essentiels (le Chat qui est une jeune actrice, le Général qui est un ancien militaire et la Corneille qui est un journaliste) et autour d'eux vont graviter plusieurs autres personnages dont certains ont tenu un rôle primordial en 1995 lors de la guerre en Tchétchénie... Le Général va avoir un objectif que devront atteindre le Chat et la Corneille.

Ce roman n'a pas été facile à lire et il m'a fallu un peu plus de dix jours pour en venir à bout. Il est scindé en plusieurs parties et il y aura des chapitres alternés entre passé (1995) et présent (2016).

Je me suis laissée porter par la plume et l'histoire de l'autrice même si j'avoue que j'ai trouvé des longueurs et des passages pour lesquels je me disais qu'ils ne servaient à rien.

C'est vrai et faux à la fois car l'autrice va nous plonger dans la vie personnelle de chaque personnage principal et leurs familles mais également nous faire comprendre pourquoi le Général se donne un objectif très particulier.

En fait, c'est un roman puzzle où l'on pense que chaque pièce ne sert à rien alors même qu'elle est essentielle pour saisir l'ensemble.

Mais ça, je ne l'ai compris qu'au bout de la 3ème partie qui est celle qui lance véritablement un peu d'action dans ce roman plutôt narratif et introspectif.

L'autre chose qui m'a perturbée durant ma lecture c'est cette impression de flotter au début du XXème siècle et non pas en 2016. Peut-être est-ce dû à l'écriture ou alors à la situation géographique de l'histoire et des détails de cette Tchétchénie d'aujourd'hui ou de la Russie ? Honnêtement, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai situé le roman beaucoup plus tôt dans le temps mais cela me perturbait et j'étais tout le temps en train de me dire : non Laure on est bien en 2016...

Il n'empêche que je suis allée au bout de cette lecture avec parfois un sentiment de frustration de ne pas pouvoir le lire plus vite. Je ne lisais que 60 pages par jour environ et cela me suffisait. Cela m'a aussi permis de mieux appréhender les personnages, de mieux m'y attacher.

Ce que je peux vous dire en l'ayant fini c'est que ce n'est pas un coup de coeur et je ne pourrai pas vous dire que c'est un roman magnifique vu ce qu'il renferme. Ce serait déplacé, je trouve.

Non, je vous dirai simplement que c'est un roman émouvant et avec tout ce qui s'y trouve on ne peut que ressentir révolte, tristesse mais aussi espoir. 

Il y a des passages magnifiques et d'autres révoltants, répugnants.

L'ensemble a fait que je n'ai pas pu le lâcher avant d'arriver à cette fin qui m'a, là encore, perturbée. Elle est trop ouverte pour la lectrice que je suis alors même que j'aurais tellement aimé savoir comment tout cela allait se terminer.

C'est un roman contemporain que je ne regrette pas d'avoir découvert et qui j'espère trouvera ses lecteurs parce qu'il en vaut la peine par ces personnages si particuliers et si humains.

jeudi 26 août 2021

Quelque part entre le bien et le mal

 



Auteur : Christophe Molmy
Editions : Le Cherche Midi (2018)
Nbre de pages : 346


Présentation de l''éditeur :

Coline a toujours rêvé d’intégrer la PJ. Mais elle n’a ni l’allure ni l’audace qu’on prête aux grands flics parisiens. Et puis… c’est une femme. Elle végète dans son commissariat de banlieue, jusqu’au jour où le suicide d’une jeune femme la met sur la piste d’un tueur en série. De son côté, Philippe, vieux routier du 36 quai des Orfèvres, se débat avec une prise d’otage et des braqueurs manouches qu’il rêve de saisir en flagrant délit. Se peut-il que ces affaires soient liées ? Et jusqu’où chacun ira-t-il pour sauver sa peau. Ou risquer la sienne ? Dans les rues de Paris se croisent flics, avocats, voyous et victimes. Au milieu de tout ce monde, le chien noir veille. Celui qui patiente, tapis en chacun de nous. Le maître de nos pulsions. Et qui n’attend qu’un bruit infime, un geste, pour se réveiller et nous emporter dans sa furie.


Mon avis :

J'avais ce roman depuis belle lurette dans ma PAL et comme il était plutôt court et que cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de policier, je m'étais dit que c'était le moment de le sortir...

Bon ben j'ai eu le nez creux sur ce coup là parce que je n'ai pas adhéré à l'histoire, ni aux personnages, ni à l'écriture. La totale !

L'enquête est très classique et les personnages trop caricaturés dans leurs différents genres (les flics très flics, les méchants très manouches puisqu'on va suivre notamment deux frères et leur cousin dans leurs coups foireux) et ce tant dans leur façon d'agir que dans leurs langages.

D'ailleurs, j'ai trouvé l'écriture fluide mais d'une lourdeur effarante avec des expressions et des termes qui certes nous plongent vraiment dans le journalier des flics avec un jargon que l'on ne connaît pas et qui nécessite sans arrêt que l'on regarde les notes mais qui coupent la lecture beaucoup trop souvent à mon goût et la rendent tellement pénible.

Le seul personnage qui est un peu sorti du lot de ceux que je ne supportais pas est sans conteste Coline et une enquête avec elle seule ne m'aurait pas dérangée. Bien au contraire.

Je n'ai pas été saisie par ce que je lisais. Il me tardait vraiment de finir ce bouquin et je suis allée au bout pour être sûre de ne rien manquer mais honnêtement quel boulet j'ai traîné pendant ces 5 jours de lecture.

En bref, je me suis ennuyée voire pire pendant cette découverte d'un auteur que je ne retenterai pas alors même qu'étant chef de la BRI ce titre aurait pu être tellement plus intéressant s'il n'était pas trop lourd par excès de trop en faire.

jeudi 19 août 2021

4 heure 22 minutes 18 secondes

 



Autrice : Lionel Shriver
Editions : Belfond (août 2021)
Nbre de pages : 382


RENTREE LITTERAIRE 2021


Présentation de l'éditeur :

Un beau matin, au petit-déjeuner, Remington fait une annonce tonitruante à son épouse Renata : cette année, il courra un marathon. Tiens donc ? Ce sexagénaire certes encore fringant mais pour qui l’exercice s’est longtemps résumé à faire les quelques pas qui le séparaient de sa voiture mettrait à profit sa retraite anticipée pour se mettre enfin au sport ? Belle ambition ! D’autant plus ironique que dans le couple, le plus sportif des deux a toujours été Renata jusqu’à ce que des problèmes de genoux ne l’obligent à la sédentarité.
Qu’à cela ne tienne, c’est certainement juste une passade.
Sauf que contre toute attente, Remington s’accroche. Mieux, Remington y prend goût. Les week-ends sont désormais consacrés à l’entraînement, sous la houlette de Bambi, la très sexy et très autoritaire coach. Et quand Remington commence à envisager très sérieusement de participer à un Iron Man, Renata réalise que son mari, jadis débonnaire et volontiers empoté, a laissé place à un être arrogant et impitoyable. Face à cette fuite en avant sportive, leur couple résistera-t-il ?


Mon avis :

Après Big brother et Les Mandible, voilà le nouveau roman de Lionel Shriver que j'ai eu la chance de découvrir pour sa sortie aujourd'hui. Et encore une fois, ce fut une lecture incroyable.

Avec un résumé qui me tentait beaucoup, je me doutais aussi que l'autrice n'allait pas rester sur le postulat d'un soixantenaire qui, du jour au lendemain, décide de faire un marathon alors même qu'il n'a jamais fait de sport de sa vie, contrairement à sa femme.

Ici, elle va creuser cette Société dans laquelle on vit, pour laquelle on donnerait presque notre dernier souffle pour être en forme et appartenir à un groupe prêt à affronter leurs limites mais aussi cette Société qui ne nous épargne en rien tant dans le privé que dans notre vie professionnelle.

C'est en cela que j'adore Lionel Shriver parce qu'elle scrute la moindre brindille que ses personnages vont pouvoir se balancer à la figure pour vous lancer des pistes de réflexion auxquelles on ne s'attendait pas.

Si l'ensemble est extrêmement bien construit, bien mené et m'a apporté ce que j'avais envie à savoir un excellent roman contemporain exigeant dans ce qu'il analyse, j'avoue que cette autrice a un style ou en tout cas une façon de faire qui pourra peut-être pas plaire à tout le monde.

En effet, la narration est lente; Lionel Shriver prend son temps. Elle décortique tout ce qu'elle peut à travers la vie de Remington et Serenata. Et j'ai a-do-ré !

D'ailleurs, des trois romans que j'ai pu lire maintenant, c'est celui qui m'a le plus parlé. Peut-être parce qu'aujourd'hui, à 45 ans, je vois les choses différemment. Peut-être parce que je me voyais un peu dans le personnage de Remington qui veut s'entretenir, garder un peu la forme, éviter que sa santé décline trop rapidement et adopter un sport qui peut lui convenir. Mais dans un autre temps, je comprenais Serenata qui a toujours fait du sport mais qui ne peut plus en faire et qui ne comprend pas que son mari veuille se lancer dans un marathon. Car on parle de 42,192 kms ! 

J'ai beaucoup aimé leurs échanges, leurs points de vue respectifs qui sont aussi intéressants que justes. Je n'ai jamais pu me placer plus d'un côté que de l'autre.

J'ai suivi jusqu'au bout cet homme qui se bat jour après jour pour parvenir à ses objectifs et cette femme qui, avec ses problèmes médicaux et ses doutes quant à la capacité de son époux de parvenir ses fins, va tenter de changer la donne.

J'ai adoré la fin et je n'en dirai pas plus de peur de trop en dire et ce serait vraiment dommage. On s'attend au pire. On vit le pire dans ces pages qui filent assez vite mais au vit aussi de très beaux moments.

Je suis vraiment ravie d'avoir pu découvrir ce nouveau titre de Lionel Shriver et j'espère que vous en ferez autant.

mercredi 18 août 2021

Andrea Cort : Emissaires des morts (T1)

 


Auteur : Adam-Troy Castro
Editions : Albin Michel Imaginaire (2021)
Nbre de pages : 602




Présentation de l'éditeur :

Quand elle avait huit ans, Andrea Cort a été témoin d’un génocide. Pis, après avoir vu ses parents massacrés, elle a rendu coup pour coup. En punition de ses crimes, elle est devenue la propriété perpétuelle du Corps diplomatique. Où, les années passant, elle a embrassé la carrière d’avocate, puis d’enquêtrice pour le bureau du procureur. Envoyée dans un habitat artificiel aussi inhospitalier qu’isolé, où deux meurtres viennent d’être commis, la jeune femme doit résoudre l’affaire sans créer d’incident diplomatique avec les intelligences artificielles propriétaires des lieux. Pour ses supérieurs, peu importe quel coupable sera désigné. Mais les leçons qu’Andrea a apprises enfant ont forgé l’adulte qu’elle est devenue : une femme pour le moins inflexible, qui ne vit que pour une chose, « combattre les monstres ».


Mon avis :

Dans ma vie de lectrice, j'ai peu lu de roman de space opéra parce que je m'imaginais toujours des aventures au coeur de l'espace avec des petits hommes verts et un vocabulaire et des scènes qui me seraient difficilement compréhensibles.

Force est de constater qu'avec mon grand âge, les choses changent. Et heureusement pour moi et les romans que je lis aujourd'hui parce que ce premier tome avec le personnage d'Andrea Cort a été une très bonne découverte que je ne regrette pas.

Je tiens à préciser que même si vous n'êtes pas spécialiste du genre, vous pouvez aisément lire cet opus qui se lit très facilement et agréablement.

Andrea Cort travaille pour le Procureur et elle est chargée d'enquêter sur les circonstances qui poussent les humains à commettre des actes ignobles ou d'en être les victimes avant qu'un jugement ne soit rendu par les sentients (comprenez par là des êtres vivants - humains et extraterrestres - ayant la capacité de réfléchir, de donner des points de vue...) de la planète sur laquelle le crime a été commis.

C'est un ouvrage qui est organisé de telle manière que nous avons quatre nouvelles avant d'arriver au roman proprement dit. Il y a le pour et le contre à ce genre de publication.

* Le POUR : on apprend à connaître Andrea mais on ouvre aussi les yeux sur les différentes espèces extraterrestres et ce qu'ils pensent de l'humanité. Même si certaines nouvelles sont plus prenantes que d'autres, il n'empêche que ce qu'elles révèlent fait froid dans le dos.

* Le CONTRE : forcément ça se répète sur l'enfance d'Andrea et les redites sont un peu pénibles surtout qu'on va retrouver certains questionnements dans le roman qui est la cinquième partie du livre.

Pour le roman en lui-même, je l'ai trouvé un peu plus ardu dans certains passages puisque, notamment, il y est question aussi d'intelligences artificielles... Je n'en dirai pas plus pour ne pas trop en dévoiler ce qui serait franchement dommage.

Même si j'ai trouvé quelques passages un peu longs et bien entendu des redondances quant à l'enfance d'Andrea, même si elle va en apprendre plus en fin d'ouvrage, je me suis vraiment laissée porter par une narration ô combien très fluide et agréable.

Honnêtement, je ne m'attendais pas à lire cet ouvrage si facilement et avec intérêt.

Je me suis attachée non seulement à Andrea qui va évoluer tout au long de cette histoire mais aussi à certains personnages et, vous l'aurez compris, je lirai avec intérêt le tome 2, La troisième griffe de Dieu, que j'ai déjà pris en ebook.

En bref, cette lecture a été une excellente découverte du genre auquel je ne pensais pas si bien accrocher et cela me donne très envie de continuer à lire ce genre et m'ouvrir éventuellement au planet opera. Je me rends compte qu'aujourd'hui les auteurs proposent des romans adaptés et accessibles aux lecteurs néophytes pour mon plus grand plaisir.

lundi 16 août 2021

La maison au milieu de la mer céruléenne

 




Auteur : T.J. Klune
Editions : De Saxus (2021)
Nbre de pages : 486





Présentation de l'éditeur :

Linus Baker mène une vie tranquille et solitaire. À quarante ans, il vit dans une petite maison avec un chat caractériel et ses vieux disques. En tant qu'agent du Ministère de la Jeunesse Magique, il doit s'assurer du bien-être des enfants dans les orphelinats supervisés par le gouvernement.
Mais lorsqu'il est convoqué de manière inattendue par les Cadres Extrêmement Supérieurs, il se voit confier une mission curieuse et hautement secrète : se rendre sur l'île de Marsyas dans un foyer où résident six dangereux pensionnaires.
Obligé de mettre ses craintes de côté afin de rédiger un rapport objectif sur l'établissement, Linus va vite comprendre que les enfants ne sont pas le seul secret que renferme l'île. Il devra également réussir à cerner le charmant et énigmatique directeur des lieux, Arthur Parnassus, qui fera tout pour défendre ses protégés.
À mesure qu'il découvre d'incroyables secrets et qu'il se rapproche d'Arthur, Linus va se retrouver confronté au plus difficile des choix : faire son devoir ou écouter son cœur.


Mon avis :

Ce roman est une pure beauté de lecture et d'acceptation de la différence quelle qu'elle soit. J'avais beaucoup hésité à lire un titre de cette maison d'édition vu mes nombreux déboires avec des romans précédents. Mais ce titre m'attirait et j'ai décidé de le tenter malgré tout. Et je ne le regrette pas et vous le recommande même fortement.

Vous le savez (ou pas) mais je suis une lectrice hyper exigeante tant dans l'histoire que la construction ou les personnages. Ici, vous n'aurez pas à vous soucier de tout cela parce que tout est parfait.

On va suivre Linus qui est employé au Ministère de la Jeunesse Magique et il va avoir une mission à accomplir auprès de l'orphelinat de Marsyas. Il va découvrir beaucoup de personnages qui sont tous autant étranges et un peu effrayants que ce qu'il seront sympathiques et attachants au fil des pages.

Je me suis régalée, dès le début, à être aux côtés de Linus. Cet homme vit d'une manière si mécanique (à l'instar de ce que nous faisons finalement) que cette "échappée" dans l'île de Marsyas ne peut que le pousser à ouvrir les yeux sur beaucoup de choses.

Et on va voir cette évolution avec tellement de baume au coeur, de sourires au fil de la lecture, de rigolades aussi aux côtés de ces "orphelins" qu'on finit par s'attacher à tout ce beau monde sans nous en rendre compte.

Les pages défilent et Linus ouvre enfin les yeux. Les choses changent, évoluent pour notre plus grand plaisir.

C'est magnifiquement construit; parfaitement bien écrit, retranscrit avec un humour que j'ai adoré de bout de bout.

Ce roman est un pur bonheur de lecture comme j'en ai rarement eu pendant toutes mes années de lectrice assidue. J'ai eu rarement autant d'envie de rester dans un roman, dans cet orphelinat, sur cette île avec ces personnages. Je me suis attachée à chacun d'entre eux sans aucune préférence parce qu'ils apportent tous quelque chose à leur manière.

Finir ce roman a été une déchirure parce qu'il me fallait partir, les laisser vivre leur vie mais quel bonheur de découvrir un si beau roman.

Alors oui j'ai eu de grosses déceptions avec les parutions de De Saxus mais ce roman là est juste une petite pépite qu'il ne faut pas laisser de côté.

jeudi 12 août 2021

Il était deux fois

 


Auteur : Franck Thilliez
Editions : Fleuve Noir (2020)
Nbre de pages : 509


Présentation de l'éditeur :

En 2008, Julie, dix-sept ans, disparaît en ne laissant comme trace que son vélo posé contre un arbre. Le drame agite Sagas, petite ville au coeur des montagnes, et percute de plein fouet le père de la jeune fille, le lieutenant de gendarmerie Gabriel Moscato. Ce dernier se lance alors dans une enquête aussi désespérée qu'effrénée. Jusqu'à ce jour où ses pas le mènent à l'hôtel de la Falaise... Là, le propriétaire lui donne accès à son registre et lui propose de le consulter dans la chambre 29, au deuxième étage. Mais exténué par un mois de vaines recherches, il finit par s'endormir avant d'être brusquement réveillé en pleine nuit par des impacts sourds contre sa fenêtre... Dehors, il pleut des oiseaux morts. Et cette scène a d'autant moins de sens que Gabriel se trouve à présent au rez-de-chaussée, dans la chambre 7. Désorienté, il se rend à la réception où il apprend qu'on est en réalité en 2020 et que ça fait plus de douze ans que sa fille a disparu...


Mon avis :

J'ai lu ce one-shot en avril dernier et je n'avais pas fait de chronique dessus. Pourtant, il en vaut largement la peine parce qu'il est juste excellent à souhait !

Au début, je ne savais pas trop que penser de Gabriel et de ce changement de temporalité. On passe de 2008 en 2020 et on se demande si Franck Thilliez va faire dans le fantastique. Ce serait une première mais pourquoi pas.

J'ai donc été aux côtés de ce "flic" pendant plusieurs chapitres, ne comprenant pas tout mais je ne désespérais pas non plus. Après tout, Thilliez a cette faculté de nous trimballer dans des enquêtes nébuleuses qui, au fil des pages, s'éclaircissent pour nous montrer la noirceur de l'âme humaine.

A partir du moment où l'on comprend ce qu'il est arrivé à Gabriel, tout s'affole chez le lecteur et rien ne peut plus l'empêcher de rester dans ce roman qui devient de plus en plus prenant.

Impossible donc de lâcher cette aventure qui devient de plus en plus sombre et qui m'a obligé à faire des recherches sur la fin pour être sûre que ce dont on parle est véridique.

Et là, coup de massue !

C'est, pour moi, le meilleur one-shot de l'auteur qui m'aura vraiment frappée par les horreurs que l'homme est capable de faire.

C'est extrêmement bien écrit (mais ça on en a l'habitude) mais surtout très bien construit. On ne sait absolument pas vers quoi on va aboutir et c'est encore plus ébranlant lorsqu'on le découvre.

Du coup, bien sûr, je vous le conseille fortement même si vous n'avez pas lu Le manuscrit inachevé. Il n'y a rien de primordial à lire le premier pour enchaîner ensuite avec celui-ci, sauf si vous êtes psychorigide comme moi.

En bref, je vous souhaite une excellente et macabre découverte avec cet excellent roman de mon auteur de thriller préféré.

lundi 9 août 2021

Il était une lettre

 



Autrice : Kathryn Hughes
Editions : Le livre de poche (2017)
Nbre de pages : 412


Présentation de l'éditeur :

Tina est malheureuse auprès d'un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu'elle y découvre une lettre dans la poche d'un vieux costume. Cette lettre n'a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c'est une demande en mariage.

Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l'enquête et découvrir l'histoire bouleversante d'un amour impossible… Celui de Chrissie, jeune sage femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.

Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.


Mon avis :

J'ai lu en 2017, Il était un secret, qui avait été une très belle lecture et il m'avait donné envie de continuer à découvrir cette autrice. C'est donc avec envie que je me suis lancée dans Il était une lettre.

Malheureusement, cette fois-ci, la magie n'a pas opéré comme je l'aurais escompté.

Même si j'ai été touchée par l'histoire de Tina, violentée par son mari pour n'importe quel menu prétexte, je n'ai pas été convaincue par certains passages et notamment celui où elle le quitte (désolé pour le petit spoil). D'autant qu'en fin de roman, lorsqu'elle explique certaines choses, je n'avais pas du tout la même impression qu'elle sur la situation, la façon dont elle a été gérée...

Je suis donc restée assez extérieure à cette narration et je me suis un peu plus impliquée dans celle de Chrissie en 1939... Mais là encore, il y a eu des moments que je voyais venir à des kilomètres et je n'ai donc eu aucune surprise lorsque les choses se produisaient enfin.

Même si la lecture reste agréable par l'écriture fluide de Kathryn Hughes, cela ne m'a pas suffi à m'imprégner véritablement de tout ce qui se passait dans le roman et on ne peut pas dire que les recherches effectuées par Tina soient vraiment au centre du roman... D'ailleurs, dans la 3ème partie, ce personnage s'efface un peu au profit d'un nouveau qui tombe comme un cheveu dans la soupe qui vous fait dire "mais pourquoi tu n'en as pas parlé avant ??".

Forcément, tout est bien qui fini bien comme n'importe quel livre de ce genre et même si l'ensemble ne m'a pas vraiment convaincue et que je l'ai trouvé finalement assez moyen, alors même qu'il fait l'unanimité sur la blogosphère et autres réseaux (je vais encore paraître comme le mauvais petit canard mais j'assume), je lirai encore cette autrice surtout pour sa façon de narrer les histoires.

Je me suis demandée si je n'allais pas abandonner ma lecture à un moment donné mais finalement un petit quelque chose me poussait quand même à aller au bout et même si je me doutais de tout, je ne regrette pas de l'avoir terminé.

Alors dois-je vous le conseiller ? Bien sûr parce qu'il faut toujours se faire son propre avis sur un roman surtout s'il vous tentait au départ. Certes, l'histoire n'est pas affriolante (à l'exception d'une seule scène sur les 400 pages qui m'a brisé le coeur de maman) mais Kathryn Hughes écrit magnifiquement bien. Rien que pour ça, elle vaut qu'on la découvre si ce n'est pas encore fait.

jeudi 5 août 2021

Grand calme

 



Auteur : Giles Blunt
Editions : Sonatine (2021)
Nbre de pages : 408




Présentation de l'éditeur :

Spécialiste de la formation des nuages, Rebecca Fenn arrive dans une base polaire, isolée au milieu de l'océan arctique. Seule femme au milieu des quelques scientifiques présents, elle va faire connaissance avec les rigueurs de cette vie en conditions extrêmes, où le danger est omniprésent, l'équilibre fragile.

Ontario, Canada. Seule femme des forces de l'ordre d'Algonquin Bay, Lize Delorme est en charge des cas de violences faites aux femmes. Son quotidien est bouleversé lorsqu'au milieu d'un hiver glacial, on retrouve le corps d'un homme dans un motel de la région. La femme qui était avec lui, sa maitresse, a disparue.
Bientôt, c'est une autre femme, l'épouse d'un sénateur, qui est retrouvée enchainée, morte de froid dans un hôtel désaffecté au milieu des montagnes. Aidée de l'inspecteur John Cardinal, Lize va essayer de faire la lumière sur cette étrange affaire. Jusqu'au moment où son destin et celui de Rebecca Fen vont se croiser.

Du huis clos dans une station polaire à l'immensité de la nature canadienne, Giles Blunt nous offre une expérience de lecture unique. Physiquement et psychologiquement, le lecteur est mis à rude épreuve, éprouvé par un froid glacial qui peu à peu l'envahit, harcelé par un suspens de plus en plus insoutenable. Vous aimez les frissons ? Ne cherchez plus !


Mon avis :

Une aventure au coeur de l'Arctique et des meurtres à Algonquin Bay, en Ontario. Quel rapport peut-il y avoir entre les deux ?

J'ai démarré ce roman en aveugle. Je n'avais pas relu le résumé. J'avais envie de me laisser porter voire emporter par cette aventure polaire et me retrouver bloquée au milieu des glaces de l'Arctique.

Disons le de suite, j'ai été plus prise par les chapitres consacrés à l'Arctique que ceux des disparitions et meurtres en Ontario. J'ai trouvé ces derniers plutôt classiques et ils ne m'intéressaient pas forcément.

Mais je me demandais aussi quels liens pouvaient exister entre les deux narrations et c'est là où l'auteur est très fort parce que l'on ne voit rien arriver avant les derniers chapitres.

Tout est parfaitement maîtrisé et on suit avec beaucoup d'intérêt ces chercheurs au coeur d'un froid polaire infernal. On assiste à des phénomènes aussi magnifiques que dangereux et on se pose beaucoup de questions...

Les personnages sont tout aussi énigmatiques que l'envie de savoir ce qu'il va se dérouler pour que l'auteur nous plonge dans ce blanc infernal et on les suit, inexorablement, vers une terrible destinée.

Du côté de l'Ontario, j'avoue que j'ai été moins conquise tant par l'enquête que par les flics qui doivent la mener. Cela reste vraiment classique, mis à part la fin puisqu'on a enfin le fin mot de l'histoire avec l'Arctique.

Si je dois le conseiller, ce sera vraiment pour "le huis clos dans une station polaire" comme l'indique l'éditeur dans son résumé. Là, le lecteur est vraiment pris dans une aventure pleine d'angoisse et de merveilleux. C'est une lecture que j'ai adorée faire de ce point de vue là et je ne peux que vous pousser à la faire également pour découvrir ce qu'il s'y passe et voyager dans un univers tellement fascinant.





lundi 2 août 2021

Les promesses de l'innocence

 


Auteur : Eric Le Nabour
Editions : Presses de la Cité (2021)
Nbre de pages : 411


Présentation de l'éditeur :

Novembre 1954. Sous le soleil tranquille d'Alger, trois amies célèbrent leurs vingt ans le même jour. Dans cette Algérie aux beautés enchanteresses, chacune vit sa jeunesse traversée par des doutes et des espoirs. Entre ses parents et l'officier auquel on veut la marier, Clotilde sent le contrôle de sa vie lui échapper. Naïma a dû renoncer à devenir infirmière pour veiller sur son père malade et ses frères. Judith, étouffant dans le cocon familial traditionnel, vit une passion secrète avec son amant arabe.

Trois destins que tout, en apparence et dans la précipitation des événements, doit vouer à la rupture sinon à l'affrontement. Et pourtant...

Un roman choral sur la force sacrée de l'amitié et les choix courageux de trois femmes qui ne cesseront de se chercher, de part et d'autre de la Méditerranée.


Mon avis :

Je remercie d'abord les Editions Presses de la Cité pour cet envoi spontané qui m'a permis de découvrir un nouvel auteur et une histoire vers laquelle je ne serais pas allée de moi-même parce que ce n'est pas une période que je maîtrise et qui m'intéresse forcément.

Pour autant, j'ai pris plaisir à découvrir cette amitié entre ces trois jeunes femmes de religion différente qui va être mise à rude épreuve au fur et à mesure que l'on va progresser et que l'Histoire va se mettre en place et entraîner des évènements graves.

Petit à petit on va basculer dans la guerre d'Algérie avec la mise en place et l'essor du FLN et des autres groupes qui vont se former.

On va suivre Clotilde (chrétienne), Naïma (mulsumane) et Judith (juive) dans les méandres d'un pays qui va souffrir des complots et actes meurtriers alors même que jusque là les membres des différentes communautés vivaient ensemble sans animosité.

Comme je le disais, je ne maîtrise pas cette période de l'Histoire et je ne m'y suis jamais vraiment penchée dessus mais j'ai trouvé justement que le roman de Eric Le Nabour était très bien fait parce qu'avec des mots simples, un style fluide et facile à lire, on apprend ce qu'il s'est passé, comment cela s'est produit, même si certains évènements restent un peu flou pour moi.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés de Clotilde et Naïma notamment que j'ai trouvées plus intéressantes à suivre que Judith. Les deux premières vont vraiment vivre des évènements terribles et tenter de garder cette amitié si durement menée avec ce qu'il se passe.

Au contraire, j'ai trouvé Judith plus égoïste et elle s'efface d'ailleurs à un moment donné du récit. Du coup, je ne me suis pas forcément attachée à elle et son histoire avec cet homme qu'elle n'aurait jamais dû aimer, aux yeux de son père...

Pour autant, elle n'est pas inintéressante parce qu'elle marque cette volonté féminine de sortir du joug paternel et fraternel. Elle veut ce qu'aucune femme n'a pu obtenir jusque là : vivre la vie qu'elle s'est elle-même choisie.

Naïma ne sera pas en reste et c'est vraiment celle qui m'a le plus touchée par tout ce qui lui arrive. J'ai vraiment eu un coup au coeur la concernant et j'étais toujours en attente de la retrouver.

Quant à Clotilde, c'est celle qui va bousculer beaucoup de choses dans la vie de ses parents. Son père, militaire de carrière, sera aussi un élément important dans cette histoire au coeur de l'Histoire.

C'est un roman qui ne peut pas laisser indifférent, même si je ne suis pas sûre de creuser cette période. Elle est compliquée tant du point de vue militaire, religieuse que politique mais l'auteur sait parfaitement se mettre au niveau du lecteur lambda pour en faire une lecture adaptée et que l'on puisse suivre ses personnages sans ambages.

Cela m'a donné d'ailleurs envie de lire d'autres romans de Eric Le Nabour et vu sa bibliographie j'ai de quoi faire.

jeudi 29 juillet 2021

1991

 



Auteur : Franck Thilliez
Editions : Fleuve Noir (2021)
Nbre de pages : 499


Présentation de l'éditeur :

La première enquête de Franck Sharko !

En décembre 1991, quand Franck Sharko, tout juste sorti de l'école des inspecteurs, débarque au 36 quai des Orfèvres, on le conduit aux archives où il est chargé de reprendre l'affaire des Disparues du Sud parisien. L'état des lieux est simple : entre 1986 et 1989, trois femmes ont été enlevées, puis retrouvées dans des champs, violées et frappées de multiples coups de couteau. Depuis, malgré des centaines de convocations, de nuits blanches, de procès-verbaux, le prédateur court toujours.
Sharko consacre tout son temps à ce dossier, jusqu'à ce soir où un homme paniqué frappe à la porte du 36. Il vient d'entrer en possession d'une photo figurant une femme couchée dans un lit, les mains attachées aux montants, la tête enfoncée dans un sac. Une photo derrière laquelle a été notée une adresse, et qui va entraîner le jeune inspecteur dans une enquête qui dépassera tout ce qu'il a pu imaginer...


Mon avis :

La toute 1ère enquête de Franck Sharko ! Et qu'est ce que ça fait du bien de retrouver notre personnage chouchou dans une période où internet n'était qu'à ses prémices et où il fallait trouver une cabine téléphonique faute de téléphone portable. Une époque où le fax était hyper sollicité aussi.

J'ai adoré ce retour en arrière et me retrouver au début des années 90 alors que j'avais... 15 ans ! Ô bougre ! Que j'étais jeune !!

S'agissant de l'enquête qui nous est présentée ici, je n'ai pas été totalement happée. Bon, il faut dire que la période n'était peut-être pas la bonne pour le lire vu que j'ai été opérée et la tête un peu dans les choux mais même s'il y avait des moments que j'ai trouvés plus longs et lents que d'autres, j'ai toujours eu l'envie d'y retourner dedans.

Il faut dire que Thilliez sait motiver son lecteur avec des jeux de piste qu'il faut suivre et on aime ça.

Mais j'aurais aimé aussi qu'il y ait un peu plus de suspense parce que j'ai vu certaines choses venir trop tôt à mon goût, à l'exception d'une seule et heureusement pour moi.

Connaissant le personnage de Sharko pour le suivre depuis ses débuts, j'ai trouvé très intéressant de voir que le Sharko de 30 ans n'était pas si éloigné de celui des 50. Il y a quelques détails sur lesquels on se dit qu'il a changé/évolué mais le côté un peu borderline apparaît déjà alors qu'il vient à peine d'arriver au 36. Mais je vous laisse découvrir ce jeune Sharko et vous faire votre propre opinion dessus, surtout si vous le connaissez déjà.

L'idée qu'a eu Thilliez de proposer une enquête dans les débuts de son personnage est excellente et il a matière à faire d'autres enquêtes se déroulant avant Train d'enfer pour ange rouge.

J'espère qu'il le fera pour ses lecteurs qui sont fans de ce qu'il fait et de ce personnage si atypique que l'on connaît tellement. Un gros dur au coeur tendre qui a été forgé par tellement de maux et ce retour en arrière permet de le comprendre encore mieux.

Autre point positif ici : on découvre sa fiancée... Quand on sait ce qu'il s'est passé par la suite, c'est à la fois poignant et hyper stressant.

En bref, le cadeau annuel que m'ont fait mon mari et mes enfants m'a encore transportée même si je n'ai pas été aussi enthousiaste qu'avec notamment Il était deux fois. Mais Thilliez reste un de mes auteurs français favoris en matière de thriller et ce n'est pas prêt de changer.

mercredi 28 juillet 2021

Devenir

 


Autrice : Michelle Obama
Editions : Le livre de poche (2020)
Nbre de pages : 750


Présentation de l'éditeur :

"Il y a encore tant de choses que j'ignore au sujet de l'Amérique, de la vie, et de ce que l'avenir nous réserve. Mais je sais qui je suis. Mon père, Fraser, m'a appris à travailler dur, à rire souvent et à tenir parole. Ma mère, Marian, à penser par moi-même et à faire entendre ma voix. Tous les deux ensemble, dans notre petit appartement du quartier du South Side de Chicago, ils m'ont aidée à saisir ce qui faisait la valeur de notre histoire, de mon histoire, et plus largement de l'histoire de notre pays. Même quand elle est loin d'être belle et parfaite. Même quand la réalité se rappelle à vous plus que vous ne l'auriez souhaité. Votre histoire vous appartient, et elle vous appartiendra toujours. À vous de vous en emparer."
Michelle Obama



Mon avis :

Depuis sa parution en grand format en 2018, cette autobiographie me faisait de l'oeil et j'ai profité de sa parution en poche pour me le faire offrir.

Je n'ai jamais lu d'autobiographie et c'est une première avec Michelle Obama. Mais ce que je peux dire d'emblée c'est que ce livre se lit comme un roman dans lequel on découvre des personnes si attachantes, humbles et humaines que l'on ne peut pas le lâcher.

Le livre se scinde en trois parties : celle dans laquelle on découvre la jeunesse de Michelle Obama jusqu'à sa rencontre avec Barack; celle où le couple se crée puis la décision de Barack Obama de tenter la présidence et tout ce que cela entraîne; enfin celle où le Président est en place et chamboule toute la vie de cette famille.

Chaque partie est intéressante à découvrir. On découvre une Michelle Obama née dans une famille ouvrière basique. C'est une jeune fille de caractère qui n'aura de cesse de se battre pour arriver à un niveau jusque là jamais atteint dans sa famille.

J'ai adoré être dans cette vie si simple, si proche de n'importe quel américain moyen dont le père était un employé qui ne roulait pas sur l'or.

Si elle s'est battue pour atteindre son objectif de devenir avocate dans un grand Cabinet d'affaires, la suite de sa vie a été totalement hallucinant mais pas forcément voulu. Elle le dit elle-même, elle déteste la politique; elle ne voulait pas que Barack se présente à la présidence mais c'est un homme de terrain, un homme qui veut faire évoluer les choses alors peut-être que lui peut changer la donne...

J'avais peur, en commençant ce livre, d'avoir une écriture un peu pompeuse mais pas du tout. Michelle Obama reste aussi simple que ce qu'elle l'a toujours été dans sa vie d'enfant, d'adolescente, de jeune femme puis d'épouse d'un homme qui monte dans la carrière politique.

Elle n'a jamais changé de façon d'être et je pense que c'est ce qui fait la force de ce couple.

On les voit côte à côte dans des moments compliqués mais ils se serrent les coudes et font surtout passer leur famille, leurs filles avant tout. Cela entraînera forcément des bévues aux yeux des détracteurs et de certains américains mais jamais ils ne changeront de ligne de conduite.

C'est un couple que j'aimais beaucoup avant même de lire l'autobiographie de Michelle Obama et que j'admire encore plus aujourd'hui. La découverte de Barack aux travers du récit de son épouse m'a donné envie de lire également Une terre promise de Barack Obama que ma fille m'a offert pour mon anniversaire. Je me doute que ce sera plus centré sur la politique américaine mais l'homme me plaît beaucoup et le peu que j'ai découvert de son enfance (loin de l'élite américaine) me titille énormément.

En attendant, celui de Michelle Obama mérite qu'on lui accorde du temps pour le découvrir, surtout pour les personnes qui apprécient la femme que représente cette Grande Dame. Car elle l'est tant par sa façon de penser que d'agir. De bout en bout, je l'ai adorée et je ne peux que vous inciter à la découvrir à votre tour.

lundi 19 juillet 2021

Alcatraz : Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires (T1)

 



Auteur : Brandon Sanderson
Editions : Le livre de Poche Jeunesse (2013)
Nbre de pages : 284





Présentation de l'éditeur :

Je m'appelle Alcatraz. J'ai treize ans, je suis orphelin et je ne suis pas un gentil.
Laissez-moi vous dire une bonne chose : si un vieux bonhomme à la santé mentale douteuse débarque chez vous sous prétexte qu'il est votre grand-père et que vous devez l'accompagner dans une espèce de quête mystique... refusez sans hésiter.
Je fus obligé d'enfreindre cette règle ; c'était un cas de force majeure. Mais croyez-moi, c'est à ce moment-là que mon destin bascula, direction sacrifices, dinosaures, magie noire et infâmes bibliothécaires.



Mon avis :

J'ai pour objectif de vider ma PAL numérique des romans qui y traînent depuis... des lustres. J'avais cette saga de Brandon Sanderson dedans et j'avais envie de me changer les idées avec une lecture facile, simple et qui me fasse passer un bon moment sans prise de tête.

Je connais Brandon Sanderson pour avoir lu le 1er tome de Fils des Brumes et j'avais adoré son style. Du coup, pour moi c'était une évidence que de me jeter dans sa saga jeunesse...

Je dois dire que j'ai été très surprise par le ton que prend l'auteur dans cette saga.

L'histoire est racontée par Alcatraz, jeune ado qui n'arrête pas de tout casser, orphelin et qui met les nerfs des familles d'accueil à rude épreuve.

Dès le début, je me suis dit que j'allais beaucoup rire avec Alcatraz et ce qui lui arrive assez rapidement.

Il va découvrir qu'il n'est pas si orphelin que ça et j'ai trouvé que certaines choses étaient prévisibles dans ce 1er tome.

Si j'ai trouvé la première moitié plutôt hilarante et désopilante parce que je n'étais surtout pas préparée à ce que je lisais, la seconde, même si elle garde le même ton un peu envolée, cynique et marrante, devient plus sérieuse par un certain côté.

Alcatraz est un personnage qui évolue déjà pas mal dans ce premier tome et je suis persuadée qu'il continuera dans les tomes suivants.

Par contre, si le côté humoristique est plaisant au début, j'avoue que sur le long terme c'était un peu lourd. Je ne sais pas si les autres tomes seront aussi portés sur le côté humour jaune ou pas mais j'espère que non sinon je risque de vite me lasser.

Par contre, il n'y a absolument rien à dire sur la plume de Brandie. J'adore cet auteur et c'est toujours aussi fluide et intéressant à lire.

Il sait prendre son lecteur comme il faut pour le planter dans un décor hors du commun, avec des personnages qui valent le détour mais surtout une immersion telle que l'on a bien l'impression d'être aux côtés de tous et vivre leurs aventures avec eux.

Même si on reste sur du très jeunesse, je ne me suis pas ennuyée mais pour éviter le trop plein, je ne risquerai pas d'enchaîner les tomes. Cela se fera petit à petit quand j'aurais besoin d'une valeur sûre pour me changer les idées et retrouver des personnages qui ont du potentiel.