vendredi 7 mai 2021

L'empire s'effondre (T1)

 



Auteur : Sébastien Coville
Editions : Anne Carrière (mai 2021)
Nbre de pages : 489


Présentation de l'éditeur :

Alfred de Pergoal, ingénieur et créateur des plus beaux engins à vapeur de son temps, se rend au palais pour assister à la cérémonie du millénaire de Seth. Mais la capitale est une cocotte-minute. En ce soir de fête, les habitants, sous le joug d’une théocratie au système de castes injuste et brutal, sont prêts à tous les excès, et même à la révolution.
Il va suffire d’un attentat pour sceller le destin du cercle-monde. Cette fois, c’est irrémédiable : l’Empire s’effondre.
L’effondrement est total. Il trouve son origine au sein des instances du pouvoir, les dirigeants de l’Empire sont impuissants à enrayer l’implosion du pays. Dans le chaos, le glissement de la théocratie vers un régime militaire implacable semble se dessiner.

Alfred de Pergoal sera-t-il le porte-étendard de la rébellion défendant l’esprit et le savoir plutôt que les armes, la violence et l’obscurantisme ?



Mon avis :

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de fantasy et encore plus de fantasy française.

Parfois, les rencontres se font par hasard et je crois que ce sont les meilleures.

Ce 1er tome d'une trilogie m'a conquise de bout en bout. Nous allons suivre des personnages de différentes castes au sein d'un Empire régit par des lois religieuses. Ce monde va s'effondrer après un attentat mais la fissure est plus profonde que ce que tout le monde pouvait penser...

J'ai tout aimé dans ce roman : le style riche, poétique et très visuel avec des descriptions parfaitement maîtrisées. Ni trop longues ce qui risqueraient d'ennuyer le lecteur, ni pas assez détaillées ce qui ne manquerait pas de nous interroger sur l'environnement dans lequel on évolue. Cela permet vraiment de s'immerger totalement dans cet univers fascinant qu'a créé l'auteur.

Les personnages sont tout autant excellents à découvrir et à suivre qu'ils soient du bon ou du mauvais côté. Chacun d'entre eux apporte beaucoup dans les complots et manigances que l'on soit à la tête de cet Empire ou dans la Résistance.

L'intrigue est, quant à elle, très intéressante mais, attention, il faut bien rester centrer sur tout ce qui nous entoure pour ne pas se perdre et il ne faut pas que le côté religieux vous rebute.

Je ne savais pas trop vers quoi j'allais en débutant cette lecture et au final ce fut une très belle découverte qui vous tentera aussi, je l'espère.

Le seul "hic" que j'ai trouvé est la parution des tomes suivants dans un délai extrêmement long (2022 pour le tome 2 et 2023 pour le tome 3). Il va falloir s'armer de patience avant de retrouver tous ceux qui m'ont fait vibrer durant mes 10 jours de lecture mais la qualité est telle qu'elle le vaut bien !

Alors ? Tenté ou pas ?

lundi 3 mai 2021

Sous le signe du scorpion

 




Autrice : Maggie Stiefvater
Editions : Hachette
Collection : Black Moon (2012)
Nbre de pages : 471


Présentation de l'éditeur :

"Certains concourent pour gagner, d’autres pour survivre. » Chaque année au mois de novembre se déroulent les courses du Scorpion. Les cavaliers doivent tenir le plus longtemps possible sur leurs dangereuses montures, des chevaux de mer cannibales. Assez longtemps pour avoir une chance d’atteindre la ligne d’arrivée… et survivre. Sean Kendrick, 19 ans, tente de nouveau sa chance cette année, bien décidé à arriver le premier. Puck Connolly, quant à elle, n’aurait jamais imaginé participer un jour à la course. Mais le sort en a décidé autrement, et elle se retrouve malgré elle propulsée dans la course, à laquelle aucune autre femme n’avait encore participé. L’enjeu est grand pour ces deux adversaires que tout oppose sauf leur désir commun de remporter le plus grand des prix : la vie."



Mon avis :

Après avoir été harcelée par ma fille pendant des années pour lire ce roman, c'est enfin chose faite et je ne le regrette pas.

Nous sommes sur une île, aux côtés de Kate Connolly (surnommée Puck) et Sean Kendrick, les personnages centraux, mais aussi Dove et Corr, leurs chevaux respectifs.

Si Dove est une jument des plus classiques, Corr, lui, vient de la mer. Les chevaux de mer ne sont pas faciles à dresser. Ils sont agressifs, carnivores et n'hésitent pas à sortir de la mer pour venir dévorer tout ce qu'ils peuvent trouver (humains ou animaux). Mais ils ont une capacité exceptionnelle pour les courses par leur rapidité.

Chaque année, sur l'île, a lieu la course du scorpion, le 1er novembre. Chaque année, des hommes perdent la vie à cause de ces chevaux de mer. Sean et Puck ont chacun leur raison pour participer à cette course. Mais qui en sortira gagnant ?

Lorsque j'ai commencé cette lecture, je m'attendais à découvrir des courses à foison avec, bien sûr, de la rivalité entre cavaliers. Et comme, c'est un roman young adult, je pensais aussi qu'il y aurait une romance qui allait m'ennuyer...

Ce roman est tout autre chose et je ne l'ai vu qu'au dernier chapitre qui m'a, d'ailleurs, noué la gorge.

Le livre parle de différences et d'acceptation. De liens forts qui se nouent et qui sont inaltérables.

On découvre les vies de Puck et Dove ainsi que celles de Sean et Corr. Chacun de leur côté puis ensemble.

Si j'ai trouvé que l'ensemble manquait de punch du départ, c'est surtout parce que je n'avais pas "vu" ce que l'autrice avait voulu faire avec ce roman.

J'ai eu l'illumination à la fin et je me suis rendue compte que j'aurais pu passer totalement à côté.

Heureusement, je me suis attachée à ses chevaux, plus qu'aux personnages et leurs histoires personnelles d'ailleurs.

C'est un roman young adult, certes, mais il sort du lot et j'aurais dû le sortir bien avant de ma PAL.

Il est beau, effrayant, poignant. Je ne peux que vous le recommander.

vendredi 16 avril 2021

Six of crows (T1 & T2)

 



Autrice : Leigh Bardugo
Editions : Le livre de poche jeunesse (2017 - 2018)
Nbre de pages : 562 - 650


Présentation de l'éditeur (tome 1) :

Ketterdam : une ville grouillante de malfrats où tout s’achète si on y met le prix. Ce principe, personne ne l’a fait autant sien que Kaz Bekker, dit « les Mains Sales ». Quand le voleur se voit offrir une mission impossible mais qui le rendra riche, il réunit son équipe : un soldat assoiffé de vengeance, un tireur d’élite accro au jeu, un jeune fugueur des beaux quartiers, une espionne défiant les lois de la gravité, et une Grisha aux puissants pouvoirs magiques. Six dangereux hors-la-loi seuls capables de sauver le monde – s’ils ne s’entretuent pas avant...



Mon avis :

Cela faisait longtemps que je voulais lire cette autrice et ce dyptique me donnait envie en VO. Je n'étais pas sûre de tout saisir en anglais. Du coup, voilà des achats en poche que je ne regrette pas.

On évolue dans les bas-fonds de Ketterdam avec Kaz et son équipe. On est au coeur de la pègre et Kaz ferait n'importe quoi pour gagner un maximum d'argent. On va lui confier une mission impossible à réaliser mais Kaz et ses acolytes sont bien décidés à prouver qu'ils sont les meilleurs, même si c'est au péril de leurs vies...

J'ai trouvé le début du tome 1 un peu long, avec beaucoup de personnages que j'avais du mal à assimiler. Mais une fois la mission lancée, je n'ai plus pu m'arrêter et j'ai enchaîné rapidement avec le tome 2 qui est une suite directe.

J'ai adoré être aux côtés de Kaz, Inej, Jesper, Nina, Matthias et Wylan durant près de 1200 pages en cumulant les deux tomes.

On ne voit pas le temps passé parce que, bien que classé en young adult, le côté jeunesse ne se ressent pas (surtout dans le tome 2) et l'écriture est très agréable à lire. Elle n'est pas simpliste, loin de là.

Au fil des chapitres, on suit la mission, bien sûr, mais on en apprend aussi beaucoup sur les uns et les autres. J'ai aimé voir les liens se tisser puis se raffermir au fil des pages malgré leurs différences.

Je n'avais pas envie de quitter Ketterdam ni cette bande de voleurs à laquelle on s'attache finalement.

C'était une belle découverte d'une autrice que je compte bien suivre dorénavant.

mardi 13 avril 2021

Du bruit dans la nuit

 




Auteur : Linwood Barclay
Editions : Belfond (2021)
Collection : Belfond Noir
Nbre de pages : 413


Présentation de l'éditeur :

Un thriller psychologique empreint de folie et d'humour noir, riche de twists à la Gillian Flynn et d'un suspense si intense que vous n'oserez plus fermer l'œil de la nuit.

Paul Davis n'est que l'ombre de lui-même : huit mois plus tôt, ce professeur de littérature à l'existence sans relief a vu un assassin transporter des cadavres de femmes dans le coffre de sa voiture.
Depuis, Paul subit les assauts d'un violent syndrome de stress post-traumatique. Comment se libérer de cette nuit d'horreur ? Pour l'aider, son épouse l'encourage à coucher sur le papier les pensées qui le rongent et lui offre, pour ce faire, une vieille machine à écrire.
Mais bientôt, aux images cauchemardesques de ses nuits viennent s'ajouter des bruits étranges, le tac tac tac frénétique des touches d'un clavier. Et plus inquiétants encore sont les messages cryptiques, tapés par la machine, que Paul découvre au petit matin.

Somnambulisme ? Machination ? Démence ? À moins que les victimes du tueur ne s'adressent à lui pour réclamer vengeance ? Avec le soutien d'Anna White, sa charmante psychiatre, Paul s'enfonce dans les méandres d'une enquête aux soubresauts meurtriers...




Mon avis :

S'il y a un policier à découvrir en ce moment chez cet éditeur, je dirai que Du bruit dans la nuit aurait largement sa place.

Il est glaçant, prenant, stressant, au point que certains soirs je le laissais de côté, histoire de ne pas m'angoisser avant de faire dodo.

Il est aussi addictif en entraînant avec des chapitres courts mais qui poussent surtout le lecteur à les enchaîner parce qu'on veut toujours en savoir plus...

Paul Davis a vu sa vie basculer huit mois plus tôt. Il a failli mourir et sa mémoire, depuis, lui fait défaut. Est-il simplement stressé ? Devient-il dément ? Est-ce autre chose ?...

Tout est mis en place pour qu'on reste scotcher à ce titre. On se pose les mêmes questions que Paul. On vit tout avec lui et c'est frustrant.

Même si j'ai vu certaines choses venir, je ne me doutais pas du twist. J'étais prise dans les filets de l'auteur et je n'en suis pas ressortie.

Je l'ai lu rapidement et avec beaucoup d'intérêt car Linwood Barclay sait mener son intrigue de bout en bout et je ne verrai plus jamais les machines à écrire comme avant ! ...

jeudi 1 avril 2021

Murder game

 




Auteure : Rachel Abbott
Editions : Belfond (2021)
Collection : Belfond Noir
Nbre de pages : 393


Présentation de l'éditeur :

Après Ce qui ne tue pas, la reine du suspense à l'anglaise déploie l'éventail de son talent dans un roman à énigmes digne d'Agatha Christie.

Angleterre, de nos jours. La première fois que Jemma s'est rendue dans le manoir de Polskirrin, c'était en compagnie de Matt, son époux, pour célébrer le mariage du richissime Lucas Jarrett. Jamais Jemma n'oubliera la vue saisissante de cette demeure dominant la mer, perchée sur un éperon de Cornouailles.

Jamais, non plus, n'oubliera-t-elle la vue du corps d'Alex, la soeur tant aimée du marié, flottant sans vie le jour des noces, sur cette plage de galets... Un an après, Jemma et Matt sont de retour à Polskirrin, à la demande expresse de Lucas. Pourquoi ce dernier tient-il tant à célébrer le premier anniversaire de ses noces funestes ? La question est sur les lèvres de tous les invités. Car ce que Lucas a en tête n'a rien d'une gentille réunion entre amis.

Non, c'est à une fête macabre qu'il les a tous conviés, un murder game visant à faire rejouer à chacun son rôle de l'an passé et révéler ainsi la vérité sur la mort d'Alex. Mêmes personnes, mêmes tenues, même repas, mêmes discussions, la nuit qui a vu mourir la jeune femme se répète dans une mise en scène terrifiante. Jemma sait bien qu'elle n'est pas coupable. Mais qu'en est-il de Matt ? Détient-elle réellement toutes les cartes de ce jeu mortel, dont nul ne semble connaître l'issue ?



Mon avis :

L'histoire se déroule en Cornouailles, au manoir de Polskirrin. On sera aux côtés de divers personnages, amis depuis de nombreuses années, invités par le propriétaire des lieux pour fêter ses un an de mariage.

Il n'y aura vraiment d'enquête policière mais plutôt une enquête domestique avec un jeu macabre qui doit permettre de découvrir qui est coupable de la mort d'un des personnages, un an plus tôt.

Je m'attendais à un véritable roman policier plutôt que ce que j'ai eu là mais j'ai passé quand même un bon moment de lecture, même si je ne me suis pas attachée aux personnages.

C'est le genre de roman qu'on lit avec plaisir entre deux pavés plus lourds et exigeants.

L'intrigue est bien ficelée et je n'ai rien vu venir. Ce qui est appréciable. Je me suis posée pas mal de questions tout autant de ce roman auxquelles je n'ai pas trouvé les réponses par moi-même. Je me suis vraiment laissée porter par l'intrigue, l'écriture et l'atmosphère pesante pour apprécier ce que je lisais de bout en bout.

Et ça a marché ! Je demandais à ce livre de me détendre, de me faire passer un bon moment et ce fut le cas. Je n'en demandais pas plus.

lundi 29 mars 2021

Fantômes

 



Auteur : Christian Kiefer
Editions : Albin Michel (2020)
Collection : Terres d'Amérique
Nbre de pages : 288



Présentation de l'éditeur :

Été 1945 : lorsque le soldat américain d'origine japonaise Ray Takahashi rentre du front, personne n'est là pour l'accueillir en héros sur les terres de son enfance, dans le nord de la Californie. Ses parents, après avoir été expulsés et enfermés au camp de Tule Lake, vivent désormais à Oakland. Mais Ray veut comprendre pourquoi leurs anciens voisins et amis ont coupé les ponts avec eux, et surtout revoir leur fille Helen, sa petite amie. C'est à ce moment-là qu'il disparaît sans laisser de traces.
Printemps 1969: de retour du Vietnam, et hanté par les fantômes de la guerre, John Frazier cherche son salut à travers l'écriture d'un roman. En s'emparant accidentellement du destin de Ray, le jeune écrivain ignore tout des douloureux secrets qu'il s'apprête à exhumer.
En revenant sur l'histoire méconnue de dizaines de milliers de Nippo-Américains internés dans des camps après l'attaque de Pearl Harbor en 1941, Christian Kiefer tisse un drame familial poignant et lumineux, qui interroge notre rapport intime à la mémoire et au passé.



Mon avis :

Ce roman met en avant l'histoire méconnue de l'internement de dizaines de milliers de japonais dans des camps après l'attaque de Pearl Harbor.

Le récit se fait par john Frazier, vétéran de la guerre du Vietnam, qui va, par hasard, découvrir l'histoire de Ray Takahashi, mystérieusement disparu à son retour de la guerre de 1945. Il va alors enquêter pour savoir ce qu'il est advenu de cet homme...

J'ai littéralement dévoré ce roman de moins de 300 pages, souhaitant connaître le sort de Ray. On apprend au fur et à mesure ce qu'il en était entre les Takahashi et les Wilson (propriétaires qui leur louait une petite maison sur leur terrain).

Dès les premières pages, on ressent la haine contre les "Japs". L'atmosphère est lourde, pesante mais l'écriture est si fluide qu'elle donne au lecteur cet allant pour continuer quoi qu'il lui en coûte.

J'ai eu un pincement au coeur à maintes reprises. J'ai détesté un personnage féminin et je me suis demandée comment on pouvait réagir de telle façon.

Les secrets sont terriblement bien gardés, même si on se doute de certaines choses.

C'est un roman court mais d'une intensité époustouflante, touchant et émotionnellement marquant par tout ce qu'il dévoile tant du côté de Ray mais également lorsque l'on apprend à connaître John qui lui aussi a été marquée par une guerre détestable.

En bref, et en peu de mots : il est à lire d'urgence !

jeudi 25 mars 2021

Le fabuleux voyage du carnet des silences

 




Auteure : Clara Pooley
Editions : Fleuve (2021)
Nbre de pages : 469



Présentation de l'éditeur :

Monica a abandonné sa carrière d’avocate pour réaliser son rêve : ouvrir un café sur Fulham Road. Le jour où un de ses clients oublie son carnet sur une table, elle ne peut s’empêcher de le lire. Les premières pages lui révèlent la confession de Julian Jessop, un artiste excentrique, âgé de soixante-dix-neuf ans qui exprime toute sa tristesse et sa solitude depuis la mort de sa femme.
Touchée par cette idée de révéler des sentiments intimes à des inconnus, Monica décide de continuer le carnet avant de le déposer dans un bar à vin.

Au risque de voir son destin bouleversé de manière inattendue…



Mon avis :

Après avoir lu le résumé de cet ouvrage, j'ai eu très envie de le découvrir en me plongeant dans un récit que je pensais feel-good. Hors ce n'est pas le cas.

Ici, on est dans du contemporain dans lequel l'autrice va faire succéder des personnages qui écriront des révélations intimes dans un carnet.

Si j'ai aimé l'idée de départ et les différentes rencontres, j'avoue que je pensais que le roman aurait été tourné différemment et en l'occurrence que l'on lirait mot pour mot ces fameuses révélations et non qu'on les apprendrait via les personnages par moment.

Du coup, je suis restée extérieure à leurs histoires et je ne me suis attachée à aucun d'entre eux.

Pour autant, j'ai toujours voulu savoir comment cela allait se terminer pour les uns et les autres puisque des liens se tissent au fur et à mesure que l'on avance. Et, finalement, je suis arrivée à la fin, qui m'a un brin déçue concernant un personnage que je ne pensais pas être "menteur" mais qui m'a aussi touchée.

C'est un roman choral qui se lit bien et qui aborde des thématiques diverses comme la maternité, les réseaux sociaux, les addictions... C'est un roman qui plaira par son style fluide mais qui, sur le fond, ne m'a pas totalement convaincue.