vendredi 21 janvier 2022

Les temps ultramodernes

 

 

Auteur : Laurent Genefort
Editions : Albin Michel Imaginaire (2022)
Nbre de pages : 458



Présentation de l'éditeur :

En 1895, d'énormes gisements de cavorite, un métal capable d'annuler la gravité, sont découverts. C'est le début d'une conquête massive des airs et de l'espace. Des paquebots volants relient les capitales ou voguent jusqu'à une Mars colonisée. Mais vingt-cinq ans plus tard, les réserves s'amenuisent et les empires occidentaux luttent pour récupérer les dernières miettes du précieux métal.


Mon avis :

Cavorite : minerais dont est extrait le cavorium.
Cavorium : substance antigravitationnelle qui, alliée à un autre métal (fer, aluminium...), permet aux véhicules de voler.

La cavorite est un minerais inventé par H.G Wells dans son roman Les premiers hommes dans la Lune, paru en 1901. Après avoir lu ce roman de Laurent Genefort, j'ai très envie de me pencher sur celui du créateur de la cavorite.

Nous avons ici un roman choral où nous allons suivre cinq personnages :
* Renée, une jeune institutrice quittant sa province pour aller vivre à Paris, espérant trouver un poste là-bas. Sa rencontre brutale avec un Martien va bousculer sa vie.
* Marcel, un chirurgien déchu qui sera recruté par une Société secrète afin de mener des expériences sur Mars.
* Maurice, un commissaire qui mènera une enquête sur la cavorite aux côtés d'une journaliste scientifique, Marthe.
* Georges, un jeune artiste venu à Paris, qui espère percer dans ce monde très fermé et particulier.

Globalement, j'ai trouvé le roman intéressant et surtout j'ai adoré l'histoire de la cavorite. D'ailleurs, le roman est accompagné d'un petit fascicule, Abrégé de cavorologie, que j'ai lu en amont pour en savoir plus sur ce minerais.

Mais je l'ai trouvé plutôt inégal parce qu'il est un peu long à démarrer (mais il faut bien placer ces personnages dans leur contexte); un milieu plein d'action ce qui rend la lecture très productive et une fin, par contre, trop rapide.

En fait, et allez savoir pourquoi, j'étais persuadée que ce livre était un premier tome. Du coup, je ne me suis pas posée de question sur la lenteur du départ. Je me disais que c'était un tome de mise en place. Mais petit à petit, je me suis rendue compte que les choses s'accéléraient pour aller beaucoup trop vite à la fin et j'ai trouvé cela dommage.

Les histoires que l'on suit sont prenantes, exceptée celle de Georges qui m'a un brin perdue, les autres sont très intéressantes à suivre.

Celle concernant Marcel est horrible d'ailleurs et même si celle de Renée peut un peu choquée par la façon dont fait cette institutrice n'est cependant pas dénuée d'intérêt. N'oublions pas que nous sommes en 1925 et que les agissements d'hier ne sont pas les mêmes que ceux d'aujourd'hui en matière d'enseignement...

L'auteur va parler de beaucoup de thèmes dans ce roman dont l'esclavagisme, l'évolution technologique avec la cavorite et tout ce que cela implique, le racisme...

J'ai trouvé certains passages plus longs que d'autres mais pour autant je me suis toujours laissée prendre par cette lecture. Même si j'avais des petits passages à vide avec Georges, mon regain reprenait dès que je le quittais.

Pour autant, je suis un peu déçue par cette fin accélérée. J'aurais aimé que l'auteur prenne un peu plus de temps quitte à faire un dyptique plutôt qu'un one-shot. Qu'il développe certains passages et que l'on vive davantage d'aventures avec les Orloors, les martiens, qui finalement sont peu mis en avant sur leur propre planète.

dimanche 9 janvier 2022

Celui qui veille

 



Auteure : Louise Erdrich
Editions : Albin Michel (2021)
Collection : Terres d'Amérique
Nbre de pages : 542

 PRIX PULITZER 2021 


Présentation de l'éditeur :

Dakota du Nord, 1953. Thomas Wazhashk, veilleur de nuit dans l’usine de pierres d’horlogerie proche de la réserve de Turtle Mountain, n’est pas près de fermer l’œil. Il est déterminé à lutter contre le projet du gouvernement fédéral censé « émanciper » les Indiens, car il sait bien que ce texte est en réalité une menace pour les siens.
Contrairement aux autres jeunes employées chippewas de l’usine, Pixie, la nièce de Thomas, ne veut pour le moment ni mari ni enfants. Pressée de fuir un père alcoolique, insensible aux sentiments du seul professeur blanc de la réserve comme à ceux d’un jeune boxeur indien, elle brûle de partir à Minneapolis retrouver sa sœur aînée, dont elle est sans nouvelles.
Pour « celui qui veille », n’ayant de cesse d’écrire aux sénateurs dans le but d’empêcher l’adoption de la loi, quitte à se rendre lui-même à Washington, comme pour Pixie, qui entreprend le premier voyage de sa jeune existence, un long combat commence. Il va leur révéler le pire, mais aussi le meilleur de la nature humaine.

Inspirée par la figure de son grand-père maternel, qui a lutté pour préserver les droits de son peuple, Louise Erdrich nous entraîne dans une aventure humaine peuplée de personnages inoubliables. Couronné par le prix Pulitzer, ce majestueux roman consacre la place unique qui est la sienne dans la littérature américaine contemporaine.


Mon avis :

Cela fait des années que je vois passer le nom de Louise Erdrich, sans avoir le bon sens de la découvrir. C'est aujourd'hui chose faite avec un titre qui m'inspirait vu la thématique abordée mais aussi le côté personnel pour l'autrice.

Je m'attendais, avant de lire ce roman, à avoir une lecture dynamique, tant dans les actions pour éviter ce projet de loi horrible pour les indiens que dans les échanges avec le gouvernement américain lors des réunions qui ont eu lieu.

Ce roman n'est pas tout à fait comme je l'avais imaginé. Pour autant, il n'est pas dépourvu d'intérêt et j'ai suivi avec envie, résignation, mépris pour l'homme blanc et compassion pour ces indiens, l'histoire de ces tribus et de celle de la réserve de Turtle Mountain.

L'écriture est fluide et vraiment très agréable. Je pensais que ce serait un peu plus ardu à suivre mais pas du tout.

Les personnages, eux, sont intéressants à découvrir et j'ai aimé voir ce qu'ils allaient devenir face à ce projet du gouvernement fédéral mais pas que puisqu'on les suit dans leur quotidien.

Pourtant, j'ai surtout senti que ce roman était davantage un hommage au grand-père de l'autrice et j'ai ressenti le côté sentimental plus que combatif. Je ne minimise pas ce que ces indiens ont réussi à faire mais on ne le vit pas à 100%.

L'autrice nous fait vivre à leurs côtés durant un peu plus de 500 pages avec les envies, les regrets, les espoirs des uns et des autres. On a le côté chamanique bien sûr que j'aime tellement et que j'attends forcément quand je lis un roman sur les indiens.

D'un autre côté, elle met en avant ces hommes blancs qui croient que tout leur est dû et quelques passages m'ont beaucoup marquée : celle où il est question de "termination" pour les indiens mais également celle où on pause la "problématique" indienne dans le sens contraire. Et si c'était les indiens qui avaient conquis l'Europe et qui décidaient de réduire les autochtones à pas grand'chose ? Comment ces derniers réagiraient-ils ?

C'est une question que je me suis posée avant même que l'autrice en face part dans son livre. C'est une question que je me suis toujours posée depuis que, adolescente, je me suis penchée sur l'invasion des Amériques par les hommes blancs !

Louise Erdrich écrit admirablement sur le "problème" indien et le combat qu'ils ont mené et mènent encore aujourd'hui. Je vous le conseille pour y découvrir ce peuple et ces personnages si attachants et combatifs.

Quant à moi, pour compléter le titre de cette autrice fabuleuse que je compte bien relire avec d'autres titres (si vous en avez, n'hésitez pas à me les proposer), je vais me remettre dans le documentaire Notre coeur bat à Wounded Knee de David Treuer car la cause indienne m'intéresse toujours et m'interpelle.

mercredi 5 janvier 2022

Le sang des bêtes

 



Auteur : Thomas Gunzig
Editions : Au Diable Vauvert (Janvier 2022)
Nbre de pages : 222


Présentation de l'éditeur :

Vendeur dans une boutique de compléments alimentaires hyperprotéinés, Tom est en dépression depuis le cap de la cinquantaine. Un jour, il sauve une femme sans-papiers des mains d'une brute et décide de l'accueillir chez lui. Elle doit cohabiter avec Jérémie, le fils de Tom, et son père, un survivant de la Shoah atteint d'un cancer, tous deux de retour à la maison.


Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l'auteur et je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman mais je me disais que j'avais là l'opportunité de faire une nouvelle rencontre. Et c'est avec plaisir que je m'y suis plongée dedans.

La première chose que je peux dire c'est que ce court roman est, malheureusement pour moi, trop court.

L'auteur aborde beaucoup de thématiques que j'aurais aimé voir développer.

De plus, j'ai été très ébranlée, un brin choquée, perdue... par l'apparition de cette femme dans la vie de Tom lorsqu'elle dit ce qu'elle est.

Ai-je bien compris ? Suis tombée dans une dimension parallèle à la nôtre ?

Hummm... J'étais sceptique. Un peu désorientée mais je me disais que l'auteur allait prendre certains chemins et je les attendais...

Bon je les attends encore un peu mais comme j'ai fini ce roman depuis quelques jours je me dis que Thomas Gunzig tenait juste à nous rappeler qui nous sommes et ce que nous sommes dans cette Société de consommation (surconsommation ?!).

Si je n'ai pas adhéré à 100% à ce qui est dit dans ce roman, mon côté pragmatique a eu du mal à se faire à l'histoire qui part un peu dans tous les sens, j'avoue avoir beaucoup aimé l'écriture et avoir envie de poursuivre ma découverte de cet auteur.

J'espère juste que ces autres romans sont un peu plus longs et m'apporteront davantage d'émotions que ce titre là dont je suis restée très extérieure. Je ne me suis d'ailleurs attachée à aucun personnage.

Tout cela est peut-être aussi dû à mon âge vu que j'approche également de la cinquantaine et que j'ai eu du mal à me mettre à la place de Tom ou de son entourage, d'ailleurs.

A mon sens, ce texte est trop court pour m'apporter tout ce que j'attends d'un tel roman : de la réflexion et surtout des réponses. Mais peut-être devons-nous nous-même faire nos propres réponses ?! Peut-être...

dimanche 26 décembre 2021

Un jardin de mensonges

 


Auteure : Susan Fletcher
Editions : Presses de la Cité (Novembre 2021)
Nbre de pages : 432 (format papier)





Présentation de l'éditeur :

Certains fantômes hantent les demeures, d'autres les cœurs...

Londres, 1914. Atteinte de la maladie des os de verre, Clara vit recluse depuis toujours, choyée par une mère qui lui raconte le monde. À sa mort, la jeune femme prend son destin en main et s'initie clandestinement à la botanique.
Elle est bientôt engagée par Mr Fox pour créer sur son domaine une serre de plantes exotiques. Mais, à peine arrivée à Shadowbrook, elle ressent un étrange malaise. Le mystérieux maître des lieux brille par son absence, la gouvernante est terrifiée, et une présence semble hanter les couloirs de la demeure, où les fleurs fanent en quelques heures...

Avec son étrange héroïne à la peau diaphane, Un jardin de mensonges est un brillant hommage aux grands romans gothiques. C'est aussi le récit de l'émancipation d'une femme qui tente de reprendre possession de sa vie et de son corps, servi par une plume aussi vénéneuse que sensuelle...


Mon avis :

J'avais lu en 2019, Un bûcher sous la neige de la même auteure et si j'avais beaucoup aimé sa façon d'écrire, j'étais restée plutôt extérieure à l'histoire, même si globalement elle était intéressante. Mais je ne voulais pas rester sur une note plutôt négative avec Susan Fletcher et c'est avec envie et un peu de crainte que je me suis lancée dans son dernier roman.

J'ai découvert Clara, une jeune fille de 20 ans, atteinte de la maladie des os de verre et qui, au décès de sa mère, va décider de prendre sa vie en main. Elle sera engagée par un certain M. Fox afin d'organiser une serre sur son domaine. Mais cela ne sera pas sans ressentir le malaise des habitants et d'une sorte de hantise au sein de l'habitation : les fleurs se fanent trop rapidement; des bruits de pas se font entendre la nuit à la même heure... Clara va décider de mener son enquête car elle ne croit absolument pas aux fantômes...

Je suis partie avec l'idée que l'on resterait dans un roman fantastique ce qui me changeait littéralement du précédent roman que j'avais lu de cette auteure. Sachez que ce ne sera pas le cas et qu'il vous faudra accepter des conclusions plus terre à terre.

Mais le roman est quand même bien construit et même si j'ai ressenti une pointe de déception parce qu'on quittait le surnaturel passé la moitié du roman, il n'en demeure pas moins que j'étais curieuse de connaître la fin de l'histoire tant sur le passé de la mère de Clara que celle de ce M. Fox qui se montre si peu et reste très mystérieux.

On découvrira aussi l'histoire des propriétaires précédents : les Pettigrew.

Ce nom me parlait puisque j'avais noté un titre avec ce patronyme et j'étais encore plus curieuse de voir ce qu'il allait en sortir.

Je ne vous dirai rien de ce que Susan Fletcher a fait dans son roman mais j'ai été happée par l'ensemble du roman et ce qu'elle décide d'organiser pour les uns et les autres.

C'est sombre. C'est affligeant mais je n'ai jamais oublié à quelle période nous étions : 1914, à l'aube de la 1ère Guerre Mondiale.

Clara est une jeune femme qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui va chercher la vérité quoi que cela puisse lui coûter. On lui donnera tout un tas de surnoms dont elle accusera le coup mais qui ne fera pas vaciller sa détermination.

Même si les révélations n'étaient pas celles que je souhaitais, j'ai trouvé la toute fin très touchante et Clara restera un personnage qui m'aura marquée.

J'ai dégusté ce roman de bout en bout et j'en suis venue à regretter qu'il soit déjà fini. J'ai adoré la façon d'écrire de Susan Fletcher et grâce à ce titre je sais que je la lirai encore avec beaucoup d'intérêt.


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lundi 20 décembre 2021

Les maîtres enlumineurs (T1 &T2)



Auteur : Robert Jackson Bennett
Editions : Albin Michel (2021)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 630 - 614


Présentation de l'éditeur (1er tome) :

Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.


Mon avis :

En cette fin d'année, j'avais envie de retrouver l'univers de la fantasy avec un côté steampunk que j'adore. On m'a conseillé cette série d'un auteur que je ne connaissais pas et j'ai été emportée comme jamais dans une histoire incroyable avec des personnages que j'ai hâte de retrouver.

La magie, dans cette saga, s'opère grâce aux enluminures qui donnent des pouvoirs aux objets que l'on n'attend pas. On va suivre plusieurs personnages issus de milieux très différents qui auront une cause commune à un moment donné.

Si au départ, je ne voyais pas trop ce que l'auteur allait faire avec ses personnages, petit à petit je me suis laissée porter par ce qu'il se passait, notamment avec Sancia, une jeune voleuse qui va mettre la main sur un objet qui va littéralement changer sa vie et celle de ceux qui l'accompagneront.

Je ne cite pas de noms pour vous inciter vraiment à découvrir chacun de ces personnages que j'ai appris à connaître au fil de ma lecture.

Si le 1er tome est très prenant et intéressant par toute la mise en place et une fin qui pousse à ouvrir rapidement le tome 2, c'est avec ce dernier que j'ai eu un fulgurant coup de coeur.

Il y a tout dans cette saga pour vous apporter émotions, palpitations, angoisse, gaieté et tutti quanti.

On vit l'histoire véritablement à travers ces êtres qui prennent des décisions en pensant vouloir faire le bien mais serait-ce le cas si jamais cela arrivait... ?

J'ai eu bien des surprises avec les uns et les autres, pensant que certains étaient du bon côté et d'autres pas alors que finalement je me trompais.

L'auteur joue avec nous et ses personnages. C'est extrêmement bien fait, bien construit avec cette enluminure omniprésente. Le jeu de pouvoir des diverses maisons marchandes est machiavélique tout autant que celui que l'on pense être le méchant.

Tout est très bien orchestré avec une plume fluide, très abordable pour qui veut découvrir cette trilogie, hyper agréable avec des dialogues exquis où l'humour reste présent même en cas de gros coup dur. Cela permet de garder une certaine légèreté dans une ambiance qui s'assombrit au fil des pages.

Je me devais de vous faire un retour rapide après la fin de ma lecture du tome 2 parce que cet auteur est à découvrir tout comme cette série qui me trotte encore dans la tête alors que je l'ai finie samedi matin.

Les personnages font partie de moi. Ils me parlent encore. Ils m'appellent pour que je ne les oublie pas. Cela ne risque pas vu ce qu'ils m'ont fait vivre.

Le tome 3 est prévu pour juin 2022 en VO et ne sera disponible que début 2023 en France. Même si ce délai est super long parce que l'impatience est là, je suis ravie que les Editions Albin Michel traduise ce dernier tome et permette de découvrir la fin de la saga sans avoir à passer par la VO (qui serait, à mon avis, un peu ardue si je m'y collais).

Mais cela vous donne un délai suffisant pour découvrir enfin cet auteur qui mérite de l'être, tout comme le sont ses personnages que je ne suis pas prête d'oublier.

Alors, vous êtes paré pour vous l'offrir à Noël ou faire un joli cadeau à l'un de vos proches aimant ce genre de livre ? Ce serait une très belle aventure que vous lui offririez.



lundi 6 décembre 2021

American rust

 



Auteur : Philipp Meyer
Editions : Albin Michel (2021)
Nbre de pages : 483



Présentation de l'éditeur :

Buell, petite ville sidérurgique de Pennsylvanie, autrefois prospère, est aujourd'hui à l'agonie : les usines abandonnées et les villages fantômes ont remplacé les hauts-fourneaux. Les adolescents du coin essaient d'échapper à la désolation ambiante pour s'inventer un avenir... Avec l'aide de Billy, son meilleur ami, Isaac décide de s'enfuir en Californie. Mais très vite l'aventure tourne mal et les deux garçons se retrouvent avec le cadavre d'un vagabond sur les bras. L'espoir a parfois un arrière-goût de rouille...


Mon avis :

Je ne connaissais pas cet auteur qui a écrit Le fils, roman ayant d'excellents retours que je compte bien découvrir. Lorsque les Editions Albin Michel m'ont proposé de lire American rust, je n'ai pas réfléchi longtemps et j'ai accepté avec plaisir.

J'ai découvert un univers étouffant, prenant, vous faisant poser mille et une questions sur la Société d'aujourd'hui, sur ce que nous serions capables de faire par amitié ou amour.

L'ouvrage de Philipp Meyer est tout simplement exceptionnel par les personnages dépeints et l'histoire qui nous est contée par l'auteur.

J'ai été emportée dans cette Amérique en crise où deux jeunes de 20 ans, Isaac et Billy, vont vivre des moments juste hallucinants.

Une simple "erreur" et la vie bascule.

C'est indéniablement beau et absolument impensable d'en arriver à de telles extrémités mais Philipp Meyer mène tambour battant cette ronde entre ces deux jeunes hommes de façon magnifique.

On est entre la culpabilité, l'envie d'en découdre mais aussi cette loyauté qui va primer jusqu'au bout. On vit des moments durs mais aussi des moments poignants.

American rust est un roman d'aujourd'hui avec des personnages forts. Déjà sorti en 2010 sous le titre Un arrière-goût de rouille, cette nouvelle traduction est excellente. Je me suis laissée porter tout au long de ces presque 500 pages sans ressentir d'ennui car, au contraire, j'ai eu du mal à quitter Isaac et Billy. Et aujourd'hui encore, plus d'une semaine après avoir fermé ce roman, ils me parlent, me rappellent ces moments avec eux. Isaac et Billy font partie des inoubliables.

mercredi 24 novembre 2021

Le second sommeil

 


Auteur : Robert Harris
Editions : Belfond Noir (2021)
Nbre de pages : 361


Présentation de l'éditeur :

1468. Le père Christopher Fairfax est envoyé dans un village isolé du bout de l’Angleterre pour célébrer les funérailles d’un prêtre décédé brutalement. D’abord saisi par l’accueil glacial des habitants, Fairfax est bientôt effrayé lorsqu’il découvre dans la chambre du défunt toute une collection de livres et d’artéfacts anciens, témoins d’un temps préapocalyptique. Des objets qui auraient dû conduire l’homme de Dieu au bûcher. N’y a-t-il pire péché que celui de la connaissance ? Alors qu’il enquête sur ce prêtre hérétique, Fairfax va s’approcher trop près d’une vérité tenue secrète depuis des siècles – le destin d’un monde englouti par le temps, une civilisation disparue que certains cherchent à raviver pour sortir du noir profond de la nuit…


Mon avis :

J'avais lu en 2010 le fameux Fatherland de l'auteur qui m'avait totalement déstabilisée et j'avais envie de renouveler avec cet auteur. Quoi de mieux que de se pencher sur son dernier né qui m'a, là encore, ébranlée.

Je n'avais pas relu la 4ème et je m'attendais à entrer dans un thriller historique dans lequel il faudrait résoudre un meurtre. Alors oui, meurtre il y a mais la période n'est pas du tout celle à laquelle je m'attendais et ce fut ma première surprise. Il s'agit ici d'un thriller post-apocalyptique mais je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher votre moment de lecture.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés du Père Christopher Fairfax, âgé de 24 ans, qui devra célébrer les funérailles du curé d'un village reculé. En fait, si Christopher pensait ne faire qu'un simple aller retour, il va se retrouver dans une histoire à laquelle il ne pourra pas échapper, la curiosité l'emportant sur tout le reste.

Le roman a une intrigue intéressante mais le rythme est plutôt lent et risque de déranger certains lecteurs qui auraient aimé une histoire plus punchy.

Il n'empêche que l'auteur va apporter des raisonnements sur un passé qui nous est propre et qui, irrémédiablement, va nous pousser à nous poser beaucoup de questions.

J'ai beaucoup aimé son point de vue et voir ce que les personnages de ce roman vont en déduire.

Par contre, j'ai été un peu déçue par la fin parce que je m'attendais à avoir certaines réponses qui ne seront pas. Mais, d'un autre côté, vu la tournure du roman, la fin donnée est logique. Tout est parfaitement orchestré et maîtrisé tant du point de vue de l'enquête que de la façon dont les personnages réagissent et agissent.

En bref, ce fut une belle découverte d'un auteur qui me surprend à chaque lecture. Si vous êtes un tantinet curieux, n'hésitez pas à le tenter.