lundi 18 octobre 2021

Des vies volées

 


Autrice : Susan Allott
Editions : Belfond (2021)
Collection : Belfond Noir
Nbre de pages : 330


Présentation de l'éditeur :

Intense et noir, un premier roman qui rouvre les plaies d'un chapitre sombre de l'histoire australienne récente : le rapt d'enfants aborigènes organisé par l'Etat. Une rafale d'émotions brutes pour ce texte remarquable, en lice pour le prestigieux Dagger Award de la littérature à suspense britannique.

1997, Londres. Isla Green, trente-cinq ans, reçoit un appel de son père, l'informant d'une étrange nouvelle : la police de Sydney vient de le déclarer suspect potentiel dans une affaire vieille de trente ans. Le sexagénaire aurait été le dernier à avoir vu vivante leur voisine, et amie, Maddie, disparue brutalement en 1967 et dont la mort vient d'être établie.

Secouée par cette enquête qui ravive des souvenirs douloureux, Isla se sent obligée de rentrer chez elle, en Australie, pour aider ses parents dans cette période compliquée. Mais revenir après dix ans d'absence n'est pas simple pour la jeune femme, elle-même fragilisée. Car pour comprendre ce qui est réellement arrivé à Maddie, cette adorable voisine qui la gardait petite, Isla va devoir affronter les fantômes de son passé, ceux de ses parents. Mais aussi percer le silence de cette petite communauté de la banlieue de Sydney qui a traité en bon voisin, pendant de longues années, un ravisseur d'enfants aborigènes...


Mon avis :

J'ai eu envie de découvrir ce roman dès que j'ai lu le 1er paragraphe de la quatrième de couverture. Une histoire sombre s'offrait à moi et j'étais très curieuse de voir et comprendre ce qu'il s'était passé en Australie avec ces enfants aborigènes enlevés à leur famille par la police australienne.

La double temporalité va nous permettre de suivre les évènements en 1967 alors que Isla aura 4 ans et ceux de 1997 lorsque son père lui demande de revenir chez elle, suite à une enquête dont il fait l'objet.

Honnêtement, j'ai préféré les chapitres se référant au passé d'Isla que ceux de 1997 où l'on suit cette fameuse enquête sur la disparition inquiétante de l'ancienne voisine.

On va en apprendre beaucoup sur les uns et les autres mais j'avoue que j'attendais surtout de vivre les évènements qui concernaient ces enfants autochtones enlevés.

J'ai été déçue de me rendre compte que l'accroche de la quatrième n'est qu'un prétexte pour tout autre chose et j'avoue que je n'ai pas apprécié ce livre à sa juste valeur.

Je n'ai accroché à aucun personnage, mis à part Isla enfant. Ils ont tous quelque chose à cacher et même si cela peut mettre une certaine tension, je n'ai pas ressenti cette "rafale d'émotions" ni l'intensité évoqués par l'éditeur.

Je suis restée plutôt extérieure à ce qu'il se passait parce que, au final, cela ne m'intéressait pas vraiment. Ce n'était pas le but que je recherchais dans cette lecture.

Du coup, ne vous attardez pas à cette accroche qui leurre finalement le lecteur parce que les passages où la police agit sont très minces par rapport au reste où deux familles se déchirent, s'émiettent au fil des chapitres.

Je sors déçue parce que ce n'est pas du tout ce que j'en attendais mais il faut admettre une chose c'est que Susan Allott a une écriture plaisante et fluide qui permet quand même d'aller au bout de son premier roman.

mardi 12 octobre 2021

Semiosis

 


Autrice : Sue Burke

Editions : Albin Michel Imaginaire (2019)

Nbre de pages : 434



Présentation de l'éditeur :
Ils sont cinquante – des femmes, des hommes de tous horizons. Ils ont définitivement quitté la Terre pour, au terme d’un voyage interstellaire de cent soixante ans, s’établir sur une planète extrasolaire, qu’ils ont baptisé Pax. Ils ont laissé derrière eux les guerres, la pollution, l’argent, pour se rapprocher de « la nature ». Tout recommencer. Retrouver un équilibre définitivement perdu sur Terre. Construire une Utopie.
Mais avant même de fonder leur colonie, des drames mettent à mal leur idéal. Avarie sur une capsule d’hibernation, accident d’une des navettes au moment de l’atterrissage. Du matériel irremplaçable est détruit. Les morts s’accumulent.
La nature est par essence hostile et dangereuse ; celle de Pax, mystérieuse, uniquement végétale, ne fait pas exception à la règle.
Pour survivre, les colons de Pax vont devoir affronter ce qu’ils ne comprennent pas et comprendre ce qu’ils affrontent.

Mon avis :

Voici mon 1er planet opéra lu grâce à l'éditeur que je remercie vivement pour sa proposition de lecture dans le cadre d'un ouvrage réellement adapté aux débutants en SF.

Ici, nous allons vivre la colonisation d'une planète très différente de la Terre par des personnages qui évolueront au fil de chaque chapitre.

C'est un peu ce qui m'a déroutée d'ailleurs. Nous n'aurons pas affaire aux mêmes personnages du début à la fin mais nous allons suivre les différentes générations et voir l'impact de leur colonisation et comment cette planète répond.

Je me suis laissée embarquée facilement dans cette narration plutôt fluide, même si les termes pharmacologiques/scientifiques m'ont un peu perdue parfois. Cependant, étant donné que l'on voit évoluer une faune et surtout une flore riche et intelligente, il est aisé de comprendre de quoi l'on parle.

J'ai aimé découvrir ce rapport hommes/plantes qui arrivent à communiquer et régler les difficultés que les uns et les autres vont rencontrer.

C'est un roman que j'ai pris mon temps à lire. J'ai d'ailleurs eu du mal à en sortir une fois terminé parce que j'avais pris l'habitude, chaque matin, de lire mes 50 pages et m'imprégner encore et encore de cette planète et de la façon dont les humains s'organisent pour l'apprivoiser.

Honnêtement, même si les chapitres sont très longs, l'ensemble se lit extrêmement bien. Je n'ai au aucune difficulté de compréhension majeure et j'ai adoré voir ces humains tenter de comprendre des lieux construits par une autre civilisation disparue... quoi que... et tout organiser avec cette faune et cette flore qui n'est pas sans risque pour eux. Après tout, la planète ne leur est pas connue; les livres n'existent quasiment pas; il n'y a pas de réseau informatique. Tout est à refaire avec un environnement qui peut, à tout moment, devenir hostile.

Si vous voulez vous lancer dans un genre SF sans vous prendre la tête, ce titre est parfaitement dosé et mené avec beaucoup d'intérêt pour nous ouvrir aux problèmes écologiques. Je le conseille à tous, adeptes ou non de science-fiction.

mercredi 6 octobre 2021

Les couleurs du destin

 


Autrice : Mireille Pluchard
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 666


Présentation de l'éditeur :

Cévennes, début XIXe. Petite fille, la douce Sixtine rêve souvent d’être une autre, elle qui ne connaît que les brimades d’un père rustre et cruel. Adolescente, elle trouve du réconfort dans les bras de Jean-Baptiste, le fils des propriétaires du domaine du Souleiadou. Mais il meurt à la guerre et Sixtine, enceinte, n’a d’autre choix que de fuir. Sous les couleurs de la Provence, la jeune fille s’invente un nouveau destin. Plus forte, Sixtine repense au Souleiadou : l’heure de la revanche a sonné…


Mon avis :

Voilà le nouveau Mireille Pluchard que je me suis délectée de découvrir. Sixtine est une petite fille à laquelle on va s'attacher plutôt rapidement et que l'on va suivre durant toute sa vie. On évoluera en même temps qu'elle. On vivra des moments difficiles et d'autres plus agréables aux côtés de personnages qui vont l'aider à se construire après un début de vie plus que compliqué.

Pour moi, les romans de Mireille Pluchard sont des romans doudous. J'aime cette plume fluide, agréable qui vous transporte dans un passé très bien retranscrit avec des personnages qui nous collent à la peau.

Si j'ai trouvé le début un plus long (il m'aura fallu attendre environ 100 pages pour être totalement dedans), je me suis laissée porter ensuite par cette histoire et ce personnage féminin qui m'a conquise tant par sa détermination que par sa douceur et ses faiblesses.

A ses côtés, nous la suivrons dans les Cévennes puis jusqu'en Provence, brûlant de chaud sous le soleil d'été ou frigorifié par ce mistral que l'on connaît tant dans le Sud.

J'ai adoré me retrouver sur les chemins qui mène de Nîmes à Beaucaire ou Tarascon. J'avais l'impression de retrouver un passé de cette région qui est la mienne et j'ai été conquise.

Le roman se déroule sur une période de 40 ans environ. Il y aura des hauts et des bas. On aura de la joie pour Sixtine, de la tristesse, de la colère.

C'est un roman qui apporte beaucoup d'émotions au lecteur et j'avoue que, même si ce n'est pas un coup de coeur, je me suis laissée porter comme je l'avais fait avec Le choix de Diane (mon avis) qui reste, pour moi, le meilleur roman de l'autrice.

Si vous aimez vous promenez au coeur des Cévennes. Si vous aimez le Sud et si voulez découvrir autant une manufacture de tissus provençal que le travail des champs et la culture des oignons doux, ce roman vous plaira très certainement.

Comme pour chacune de mes lectures, j'ai pris le temps de le lire. J'ai pris le temps de m'imprégner de chaque personnage, de chaque passage important de leur vie et j'en suis sortie triste de les quitter mais aussi apaiser.

Il y a beaucoup de doute, de douleurs, de tension au coeur de ce roman mais au travers de l'écriture de Mireille Pluchard tout est subtilement mené et on ne s'ennuie pas un seul instant.

mardi 28 septembre 2021

Duologie "ça"

 




Auteur : Stephen King
Editions : Le livre de poche (2013)
Nbre de pages : 799 (T1) - 638 (T2)



Présentation de l'éditeur (T1) :

Enfants, dans leur petite ville de Derry, Ben, Eddie, Richie et la petite bande du « Club des ratés », comme ils se désignaient, ont été confrontés à l’horreur absolue : ça, cette chose épouvantable, tapie dans les égouts et capable de déchiqueter vif un garçonnet de six ans…
Vingt-sept ans plus tard, l’appel de l’un d’entre eux les réunit sur les lieux de leur enfance. Car l’horreur, de nouveau, se déchaîne, comme si elle devait de façon cyclique et régulière frapper la petite cité.
Entre le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’oubli des terreurs et leur insoutenable retour, l’auteur de Sac d’os nous convie à un fascinant voyage vers le Mal, avec une de ses œuvres les plus amples et les plus fortes.



Mon avis :

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu du Stephen King et cette duologie me titillait d'autant qu'un copain de collège (oui je sais ça remonte à loin...) avait adoré le fameux clown. Du coup, je me suis laissée tenter par cette LC organisée sur le groupe Unkingparmoisensemble.

On le sait : Stephen King ne sait pas faire court. Cette duologie est donc quasiment interminable et pourra sembler bien trop longue pour certains.

On va découvrir la ville de Derry, le club des ratés et l'horreur que vit cette ville depuis maintenant de bien trop longues années.

Ce qu'il faut savoir c'est que, dans les deux tomes, nous avons des alternances de temps, entre le moment où les membres du club des ratés ont 11 ans et celui où ils sont devenus adultes et reviennent sur les lieux, 27 ans plus tard...

J'avoue que si dans le 1er tome cette alternance ne m'a pas gênée car elle apporte beaucoup dans la compréhension de ce qu'il se passe, j'ai été lassée dans le tome 2 de constater que cette alternance persistait et qu'elle créait, à mon sens, des longueurs/lenteurs, mais que le fameux clown n'était pas si présent que ça.

Mais ça, c'était avant d'arriver à la 2ème moitié du tome 2.

Du coup, il vous faudra beaucoup de patience avant que l'action arrive enfin... J'ai été tentée par un abandon mais je voulais savoir comment ces enfants/adultes s'y étaient pris pour régler le compte à Grippe-Sou.

Heureusement que la 2ème moitié du tome 2 est donc plus addictif. MAIS j'ai été déçue, en colère, entrant dans une totale incompréhension de deux scènes dans ce même tome que je n'ai toujours pas digérées aujourd'hui.

Je dirai même qu'à l'heure où j'écris ces mots, si les associations de droit de l'enfant mettaient leur nez là-dedans, ils censureraient sûrement ce passage !!

On peut dire que Stephen King est un maître dans l'art de mettre des thématiques fortes dans ces textes et j'adhère totalement la plupart du temps mais là c'est clairement NON ! D'autant que ça n'apporte absolument rien à l'intrigue.

Si je ne regrette pas d'avoir découvert ce dyptique, je reste très en retrait sur ces scènes qui mettent à mal les personnages et le lectorat et qui n'apportent rien.

Cela ne m'empêchera pas de continuer à découvrir les autres titres de l'auteur voire même d'en relire certains (Shining, Le fléau) mais autant dire les choses lorsqu'elles choquent. Ce sera à vous de voir si vous voulez le tenter ou non.

mercredi 22 septembre 2021

La troisième griffe de Dieu

 



Auteur : Adam-Troy Castro
Editions : Albin Michel (2020)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 488





Présentation de l'éditeur :

En choisissant ses nouveaux maîtres, Andrea Cort a été bien récompensée?: elle est devenue Procureure extraordinaire pour le Corps diplomatique de la Confédération homsap. Enfin libérée de la plupart des liens hiérarchiques, elle n’a plus à rendre compte de ses déplacements.
Invitée par la famille Bettelhine – des marchands d’armes qui sont moralement complices de nombreux massacres et génocides –, elle se rend sur Xana. Andrea méprise les Bettelhines, mais la curiosité est plus forte : elle aimerait savoir ce qu’ils lui veulent.
A peine arrivée au port orbital, des assassins tentent de l’éliminer avec une arme extraterrestre vieille de 15000 ans : la troisième griffe de Dieu. Une arme aux effets effroyables. Piégée dans un ascenseur spatial, Andrea va devoir mener l’enquête la plus périlleuse de sa carrière.


Mon avis :

Lu en LC sur Instagram, il me tardait de retrouver Andrea Cort dans sa nouvelle enquête qui va se dérouler dans un endroit insolite puisque nous allons plonger dans un huis-clos au coeur d'un ascenseur spatial. Andrea, après avoir échappé une nouvelle fois à un attentat, va devoir trouver le coupable d'un nouveau meurtre qui s'est déroulé dans cet ascenseur peu de temps après l'embarquement des invités de la famille Bettelhine...

Je ne détaillerai rien de plus sur l'univers ou même la famille Bettelhine qu'il convient de découvrir par vous-même. La seule chose que vous pouvez savoir c'est que l'empire de la famille Bettelhine repose sur la fabrication et la vente d'armes diverses à toute population qui le souhaite...

Avec la tentative d'assassinat contre Andrea dès le début du roman, le ton est donné. Andrea n'aura aucun échappatoire encore une fois. Elle va devoir régler cette enquête le plus vite possible. Bon nombre de vies sont en jeu, en plus de la sienne.

Ce qui marque, dès le départ, c'est l'évolution d'Andrea. Elle est désormais "Procureur extraordinaire pour le Corps Diplomatique" est à cet effet c'est elle qui choisit désormais ses missions. Mais elle évolue aussi dans ses relations avec les autres et c'est juste hallucinant à lire. Bien sûr Oscin et Skye y sont pour beaucoup mais Andrea a fait un énorme travail sur elle et rien que pour ça, cela vaut le coup de la lecture.

Vient ensuite l'enquête ou plutôt ces interrogatoires qu'elle va devoir organiser et mener au sein même d'un appareil malmené.

La tension est à son comble; le risque de voir un nouveau meurtre perpétré est au maximum. Il faut aller vite pour différentes raisons...

De fortes thématiques sont abordées et si on devait me demander quel tome j'ai préféré entre le 1 et le 2, je ne vous répondrai pas. Tout simplement parce qu'ils sont différents l'un de l'autre dans la façon d'aborder les choses, de voir évoluer le personnage principal mais tous deux sont très intéressants.

Je dirai juste que le fait d'être dans un huis-clos rend la lecture plus lente car moins d'action dans la majorité du roman. Mais ce "manque" se corrige voire même s'efface parfaitement avec tout ce que l'auteur nous propose de manigances, d'Histoires aussi des différents peuples que nous rencontrons.

En bref, c'est encore un ouvrage de SF qui se lit extrêmement bien, même si vous n'êtes pas habitué à lire ce genre et je tiens vraiment à insister dessus. Je dirai même que le tome 2 est un peu plus abordable puisqu'il n'y est pas question de technologies. On est vraiment dans un thriller plus classique sur fond de SF.

Encore une fois, je le recommande vivement et j'espère avoir l'occasion de continuer à lire les romans de Adam-Troy Castro sans avoir à passer à la VO qui serait beaucoup plus compliqué à lire...

jeudi 16 septembre 2021

Le mal dans la peau

 



Autrice : Mia Sheridan
Editions : Hugo Roman (2021)
Collection : New Romance
Nbre de pages : 452

 RENTREE LITTERAIRE 2021 


Présentation de l'éditeur :

Trouvera-t-elle un jour la paix ? Le cauchemar de Josie Stratton remonte à neuf ans. Alors qu'elle n'était qu'une toute jeune femme, elle a été enlevée, retenue prisonnière et torturée durant dix interminables mois avant de parvenir à s'échapper de l'enfer.

Aujourd'hui, elle essaie de se reconstruire, un pas après l'autre. Mais alors qu'elle pensait que son bourreau s'était suicidé, de nouvelles victimes apparaissent. Des jeunes femmes séquestrées et torturées qui, elles, n'ont pas eu la chance de survivre.

Josie est prête à tout pour aider l'inspecteur Zach Copeland dans son enquête. Car elle veut participer à l'arrestation du meurtrier, bien sûr, mais aussi parce que l'incroyable Zach est le premier, après toutes ces années, qui parvient à l'approcher, à l'émouvoir... et à faire renaître en elle le désir, ce trésor qu'elle pensait perdu à tout jamais. Elle lui est infiniment reconnaissante pour ce cadeau inattendu, même si elle sait bien, tout au fond d'elle, qu'elle est trop brisée pour aimer à nouveau.


Mon avis :

Lire un Mia Sheridan, ça ne se refuse pas. J'ai eu l'occasion de découvrir son dernier roman en avant-première et j'en suis sortie émue et plus que ravie. Je remercie d'ailleurs Marie des Editions Hugo pour m'avoir fait ce superbe cadeau.

En règle générale, les romans de Mia Sheridan restent des contemporains dans lesquels on découvre des personnages qui ont/ont eu une vie bousculée par divers évènements et se reconstruisent.

Ici ce sera bien sûr le cas MAIS la nouveauté dans ce titre réside dans le côté policier que l'autrice a décidé de tenter. Et non de non ce que ça lui va bien.

On va suivre, dans le prologue, Josie qui est étudiante et va être enlevée, séquestrée durant un an et violée durant tout ce temps. Puis on la retrouvera neuf ans plus tard. Elle a repris sa vie en main tant bien que mal mais de nouvelles victimes vont l'entraîner dans son passé et c'est aux côtés de Zach Copeland, inspecteur à Cincinnati, qu'elle va devoir affronter tout ce qu'elle a vécu pour résoudre cette enquête.

Force est de constater que Mia Sheridan est une magicienne de l'écriture. Ici, elle démontre à la perfection qu'elle est tout autant capable d'écrire un roman policier que n'importe quel auteur de ce genre. Il est prenant, bien ficelé, émotionnellement fort et les personnages sont très bien travaillés.

On est vraiment loin du cliché des romans new romance gnan-gnan avec le mec hyper beau, barraqué... et la nana hyper sexy et bien roulée qui fait tourner la tête des mecs.

L'histoire de Josie est dure, implacable et marquera bien sûr les mamans que nous sommes.

Mia Sheridan ne nous épargnera en rien. Nous suivrons l'enquête avec des chapitres au présent mais nous vivrons aussi l'enfer aux côtés de Josie durant sa séquestration.

Je suis restée en apnée sur certains passages, me demandant comment elle allait s'en sortir. Et puis LE passage le plus dur, le plus bouleversant que je ne dévoilerai pas mais qui m'a mis les larmes aux yeux, m'a coupé le souffle et ô combien mon coeur de maman a eu mal.

Les personnages sont vrais. Ils ne sont pas caricaturés. Ils sont comme vous et moi : simples et sans fioritures. Cette histoire pourrait être celle de n'importe quelle victime et c'est ce qui est le plus saisissant.

A aucun moment, je ne me suis dit que l'autrice en faisait trop. Tout était très bien calculé et mené.

De plus, avec Mia Sheridan, il n'y a pas de scènes explicites comme vous en trouverez ailleurs. Dans chaque roman qu'elle écrit, tout est très bien dosé. Le sexe sert l'histoire des personnages. Il coule de source. Ici ce sera encore le cas et il n'y aura aucun abus. D'ailleurs, il n'y aura qu'une seule scène qui se passe assez vite.

L'essentiel, pour Mia Sheridan, n'est pas dans ces scènes mais bien dans ses personnages et ce qu'ils vivent au fil des chapitres.

Pour moi, c'est l'autrice par excellence dans la new romance. Je ne suis jamais déçue par ses romans et c'est toujours un vrai plaisir que lire ses livres.

Du coup, je ne peux que vous incitez à découvrir ce livre là qui sort des sentiers battus la concernant.

Certes, Leo, Archer's voice, L'honneur de Preston sont bons et valent le détour. Mais à mes yeux Le mal dans la peau entre, comme Calder et Eden, dans le must que peut écrire Mia Sheridan. Une fois que vous y êtes dedans, vous ne pouvez plus en sortir mais surtout une fois fermé les personnages restent en vous comme un tatouage sur votre peau. Ils nous parlent; ils nous touchent. Impossible de les oublier.

lundi 13 septembre 2021

Des cendres sur nos coeurs

 


Autrice : Annie Degroote
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : terres de France
Nbre de pages : 505


Présentation de l'éditeur :

Flandres, Pays-Bas espagnols, 1563.
Comme il a belle allure, Loup Daredeville, sur son cheval ! Il ignore encore les bouleversements qui l'attendent. Le brillant étudiant de l'école latine d'Armentières est un coeur pur, proche des humbles. Il entre dans l'intimité des grands d'Espagne, en secourant l'épouse du comte d'Egmont, gouverneur de Flandre et d'Artois. Dans les campagnes, les prêches calvinistes séduisent, loin des messes en latin et des indulgences. La foi catholique de Loup est ébranlée par le courage de ceux qui défient l'Inquisition, telles sa soeur ou Ysabel, filleule d'un célèbre imprimeur anversois. Et en ces jours de plus en plus tourmentés, Loup a une promesse à accomplir : réunir les siens qu'un secret a divisés depuis trop d'années...
Une magnifique fresque historique, avec, en lumière, la liberté qui souffla sur ces terres du Nord au xvie siècle.


Mon avis :

J'avais lu, l'année dernière, La kermesse du diable qui m'avait fait passer un très bon moment de lecture et comme j'avais envie de découvrir le dernier roman de l'autrice et un contexte historique important, je me suis laissée tenter par ce titre là.

Si globalement j'ai passé encore un bon moment de détente aux côtés des personnages que nous découvrons et plus précisément Loup qui a 14 ans au début du roman, je dois bien avouer quand même que le nombre de personnages m'a perdue bon nombre de fois.

Ici, nous allons vivre des moments difficiles entre catholiques et protestants. C'est un sujet que je ne maîtrise pas et la complexité politique de l'époque avec tout ce qui entre en ligne de compte avec tout ce monde qui complote ou s'entretue n'est pas du tout évident.

Si la thématique m'intéressait beaucoup, j'ai regretté que l'autrice ne prenne pas plus son temps pour placer les personnages et les intrigues qui se forgeaient. J'avais besoin de temps pour assimiler ce qu'il arrivait, ce que cela entraînait aussi et malheureusement ce temps, je ne l'ai pas eu.

Annie Degroote explique tout. Détaille pas mal de choses mais justement cette énumération est trop importante et le cumul m'a essoufflée à un moment donné.

Mais j'étais attachée à Loup et son histoire me plaisait beaucoup.

Il va faire des rencontres qui va bouleverser sa vie ainsi que celle de sa famille et j'avais très envie de savoir comment cela allait se terminer pour lui.

Dans l'ensemble, le roman est plaisant à lire avec une écriture simple et fluide. J'ai passé, comme je vous l'ai dit, un bon moment de lecture mais j'aurais aimé que l'on se pose davantage pour me permettre de mieux intégrer tout le contexte, les personnages (dont je ne connaissais pas certains), les tenants et les aboutissants.

Du coup, je sors un peu déçue même si je continuerai à lire l'autrice pour des heures de lecture détente qui font du bien.