dimanche 26 décembre 2021

Un jardin de mensonges

 


Auteure : Susan Fletcher
Editions : Presses de la Cité (Novembre 2021)
Nbre de pages : 432 (format papier)





Présentation de l'éditeur :

Certains fantômes hantent les demeures, d'autres les cœurs...

Londres, 1914. Atteinte de la maladie des os de verre, Clara vit recluse depuis toujours, choyée par une mère qui lui raconte le monde. À sa mort, la jeune femme prend son destin en main et s'initie clandestinement à la botanique.
Elle est bientôt engagée par Mr Fox pour créer sur son domaine une serre de plantes exotiques. Mais, à peine arrivée à Shadowbrook, elle ressent un étrange malaise. Le mystérieux maître des lieux brille par son absence, la gouvernante est terrifiée, et une présence semble hanter les couloirs de la demeure, où les fleurs fanent en quelques heures...

Avec son étrange héroïne à la peau diaphane, Un jardin de mensonges est un brillant hommage aux grands romans gothiques. C'est aussi le récit de l'émancipation d'une femme qui tente de reprendre possession de sa vie et de son corps, servi par une plume aussi vénéneuse que sensuelle...


Mon avis :

J'avais lu en 2019, Un bûcher sous la neige de la même auteure et si j'avais beaucoup aimé sa façon d'écrire, j'étais restée plutôt extérieure à l'histoire, même si globalement elle était intéressante. Mais je ne voulais pas rester sur une note plutôt négative avec Susan Fletcher et c'est avec envie et un peu de crainte que je me suis lancée dans son dernier roman.

J'ai découvert Clara, une jeune fille de 20 ans, atteinte de la maladie des os de verre et qui, au décès de sa mère, va décider de prendre sa vie en main. Elle sera engagée par un certain M. Fox afin d'organiser une serre sur son domaine. Mais cela ne sera pas sans ressentir le malaise des habitants et d'une sorte de hantise au sein de l'habitation : les fleurs se fanent trop rapidement; des bruits de pas se font entendre la nuit à la même heure... Clara va décider de mener son enquête car elle ne croit absolument pas aux fantômes...

Je suis partie avec l'idée que l'on resterait dans un roman fantastique ce qui me changeait littéralement du précédent roman que j'avais lu de cette auteure. Sachez que ce ne sera pas le cas et qu'il vous faudra accepter des conclusions plus terre à terre.

Mais le roman est quand même bien construit et même si j'ai ressenti une pointe de déception parce qu'on quittait le surnaturel passé la moitié du roman, il n'en demeure pas moins que j'étais curieuse de connaître la fin de l'histoire tant sur le passé de la mère de Clara que celle de ce M. Fox qui se montre si peu et reste très mystérieux.

On découvrira aussi l'histoire des propriétaires précédents : les Pettigrew.

Ce nom me parlait puisque j'avais noté un titre avec ce patronyme et j'étais encore plus curieuse de voir ce qu'il allait en sortir.

Je ne vous dirai rien de ce que Susan Fletcher a fait dans son roman mais j'ai été happée par l'ensemble du roman et ce qu'elle décide d'organiser pour les uns et les autres.

C'est sombre. C'est affligeant mais je n'ai jamais oublié à quelle période nous étions : 1914, à l'aube de la 1ère Guerre Mondiale.

Clara est une jeune femme qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui va chercher la vérité quoi que cela puisse lui coûter. On lui donnera tout un tas de surnoms dont elle accusera le coup mais qui ne fera pas vaciller sa détermination.

Même si les révélations n'étaient pas celles que je souhaitais, j'ai trouvé la toute fin très touchante et Clara restera un personnage qui m'aura marquée.

J'ai dégusté ce roman de bout en bout et j'en suis venue à regretter qu'il soit déjà fini. J'ai adoré la façon d'écrire de Susan Fletcher et grâce à ce titre je sais que je la lirai encore avec beaucoup d'intérêt.


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lundi 20 décembre 2021

Les maîtres enlumineurs (T1 &T2)



Auteur : Robert Jackson Bennett
Editions : Albin Michel (2021)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 630 - 614


Présentation de l'éditeur (1er tome) :

Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.


Mon avis :

En cette fin d'année, j'avais envie de retrouver l'univers de la fantasy avec un côté steampunk que j'adore. On m'a conseillé cette série d'un auteur que je ne connaissais pas et j'ai été emportée comme jamais dans une histoire incroyable avec des personnages que j'ai hâte de retrouver.

La magie, dans cette saga, s'opère grâce aux enluminures qui donnent des pouvoirs aux objets que l'on n'attend pas. On va suivre plusieurs personnages issus de milieux très différents qui auront une cause commune à un moment donné.

Si au départ, je ne voyais pas trop ce que l'auteur allait faire avec ses personnages, petit à petit je me suis laissée porter par ce qu'il se passait, notamment avec Sancia, une jeune voleuse qui va mettre la main sur un objet qui va littéralement changer sa vie et celle de ceux qui l'accompagneront.

Je ne cite pas de noms pour vous inciter vraiment à découvrir chacun de ces personnages que j'ai appris à connaître au fil de ma lecture.

Si le 1er tome est très prenant et intéressant par toute la mise en place et une fin qui pousse à ouvrir rapidement le tome 2, c'est avec ce dernier que j'ai eu un fulgurant coup de coeur.

Il y a tout dans cette saga pour vous apporter émotions, palpitations, angoisse, gaieté et tutti quanti.

On vit l'histoire véritablement à travers ces êtres qui prennent des décisions en pensant vouloir faire le bien mais serait-ce le cas si jamais cela arrivait... ?

J'ai eu bien des surprises avec les uns et les autres, pensant que certains étaient du bon côté et d'autres pas alors que finalement je me trompais.

L'auteur joue avec nous et ses personnages. C'est extrêmement bien fait, bien construit avec cette enluminure omniprésente. Le jeu de pouvoir des diverses maisons marchandes est machiavélique tout autant que celui que l'on pense être le méchant.

Tout est très bien orchestré avec une plume fluide, très abordable pour qui veut découvrir cette trilogie, hyper agréable avec des dialogues exquis où l'humour reste présent même en cas de gros coup dur. Cela permet de garder une certaine légèreté dans une ambiance qui s'assombrit au fil des pages.

Je me devais de vous faire un retour rapide après la fin de ma lecture du tome 2 parce que cet auteur est à découvrir tout comme cette série qui me trotte encore dans la tête alors que je l'ai finie samedi matin.

Les personnages font partie de moi. Ils me parlent encore. Ils m'appellent pour que je ne les oublie pas. Cela ne risque pas vu ce qu'ils m'ont fait vivre.

Le tome 3 est prévu pour juin 2022 en VO et ne sera disponible que début 2023 en France. Même si ce délai est super long parce que l'impatience est là, je suis ravie que les Editions Albin Michel traduise ce dernier tome et permette de découvrir la fin de la saga sans avoir à passer par la VO (qui serait, à mon avis, un peu ardue si je m'y collais).

Mais cela vous donne un délai suffisant pour découvrir enfin cet auteur qui mérite de l'être, tout comme le sont ses personnages que je ne suis pas prête d'oublier.

Alors, vous êtes paré pour vous l'offrir à Noël ou faire un joli cadeau à l'un de vos proches aimant ce genre de livre ? Ce serait une très belle aventure que vous lui offririez.



lundi 6 décembre 2021

American rust

 



Auteur : Philipp Meyer
Editions : Albin Michel (2021)
Nbre de pages : 483



Présentation de l'éditeur :

Buell, petite ville sidérurgique de Pennsylvanie, autrefois prospère, est aujourd'hui à l'agonie : les usines abandonnées et les villages fantômes ont remplacé les hauts-fourneaux. Les adolescents du coin essaient d'échapper à la désolation ambiante pour s'inventer un avenir... Avec l'aide de Billy, son meilleur ami, Isaac décide de s'enfuir en Californie. Mais très vite l'aventure tourne mal et les deux garçons se retrouvent avec le cadavre d'un vagabond sur les bras. L'espoir a parfois un arrière-goût de rouille...


Mon avis :

Je ne connaissais pas cet auteur qui a écrit Le fils, roman ayant d'excellents retours que je compte bien découvrir. Lorsque les Editions Albin Michel m'ont proposé de lire American rust, je n'ai pas réfléchi longtemps et j'ai accepté avec plaisir.

J'ai découvert un univers étouffant, prenant, vous faisant poser mille et une questions sur la Société d'aujourd'hui, sur ce que nous serions capables de faire par amitié ou amour.

L'ouvrage de Philipp Meyer est tout simplement exceptionnel par les personnages dépeints et l'histoire qui nous est contée par l'auteur.

J'ai été emportée dans cette Amérique en crise où deux jeunes de 20 ans, Isaac et Billy, vont vivre des moments juste hallucinants.

Une simple "erreur" et la vie bascule.

C'est indéniablement beau et absolument impensable d'en arriver à de telles extrémités mais Philipp Meyer mène tambour battant cette ronde entre ces deux jeunes hommes de façon magnifique.

On est entre la culpabilité, l'envie d'en découdre mais aussi cette loyauté qui va primer jusqu'au bout. On vit des moments durs mais aussi des moments poignants.

American rust est un roman d'aujourd'hui avec des personnages forts. Déjà sorti en 2010 sous le titre Un arrière-goût de rouille, cette nouvelle traduction est excellente. Je me suis laissée porter tout au long de ces presque 500 pages sans ressentir d'ennui car, au contraire, j'ai eu du mal à quitter Isaac et Billy. Et aujourd'hui encore, plus d'une semaine après avoir fermé ce roman, ils me parlent, me rappellent ces moments avec eux. Isaac et Billy font partie des inoubliables.

mercredi 24 novembre 2021

Le second sommeil

 


Auteur : Robert Harris
Editions : Belfond Noir (2021)
Nbre de pages : 361


Présentation de l'éditeur :

1468. Le père Christopher Fairfax est envoyé dans un village isolé du bout de l’Angleterre pour célébrer les funérailles d’un prêtre décédé brutalement. D’abord saisi par l’accueil glacial des habitants, Fairfax est bientôt effrayé lorsqu’il découvre dans la chambre du défunt toute une collection de livres et d’artéfacts anciens, témoins d’un temps préapocalyptique. Des objets qui auraient dû conduire l’homme de Dieu au bûcher. N’y a-t-il pire péché que celui de la connaissance ? Alors qu’il enquête sur ce prêtre hérétique, Fairfax va s’approcher trop près d’une vérité tenue secrète depuis des siècles – le destin d’un monde englouti par le temps, une civilisation disparue que certains cherchent à raviver pour sortir du noir profond de la nuit…


Mon avis :

J'avais lu en 2010 le fameux Fatherland de l'auteur qui m'avait totalement déstabilisée et j'avais envie de renouveler avec cet auteur. Quoi de mieux que de se pencher sur son dernier né qui m'a, là encore, ébranlée.

Je n'avais pas relu la 4ème et je m'attendais à entrer dans un thriller historique dans lequel il faudrait résoudre un meurtre. Alors oui, meurtre il y a mais la période n'est pas du tout celle à laquelle je m'attendais et ce fut ma première surprise. Il s'agit ici d'un thriller post-apocalyptique mais je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher votre moment de lecture.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés du Père Christopher Fairfax, âgé de 24 ans, qui devra célébrer les funérailles du curé d'un village reculé. En fait, si Christopher pensait ne faire qu'un simple aller retour, il va se retrouver dans une histoire à laquelle il ne pourra pas échapper, la curiosité l'emportant sur tout le reste.

Le roman a une intrigue intéressante mais le rythme est plutôt lent et risque de déranger certains lecteurs qui auraient aimé une histoire plus punchy.

Il n'empêche que l'auteur va apporter des raisonnements sur un passé qui nous est propre et qui, irrémédiablement, va nous pousser à nous poser beaucoup de questions.

J'ai beaucoup aimé son point de vue et voir ce que les personnages de ce roman vont en déduire.

Par contre, j'ai été un peu déçue par la fin parce que je m'attendais à avoir certaines réponses qui ne seront pas. Mais, d'un autre côté, vu la tournure du roman, la fin donnée est logique. Tout est parfaitement orchestré et maîtrisé tant du point de vue de l'enquête que de la façon dont les personnages réagissent et agissent.

En bref, ce fut une belle découverte d'un auteur qui me surprend à chaque lecture. Si vous êtes un tantinet curieux, n'hésitez pas à le tenter.

dimanche 14 novembre 2021

Crosroads : La dernière chanson de Robert Johnson

 


Auteur : Hervé Gagnon
Editions : Hugo Roman (2021)
Nbre de pages : 530


Présentation de l'éditeur :

Lorsque l'historien Donald Kane et l'anthropologue Virginia Craft reçoivent la lettre d'une veille dame qui leur offre de venir récupérer les objets ayant appartenu au grand bluesman Robert Johnson, ils n'hésitent pas une seconde. L'histoire du blues pourrait être réécrite ! Mais le contenu de la boîte en fer-blanc les entraîne plutôt dans une spirale infernale aux allures de voyage initiatique. Tandis que le duo de chercheurs suit la piste escarpée que leur indique la mythique trentième chanson de Johnson, recherchée depuis sa mort en 1938, les évènements sordides et les phénomènes inexplicables se multiplient, le surnaturel se trouvant toujours derrière le décor...

Un récit qui se déroule dans l'atmosphère poisseuse du Delta du Mississippi, baigné dans l'ambiance mystérieuse du hoodoo et des vapeurs du bourbon, où le blues résonne à chaque carrefour. On entend le roman autant qu'on le lit.



Mon avis :

J'ai l'habitude de lire Hervé Gagnon dans ses romans historiques que j'adore particulièrement. Lorsque j'ai reçu son dernier roman sans être prévenue, j'ai sauté de joie et j'avais hâte de le découvrir. D'ailleurs, je m'y suis lancée de suite dedans et je l'ai dégusté/dévoré en quelques jours.

La première chose qui m'a changé avec Crossroads c'est la temporalité. Nous sommes ici dans une période contemporaine avec un prologue qui se déroule en 1930 puis la narration passe en juillet 2021. Autant dire que c'était hier...

Robert Johnson
Les personnages, Donald Kane et Virginia Craft, vont se retrouver dans une situation très étonnante puisqu'ils vont se voir remettre par une vieille dame en fin de vie, une boîte en fer qui contient des effets personnels de Robert Johnson, un grand bluesman décédé avant ses 30 ans.

Hervé Gagnon va nous lancer dans une aventure folle et incroyablement prenante.

Parsemé de chansons de blues, nous suivrons Kane et Craft dans une enquête au-delà de la raison et du pragmatisme. Il faut être ouvert d'esprit et croire en certaines choses pour apprécier à sa juste valeur ce que nous allons découvrir.

Le blues est fortement lié à certains mythes et Hervé Gagnon joue magnifiquement avec.


L'intrigue et les personnages sont tellement bien menés et malmenés que l'on a du mal à lâcher le roman.

Nous entendons les chansons; nous avançons avec Donald au coeur de Memphis, sous une chaleur harassante; nous stressons de ce qu'il découvre, lui l'historien, le terre à terre qui ne croit pas en certaines choses. Et pourtant...

Bien que pragmatique comme Donald, j'avoue que je me suis laissée berner par l'auteur parce que je crois en certaines choses. La magie noire en fait partie. L'histoire de Robert Johnson m'était inconnue mais Hervé Gagnon la rend tellement surnaturelle bien que réelle que ça en est flippant.

Que peut-on dire de Virginia qui accompagne Donald et qui a toujours vécu dans le Delta, au coeur de ces mythes et d'une grand-mère qui pratique le hoodoo.

J'ai tout simplement adoré ce que j'ai lu. J'ai voulu y aller doucement pour déguster chaque page, chaque chanson, chaque découverte et pourtant je l'ai terminé beaucoup trop vite à mon goût.

J'aurais aimé que le livre contenue encore et encore pour rester avec Donald et Virginia au coeur de cette ville de Memphis où les plus grands bluesmen se sont rencontrés.

Je ne peux que vous pousser à découvrir à votre tour ce roman sur un grand artiste de son époque qu'était Robert Johnson et dépeint avec tellement de fascination par Hervé Gagnon que vous le serez également au fil des chapitres.

jeudi 11 novembre 2021

Capitale du Nord : Citadins de demain (T1)

 



Autrice : Claire Duvivier
Editions : Aux forges de vulcain (2021)
Nbre de pages : 373


Présentation de l'éditeur :
Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.


Mon avis :

Ce premier tome fait partie d'une saga nommée "La tour de garde" dont la spécificité est qu'elle sera écrite par deux trilogies qui se liront en parallèle. Ici, Claire Duvivier nous fait vivre des évènements se déroulant dans la capitale du Nord, Dehaven alors que les évènements de la capitale du sud seront écrits par Guillaume Chamanadjian dont le tome 1 est paru en avril dernier.

Mais préoccupons nous de ce premier volet écrit d'une plume magnifique par Claire Duvivier.

D'emblée, je préfère vous prévenir que si vous cherchez un roman dans lequel l'action est présente dans toutes les pages avec de la magie à foison, vous sortirez déçu ou en tout cas il vous aura manqué ce que vous y aurez recherché.

Nous vivons cette histoire par la narration faite par Amalia Van Esqwill, jeune aristocrate dont les parents sont progressistes par l'éducation qu'ils ont donné à leur fille mais également à son meilleur ami, Hirion de Vautier. Nous allons apprendre à les connaître, tout comme la ville dans laquelle ils ont grandi, et voir que les choses vont évoluer d'une façon inattendue.
Ils seront accompagnés par Yonas, fils d'un éclusien et ami de toujours.

J'avoue que je ne m'attendais pas à accrocher aussi bien et aussi vite à ce premier volet qui met vraiment tout en place à un rythme plutôt tranquille.

Si certains considèreront que cette lenteur est trop longue à leur goût, je leur répondrai qu'elle est surtout utile pour tout bien comprendre de cette cité et de ce que découvre Hirion en récupérant des objets au cours d'une promenade sur un marché local.

Honnêtement, la surprise est de mise parce qu'on ne voit les choses se profiler qu'un fil des chapitres, sans se rendre vraiment compte de ce qu'elles vont entraîner par la suite.

D'ailleurs, la fin m'a totalement laissée béante parce que je ne m'y attendais pas du tout et cela donne tellement envie d'avoir la suite immédiatement que l'attente va être longue jusqu'à la parution du tome 2, dont je n'ai pas la date malheureusement.

Les personnages sont extrêmement bien rendus. Bien qu'aristocrates, Amalia et Hirion ont des idées plutôt progressistes et voient que les choses changent à Dehaven mais l'histoire ne se concentrera pas uniquement sur le côté social de cette ville. Le côté magique va arriver en milieu de roman et le lecteur se rendra compte de cette fabuleuse découverte en même temps que les personnages ce qui rendra la lecture tellement envoûtante que j'avais envie d'être à leurs côtés et voir les choses par moi-même.

Le seul menu reproche que je pourrai faire à ce livre est l'usage du passé simple qui, dans les dialogues, rend les échanges un peu lourds. Mais cela n'entache aucunement la fluidité de l'intrigue et l'intérêt que l'on va lui porter de bout en bout.

Tout est très bien orchestré; les surprises sont là et à aucun moment je n'ai vu les choses venir.

J'ai dégusté cette lecture plutôt que dévoré parce que j'étais tellement bien dans l'univers créé par Claire Duvivier. Je n'ai qu'une hâte lire la suite bien sûr mais découvrir également la Capitale du Sud car il y a un point commun qui se fait entre ces deux capitales. Je suis curieuse de voir ce que donne le tome 1 de Guillaume Chamanadjian et je compte bien le découvrir très rapidement.

lundi 8 novembre 2021

Le coeur des fileuses

 


Autrice : Aurélie Haderlé
Editions : Presses de la Cité (2021)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 437


Présentation de l'éditeur :

1910, au coeur des Cévennes. Eulalie devient, après le décès de son père, l'unique héritière d'une prospère filature de soie. Désormais patronne, elle découvre que son usine est un véritable bagne féminin. Révoltée par les conditions de travail de ses ouvrières, elle décide, malgré de nombreux détracteurs, de bouleverser l'ordre social.

Bientôt la guerre éclate et le pays se vide de ses hommes. Eulalie réalise alors son voeu le plus cher : transformer son entreprise en communauté de femmes fondée sur l'entraide et la solidarité. Des amitiés se nouent, des amours se tissent. Mais Eulalie saura-t-elle s'affranchir d'un mariage malheureux et affronter les fantômes du passé ?


Mon avis :

Autant les romans contemporains de la collection Terres de France ont du mal à m'accrocher, autant j'adore ceux dans le passé avec un historique régional qui m'emporte à chaque fois.

Pas de mauvaise surprise avec ce roman d'Aurélie Haderlé. Je ne connaissais pas l'autrice mais je me suis laissée emporter par l'histoire d'Eulalie et la voir avancer malgré des secrets cachés et sa condition de femme de début de XXème siècle.

Avec une plume délicate, agréable et fluide, j'ai beaucoup aimé la voir évoluer au coeur de l'usine familiale de ver à soie. C'était comme si j'y étais.

Eulalie est une enfant un peu craintive mais qui a du plomb dans la tête. Elle observe. Elle apprend en silence pour mieux, par la suite, répondre au mieux aux attentes des femmes qui la côtoieront.

Entre l'histoire familiale, celle de l'usine, les diverses relations amicales ou amoureuses, tout nous porte à rester dans ce roman aux mille facettes si bien orchestré.

Je ne me suis jamais ennuyée et j'y retournais avec envie et curiosité. J'ai aimé me balader au coeur des Cévennes mais aussi dans ma ville de Nîmes.

C'est un roman que je conseille pour s'évader mais aussi pour se rendre compte des conditions des femmes dans les filatures à cette époque. C'est extrêmement bien rendu et ce sera avec plaisir et intérêt que je lirai les prochains romans de cette jeune auteure.