lundi 26 mai 2014

A la claire rivière

Auteur : Katherine Webb
Editions : Belfond (2014)
Nbre de pages : 431

Présentation de l'éditeur :
Pour mieux oublier son divorce, Zach a décidé de reprendre un de ses vieux projets : écrire la biographie de Charles Aubrey, ce peintre qui le passionne et l'obsède, mort à la guerre en 1941. Direction la côte du Surrey, là même où Charles Aubrey avait passé trois étés avec sa compagne, Celeste, et leur deux filles, Delphine, 13 ans, et Elodie, 8 ans.
Sur place, Zach fait la connaissance de Dimity Hatcher, une vieille dame de 87 ans. A l'époque, celle que tout le monde appelait Mitzy avait été un des modèles préférés du peintre. De quelle nature était leur relation ? La vieille dame dit-elle toute la vérité quand elle déclare avoir été la muse d'Aubrey et son grand amour ? Que cache-t-elle ? Que s'est-il passé lors de ces trois étés ?
A force de remuer les souvenirs, Zach pourrait bien faire remonter à la surface de très douloureux secrets...

Mon avis :
 
A la claire rivière est le dernier titre paru de Katherine Webb. J'ai connu cet auteur grâce aux Editions Belfond et depuis son premier roman, L'héritage, j'ai la chance de pouvoir lire chaque nouvelle parution. Si avec L'héritage et Pressentiments (disponibles d'ailleurs en format poche aux Editions Pocket), j'avais senti que Katherine Webb était un auteur fait pour moi par les thèmes qu'elle aborde, je confirme ici qu'elle a une plume magnifique et un talent incontestable.
 
Avec A la claire rivière, vous allez entrer dans un roman plein de nostalgie et d'émotions. Alors même que Zach Gilchrist, divorcé depuis peu et perdant le contrôle de son existence, décide de partir quelques jours à Blacknowle pour récupérer des informations sur le peintre Charles Aubrey, dont il est un spécialiste, afin d'écrire un livre inédit, il va rencontrer là-bas une certaine Dimity Hatcher. D'abord fixé sur son prochain roman, au fur et à mesure de ce qu'il va découvrir à La Vigie, le cottage de Dimity, Zach va se rendre compte que la vie du peintre était, pour le moins, controversée. Le personnage de Dimity le subjugue et il n'a de cesse d'en vouloir toujours plus mais l'octogénaire est loin d'être prête à tout divulguer.
 
Dès le début, nous sentons que cette femme est très particulière. Un brin sorcière. Et le lecteur est mis de suite dans l'ambiance sombre de ce roman dans lequel les secrets et les non-dits sont légion.
 
L'arrivée inopinée de Zach va mettre cette petite bourgade en ébullition : ici, le passé ne se déterre pas si l'on n'est pas un autochtone.
 
Entre les recherches contemporaines de Zach et les réminiscences de Dimity, nous allons tout savoir de ce qui s'est passé à Blacknowle depuis que ce peintre de renom y a élu domicile chaque été.
 
Comme à son habitude, Katherine Webb plonge son lecteur dans une intrigue parfaitement menée et tellement bien écrite qu'il est difficile de lâcher ce roman. On détecte que quelque chose de tragique s'est passé mais sans savoir réellement quoi. Dimity ne lâche aucune information à Zach parce qu'elle est dans le déni mais aussi la peur.
 
Zach, de son côté, va comprendre qu'il lui faudra du temps, de la patience et trouver les mots justes pour que Dimity lui donne sa confiance.
 
Entre-temps, nous nous plongeons dans le passé de cette femme. Un passé troublé par une mère peu aimante, une recherche d'amour quel qu'il puisse être et de reconnaissance malgré ce que cela peut demander en retour.
 
Les personnages sont extrêmement bien dépeints. On apprend à les connaître petit à petit, qu'il s'agisse de Dimity, de Zach, de Charles Aubrey ou de sa famille qui va jouer un grand rôle dans l'existence de Dimity.
 
J'avais beaucoup aimé les ouvrages précédents de Katherine Webb mais, à mon sens, A la claire rivière est le roman le plus abouti parce que malgré la lenteur de la narration, on ne s'ennuie aucunement. Il est magnifique dans tout ce qu'il s'y passe, que ce soit dans le passé ou bien dans le présent avec les remords qui hantent cette octogénaire. On la sent si perturbée et en même temps peu encline à dire ce qui s'est réellement passé que le lecteur est aussi impatient que Zach de connaître la vérité.
 
Cette vérité finit par arriver bien sûr et même si, au fil des pages, on finit par savoir ce qu'il en est, il n'en demeure pas moins que lorsque Dimity le dit, la gorge se noue, les larmes montent. C'est poignant. Tant de vies gâchées...
 
Je n'en dirai pas plus. Je ne vous dévoilerai rien parce que A la claire rivière est un ouvrage qui se mérite et demande au lecteur de la patience. J'ai pris mon temps pour le découvrir et je ne regrette absolument pas mon choix. Le lire trop vite est impossible parce qu'il y a beaucoup de choses à comprendre, à s'imprégner.
 
En bref, si vous aimez les romans avec des secrets lourds à porter, qui malmènent les personnages; que vous aimez aussi les belles plumes qui demandent au lecteur de se poser vraiment pour être dégusté, lancez-vous dans ce roman. Katherine Webb est un auteur de talent dont chaque roman m'a emportée. A la claire rivière ne fait pas exception et je suis déjà prête à lire sa prochaine parution tant ces lectures me plaisent. C'est beau, c'est triste, ça prend aux tripes mais ça fait un bien fou de lire ce genre d'ouvrage.
 
Un grand merci aux Editions Belfond pour cette nouvelle découverte.
 


2 commentaires:

  1. Je ne me serai peut-être pas tournée vers ce roman, mais ton avis m'a convaincue ! L'ambiance poétique et l'écriture que tu dépeints, donnent vraiment envie de s'y plonger. Je suis moi-même dans un livre qui demande du temps, Les cèdres de Beau-Jardin de Belva Plain, qui demande également de ce poser, de déguster les mots.

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  2. Au premier abord, je ne me serai pas penchée sur ce roman mais ton avis m'intrigue!

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