lundi 3 juillet 2023

L'empire s'effondre (T2) : Toucher la peau du ciel

 


Auteur : Sébastien Coville

Editions : Anne Carrière (2022)

Nbre de pages : 493


Présentation de l'éditeur :

Le Triumvirat est le pouvoir nouvellement investi dans la capitale, mais la rébellion s’organise dans les provinces. Et partout, on s’interroge : jusqu’où ira la guerre ? Tandis que la pègre étend son emprise et que la Foi se révèle, le destin des femmes et des hommes de Seth est plus incertain que jamais. Rien n’échappe aux engrenages implacables du cercle-monde. Telle est la tragédie d’un État à l’agonie.
L’Empire s’effondre... Il est désormais en ruine. Quel monstre s’apprête à sortir de ses entrailles fumantes ? En ces temps de clair-obscur, les frontières s’effacent ; la raison et la justice, la victoire et la défaite, tout perd son sens. Rien n’est joué, les combats continuent. Et au milieu de ce chaos, tous veulent toucher la peau du ciel.


Mon avis :

J'avais lu en 2021 le premier tome de cette trilogie qui m'avait beaucoup plu. J'ai d'ailleurs relu ce tome avant de me plonger dans le tome 2 en début d'année.

J'ai retrouvé avec plaisir les personnages et notamment Alfred de Pergoal qui a vécu des moments bien compliqué dans le premier volet.

C'est l'un des personnages clés et il évolue encore ici, même si je m'attendais à ce que ce soit plus prononcé.

J'ai été estomaqué de constater que celui qui prend un grand tournant est celui qui est à la tête de cet Empire, Arsène de Virolles. Je me demande ce qu'il va devenir dans le tome 3. Le changement va-t-il se poursuivre ? Est-il encore plus rusé que ce que l'on aurait pu le croire ?

J'avoue que cette lecture a été encore une excellente découverte même si ce tome 2 reste un peu lent.

Mais attention, il n'a pas la malédiction des tomes de transition où il ne se passe pas grand'chose parce que l'auteur met ses pions en place pour le final.

Même si, effectivement, Sébastien Coville place les uns et les autres pour terminer sa trilogie, il n'en demeure pas moins que l'action est présente et franchement vous passeriez encore à côté d'une excellente série si vous ne vous laissiez pas tenter par celle-ci.

Tout est parfait, encore une fois : le rythme, l'évolution des personnages, l'écriture fluide et très agréable.

J'ai acheté le tome 3, Nulle âme ne désespère en vain, pour connaître le fin mot de toute cette intrigue et j'ai hâte de voir ce que Sébastien Coville nous réserve.

samedi 1 juillet 2023

Du roi je serai l'assassin

 




Auteur : Jean-Laurent Del Socorro
Editions : ActuSF (2021)
Nbre de pages : 350





Présentation de l'éditeur :

Espagne, Andalousie, XVI e siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique. Sinan est un enfant qui vit avec sa soeur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoi à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion... Mélangeant récit historique et fantasy, Jean-Laurent Del Socorro nous offre une nouvelle fois un grand roman, dans le sillage de Royaume de Vent et de colères avec l'un de ses personnages dans le rôle clef.


Mon avis :

Après la lecture de la novella Noir est le sceau de l'enfer, je n'ai pas traîné à enchaîner avec un roman de Jean-Laurent Del Socorro. Et j'ai cruellement bien fait.

J'ai adoré ma découverte d'un univers fantasy hyper agréable avec une écriture si fluide et facile à lire.

L'auteur va mélanger Histoire et fantasy et c'était génial. J'ai suivi avec beaucoup d'intérêt l'histoire qui est raconté par Sinan.

On suit son histoire dans l'Andalousie du 16eme siècle au moment où Charles Quint règne sur l'Espagne et souhaite que le catholicisme soit la religion principale...

Ne connaissant pas du tout l'Histoire espagnole, j'ai été conquise par ce que j'ai découvert, me donnant envie aussi de creuser davantage ce chapitre historique qui m'a marquée, touchée.

Les mulsumans de l'époque n'avait pas le choix : soit ils se convertissaient soit ils devaient s'exiler...

Sinan va évoluer tout au long de ce court roman que j'aurais aimé plus long tant le personnage avait de choses à vivre et de problèmes à résoudre.

Plongée dans ce roman chaque jour, j'avoue que je me suis fait violence pour ne pas le finir trop rapidement. Je voulais rester aux côtés de Sinan, fasciné par ce personnage qui se construit petit à petit.

On le suit de l'enfance jusqu'à l'âge adulte. On le voit progresser, choisir des voies qui lui sont plus dictées que volontaires mais qui vont forger cet homme d'une manière tellement touchante.

Le roman est scindé en plusieurs parties et la dernière a été, à mon goût, trop rapide. On nous vole des années en faisant un bon avant dans le temps et j'ai trouvé cela dommage. Mais cette déception vient juste du fait que j'étais tellement bien avec Sinan.

Jean-Laurent Del Socorro signe là un excellent roman que tout féru d'Histoire devrait lire. Etmême s'il y a un côté fantasy, cela ne gâche en rien le plaisir de lecture, bien au contraire.

jeudi 22 juin 2023

Cruels sont les rivages

 




Auteur : Eric Le Nabour
Editions : Presses de la Cité (2022)
Collection : Terres de France
Nbre de pages : 384



Présentation de l'éditeur :

Voilà trois ans que Laura Delgado a démissionné de la police parisienne après que son mari, Romain, également policier, a été tué en mission. Préoccupée par l'avenir de ses filles, Angèle et Victoire, elle s'est réfugiée en Bretagne où vit son père, ancien docker. Alors qu'elle pensait avoir retrouvé une certaine stabilité, Laura découvre un message suspect sur l'ordinateur de Victoire donnant rendez-vous à sa fille sur une plage de Quiberon. Affolée, elle s'y précipite. Elle y apprendra que les rivages, eux aussi, peuvent être cruels.
Pour en finir avec un lourd passé, Laura, redevenue, au grand dam de ses ex-collègues, le " lieutenant Delgado ", devra mettre sa vie et celle de sa famille en danger. Et tenter de résoudre ce mystère : qui était vraiment Romain ?

Un roman à suspense, une plongée en eaux troubles doublée d'un beau portrait de femme, courageuse et attachante.




Mon avis :

Après le meurtre de son mari lors d'une mission, Laura démissionne de la police et quitte Paris pour se réfugier en Bretagne avec ses 2 filles. Elle pensait vivre une existence apaisée et simple mais le passé va la rattraper et surtout découvrir que son mari n'était peut-être pas celui qu'elle pensait...

Je connaissais Éric Le Nabour pour avoir lu et adoré Les promesses de l'innocence.

Avec Cruels sont les rivages, j'ai plongé dans un polar qui ne révolutionnera pas le genre mais qui a suffisamment d'attraits pour garder son lecteur aux côtés de Laura.

Laura, forte et blessée à la fois. Laura, mère et flic malgré tout. Laura qui cherchera ses réponses quelques en soit les conséquences.

J'ai beaucoup aimé ce personnage que j'ai suivi avec beaucoup d'intérêt parce qu'elle est touchante par son histoire.

L'écriture est simple et très agréable. On passe un très bon moment et si vous ne connaissez pas cet auteur, je vous le recommande chaudement.

mardi 1 mars 2022

La faussaire

 



Autrice : Patricia Delahaie
Editions : Belfond (2022)
Nbre de pages : 365


Présentation de l'éditeur :

Elle était sa vie, son amour, sa Marylin. Il a exaucé tous ses vœux. Même le pire.

Avec ce premier roman enlevé et tragique inspiré d’une histoire vraie, Patricia Delahaie explore la « banlieue » du crime, ces zones d’ombre et de lumière qui conduisent un homme plutôt meilleur que les autres à revêtir, petit à petit, un costume d’assassin taillé à sa mesure.

La cinquantaine, père et mari aimant, Paul Ménard est un médecin dévoué, rassurant, autour de qui gravitent les habitants d’une bourgade beauceronne. Jusqu’à ce jour de printemps 1997 où son regard croise celui d’une femme éblouissante. Camille.

Peu après, la belle se rend au cabinet médical. Les visites se répètent, Paul succombe. Dîner aux chandelles, timbales de saumon. Camille sait vivre, Camille sait aimer.

Mais Camille est mariée. Un militaire toujours en mission. Un homme dur, indifférent, souvent violent. Paul veut la sauver. Il n’en dort plus, divorce, délaisse ses patients, enrage de sa lâcheté.

13 juillet 1998. La France est championne du monde. Et le docteur Paul Ménard prend une décision irréversible…


Mon avis :

Voilà un premier roman qu'il m'a bien plu de découvrir.

Un homme respectable qui tombe sous le charme puis l'influence d'une jeune femme, c'était intéressant comme thématique.

Et l'autrice a su très habilement jouer avec ses personnages.

On voit le jeu de Camille se dessiner progressivement; on voit Paul être pris dans un piège démoniaque. La véritable descente aux enfers.

Tout est bien mené; on ne s'ennuie pas et en même temps je trouvais que Paul était bien naïf, trop crédule. Il vit sa passion les yeux fermés. Il ne voit pas ce qui se profile. On est bien là dans la manipulation d'un être prêt à tout pour vivre son histoire d'Amour intensément.

Du coup, je suis sortie de cette lecture satisfaite de ce que j'avais découvert mais sans dire que l'ensemble soit vraiment excellent. Il y a des moments où je voyais ce qui se tramait.

Je ne pense pas que le but de l'autrice était de garder un suspense de fou jusqu'au bout mais plutôt de se rendre compte à quel point nous sommes vulnérables et ce que nous serions capables de faire par amour, par passion.

En cela, le roman est très bien orchestré et les personnages sont parfaitement dépeints.

En bref, c'est un roman noir qui se lit avec plaisir. On suit les personnages en s'interrogeant sur eux constamment et on est poussé à en vouloir toujours plus pour savoir.

C'est un bon page-turner à recommander.

samedi 12 février 2022

Ni vu ni connu

 




Auteur : Jeffrey Archer
Editions : Les Escales (2022)
Nbre de pages : 301 (format papier)


Présentation de l'éditeur :

William Warwick a été promu et intègre la brigade des stupéfiants. Ses membres ont pour objectif prioritaire d'appréhender Assem Rashidi, le fameux baron de la drogue du sud de Londres, connu sous le nom de La Vipère.
Alors que l'enquête progresse, William va devoir faire face à des adversaires redoutables tout droit revenus de son passé. Son ennemi juré, Miles Faulkner, est toujours libre, mais une erreur de jugement de sa part pourrait bien le voir partir en prison. William et sa fiancée Beth s'occupent des préparatifs de leur mariage sans se douter qu'une mauvaise surprise les attend à l'autel.
William devra ruser pour traduire en justice Miles Faulkner et Assem Rashidi en élaborant un stratagème qu'aucun des deux hommes ne pourra prévoir, un piège caché à la vue de tous ...


Mon avis :

J'ai lu, l'année dernière, A pile ou face du même auteur et je m'étais régalée. Jeffrey Archer est un romancier que j'aime beaucoup tant par sa plume que par les personnages qu'il nous présente.

Dans cette série, Ni vu ni connu est le 2ème volet et j'avoue que je n'ai pas ressenti de manque de ne pas avoir lu précédemment Qui ne tente rien.

J'ai découvert William Warwick qui a été promu, a rejoint la brigade des stupéfiants et sur le point de se marier. Il va devoir résoudre une grosse affaire de drogue.

Le schéma est assez classique mais sous la plume de Jeffrey Archer tout devient tellement intéressant et prenant, dans le style d'une bonne série télévisée, que l'on ne voit pas le temps passer.

William et ses collègues vont avoir du mal à trouver des indices pour arriver à leur fin; les gros bonnets ne se laissent pas faire; ils trouvent toujours un moyen de s'en sortir.

J'ai autant aimé le côté policier avec l'enquête que le procès auquel nous assisterons.

C'est le jeu du chat et de la souris et j'espère que les Editions Les Escales continueront à publier cette saga. Les 3ème et 4ème volets, Turn a blind eye et Over my dead body ont été publiés en VO en 2021. Croisons les doigts parce que la fin de cet opus donne tellement envie d'avoir la suite rapidement.

Même si certains éléments sont réglés ici, ce n'est pas le cas de tout et je suis désespérée de me dire que je vais devoir attendre pour avoir la suite (à moins de la lire en anglais...).

En bref, cette lecture a été prenante, pleine de détente et d'intérêt. J'y ai trouvé tout ce que dont j'avais besoin à ce moment là. Jeffrey Archer est un excellent auteur que je ne me lasse pas de découvrir.

  





samedi 5 février 2022

Bain de minuit à Buckingham

 




Autrice : S.J. Bennett
Editions : Presses de la Cité (2022)
Nbre de pages : 420 (format papier)




Présentation de l'éditeur :
L'année 2016, marquée par le référendum sur le Brexit, s'annonce difficile pour Elizabeth II : l'un de ses tableaux préférés, mystérieusement disparu de sa collection privée des années plus tôt, réapparaît dans une exposition. La reine confie à Rozie, sa secrétaire particulière adjointe, la mission de le récupérer, de préférence avec des explications. Pour couronner le tout, l'ambiance au palais de Buckingham est gangrenée par une vague de lettre anonymes.
Lorsque l'une de ses femmes de chambre est retrouvée morte, exsangue, au bord de la piscine, c'en est trop pour la souveraine, qui décide d'intervenir. Tremblez corbeaux, meurtriers, voleurs et autres pourfendeurs de la royauté : Sa Majesté mène l'enquête !


Mon avis :

J'ai découvert avec plaisir et beaucoup d'envie ce second opus de la saga Sa majesté mène l'enquête.

Ici, nous allons avoir affaire à un vol de tableau datant de 1986 mais également des lettres anonymes menaçantes sur quelques employés dont Rozie, la secrétaire particulière adjointe de la Reine Elisabeth II.

J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce deuxième volet même si j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs, comparé au premier tome.

Rozie et Sa Majesté sont toujours aussi efficaces et cachent bien leur jeu.

On voit aussi se dessiner le caractère de Rozie qui, malgré les menaces qu'elle reçoit, est bien décidée à aller au bout de son enquête.

Par contre, j'ai été plus intéressée par la recherche du tableau que par le responsable des lettres anonymes. On va découvrir une peintre du XVIème siècle, Artémisia Gentileschi, et sa vie, ses oeuvres, comment elle a pu être "acceptée" à l'époque. Tout cela m'a rendue bien curieuse et je lisais avec beaucoup d'intérêt tout ce qui la concernait.

D'ailleurs, en faisant des recherches et en voyant les tableaux qu'elle a pu peindre, c'est juste exceptionnellement beau et très impressionnant (en se plaçant bien sûr dans l'époque où elle vivait).

Forcément, les lettres anonymes passaient pour moi en second plan...

C'est un tome qui prend son temps mais qui permet d'apprendre l'époque caravagesque qui m'a bien plu et il n'y a aucun doute que je lirai le prochain opus sur sa majesté.

C'est une lecture vivante, prenante, bien orchestrée, sans prise de tête qui détend vraiment. On passe un bon moment et c'était exactement ce que je recherchais.




vendredi 28 janvier 2022

Revenir à Berlin

 


Auteur : Jonathan Lichtenstein
Editions : JC Lattès (Janvier 2022)
Nbre de pages : 336 (format papier)




Présentation de l'éditeur :

1939. Hans, le père de Jonathan Lichtenstein, arrive en Grande-Bretagne après avoir échappé à l’Allemagne nazie grâce au dernier convoi du Kindertransport. Presque tous les membres de sa famille étant morts durant l’Holocauste, il reste en Angleterre, où il tourne le dos à sa culture juive allemande. Toute sa vie, Jonathan peine à comprendre ce père taiseux, au comportement erratique.
À l’aube de ses quatre-vingts ans, Hans accepte d’affronter les démons de son passé. Le père et le fils entreprennent alors le voyage inverse jusqu’à Berlin et abordent les questions trop longtemps laissées en suspens.
Entre road trip, souvenirs d’enfance et secrets de famille, Revenir à Berlin offre une leçon de mémoire tout en explorant ces traumatismes qui se transmettent de génération en génération. Une oeuvre singulière, édifiante et poignante.


Mon avis :

Ce récit et non roman me tentait vu la thématique qui me tient toujours à coeur de lire pour ne pas oublier.

J'étais à la fois curieuse et anxieuse de lire un témoignage sur ces enfants ayant dus quitter famille et pays pour survivre seuls.

J'avoue que je suis restée très extérieure à ce qui m'était raconté. Il faut dire que les protagonistes n'ont pas de relation affective intense.

Hans Lichtenstein a vécu des moments horribles et s'est endurci pour survivre. On le ressent par la façon dont il élève ses enfants. C'est à travers la narration de Jonathan qu'on le découvre.

Je m'attendais à avoir un récit chronologique de ce que ce père avait enduré et je me suis honteusement trompée.

En fait, le livre part dans tous les sens côté temporel et je m'y suis perdue plusieurs fois.

Le moment qui m'a le plus touchée fut, bien sûr, celui où Hans revient à Berlin et fait le tour des quartiers qu'il connaissait et dont il gardait des souvenirs heureux. Excepté celui de la visite d'un camp, bien sûr. A ce moment, on retient sa respiration. On observe cet homme et son comportement. Et on serait sur le point de s'effondrer alors que lui reste d'un calme impressionnant. Il s'est forgé une carapace depuis tout ce temps...

J'ai bien compris que Jonathan cherchait à se rapprocher de ce père qui avait mis des limites dans son affection. Ce père dont il se faisait une fausse idée.

Le voir revenir dans son pays et sa ville a permis à Jonathan de se faire une autre idée de son père, de mieux le comprendre sans forcément accepter la façon dont il a réagi par la suite avec ses propres enfants. Une façon de se protéger. Une difficulté de s'extérioriser après l'horreur vécue.

Même si j'ai ressenti tout ce que Jonathan a vécu, a ressenti au long de son enfance qu'il nous détaille beaucoup et ce que cela a entraîné, je ne peux pas dire que ce livre m'aura touchée au plus profond. Je ne pense pas en garder un souvenir impérissable et cela me rend tellement triste vu l'histoire de Hans.




mercredi 26 janvier 2022

Changer l'eau des fleurs


 



Auteure : Valérie Perrin
Interprété par : Françoise Cadol
Editions : Audiolib (décembre 2021)
Editions papier : Albin Michel (2018)
Durée de lecture : 14h 43 min


Présentation de l'ouvrage :
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.
Après l’émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l’histoire intense d’une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l’ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d’humanité.


Mon avis :

Cela fait très très longtemps que j'entends parler de ce roman sans que j'ai réellement l'envie de franchir le pas pour le découvrir à mon tour. C'est grâce à Audiolib et Netgalley que c'est maintenant chose faite et quelle merveille !

Violette Toussaint est garde-cimetière et elle va, tout au long de ce livre, nous raconter ce qu'a été sa vie. Celle de son enfance, de son passage à l'âge adulte, de sa rencontre avec son mari, comment elle est devenue garde-barrière puis garde-cimetière et enfin la naissance de sa fille, Léonine.

Je crois que sans l'interprétation de Françoise Cadol, j'aurais trouvé ce roman touchant et intéressant à lire mais sans plus. La voix de Françoise Cadol donnant vie au personnage de Violette, notamment, m'a littéralement transportée dans cette histoire.

C'est un roman qui pourrait être basique puisqu'on suit une femme totalement banale et qui fait un métier que peu de gens envient.

Et pourtant, à travers elle, on va découvrir le beau, le touchant, le rigolo mais aussi des secrets, des tragédies.

Et c'est avec une voix qui vous emporte que Françoise Cadol a su merveilleusement m'accrocher à cette histoire.

L'histoire d'une vie qui pourrait être la mienne, la vôtre.

On aime Violette dès le départ. On rejette très vite son mari, Philippe.

Mais Valérie Perrin n'a pas dit son dernier mot.

Tout est très bien mené. Tout est très bien dosé. Tout est surprenant.

J'ai eu des moments d'euphorie, de franches rigolades avec Nono, l'un des fossoyeurs. J'ai terminé les larmes aux yeux.

Ce livre regorge de beaucoup d'émotions qui ne laissent pas insensible. Il est beau, triste, cruel mais aussi plein d'espoir. En bref, tout ce qui fait une vie.

Pour moi, Violette Toussaint vivra à travers la voix de son interprète, Françoise Cadol, qui l'a merveilleusement jouée et l'a rendue si vivante, si réelle. J'avais d'ailleurs l'envie de la rejoindre. Boire un thé avec Violette en échangeant quelques mots.

Si le roman en tant que tel est très beau à découvrir, je dirai que la version audio est l'une de mes plus belles découvertes. J'ai rarement des coups de coeur mais je dois bien avouer que Changer l'eau des fleurs sera le premier de l'année. Alors, merci à Valérie Perrin. Merci à Albin Michel. Merci à Audiolib et merci à Netgalley de m'avoir permis cette belle aventure.



vendredi 21 janvier 2022

Les temps ultramodernes

 

 

Auteur : Laurent Genefort
Editions : Albin Michel Imaginaire (2022)
Nbre de pages : 458



Présentation de l'éditeur :

En 1895, d'énormes gisements de cavorite, un métal capable d'annuler la gravité, sont découverts. C'est le début d'une conquête massive des airs et de l'espace. Des paquebots volants relient les capitales ou voguent jusqu'à une Mars colonisée. Mais vingt-cinq ans plus tard, les réserves s'amenuisent et les empires occidentaux luttent pour récupérer les dernières miettes du précieux métal.


Mon avis :

Cavorite : minerais dont est extrait le cavorium.
Cavorium : substance antigravitationnelle qui, alliée à un autre métal (fer, aluminium...), permet aux véhicules de voler.

La cavorite est un minerais inventé par H.G Wells dans son roman Les premiers hommes dans la Lune, paru en 1901. Après avoir lu ce roman de Laurent Genefort, j'ai très envie de me pencher sur celui du créateur de la cavorite.

Nous avons ici un roman choral où nous allons suivre cinq personnages :
* Renée, une jeune institutrice quittant sa province pour aller vivre à Paris, espérant trouver un poste là-bas. Sa rencontre brutale avec un Martien va bousculer sa vie.
* Marcel, un chirurgien déchu qui sera recruté par une Société secrète afin de mener des expériences sur Mars.
* Maurice, un commissaire qui mènera une enquête sur la cavorite aux côtés d'une journaliste scientifique, Marthe.
* Georges, un jeune artiste venu à Paris, qui espère percer dans ce monde très fermé et particulier.

Globalement, j'ai trouvé le roman intéressant et surtout j'ai adoré l'histoire de la cavorite. D'ailleurs, le roman est accompagné d'un petit fascicule, Abrégé de cavorologie, que j'ai lu en amont pour en savoir plus sur ce minerais.

Mais je l'ai trouvé plutôt inégal parce qu'il est un peu long à démarrer (mais il faut bien placer ces personnages dans leur contexte); un milieu plein d'action ce qui rend la lecture très productive et une fin, par contre, trop rapide.

En fait, et allez savoir pourquoi, j'étais persuadée que ce livre était un premier tome. Du coup, je ne me suis pas posée de question sur la lenteur du départ. Je me disais que c'était un tome de mise en place. Mais petit à petit, je me suis rendue compte que les choses s'accéléraient pour aller beaucoup trop vite à la fin et j'ai trouvé cela dommage.

Les histoires que l'on suit sont prenantes, exceptée celle de Georges qui m'a un brin perdue, les autres sont très intéressantes à suivre.

Celle concernant Marcel est horrible d'ailleurs et même si celle de Renée peut un peu choquée par la façon dont fait cette institutrice n'est cependant pas dénuée d'intérêt. N'oublions pas que nous sommes en 1925 et que les agissements d'hier ne sont pas les mêmes que ceux d'aujourd'hui en matière d'enseignement...

L'auteur va parler de beaucoup de thèmes dans ce roman dont l'esclavagisme, l'évolution technologique avec la cavorite et tout ce que cela implique, le racisme...

J'ai trouvé certains passages plus longs que d'autres mais pour autant je me suis toujours laissée prendre par cette lecture. Même si j'avais des petits passages à vide avec Georges, mon regain reprenait dès que je le quittais.

Pour autant, je suis un peu déçue par cette fin accélérée. J'aurais aimé que l'auteur prenne un peu plus de temps quitte à faire un dyptique plutôt qu'un one-shot. Qu'il développe certains passages et que l'on vive davantage d'aventures avec les Orloors, les martiens, qui finalement sont peu mis en avant sur leur propre planète.

dimanche 9 janvier 2022

Celui qui veille

 



Auteure : Louise Erdrich
Editions : Albin Michel (2021)
Collection : Terres d'Amérique
Nbre de pages : 542

 PRIX PULITZER 2021 


Présentation de l'éditeur :

Dakota du Nord, 1953. Thomas Wazhashk, veilleur de nuit dans l’usine de pierres d’horlogerie proche de la réserve de Turtle Mountain, n’est pas près de fermer l’œil. Il est déterminé à lutter contre le projet du gouvernement fédéral censé « émanciper » les Indiens, car il sait bien que ce texte est en réalité une menace pour les siens.
Contrairement aux autres jeunes employées chippewas de l’usine, Pixie, la nièce de Thomas, ne veut pour le moment ni mari ni enfants. Pressée de fuir un père alcoolique, insensible aux sentiments du seul professeur blanc de la réserve comme à ceux d’un jeune boxeur indien, elle brûle de partir à Minneapolis retrouver sa sœur aînée, dont elle est sans nouvelles.
Pour « celui qui veille », n’ayant de cesse d’écrire aux sénateurs dans le but d’empêcher l’adoption de la loi, quitte à se rendre lui-même à Washington, comme pour Pixie, qui entreprend le premier voyage de sa jeune existence, un long combat commence. Il va leur révéler le pire, mais aussi le meilleur de la nature humaine.

Inspirée par la figure de son grand-père maternel, qui a lutté pour préserver les droits de son peuple, Louise Erdrich nous entraîne dans une aventure humaine peuplée de personnages inoubliables. Couronné par le prix Pulitzer, ce majestueux roman consacre la place unique qui est la sienne dans la littérature américaine contemporaine.


Mon avis :

Cela fait des années que je vois passer le nom de Louise Erdrich, sans avoir le bon sens de la découvrir. C'est aujourd'hui chose faite avec un titre qui m'inspirait vu la thématique abordée mais aussi le côté personnel pour l'autrice.

Je m'attendais, avant de lire ce roman, à avoir une lecture dynamique, tant dans les actions pour éviter ce projet de loi horrible pour les indiens que dans les échanges avec le gouvernement américain lors des réunions qui ont eu lieu.

Ce roman n'est pas tout à fait comme je l'avais imaginé. Pour autant, il n'est pas dépourvu d'intérêt et j'ai suivi avec envie, résignation, mépris pour l'homme blanc et compassion pour ces indiens, l'histoire de ces tribus et de celle de la réserve de Turtle Mountain.

L'écriture est fluide et vraiment très agréable. Je pensais que ce serait un peu plus ardu à suivre mais pas du tout.

Les personnages, eux, sont intéressants à découvrir et j'ai aimé voir ce qu'ils allaient devenir face à ce projet du gouvernement fédéral mais pas que puisqu'on les suit dans leur quotidien.

Pourtant, j'ai surtout senti que ce roman était davantage un hommage au grand-père de l'autrice et j'ai ressenti le côté sentimental plus que combatif. Je ne minimise pas ce que ces indiens ont réussi à faire mais on ne le vit pas à 100%.

L'autrice nous fait vivre à leurs côtés durant un peu plus de 500 pages avec les envies, les regrets, les espoirs des uns et des autres. On a le côté chamanique bien sûr que j'aime tellement et que j'attends forcément quand je lis un roman sur les indiens.

D'un autre côté, elle met en avant ces hommes blancs qui croient que tout leur est dû et quelques passages m'ont beaucoup marquée : celle où il est question de "termination" pour les indiens mais également celle où on pause la "problématique" indienne dans le sens contraire. Et si c'était les indiens qui avaient conquis l'Europe et qui décidaient de réduire les autochtones à pas grand'chose ? Comment ces derniers réagiraient-ils ?

C'est une question que je me suis posée avant même que l'autrice en face part dans son livre. C'est une question que je me suis toujours posée depuis que, adolescente, je me suis penchée sur l'invasion des Amériques par les hommes blancs !

Louise Erdrich écrit admirablement sur le "problème" indien et le combat qu'ils ont mené et mènent encore aujourd'hui. Je vous le conseille pour y découvrir ce peuple et ces personnages si attachants et combatifs.

Quant à moi, pour compléter le titre de cette autrice fabuleuse que je compte bien relire avec d'autres titres (si vous en avez, n'hésitez pas à me les proposer), je vais me remettre dans le documentaire Notre coeur bat à Wounded Knee de David Treuer car la cause indienne m'intéresse toujours et m'interpelle.

mercredi 5 janvier 2022

Le sang des bêtes

 



Auteur : Thomas Gunzig
Editions : Au Diable Vauvert (Janvier 2022)
Nbre de pages : 222


Présentation de l'éditeur :

Vendeur dans une boutique de compléments alimentaires hyperprotéinés, Tom est en dépression depuis le cap de la cinquantaine. Un jour, il sauve une femme sans-papiers des mains d'une brute et décide de l'accueillir chez lui. Elle doit cohabiter avec Jérémie, le fils de Tom, et son père, un survivant de la Shoah atteint d'un cancer, tous deux de retour à la maison.


Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l'auteur et je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman mais je me disais que j'avais là l'opportunité de faire une nouvelle rencontre. Et c'est avec plaisir que je m'y suis plongée dedans.

La première chose que je peux dire c'est que ce court roman est, malheureusement pour moi, trop court.

L'auteur aborde beaucoup de thématiques que j'aurais aimé voir développer.

De plus, j'ai été très ébranlée, un brin choquée, perdue... par l'apparition de cette femme dans la vie de Tom lorsqu'elle dit ce qu'elle est.

Ai-je bien compris ? Suis tombée dans une dimension parallèle à la nôtre ?

Hummm... J'étais sceptique. Un peu désorientée mais je me disais que l'auteur allait prendre certains chemins et je les attendais...

Bon je les attends encore un peu mais comme j'ai fini ce roman depuis quelques jours je me dis que Thomas Gunzig tenait juste à nous rappeler qui nous sommes et ce que nous sommes dans cette Société de consommation (surconsommation ?!).

Si je n'ai pas adhéré à 100% à ce qui est dit dans ce roman, mon côté pragmatique a eu du mal à se faire à l'histoire qui part un peu dans tous les sens, j'avoue avoir beaucoup aimé l'écriture et avoir envie de poursuivre ma découverte de cet auteur.

J'espère juste que ces autres romans sont un peu plus longs et m'apporteront davantage d'émotions que ce titre là dont je suis restée très extérieure. Je ne me suis d'ailleurs attachée à aucun personnage.

Tout cela est peut-être aussi dû à mon âge vu que j'approche également de la cinquantaine et que j'ai eu du mal à me mettre à la place de Tom ou de son entourage, d'ailleurs.

A mon sens, ce texte est trop court pour m'apporter tout ce que j'attends d'un tel roman : de la réflexion et surtout des réponses. Mais peut-être devons-nous nous-même faire nos propres réponses ?! Peut-être...

dimanche 26 décembre 2021

Un jardin de mensonges

 


Auteure : Susan Fletcher
Editions : Presses de la Cité (Novembre 2021)
Nbre de pages : 432 (format papier)





Présentation de l'éditeur :

Certains fantômes hantent les demeures, d'autres les cœurs...

Londres, 1914. Atteinte de la maladie des os de verre, Clara vit recluse depuis toujours, choyée par une mère qui lui raconte le monde. À sa mort, la jeune femme prend son destin en main et s'initie clandestinement à la botanique.
Elle est bientôt engagée par Mr Fox pour créer sur son domaine une serre de plantes exotiques. Mais, à peine arrivée à Shadowbrook, elle ressent un étrange malaise. Le mystérieux maître des lieux brille par son absence, la gouvernante est terrifiée, et une présence semble hanter les couloirs de la demeure, où les fleurs fanent en quelques heures...

Avec son étrange héroïne à la peau diaphane, Un jardin de mensonges est un brillant hommage aux grands romans gothiques. C'est aussi le récit de l'émancipation d'une femme qui tente de reprendre possession de sa vie et de son corps, servi par une plume aussi vénéneuse que sensuelle...


Mon avis :

J'avais lu en 2019, Un bûcher sous la neige de la même auteure et si j'avais beaucoup aimé sa façon d'écrire, j'étais restée plutôt extérieure à l'histoire, même si globalement elle était intéressante. Mais je ne voulais pas rester sur une note plutôt négative avec Susan Fletcher et c'est avec envie et un peu de crainte que je me suis lancée dans son dernier roman.

J'ai découvert Clara, une jeune fille de 20 ans, atteinte de la maladie des os de verre et qui, au décès de sa mère, va décider de prendre sa vie en main. Elle sera engagée par un certain M. Fox afin d'organiser une serre sur son domaine. Mais cela ne sera pas sans ressentir le malaise des habitants et d'une sorte de hantise au sein de l'habitation : les fleurs se fanent trop rapidement; des bruits de pas se font entendre la nuit à la même heure... Clara va décider de mener son enquête car elle ne croit absolument pas aux fantômes...

Je suis partie avec l'idée que l'on resterait dans un roman fantastique ce qui me changeait littéralement du précédent roman que j'avais lu de cette auteure. Sachez que ce ne sera pas le cas et qu'il vous faudra accepter des conclusions plus terre à terre.

Mais le roman est quand même bien construit et même si j'ai ressenti une pointe de déception parce qu'on quittait le surnaturel passé la moitié du roman, il n'en demeure pas moins que j'étais curieuse de connaître la fin de l'histoire tant sur le passé de la mère de Clara que celle de ce M. Fox qui se montre si peu et reste très mystérieux.

On découvrira aussi l'histoire des propriétaires précédents : les Pettigrew.

Ce nom me parlait puisque j'avais noté un titre avec ce patronyme et j'étais encore plus curieuse de voir ce qu'il allait en sortir.

Je ne vous dirai rien de ce que Susan Fletcher a fait dans son roman mais j'ai été happée par l'ensemble du roman et ce qu'elle décide d'organiser pour les uns et les autres.

C'est sombre. C'est affligeant mais je n'ai jamais oublié à quelle période nous étions : 1914, à l'aube de la 1ère Guerre Mondiale.

Clara est une jeune femme qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui va chercher la vérité quoi que cela puisse lui coûter. On lui donnera tout un tas de surnoms dont elle accusera le coup mais qui ne fera pas vaciller sa détermination.

Même si les révélations n'étaient pas celles que je souhaitais, j'ai trouvé la toute fin très touchante et Clara restera un personnage qui m'aura marquée.

J'ai dégusté ce roman de bout en bout et j'en suis venue à regretter qu'il soit déjà fini. J'ai adoré la façon d'écrire de Susan Fletcher et grâce à ce titre je sais que je la lirai encore avec beaucoup d'intérêt.


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lundi 20 décembre 2021

Les maîtres enlumineurs (T1 &T2)



Auteur : Robert Jackson Bennett
Editions : Albin Michel (2021)
Collection : Albin Michel Imaginaire
Nbre de pages : 630 - 614


Présentation de l'éditeur (1er tome) :

Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.


Mon avis :

En cette fin d'année, j'avais envie de retrouver l'univers de la fantasy avec un côté steampunk que j'adore. On m'a conseillé cette série d'un auteur que je ne connaissais pas et j'ai été emportée comme jamais dans une histoire incroyable avec des personnages que j'ai hâte de retrouver.

La magie, dans cette saga, s'opère grâce aux enluminures qui donnent des pouvoirs aux objets que l'on n'attend pas. On va suivre plusieurs personnages issus de milieux très différents qui auront une cause commune à un moment donné.

Si au départ, je ne voyais pas trop ce que l'auteur allait faire avec ses personnages, petit à petit je me suis laissée porter par ce qu'il se passait, notamment avec Sancia, une jeune voleuse qui va mettre la main sur un objet qui va littéralement changer sa vie et celle de ceux qui l'accompagneront.

Je ne cite pas de noms pour vous inciter vraiment à découvrir chacun de ces personnages que j'ai appris à connaître au fil de ma lecture.

Si le 1er tome est très prenant et intéressant par toute la mise en place et une fin qui pousse à ouvrir rapidement le tome 2, c'est avec ce dernier que j'ai eu un fulgurant coup de coeur.

Il y a tout dans cette saga pour vous apporter émotions, palpitations, angoisse, gaieté et tutti quanti.

On vit l'histoire véritablement à travers ces êtres qui prennent des décisions en pensant vouloir faire le bien mais serait-ce le cas si jamais cela arrivait... ?

J'ai eu bien des surprises avec les uns et les autres, pensant que certains étaient du bon côté et d'autres pas alors que finalement je me trompais.

L'auteur joue avec nous et ses personnages. C'est extrêmement bien fait, bien construit avec cette enluminure omniprésente. Le jeu de pouvoir des diverses maisons marchandes est machiavélique tout autant que celui que l'on pense être le méchant.

Tout est très bien orchestré avec une plume fluide, très abordable pour qui veut découvrir cette trilogie, hyper agréable avec des dialogues exquis où l'humour reste présent même en cas de gros coup dur. Cela permet de garder une certaine légèreté dans une ambiance qui s'assombrit au fil des pages.

Je me devais de vous faire un retour rapide après la fin de ma lecture du tome 2 parce que cet auteur est à découvrir tout comme cette série qui me trotte encore dans la tête alors que je l'ai finie samedi matin.

Les personnages font partie de moi. Ils me parlent encore. Ils m'appellent pour que je ne les oublie pas. Cela ne risque pas vu ce qu'ils m'ont fait vivre.

Le tome 3 est prévu pour juin 2022 en VO et ne sera disponible que début 2023 en France. Même si ce délai est super long parce que l'impatience est là, je suis ravie que les Editions Albin Michel traduise ce dernier tome et permette de découvrir la fin de la saga sans avoir à passer par la VO (qui serait, à mon avis, un peu ardue si je m'y collais).

Mais cela vous donne un délai suffisant pour découvrir enfin cet auteur qui mérite de l'être, tout comme le sont ses personnages que je ne suis pas prête d'oublier.

Alors, vous êtes paré pour vous l'offrir à Noël ou faire un joli cadeau à l'un de vos proches aimant ce genre de livre ? Ce serait une très belle aventure que vous lui offririez.



lundi 6 décembre 2021

American rust

 



Auteur : Philipp Meyer
Editions : Albin Michel (2021)
Nbre de pages : 483



Présentation de l'éditeur :

Buell, petite ville sidérurgique de Pennsylvanie, autrefois prospère, est aujourd'hui à l'agonie : les usines abandonnées et les villages fantômes ont remplacé les hauts-fourneaux. Les adolescents du coin essaient d'échapper à la désolation ambiante pour s'inventer un avenir... Avec l'aide de Billy, son meilleur ami, Isaac décide de s'enfuir en Californie. Mais très vite l'aventure tourne mal et les deux garçons se retrouvent avec le cadavre d'un vagabond sur les bras. L'espoir a parfois un arrière-goût de rouille...


Mon avis :

Je ne connaissais pas cet auteur qui a écrit Le fils, roman ayant d'excellents retours que je compte bien découvrir. Lorsque les Editions Albin Michel m'ont proposé de lire American rust, je n'ai pas réfléchi longtemps et j'ai accepté avec plaisir.

J'ai découvert un univers étouffant, prenant, vous faisant poser mille et une questions sur la Société d'aujourd'hui, sur ce que nous serions capables de faire par amitié ou amour.

L'ouvrage de Philipp Meyer est tout simplement exceptionnel par les personnages dépeints et l'histoire qui nous est contée par l'auteur.

J'ai été emportée dans cette Amérique en crise où deux jeunes de 20 ans, Isaac et Billy, vont vivre des moments juste hallucinants.

Une simple "erreur" et la vie bascule.

C'est indéniablement beau et absolument impensable d'en arriver à de telles extrémités mais Philipp Meyer mène tambour battant cette ronde entre ces deux jeunes hommes de façon magnifique.

On est entre la culpabilité, l'envie d'en découdre mais aussi cette loyauté qui va primer jusqu'au bout. On vit des moments durs mais aussi des moments poignants.

American rust est un roman d'aujourd'hui avec des personnages forts. Déjà sorti en 2010 sous le titre Un arrière-goût de rouille, cette nouvelle traduction est excellente. Je me suis laissée porter tout au long de ces presque 500 pages sans ressentir d'ennui car, au contraire, j'ai eu du mal à quitter Isaac et Billy. Et aujourd'hui encore, plus d'une semaine après avoir fermé ce roman, ils me parlent, me rappellent ces moments avec eux. Isaac et Billy font partie des inoubliables.

mercredi 24 novembre 2021

Le second sommeil

 


Auteur : Robert Harris
Editions : Belfond Noir (2021)
Nbre de pages : 361


Présentation de l'éditeur :

1468. Le père Christopher Fairfax est envoyé dans un village isolé du bout de l’Angleterre pour célébrer les funérailles d’un prêtre décédé brutalement. D’abord saisi par l’accueil glacial des habitants, Fairfax est bientôt effrayé lorsqu’il découvre dans la chambre du défunt toute une collection de livres et d’artéfacts anciens, témoins d’un temps préapocalyptique. Des objets qui auraient dû conduire l’homme de Dieu au bûcher. N’y a-t-il pire péché que celui de la connaissance ? Alors qu’il enquête sur ce prêtre hérétique, Fairfax va s’approcher trop près d’une vérité tenue secrète depuis des siècles – le destin d’un monde englouti par le temps, une civilisation disparue que certains cherchent à raviver pour sortir du noir profond de la nuit…


Mon avis :

J'avais lu en 2010 le fameux Fatherland de l'auteur qui m'avait totalement déstabilisée et j'avais envie de renouveler avec cet auteur. Quoi de mieux que de se pencher sur son dernier né qui m'a, là encore, ébranlée.

Je n'avais pas relu la 4ème et je m'attendais à entrer dans un thriller historique dans lequel il faudrait résoudre un meurtre. Alors oui, meurtre il y a mais la période n'est pas du tout celle à laquelle je m'attendais et ce fut ma première surprise. Il s'agit ici d'un thriller post-apocalyptique mais je n'en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher votre moment de lecture.

J'ai beaucoup aimé être aux côtés du Père Christopher Fairfax, âgé de 24 ans, qui devra célébrer les funérailles du curé d'un village reculé. En fait, si Christopher pensait ne faire qu'un simple aller retour, il va se retrouver dans une histoire à laquelle il ne pourra pas échapper, la curiosité l'emportant sur tout le reste.

Le roman a une intrigue intéressante mais le rythme est plutôt lent et risque de déranger certains lecteurs qui auraient aimé une histoire plus punchy.

Il n'empêche que l'auteur va apporter des raisonnements sur un passé qui nous est propre et qui, irrémédiablement, va nous pousser à nous poser beaucoup de questions.

J'ai beaucoup aimé son point de vue et voir ce que les personnages de ce roman vont en déduire.

Par contre, j'ai été un peu déçue par la fin parce que je m'attendais à avoir certaines réponses qui ne seront pas. Mais, d'un autre côté, vu la tournure du roman, la fin donnée est logique. Tout est parfaitement orchestré et maîtrisé tant du point de vue de l'enquête que de la façon dont les personnages réagissent et agissent.

En bref, ce fut une belle découverte d'un auteur qui me surprend à chaque lecture. Si vous êtes un tantinet curieux, n'hésitez pas à le tenter.

dimanche 14 novembre 2021

Crosroads : La dernière chanson de Robert Johnson

 


Auteur : Hervé Gagnon
Editions : Hugo Roman (2021)
Nbre de pages : 530


Présentation de l'éditeur :

Lorsque l'historien Donald Kane et l'anthropologue Virginia Craft reçoivent la lettre d'une veille dame qui leur offre de venir récupérer les objets ayant appartenu au grand bluesman Robert Johnson, ils n'hésitent pas une seconde. L'histoire du blues pourrait être réécrite ! Mais le contenu de la boîte en fer-blanc les entraîne plutôt dans une spirale infernale aux allures de voyage initiatique. Tandis que le duo de chercheurs suit la piste escarpée que leur indique la mythique trentième chanson de Johnson, recherchée depuis sa mort en 1938, les évènements sordides et les phénomènes inexplicables se multiplient, le surnaturel se trouvant toujours derrière le décor...

Un récit qui se déroule dans l'atmosphère poisseuse du Delta du Mississippi, baigné dans l'ambiance mystérieuse du hoodoo et des vapeurs du bourbon, où le blues résonne à chaque carrefour. On entend le roman autant qu'on le lit.



Mon avis :

J'ai l'habitude de lire Hervé Gagnon dans ses romans historiques que j'adore particulièrement. Lorsque j'ai reçu son dernier roman sans être prévenue, j'ai sauté de joie et j'avais hâte de le découvrir. D'ailleurs, je m'y suis lancée de suite dedans et je l'ai dégusté/dévoré en quelques jours.

La première chose qui m'a changé avec Crossroads c'est la temporalité. Nous sommes ici dans une période contemporaine avec un prologue qui se déroule en 1930 puis la narration passe en juillet 2021. Autant dire que c'était hier...

Robert Johnson
Les personnages, Donald Kane et Virginia Craft, vont se retrouver dans une situation très étonnante puisqu'ils vont se voir remettre par une vieille dame en fin de vie, une boîte en fer qui contient des effets personnels de Robert Johnson, un grand bluesman décédé avant ses 30 ans.

Hervé Gagnon va nous lancer dans une aventure folle et incroyablement prenante.

Parsemé de chansons de blues, nous suivrons Kane et Craft dans une enquête au-delà de la raison et du pragmatisme. Il faut être ouvert d'esprit et croire en certaines choses pour apprécier à sa juste valeur ce que nous allons découvrir.

Le blues est fortement lié à certains mythes et Hervé Gagnon joue magnifiquement avec.


L'intrigue et les personnages sont tellement bien menés et malmenés que l'on a du mal à lâcher le roman.

Nous entendons les chansons; nous avançons avec Donald au coeur de Memphis, sous une chaleur harassante; nous stressons de ce qu'il découvre, lui l'historien, le terre à terre qui ne croit pas en certaines choses. Et pourtant...

Bien que pragmatique comme Donald, j'avoue que je me suis laissée berner par l'auteur parce que je crois en certaines choses. La magie noire en fait partie. L'histoire de Robert Johnson m'était inconnue mais Hervé Gagnon la rend tellement surnaturelle bien que réelle que ça en est flippant.

Que peut-on dire de Virginia qui accompagne Donald et qui a toujours vécu dans le Delta, au coeur de ces mythes et d'une grand-mère qui pratique le hoodoo.

J'ai tout simplement adoré ce que j'ai lu. J'ai voulu y aller doucement pour déguster chaque page, chaque chanson, chaque découverte et pourtant je l'ai terminé beaucoup trop vite à mon goût.

J'aurais aimé que le livre contenue encore et encore pour rester avec Donald et Virginia au coeur de cette ville de Memphis où les plus grands bluesmen se sont rencontrés.

Je ne peux que vous pousser à découvrir à votre tour ce roman sur un grand artiste de son époque qu'était Robert Johnson et dépeint avec tellement de fascination par Hervé Gagnon que vous le serez également au fil des chapitres.