lundi 28 mai 2018

Le petit Lebanski

Auteur : Stéphane Chamak
AUTO-EDITION
Nbre de pages : 328


Présentation de l'ouvrage :
Je me trouvais devant la porte. Au centre, une vieille poignée argentée avait l’allure d’un gros poing américain. Comme me l’avait indiqué le chauffeur black, le battant était légèrement entrebâillé. Je suis resté quelques secondes figé, les mains dans les poches, nerveux comme une pucelle à sa première sauterie. Dans ma poitrine, mon cœur distribuait des battements en rab. D’un côté, j’étais impatient de savoir de quoi il en retournait. De l’autre, j’étais quasi certain qu’une fois passé cette foutue porte, mon existence - déjà de magnitude 8 sur l’Échelle des Emmerdes - allait franchir un palier supplémentaire. 
J’avais pas tort.


Mon avis :

Voilà un roman auto-édité auquel je ne pensais pas totalement accrocher parce que mon expérience avec l'auto-édition n'a jamais été vraiment convaincante jusque là.

Avec Victor Lebanski, petit homme d'1m47 qui refuse d'être traité de nain et qui à 40 ans se fout dans les emmerdes inopinément, l'accroche a été immédiate.

C'est un homme qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui a un humour bien corsé. Son cynisme est au-delà de sa taille et cela colle parfaitement avec ce qu'il est.

Il est entouré d'une équipe qui bosse pour lui dans son bar, le Fender, et dont chaque membre est aussi atypique qu'étonnant.

Entre Farid (et son perroquet) qui dégote des boulots improbables la journée, Imani, une jeune kenyane qui fait tourner la tête de notre cher Victor et qui tente de parler argot sans y parvenir et Milos, le yougoslave surnommé "La Trique", nous voilà bien armé pour vivre une histoire hors norme.

Pourtant, l'intrigue est assez simple : Victor, recruté par un "fleuron de l'aéronautique", Paul Brochet, va avoir quatre jours pour retrouver le fils de cet homme. Victor sera accompagné de Zola qui lui servira à la fois de chauffeur et de garde du corps...

J'avais à peine commencé ce roman que j'étais pliée de rire par le naturel et le sarcasme de Victor mais aussi sa façon de vivre sa situation et sa perception des choses. C'est un personnage auquel on s'attache très vite et les comparaisons qu'il fait donnent une légèreté dans une histoire qui ne l'est pas.

Tout est mis en oeuvre pour que le lecteur ne lâche pas le roman, au point que j'ai lu ce livre très rapidement.

Cet engouement est dû aussi au style de l'auteur, certes corrosif dans l'humour presenté, mais qui sert parfaitement l'intrigue mise en place par Stéphane Chamak.

C'est aussi très fluide et les scènes d'action sont suffisamment décrites pour que l'on vive virtuellement ce qui se passe.

Il y a du dynamisme, du début à la fin, et voyant tout ce qui se arrive à Victor, on vit la situation sous tension permanente, espérant qu'il ne lui arrive rien de très fâcheux...

Dès les premières lignes, j'ai été conquise tant par le personnage de Victor que par la narration.

J'ai juste été ébranlée, au début, par les négations incomplètes mais je m'y suis faite rapidement notamment parce que je ne voyais pas Victor parler autrement.

En bref, je suis conquise par cet opus que je vous recommande chaudement et avec lequel j'ai passé un super moment de lecture.

J'espère retrouver Victor dans une prochaine histoire mais je croise surtout les doigts pour que Stéphane Chamak trouve un éditeur pour ses écrits car "Le petit Lebanski" a un énorme potentiel et l'auteur un très grand talent.

En fait, et pour être complète et honnête, j'ai eu les mêmes ressentis lorsque j'avais lu mon premier roman de Jacques Saussey : une écriture maîtrisée, une intrigue qui tient la route et un personnage que j'ai envie de retrouver rapidement. Quand je vois où Jacques Saussey en est aujourd'hui, je ne peux qu'espèrer la même chose à Stéphane Chamak.

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