mercredi 2 mai 2018

Le brasier

Auteur : Vincent Hauuy
Editions : Hugo Thriller (avril 2018)
Nbre de pages : 525


Présentation de l'éditeur :
Quand le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profiler refuse de croire à sa mort. 
Persuadé que la jeune blogueuse est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l'enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte que les ramifications de cette disparition sont beaucoup plus vastes qu'il n'y paraît et pourraient être liées à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l'ensemble du territoire américain. 
Hanté par les visions d'un petit garçon sans visage et d'un brasier d'où s'échappent des cris d'effroi, Noah va se retrouver au coeur d'une investigation menée tambour battant mais qui le mènera aux portes de la folie.


Mon avis :

Deuxième roman de Vincent Hauuy, deuxième réussite. Je me suis régalée pendant cette lecture que je vous recommande fortement.

Toutefois, il vous faudra d'abord lire Le tricycle rouge pour bien appréhender l'intrigue mais aussi l'évolution des personnages.

Nous retrouvons Noah mais également Clémence qui vont mener une enquête pour tenter de retrouver les meurtriers de Sophie Lavallée, elle aussi personnage du Tricycle rouge.

J'ai eu un peu de mal à me rappeler des détails du livre précédent mais heureusement l'auteur fait quelques rappels bienvenus.

Et si on pensait connaître Noah et Clémence dès la fin du premier roman de l'auteur, nous nous sommes totalement fait léser par Vincent Hauuy.

Avec Le brasier, nous ne sommes pas au bout de nos surprises.

Le roman est scindé en quatre parties dont chacune d'entre elles est appelée par un nom de carte de tarot...

La plume est addictive; l'action omniprésente et les personnages prennent tellement de profondeur, surtout celui de Noah que j'ai a-do-ré, qu'il est difficile de lâcher ce roman.

Nous allons en apprendre davantage sur le passé de Noah et je suis restée de plus en plus ébahie face à ce que j'apprenais. Arrivée à la moitié du livre, j'ai fait une supposition sans vraiment y croire et pourtant...

La fin laisse encore planer du mystère mais c'est aussi le lien qui se fait de plus en plus fort entre Noah et Clémence que j'ai beaucoup aimé voir arriver. Alors autant vous dire que lorsque l'auteur nous fait une ultime révélation dans l'épilogue, j'ai été frustrée de me dire qu'il me fallait attendre un an avant d'avoir la suite et de retrouver tout ce beau monde pour savoir ce qu'il va se passer...

Vincent Hauuy est un auteur qui a largement mérité le Prix VSD-RTL du meilleur thriller français 2017 avec Le tricycle rouge et il confirme avec Le brasier que l'on peut désormais compter sur lui pour nous mettre les nerfs à rude épreuve et passer de longs nuits blanches tant ses intrigues sont magnifiquement ficelées et ses personnages attachants.

En bref, si vous ne l'avez pas encore lu, vous faite une terrible erreur qu'il faut absolument réparer, d'autant que Le tricycle rouge est paru en format poche. Maintenant, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas le lire...

lundi 30 avril 2018

Tuez-les tous... mais pas ici

Auteur : Pierre Pouchairet
Editions : Plon (Janvier 2017)
Collection : Sang neuf
Nbre de pages : 462


Présentation de l'éditeur :
Julie Loubriac a disparu. Âgée de 17 ans, la lycéenne se volatilise, et ce n'est pas la première fois. Ses parents sont pourtant persuadés que, cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une simple fugue. Face à l'immobilisme de la police, Martine et Louis Loubrias, divorcés, vont se lancer à sa recherche. La mère tient un magasin de vêtements plutôt haut de gamme. Quant à Louis, il a presque près tout raté dans sa vie. Ex-flic, ex-journaliste, ex-époux... Parfois, il parvient à être père de famille. Il lui reste cependant une chose, sa guitare pour jouer du blues dans le bar de sa nouvelle compagne, Jenifer. 
L'affaire se corse quand il est approché par un agent de la DGSI, qui va le mettre sur une piste surprenante. Une enquête qui mène le couple de Quimper à Istanbul, en passant par la Syrie. Entre drame familial, vengeance et manipulation des services de renseignements, il va se retrouver au coeur d'un secret d'Etat, sur fond de guerre contre le terrorisme...


Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout l'auteur et j'ai été surprise de trouver ce titre dans ma boîte aux lettres mais je remercie vraiment les Editions Plon pour cette découverte.

Un père. Une mère. Eplorés. Une fille disparue. Une police qui est incapable de savoir ce qui a pu se passer. Trois semaine d'attente. Trois semaines de stress. Pour les parents, c'est beaucoup trop.

Alors Louis va aller fouiner. On va l'aider et là le couperet va tomber : Julie est partie en Syrie.

J'ai plongé au coeur d'une intrigue aussi crédible qu'effroyable puisque l'on entre dans le cadre de l'embrigadement de la jeunesse par les filières djihadistes. Autant vous dire que cela fut intéressant à suivre mais aussi très angoissant.

On vit également en parallèle les manipulations qui se font dans les hautes sphères politiques sans que pour autant on ne sache réellement ce qu'elles comptent faire et pourquoi. Quelles sont leur motivation ? 

L'auteur va attendre bien sagement la fin du livre pour nous dévoiler tout ça et cela fait froid dans le dos parce que l'on se doute bien que, malgré ce que l'on peut nous raconter aux informations, on ne nous dit pas tout ce qui se déroule dans les cabinets politiques et de renseignements. Du coup, on croise les doigts pour que ce roman ne soit, finalement et réellement, qu'une fiction parce qu'il est difficile de faire la limite entre le vrai (ce qui se passe notamment à la frontière turco-syrienne) et le faux.

J'ai vécu la souffrance de ces parents, leurs doutes, leur désespoir mais surtout leur combat pour savoir qui et pourquoi est derrière ce départ inopiné de leur fille.

Leur incompréhension face aux agissements de Julie est ce qui m'a le plus ébranlée, le plus marquée parce que, en tant que parents, nous restons dépités face à ces actes si improbables.

L'auteur a parfaitement su gérer son intrigue comme il le fallait pour mettre de la tension au bon moment, des scènes touchantes à d'autres, de la violence, de l'effondrement de l'être humain aussi.

Tout est mis en place pour que le lecteur puisse s'identifier à cet homme et cette femme qui cherchent des réponses et qui ne lâcheront pas cette affaire tant qu'ils ne sauront pas comment cela a pu arriver.

Louis est un anti-héros qui n'a plus rien à perdre. Il n'hésitera pas à faire ce qu'il faut pour obtenir des réponses. Et son ex-femme ne sera pas en reste. Julie était toute leur vie.

Voilà un roman d'actualité que j'ai beaucoup aimé découvrir tant l'auteur nous sert une intrigue au dénouement juste improbable qui bouscule et met à mal nos convictions. On ferme ce roman le souffle coupé en se disant : "Et si..."

dimanche 29 avril 2018

Le cri de la terre

Auteur : Sarah Lark
Editions : L'Archipel (2015)
Nbre de pages : 606


Présentation de l'éditeur :
Gloria, l’arrière-petite-fille de Gwyneira McKenzie (la jeune Anglaise qui débarquait sur les côtes de la Nouvelle-Zélande dans Le Pays du Nuage blanc), a joui d’une enfance et d’une adolescence idylliques à Kiward Station, la ferme familiale.
Mais tout s’effondre quand ses parents – pourtant absents car pris par la carrière de cantatrice de sa mère – lui font savoir qu’il est temps pour elle de devenir une véritable lady.
Gloria doit alors tout quitter et faire ses adieux à ceux qui l’entourent, en particulier son cousin Jack, dont elle est très proche. Destination l’Angleterre et un austère pensionnat !
Contrainte de se plier aux règles strictes de l’établissement, incapable de s’intégrer, Gloria se retrouve plus seule et démunie que jamais.
Aussi décide-t-elle de rentrer coûte que coûte dans son pays, celui du nuage blanc, et, qui sait, d’y retrouver Jack…


Mon avis :

Dernier tome de la saga commencée avec Le pays du nuage blanc que j'avais adoré, Le cri de la terre clôt magnifiquement cette série.

Il m'aura fallu 3 ans pour me décider à finir cette trilogie qui avait démarré avec un tome époustouflant et des personnages auxquels je m'étais très vite attachée.

J'ai eu du mal à m'y remettre parce que le tome 2 m'avait laissé un petit goût d'amertume vu que l'on suivait les générations futures à celles d'Hélène et Gwyneira que l'on découvre dans le tome 1 et que je ne suis pas prête d'oublier.

Ici, ce sera avec les arrières petites-filles que nous aurons affaire.

J'avoue que j'ai eu beaucoup de mal à me remettre à flot avec des personnages et des intrigues dont je ne gardais en mémoire que les très grandes lignes. Mais petit à petit, j'ai repris mes marques et je me suis laissée emporter par leurs histoires, même si je n'ai pas ressenti autant d'émotions qu'avec le tome 1.

Les personnages de Gloria et de Lilian ne m'ont pas particulièrement plu surtout à cause de leur caractère. Gloria est trop introvertie et son départ pour l'Angleterre ne va pas arranger les choses. Elle a du mal à tenir tête à sa mère pour lui exposer ses points de vue, ses envies.

Quant à Lilian c'est une jeune fille qui ne voit sa vie que comme un roman d'amour. Elle cherche le garçon qui lui ravira le coeur et lui fera vivre une existence pleine d'aventure.

C'était un peu too much pour moi et ce n'est pas avec elles que j'ai passé les meilleurs moments de ma lecture.

Nous sommes, dans ce tome, dans une période couvrant les années 1907 à 1918-1919 environ. Nous allons donc vivre la Première Guerre Mondiale au travers du personnage de Jack, dont je ne me rappelle plus vraiment le lien avec Gwyneira vu que Gloria le surnomme son demi-oncle, et ce fut l'un des aspects du livre qui m'a le plus touchée.

C'est un homme qui va avoir des moments difficiles avant et après la guerre et j'étais impatiente de le retrouver. J'avoue que j'ai eu un faible pour lui.

Concernant Gloria, je n'ai pas adhéré à sa façon de faire pour retourner en Nouvelle-Zélande. Cela m'a terriblement choquée, me disant qu'elle aurait pu trouver une autre solution que celle qu'elle prend pour arriver à ses fins...

Alors certes, cela va lui forger son caractère mais franchement cela ne collait pas vraiment au personnage que l'on nous présentait au départ.

Mais je me doutais bien que de toute façon tout finirait bien pour tout le monde. Nous sommes après tout dans une romance et je ne voyais pas une fin désastreuse.

L'écriture quant à elle m'a encore conquise et je suis ravie d'avoir déjà dans ma PAL les deux premiers tomes de sa nouvelle saga que je compte bien commencer d'ici cet été, en espérant que cela ne se ressemblera pas trop.

Quant à vous, si vous ne connaissez pas la trilogie du pays du nuage blanc, je vous la conseille fortement, surtout que le tome 1 reste à ce jour mon plus beau souvenir de lecture avec la trilogie du bout du monde de Tamara McKinley. Si vous avez aimé cette dernière saga, il n'y a aucun doute à ce que vous aimiez celle de Sarah Lark.

Avis sur le tome 1 : Le pays du nuage blanc
Avis sur le tome 2 : Le chant des esprits

vendredi 27 avril 2018

La vallée des oranges

Auteur : Béatrice Courtot
Editions : Charleston (10 avril 2018)
Nbre de pages : 230


Présentation de l'éditeur :
Marseille, 2016
En démontant le faux plafond d'un hôtel, un ouvrier tombe sur une boîte contenant les souvenirs d'une vieille dame, Magdalena. Son arrière-petite-fille, Anaïs, tenancière du Café de l'Ensaïmada, une institution culinaire à Paris, décide alors de partir à la recherche de ses origines majorquines…

Majorque, 1935
Magdalena, jeune pâtissière, confectionne chaque jour des ensaïmadas, ces brioches majorquines entortillées et saupoudrées de sucre glace. Mais très vite, la guerre civile espagnole frappe aux portes de son village. Au péril de sa vie, Magdalena s'engage alors dans la résistance.

Entre Majorque et Marseille, deux destins de femmes bousculées par la Guerre d'Espagne et un secret de famille, mais unies par une même passion : la pâtisserie.


Mon avis :

Ce qui m'a donné envie de découvrir ce roman c'est avant tout les secrets de famille, le côté historique avec l'arrière grand-mère et le fait que cela se déroule à Majorque. Qui n'a pas envie, en cette période printanière, de s'imaginer sur cette île paradisiaque ?

C'est donc avec Amandine que j'ai lu ce titre en lecture commune. On s'est plongées l'une et l'autre dans cette romance avec l'espoir de passer un excellent moment de lecture.

D'une certaine façon, cela fut le cas parce que l'écriture de Béatrice Courtot est agréable et très fluide. Si je peux d'ailleurs vous conseiller un roman pour cet été, n'hésitez pas à lire celui là. Il sera idéal.

Oui mais voilà, nous ne sommes pas encore en été et la lectrice que je suis reste encore très pointilleuse sur les romans qui passent entre ses mains.

Si j'ai aimé découvrir l'histoire de la famille d'Anaïs avec les secrets de cette arrière grand-mère, Magdalena, j'ai trouvé que malheureusement l'ensemble allait beaucoup trop vite.

Le roman est vraiment trop court pour moi et j'aurais aimé que l'auteure prenne davantage de temps pour détailler la période majorquine sous Franco.

Vous savez que je suis une férue d'Histoire et je connais très mal celle de l'Espagne... alors que je n'habite pas très loin. Mouais... Va falloir que je remédie à cela...

Mais, dans tous les cas, La vallée des oranges apporte cette envie de détails sur la guerre civile espagnole de 1936 et il est cruellement navrant que Béatrice Courtot ne s'y soit pas attardée davantage. Tout comme, d'ailleurs, l'histoire que Magdalena va vivre avec Jaime, son amoureux de l'époque...

Si Anaïs fait des découvertes, j'avoue que la facilité qui lui est donnée de les trouver m'a aussi empêcher d'apprécier réellement ce livre. C'est beaucoup trop simple. Tout lui tombe dessus comme par magie. Elle a beau indiqué qu'il lui a fallu des mois de recherches pour trouver certaines choses, le lecteur ne le ressent absolument pas...

Sa rencontre avec Miquel va bien sûr se transformer en romance mais là encore je n'ai pas été ébranlée par leur histoire.

En fait, s'agissant de la romance en elle-même, j'y suis restée très extérieure.

Par contre, le roman donne très envie de partir en vacances. C'est une véritable ode à la découverte de cette région du globe avec des paysages fantastiques et des saveurs et des odeurs que j'ai pu ressentir à travers les mots de l'auteure.

A cela s'ajoutent des petites recettes majorquines en tête de certains chapitres qui donnent bien envie de les tester eux-aussi. Dommage que les ingrédients ne soient pas dosés...

En bref, La vallée des oranges n'a pas été une lecture désagréable parce qu'elle a été lu rapidement et agréablement. Mais je regrette vraiment le côté trop facile et rapide de l'ensemble qui ne permet pas au lecteur de s'imprégner d'une Histoire de l'île difficile et d'une romance qui aurait mérité beaucoup plus de temps pour être appréciée. Je sors déçue et c'est dommage. Peut-être aurais-je dû le lire pendant les vacances estivales où là mon cerveau se laisse purement et simplement porter sans chercher les détails qui aujourd'hui me manquent... ?!

mardi 24 avril 2018

Toutes blessent, la dernière tue

Auteur : Karine Giebel
Editions : Belfond (mars 2018)
Nbre de pages : 735


Présentation de l'éditeur :

Maman disait de moi que j'étais un ange. 
Un ange tombé du ciel. 
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...

Je connais l'enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j'avais quelqu'un à qui parler...

Tama est une esclave. Elle n'a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin... 

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu'au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l'écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures. 
Un homme dangereux. 
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique. 
Qui est-elle ? D'où vient-elle ? 

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte


Mon avis :

Avec moi, les romans de Karine Giebel, ça passe ou ça casse. Il n'y a pas de demi-mesure. J'avais sur-kiffé Juste une ombre qui était ma découverte de l'auteure qui m'avait embarquée dans un thriller psychologique que je ne suis pas prête d'oublier. Par contre, je n'avais pas du tout aimé Jusqu'à ce que la mort nous unisse ni Meurtres pour rédemption qui est un roman très violent sur le monde carcéral.

Avec Toutes blessent, la dernière tue, j'avais une chance sur deux d'accrocher. Une chance sur deux de m'en vouloir si ça ne passait pas parce que, soyons honnête, sur trois titres lus, un seul m'avait plu.

Le prologue m'a mise direct dans l'ambiance avec une gamine de neuf ans, Tama, qui vit dans une grande maison, aux côtés d'une famille de cinq personnes : le père, la mère et les trois enfants. Mais Tama ne fait pas partie de cette famille. Tama "s'occupe des enfants, du ménage, de la lessive, du repassage, de la cuisine et fait aussi de la couture". Tama dort sur "un matelas aussi fin qu'étroit, posé par terre dans la buanderie (...) Elle dort entre les provisions et la machine à laver (...) Il n'y a pas de radiateur." Tama "a l'interdiction formelle de sortir." Tama est une esclave.

Cette petite description de ce qu'est la vie de Tama dans sa nouvelle famille est déjà bouleversante mais surtout révoltante et le lecteur ne sera pas en peine de ressentir autant de souffrance et de révolte que Tama au fur et à mesure que nous la découvrirons dans son quotidien.

Tama est en fait une petite fille qui a été vendue par son père à l'âge de huit ans à une marocaine habitant en France. Cette femme a promis à ce papa que sa fille allait vivre dans une famille qui lui apporterait tout ce que Tama n'avait pas chez sa tante, au Maroc : la possibilité d'aller à l'école, d'avoir un travail décent et une vie meilleure...

Karine Giebel nous plonge donc dans l'enfer de l'esclavage moderne avec ce personnage de Tama et comment ne pas arriver à ressentir de l'empathie pour cette petite fille qui vit des heures très sombres pendant des années ? Comment ne pas souhaiter qu'elle se révolte pour sortir de cet enfer ?

J'avoue que j'ai trouvé le début un peu long et redondant surtout dans les passages de violence parce que, soyons honnête, Karine Giebel n'y met absolument pas de réserve dans ce qui se passe dans cette maison. Elle va vraiment à l'extrême et c'est là où en général ça pêche pour moi.

Si j'adhère aux romans violents, il faut aussi que cela reste plausible et si j'ai parfaitement accroché à ce roman qui a été une vraie claque et que j'ai dévoré en un peu plus de deux jours, je dois quand même préciser que cette violence était aussi un peu trop poussée et qu'au fil du livre je me disais que Tama était une super woman pour ne pas succomber à tout ce qu'elle subissait.

Parallèlement au récit sur Tama, Karine Giebel va aussi nous faire découvrir un homme, qui vit seul, dans un endroit reculé des Cévennes, du côté de Florac : Gabriel.

Cet homme a lui aussi une histoire à raconter et ce sera chose faite avec une jeune femme qui entre inopinément chez lui et le menace d'une arme. Malheureusement pour elle, cette dernière est blessée et s'évanouit sitôt après avoir menacé Gabriel et lorsqu'elle reprend conscience, elle est allongée sur le lit, les mains menottées. Gabriel n'est pas l'ange auquel elle aurait pu penser. Et lorsqu'il la menace de la tuer si elle ne lui dit pas qui elle est, cette femme est incapable de répondre. Cette femme est amnésique. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle menacé Gabriel ? Et lui ? Qui est-il vraiment ? Que cache cette colère, cette haine qu'il voue à certaines personnes ?

Là encore, je me suis vite attachée à cette jeune femme, faisant d'ailleurs très vite un rapprochement avec Tama. Est-il possible que ce soit elle ? Plus tard ? Est-elle arrivée à s'enfuir ? Et ce Gabriel alors ? Quelles sont ses motivations pour agir comme il le fait avec cette femme ? Pourquoi va-t-il tuer certaines personnes ? Fait-il partie du Milieu ? Un ancien flic ripou qui se cache pour ne pas être flingué... mais par qui ?

Je me suis posée vraiment pas mal de questions durant cette lecture ce qui me donnait envie de continuer sans relâche ma lecture. Malgré l'extrême violence qui s'acharne entre ces pages, j'étais à la fois imprégnée par l'espoir de voir Tama s'en sortir, voir cette femme retrouver la mémoire et nous dire qui elle était mais j'ai eu aussi un grand froid qui m'a prise vers la moitié du livre.

J'ai eu besoin de faire des pauses pour me reprendre parce que je finissais les mains gelées par le stress. J'ai vécu ma lecture à fond et je sais que je n'oublierai pas de si tôt ce roman qui n'est certes pas un coup de coeur parce qu'il est hors de question pour moi de lui donner ce privilège vu les thématiques qu'il aborde. Il y a bien sûr celle de l'esclavage mais il va y en avoir d'autres que je vous laisserai le soin de découvrir si toutefois vous vous sentez capable de le lire.

Quant à la fin, elle m'a percutée de plein fouet. Je la voyais venir mais  je me disais que cela ne pouvait pas se finir de cette façon. Je suis d'un tempérament plutôt optimiste ou en tout cas j'essaie de l'être un maximum. Alors cette fin...

Ce que je peux dire, en tout cas, c'est que Toutes blessent, la dernière tue m'a totalement chamboulée, pénétrée jusqu'au plus profond de moi, me faisant ressentir des émotions très fortes, quitte à en trembler parfois. Je ne dirai pas qu'il faut le lire absolument parce que, je le répète, la violence est omniprésente et parfois l'est même un peu trop au risque de donner des improbabilités à l'histoire. Du coup, il faut vraiment être préparé pour le lire. Ce roman n'est pas un coup de coeur c'est un véritable coup de poing. C'est un roman que j'ai vécu totalement et que je ne suis pas prête d'oublier.

lundi 23 avril 2018

Ne prononcez jamais leurs noms

Auteur : Jacques Saussey
Editions : Le livre de poche (janvier 2018)
Nbre de pages : 541


Présentation de l'éditeur :
« Le train roulait de plus en plus vite. Il passa sur un aiguillage qui le fit tanguer comme un navire pris dans les vagues d'un chenal agité par le vent.
Les yeux écarquillés de Karine s'abaissèrent vers le plancher. Sous le siège 66, la poignée du sac avait basculé en pleine lumière. Elle s'accroupit et le tira vers elle, et ce fut soudain comme si elle avait pu voir au travers du tissu. Comme si cette forme oblongue qui le déformait lui avait murmuré quelques mots funestes à l'oreille.
Elle eut juste le temps de prendre une profonde respiration pour pousser un hurlement.
Et puis le monde s'éteignit dans un grand éclair blanc. »

Ne prononcez jamais leurs noms est la sixième enquête du capitaine Daniel Magne et du lieutenant Lisa Heslin. Certainement la plus dangereuse...


Mon avis :

Je me suis lancée dans cette lecture avec la certitude que Jacques Saussey ne me décevrait pas et que j'allais passer un excellent moment auprès de Daniel et Lisa. C'est exactement ce qu'il s'est passé et j'en suis ravie, même si j'ai haï l'auteur pour ce qu'il fait subir à mes personnages chouchous.

Dès le début, nous avons une scène qui met dans l'ambiance dans laquelle nous allons vivre une histoire explosive...

J'ai adoré être mise sous tension par l'auteur une fois que la bombe explose, que Daniel se retrouve blessé, enlevé et séquestré par l'auteur de cet "attentat" et voir comment il allait pouvoir se sortir de cette situation.

J'ai été aux côtés de Lisa qui va être rappelée par son supérieur du 36 pour la mettre au courant de la situation de Daniel. Elle est la seule à peut-être pouvoir le retrouver...

On va suivre une histoire qui va se dérouler à Hendaye, dans le pays basque.

On va non seulement découvrir l'histoire de cette région avec notamment l'ETA mais on va aussi apprendre à connaître celui qui a organisé cet "attentat", séquestré Daniel et qui compte faire encore plus de victimes avec une ultime explosion hors norme.

Le compte à rebours est lancé et l'on tremble avec ces personnages que nous aimons et auxquels nous nous sommes attachés au fil du temps.

Durant toute ma lecture, je me suis posée un tas de questions sur Daniel, Lisa et leurs éventuelles retrouvailles.

Pour moi, il était impossible que l'un ou l'autre ne meurt durant cette enquête et pourtant j'étais totalement refroidie de l'intérieur tant je doutais de ce que l'auteur était capable de leur faire subir.

Et je peux vous assurer qu'il leur en fait vivre des choses affreuses.

Je me suis mise à la place de Daniel, puis dans celle de Lisa...

Et j'ai détesté Jacques Saussey !!! Jamais, ô grand jamais, je n'aurais pu imaginer qu'un jour il les mettrait dans de telles conditions de souffrance.

Ce fut une torture pour eux mais ce le fut également pour moi.

C'est encore un excellent tome que nous offre là Jacques Saussey et même si je lui en veux pour tout ce qu'il leur fait subir ici et je n'ai qu'une hâte : pouvoir lire son dernier roman sorti aux Editions Toucan Noir, 7/13.

Je me pose beaucoup de questions sur Daniel, sur Lisa et leur couple. Comment vont-ils faire pour se relever ? Comment vont-ils pouvoir survivre après une telle enquête qui les a amenés au bord du précipice ?

J'attendrai bien sûr la sortie poche pour me l'acheter mais je vais compter les jours jusqu'à cette future parution qui, à mon avis, ne devrait pas intervenir avant 2019... 

jeudi 19 avril 2018

Les retournants

Auteur : Michel Moatti
Editions : HC Editions (22 mars 2018)
Nbre de pages : 269


Présentation de l'éditeur :
Août 1918, deux soldats décident de fuir le front.
Sur le front de la Somme, la guerre n'en finit plus de finir. Vasseur et Jansen, deux lieutenants français terrorisés par l'imminence d'une dernière grande offensive qu'on annonce terriblement meurtrière, décident de fuir le front. Les voilà déserteurs, et bientôt, pour préserver leur retraite, assassins. 
Sous de fausses identités, ils trouvent refuge à l'Arrière, dans une étrange propriété forestière, à l'abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel anobli désormais ruiné par la suspension des activités économiques, et sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule. 
Mais François Delestre, dit " le Chien de sang ", un capitaine de gendarmerie, traqueur de déserteurs, est déjà sur leur piste. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie...


Mon avis :

J'attendais le dernier Michel Moatti comme on attend le Messie : avec impatience. J'ai adoré tous ses romans précédents et j'étais hyper curieuse de découvrir Les retournants, d'autant que cela se déroule à la fin de la Première Guerre Mondiale. Férue d'Histoire, ce titre ne pouvait que me plaire...

Malheureusement, et très rapidement puis le roman est court, je me suis rendue compte que l'auteur n'allait pas me donner ce que j'avais envisagé en lisant la présentation de l'éditeur à savoir une traque implacable qui me mettrait sur les dents, tout comme les soldats en fuite.

J'ai trouvé ce titre totalement différent de ce que fait Michel Moatti et cela m'a déconcertée. Je n'arrivais pas à retrouver ce qui m'avait tant plu dans ses autres ouvrages : une enquête passionnante et des personnages détestables ou attachants.

Ici, le rythme est plutôt lent et les personnages sont assez bizarres.

Bien sûr, on va suivre Vasseur et Jansen avant, pendant et après leur désertion, tout comme ce gendarme traqueur que l'on surnomme "le chien de sang".

Mais j'attendais vraiment beaucoup plus de stress et de pression durant ma lecture.

Si certaines scènes mettent effectivement le lecteur en haleine avec un peu de montée d'adrénaline, surtout lorsque l'on se retrouve avec Vasseur qui est le personnage qui va le plus évoluer durant l'ouvrage, le soufflet retombe aussi assez vite.

Je me suis retrouvée, durant quelques passages, dans une certaine langueur qui me faisait piquer du nez. Je n'arrivais pas à m'intéresser suffisamment à l'ensemble de l'intrigue alors même qu'il y avait matière à faire quelque chose de très bon, de très prenant.

Je n'ai pas réussi à m'attacher aux uns et aux autres, pas même à cette famille chez laquelle Vasseur et Jansen vont passer du temps pendant leur fuite.

En fait, j'ai trouvé l'ensemble très étrange avec une atmosphère semi-pesante. Suffisamment pour que l'on ressente un peu d'oppression par moment mais pas assez pour en faire le livre exceptionnel que j'attendais.

Si l'ensemble ne m'a pas convaincue, j'avoue néanmoins que j'ai adoré la plume de l'auteur dont je ne me lasse pas. Michel Moatti est un écrivain que j'apprécie beaucoup par cette écriture qui vous emporte à l'époque où l'intrigue se déroule. C'est un excellent conteur que je n'arrêterai pas de lire malgré la déception que j'ai ressenti en fermant ce roman là.

Les retournants n'a donc pas été l'histoire tant attendue parce que les personnages ne m'ont pas vraiment convaincue, si ce n'est de leur folie et d'une époque tortueuse où l'on se perd facilement, et étaient trop étranges pour que je m'y attache vraiment. Je suis déçue de ne pas avoir ressenti les mêmes choses qu'avec ses titres précédents mais je ne regrette pas de l'avoir découvert.