dimanche 25 mars 2018

Un singulier garçon

Auteur : Kate Summerscale
Editions : 10/18 (février 2018)
Nbre de pages : 472


Présentation de l'éditeur :
Juillet 1895. Nathaniel et Robert Coombes, deux frères âgés de douze et treize ans, se retrouvent seuls pendant dix jours. Leur père est en mer et, selon leurs dires, leur mère est à Liverpool. Les voisins commencent à s'interroger sur cette absence prolongée, tandis qu'une odeur pestilentielle envahit la rue. La police se rend sur les lieux et découvre, à l'étage de la maison, le corps en décomposition de Madame Coombes. Interpellé, Robert admet l'avoir tuée à coups de couteau. Des années plus tard, libéré pour bonne conduite, il fait partie des contingents d'anciens prisonniers envoyés en Australie. Loin du matricide et de la prison, Robert change de vie : il intègre l'armée et revient en héros. Auprès des siens, en Australie, il mène désormais la vie d'un homme bien.


Mon avis :

J'attendais de ce roman qu'il me fasse découvrir les frères Coombes de bout en bout. Comprendre leurs agissements, leurs mensonges et pourquoi Robert était passé à l'acte.

Si on a bien les explications de l'époque sur le pourquoi de ce meurtre atroce sur la mère, j'avoue que je suis restée très extérieure à l'histoire.

A aucun moment, je n'ai réussi à m'attacher à ces jeunes garçons ou même les détester. J'étais totalement indifférente à ce que l'on me racontait et, dès le départ, j'ai eu du mal avec la façon dont l'auteure amenait cette histoire.

Ce qui m'a dérangée, c'est que Kate Summerscale ne se contente pas de rester sur les vies de Nathaniel et Robert mais généralise sur la Société anglaise de l'époque avec d'autres cas de parricide qu'il s'agisse d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une soeur.

Cette étude est certes intéressante et les explications fournies, au vu de l'époque, apportent beaucoup mais ce n'est pas du tout ce que j'attendais de ce livre.

Du coup, au lieu de se focaliser sur les frères Coombes, l'auteure va trop développer certains personnages au détriment d'autres et j'ai trouvé ça terriblement dommage.

On aura droit à des études de cas faits par des médecins anglais mais également et surtout des psychiatres/psychologues français vu le "handicap" de Robert.

L'étude psychiatrique est intéressante à suivre et j'aurais vraiment aimé que Kate Summerscale se cantonne à ces frères là plutôt que de développer sur d'autres cas, pour tenter de démontrer que ce qui s'est passé est peut-être une cause de la Société, et notamment des lectures facilement disponibles pour des enfants peut-être trop jeunes pour les découvrir et faire la part des choses...

Le résumé nous indique aussi que Robert va changer de vie lorsqu'il va intégrer l'armée et devenir un héros.

Là encore, j'ai trouvé désolant que l'auteure n'ait pris le temps que d'un seul chapitre, le dernier, pour nous montrer le pourquoi du comment.

En fait, si Kate Summerscale était restée uniquement sur le cas des frères Coombes, de leur procès et de l'après, le livre n'aurait pas fait 470 pages. Il aurait été beaucoup plus court. D'ailleurs, je tiens à préciser que le roman à proprement dit n'en fait ici que 370 puisque les 100 dernières pages ne sont que des notes avec notamment des titres d'ouvrages ou d'articles de l'époque pour appuyer ses dires.

Très honnêtement, je n'ai lu ni l'épilogue, dans lequel l'auteure nous expliquait comment elle en était venue à écrire ce roman, ni les notes, trop longues et fastidieuses.

En bref, alors que je pensais avoir affaire à un roman basé sur une histoire unique d'un enfant matricide devenu un héros, j'ai fini avec un livre étudiant la société de l'époque victorienne et tentant d'expliquer pourquoi certains enfants/jeunes passaient à l'acte meurtrier d'un des membres de leur famille.

Certains passages étaient certes intéressants mais ce n'est pas ce que j'attendais et j'en suis sortie très déçue, sans compter que la plupart du temps, les digressions étaient longues, trop longues pour me permettre de me fixer consciencieusement sur ce que l'on me racontait. J'ai très vite décroché.

Du coup, à vous de voir ce que vous comptez faire si ce titre là vous tentez !

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